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Nous sommes des enseignants de lettres et d'autres disciplines, des professeurs des écoles, des citoyens, animés par un idéal scolaire de gauche. Réunis dans un collectif fondé en 2000, nous sommes en lutte, depuis la "réforme" Allègre, contre l'affaiblissement, le dévoiement, voire la disparition de l'enseignement de la langue et de la littérature, et contre une série de transformations qui ont pour conséquence une baisse graduelle des exigences et des résultats de l'école publique. En savoir plus ...
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 Propositions pour une nouvelle école démocratique
Tribune parue dans l'Obs du 18/04/2017 / Propositions pour une nouvelle école démocratique (Sauver les lettres)

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24-05-18
 Dernière mise à jour
Actions / 09/05/2018 / Appel pour une autre réforme du lycée. Construire une véritable culture commune (syndicats FSU (SNES, SNEP, SNPI, SNUEP, SNETAP), CGT-Educ'action, SNFOLC, Sud-Solidaires, et associations APSES, APDEN, ACIREPh, GFEN, FELCO, APLV, Sauver Les Lettres, UDPPC, Aggiornamento)
Déstructuration de la voie générale et mise à mal de la voie technologique, introduction massive du contrôle continu dans le baccalauréat, adéquation forcée de l'orientation des élèves aux capacités du supérieur (« Parcoursup »), refonte d’ampleur des programmes, la réforme du lycée voulue par M. Blanquer réduit l’offre d’enseignements et fait voler en éclats les classes de Première et de Terminale générales. [...] Nous refusons le principe d’une réforme qui produira à coup sûr un accroissement considérable des inégalités géographiques et sociales. Nous exigeons le retrait des textes sur le bac et le lycée et demandons l’ouverture de discussions pour une autre réforme.

Réforme / Ministère de l’Éducation nationale, mai 2018 / Projets d'arrêtés pour la classe de Seconde et le cycle terminal des voies générale et technologique.
01_Arrete_organisation_et_horaires_classes_de_seconde_GT.pdf
02_Arrete_organisation_et_horaires_cycle_terminal_voie_generale.pdf
03_Arrete_organisation_et_horaires_cycle_terminal_voie_technologique.pdf

Réforme / Conseil Supérieur des Programmes, mai 2018 / Note d’analyses et de propositions sur les programmes du lycée et sur les épreuves du baccalauréat.
1.4. Français. [...] Le calendrier anticipé des épreuves impose de soumettre les élèves à un rythme soutenu d’apprentissage afin qu’ils construisent une culture et une réflexion spécifiquement littéraires, et qu’ils s’approprient les méthodologies d’un nombre important d’exercices (quatre pour l’épreuve écrite et deux modalités de prise de parole pour l’épreuve orale). Il serait donc bienvenu de réduire à la fois les dimensions du programme et le nombre des exercices figurant à l’épreuve écrite.
Plus précisément, le débat concerne les exercices suivants : pour l’écrit, la question sur corpus, confuse pour les élèves, et l’écriture d’invention. Cette dernière, étrangère à la formation initiale des professeurs de lycée, suscite chez nombre d’entre eux des réticences dans l’évaluation, notamment sur le caractère subjectif de l’appréciation de la créativité. [...] Le commentaire et la dissertation ne sont pas critiqués, paraissant aux professeurs consubstantiels à la discipline.

Réforme / Ministère de l’Éducation nationale, 10/05/2018 /Arrêté modifiant le CAPES de Lettres Classiques.
« 2° Épreuve écrite à partir d'un dossier : épreuve de latin et de grec.
« L'épreuve permet d'évaluer les compétences en langues et cultures de l'Antiquité des candidats.
[…] « L'épreuve se déroule en deux temps :
« a) Le premier, noté sur 15 points, consiste en une version dans chacune des langues, latine et grecque (7,5 points par version) ;
« b) Le second, noté sur 5 points, invite le candidat à proposer un projet de lecture pour une classe donnée, en mobilisant ses connaissances historiques, littéraires, culturelles, voire stylistiques, et celles des programmes de collège et de lycée, à partir de la mise en relation de l'un des deux textes de langues anciennes choisi par le jury et du document textuel ou iconographique inclus dans le dossier.
« Durée : six heures ; coefficient : 1..

Action / 09/04/2018 / Communiqué de presse / Apprentissage et enseignement du latin et du grec. Double langage, triple peine (Associations littéraires APLettres, CNARELA, Sauver les lettres)
Qu'en est-il du « retour du latin et du grec » annoncé par le nouveau ministre pour « les cinq années à venir » ?
Paroles.

