Historique du site

24-12-16

L'Intempestif / Temps d'école, 17/10/2016 Au tableau (Rachel Boutonnet)
Les élèves aiment beaucoup venir écrire au tableau. Il ne faut pas créer d’injustice. Alors je coche scrupuleusement, sur une liste de la classe, tous les élèves qui passent chaque jour, et personne ne viendra une deuxième fois avant que chacun soit passé une fois. Ils surveillent… Et il faut voir leur mine scandalisée quand je fais l’erreur de faire repasser l’un d’entre eux qui est pourtant passé hier et que j’aurais oublié de cocher. Cette année, pour cette première période, les élèves passent tous les jours pour l’orthographe d’accord. Ce –s à la fin des noms au pluriel, et ce –ent à la fin des verbes, il est tellement difficile à obtenir, en dictée ou en rédaction, qu’il vaut mieux le pratiquer tous les jours.
L'Intempestif / Temps d'école, 09/11/2016 Fruits de la terre (Rachel Boutonnet)
La semaine dernière, j’ai fait une leçon sur la Terre qui tourne autour du Soleil. Je voulais que les élèves comprennent à quoi étaient dues les saisons. On rappelle d’abord ce qu’on sait – ou pas – : les saisons, leurs noms, leurs différences, les fleurs au printemps, les fruits en été, les feuilles qui jaunissent et qui tombent en automne, et en hiver, les oiseaux migrateurs, les animaux qui prennent un poils épais, ceux qui hibernent, les arbres « tout nus »…
L'Intempestif / Temps d'école, 20/12/2016 Réapprendre à lire, quand deux sociologues passent à l'action (Florence Costa)
Sandrine Garcia et Anne-Claudine Oller sont sociologues de l’éducation et elles se sont penchées sur le problème de l’apprentissage de la lecture grâce à une expérimentation audacieuse. Elles ont comparé les résultats obtenus en lecture an cours préparatoire, dans des plusieurs écoles différant par le niveau socio-professionnel des parents, après avoir utilisé une « pédagogie rationnelle de lecture » qu’elles ont mise au point.
Actions / Novembre 2015 / Réapprendre à lire ; un jeu d'enfant
Conférence de Sandrine Garcia et Claudine Oller, auteurs de Réapprendre à lire, de la querelle des méthodes à l'action pédagogique (Seuil 2015), aux Journées littéraires de Pau. A partir d’une enquête de terrain menée durant trois ans dans plusieurs écoles primaires, ces spécialistes en sciences de l’éducation proposent une manière plus égalitaire d’apprendre à lire, centrée notamment sur l’entraînement et la répétition en partie délaissés.
Actions / 30/11/2016 / Conditions de correction des épreuves de français au baccalauréat (SNES-FSU)
Sur l’initiative du SNES, le CHSCT Ministériel a voté un avis à l’unanimité concernant les conditions de travail des enseignants de Lettres, correcteurs et examinateurs des épreuves anticipées de français (EAF). "Constatant que les conditions de travail des enseignants convoqués aux épreuves anticipées de français se sont dégradées, les représentants au CHSCTM demandent que des consignes soient envoyées par la Ministre aux recteurs [...] »
Analyses / Octobre 2016 / La réforme du collège n'est pas « de gauche » (Loys Bonod, La Vie moderne)
La droite n’est pas si opposée à la réforme du collège qu’on a pu le croire. Son opposition s'est surtout focalisée sur des marqueurs idéologiques comme les programmes d’histoire, jugés ne pas tenir assez compte de la chronologie ou du « roman national ». Ou encore - pour de mauvaises raisons - la défense des sections bilangues ou des options de langues anciennes. Mais les grands principes de collège 2016 (vers une forme de libéralisation de l'école) ne lui déplaisent pas… loin s'en faut ! De fait, celle-ci correspond bien aux préconisations d’un « audit de modernisation » (et surtout d’économies budgétaires) commandé par la droite en 2006.
Analyses / 11/10/2016 / Le débat sur l’école : le camp progressiste doit se battre sur deux fronts (Alain Beitone, Raphaël Pradeau, Revue Les Possibles n°11, Attac)
Ainsi, Les Cahiers Pédagogiques, figure emblématique de l’éducation nouvelle, dont les militant(e)s sont progressistes et attachés à la démocratisation scolaire, saluent des propositions qui s’inscrivent explicitement dans la logique de la mise en oeuvre au sein de l’école d’une approche très clairement inspirée du libéralisme économique. Loin d’être anecdotique, cette note de lecture est révélatrice. Tout un discours porté par les mouvements pédagogiques, par un certain nombre d’intellectuels de gauche, de militants syndicalistes, de responsables du système éducatif, converge avec le discours libéral sur le plan économique. (Télécharger le fichier pdf : Les possibles)
Analyses / Novembre 2016 / Mais qui sont les déclinistes ? (Loys Bonod, La Vie moderne)
« Les pédagogues ne sont pas des "assassins". » Telle est intitulée la tribune signée par plusieurs personnalités du monde éducatif, de Philippe Meirieu à Florence Robine en passant par François Dubet. Les sept auteurs de la tribune se désignent d’abord comme « les pédagogues ». Comme s’ils représentaient à eux seuls tous les pédagogues, ou comme s’il n’existait qu’une et une seule pédagogie et non des choix pédagogiques. […] Une telle confiscation est d’autant