Certes, le ministre restitue leurs noms au latin et au grec ancien ; un arrêté en juin 2017, puis une circulaire en janvier dernier, redonnent explicitement aux langues anciennes leur statut d'enseignements facultatifs au collège, ainsi qu'un horaire défini nationalement. Mais en réalité, ces textes officiels n'apportent pas de changement car aucun établissement n'est tenu de les appliquer : l'horaire nécessaire ne figure pas dans les « grilles » des enseignements mais dépend des « marges » laissées à l'autonomie des collèges. Sa définition perverse, reprise du ministère précédent, permet de minorer cet horaire. Les situations pour la rentrée 2018 restent donc analogues à celles de la rentrée 2017 sur l’ensemble du territoire, où les heures « retrouvées » relevaient déjà de la fiction.

Analyse / Le Monde du 28/04/2018/ Pourquoi Homère reste d'une brûlante actualité (Pierre Judet de La Combe)
S’intéresser à Homère aujourd’hui, le lire avec passion, en faire la base d’oeuvres nouvelles, l’enseigner, c’est aller à contre-courant. D’abord, c’est affronter la violence de la guerre dans tous ses aspects, personnels, économiques et sociaux, et donc aller au-delà d’un tabou. Les démocraties modernes, depuis les horreurs des deux guerres mondiales, ne savent pas parler de la guerre. Elles la condamnent avec vigueur, mais la font ou la font faire sans l’expliquer, ou en recourant à l’idée de guerre juste, libératrice ou même morale. Il n’y a rien de tel chez Homère : la guerre est là et, patiemment, il l’analyse dans ses aspects les plus concrets, de manière à offrir à ceux qui vont la faire ou la subir un symbole authentique et poignant de leur expérience. [...] C’est s’opposer à ce fondamentalisme technocratique qui partage avec tous les obscurantismes le même refus de prendre en compte l’Histoire, son opacité, sa complexité dans le long travail de réflexion qui a dessiné les traditions, leurs conflits. Or ce sont les langues, dans leur diversité et leur profondeur historique, et ce sont donc des textes majeurs qui ont fait aussi l’état du monde, que trop de dirigeants n’envisagent même pas de comprendre. On connaît les catastrophes militaires, politiques, culturelles qu’a produites récemment cette ignorance.

Analyse / Cnesco, mars 2018 / Écrire et rédiger : comment guider les élèves dans leurs apprentissages
L’élève doit commencer à écrire très tôt dans sa scolarité – il n’est pas nécessaire d’être un lecteur expert pour se lancer dans l’écrit. Plus l’élève produit des textes, plus il développe des automatismes, plus il progresse dans l'écrit, l’enseignant doit donc fournir des occasions fréquentes aux élèves d’écrire. L’écriture doit se construire comme un processus ; elle doit être préparée (brouillon, schéma, tableau, dessin, carte mentale...), révisée, seul ou à plusieurs élèves. Les recherches montrent qu’être lu par d’autres élèves améliore la qualité du travail de révision de l’élève. […] Par ailleurs, pour appliquer les règles de la langue, il faut tout d’abord la comprendre. L’étude de la langue (orthographe, grammaire...), enseignée explicitement, doit donc être pensée dans cet objectif.

Analyse / Mezetulle, 18/03/2018/ L’école des illettrés, ou L’école malade d’elle-même (Tristan Béal)
À la suite de tests conduits auprès de 760 000 participants à la Journée Défense et Citoyenneté en 2016, la DEPP a publié une note d’information au titre inquiétant : « JDC 2016 : environ un jeune Français sur dix en difficulté de lecture ». […] À la suite de cette brève étude de la note d’information de la DEPP, il ne nous semblerait donc pas outré de conclure que ce sont 36,4% des jeunes gens évalués lors de la JDC de 2016 dont les mécanismes de base de lecture sont insuffisamment automatisés, voire nullement automatisés pour 5,1% d’entre eux. Autrement dit, près de quatre jeunes sur dix ont des difficultés en lecture plus ou moins sévères.

Analyse / Les blogs du Diplo, Le Monde Diplomatique du 15/03/2018 / De quelques propositions pour un plan livre pour la France (Guillaume Basquin)
C’est en effet en se basant sur ce qui s’est pratiqué depuis l’après-guerre dans le cinéma en France, avec le succès que l’on sait (la France est devenue l’abri pour tout le cinéma de recherche mondial et a réussi à imposer la notion d’exception culturelle), que l’on pourra tenter de sauver la Littérature de recherche française : imposition de quotas aux librairies qui bénéficient de subventions publiques avec un label bien identifiable. […] Sans quotas drastiques, c’est toujours la main aveugle du marché (et des lecteurs,qui risquent de ne connaître que les produits soutenus par le marché) qui dicte sa voix. Rien à faire ?… Si ! Comme dans le cinéma, où il est de notoriété publique que les salles « art & essai » n’ont pas accès aux gros films ni même aux « films du milieu », il faut, sous peine de perte des subventions d’État, qu’un lecteur qui entrera dans une librairie de type « Art & Essai » soit sûr de n’y pas trouver les mêmes livres qu’ailleurs !

Presse / Marianne du 25/03/2018 / Cliché. Une étude universitaire conclut que les écoles privées n'enseignent pas mieux que les écoles publiques (Hadrien Mathoux)
Une étude universitaire s'est intéressée aux résultats obtenus par les élèves français entre le CP et le CE2. Les conclusions remettent en cause de tenaces préjugés : l'avance de l'école privée sur le public s'explique uniquement par l'écart de classe sociale entre les élèves, et les élèves du privé ne progressent pas plus que leurs homologues.

Presse / Le Monde du 12/04/2018 / « Dans les quartiers populaires, nos enfants n’ont droit qu’à un enseignement de moindre qualité » (propos recueillis par Mattea Battaglia)
Qu’attendez-vous, précisément, du ministre de l’éducation ?
Nous lui demandons qu’une loi en matière de mixité scolaire puisse s’appliquer dans des territoires identifiés comme ségrégués, loi impliquant les écoles privées, afin de garantir aux familles que tous les établissements se valent bien. Nous lui demandons aussi de rééquilibrer les moyens, notamment humains et financiers, entre les territoires. Quand on voit la faible dépense éducative pour un jeune défavorisé scolarisé en ZEP qui s’arrête au CAP comparée à celle d’un jeune de centre-ville qui ira jusqu’à bac + 5 en bénéficiant d’options en plus et à d’enseignants plus expérimentés, on se dit qu’on peut faire beaucoup mieux sur le plan de l’équité.

Analyses / Groupe Jean-Pierre Vernant / 19/04/2018 / Parcoursup, le niveau qui baisse et la théorie des mariages stables (Partie 1/2).
En imaginant que l’on puisse classer un candidat en passant 5 minutes sur son dossier, le classement des 7 millions de voeux déposés sur ParcourSup consommerait en pure perte deux siècles de travail — 80 000 journées de 7 h. On réalise alors que le CV et les lettres de motivation ne serviront pas à classer les candidatures: elles ne sont exigées que pour imposer l’image d’un recrutement professionnel et faire disparaître le baccalauréat comme certification nationale ouvrant droit aux études universitaires. L’anxiété que ces éléments aussi absurdes qu’inutiles ont générée dans les familles des lycéens a donc été pensée pour marquer les esprits.

Analyses / Groupe Jean-Pierre Vernant / 18/05/2018 / Parcoursup, le niveau qui baisse et la théorie des mariages stables (Partie 2/2).
Les réformes en cours suppriment de facto le baccalauréat, qui procédait d’une volonté de certification homogène à l’échelle nationale et constituait un rituel de passage vers l’âge adulte. Dans ParcourSup, ce diplôme est remplacé par une évaluation du “capital humain” des élèves — de leur “portefeuille de compétences” mais aussi de leur origine sociale, de l’emplacement et de la réputation de leur lycée, de leur capital culturel et social, etc. Par compétence, il convient ici d’entendre ici des éléments de technicité ou de conformité comportementale qui soient potentiellement évaluables en se passant d’enseignants : la dévalorisation des diplômes nationaux vise ainsi à déposséder les enseignants d’un de leurs rôles : la certification qualitative de l’acquisition de savoirs et de grammaires de pensée.

Presse / Le Monde du 30/04/2018 / Sélection à l’université : « Nous, professeurs, demandons le retrait de la loi orientation » (Tribune)
La loi sur l’orientation et la réussite des étudiants (ORE) […] aggrave les inégalités d’accès à l’enseignement supérieur. Elle méprise l’autonomie des élèves qu’elle prétend par ailleurs « responsabiliser » en ne leur permettant plus de hiérarchiser leurs voeux. Elle permet aux établissements de classer (chacun à leur guise) les dossiers des lycéens en fonction de leurs résultats scolaires de première et de terminale. Les formations les plus réputées (à tort ou à raison) attireront donc les meilleurs élèves, et les moins recherchées se retrouveront mécaniquement avec les publics les plus fragiles. Le marché universitaire ainsi créé produira bientôt une hiérarchie des établissements, une valeur différentielle des diplômes et, à moyen terme, rien n’empêchera les universités de facturer librement les diplômes qu’elles délivrent.

Presse / Libération du 21/05/2018 / Témoignage. Parcoursup : « Il y a un côté hyperviolent à opérer un classement » (Marie Piquemal)
"L’autonomie des universités mise en avant est très relative, les éléments les plus importants nous ont échappé. Par exemple, nous avons appris le taux de sectorisation seulement le 14 mai : ce qui veut dire que beaucoup de dossiers que nous avons épluchés et pris soin de classer seront écartés automatiquement car ils sont hors secteur… Les élèves ignoraient ce critère au moment de faire leurs voeux. C’est honteux ! En définitive, je n’ai aucune idée des élèves qui seront dans mon amphi à la rentrée. Est-ce ceux qui sont en haut de mon classement ? Ou, au contraire, ceux qui sont tout en bas, car les autres auront préféré aller ailleurs ? On lance nationalement des grandes réformes, en demandant à tous les fonctionnaires de se plier en quatre, mais pourquoi au bout du compte ? Cela me met en colère.»


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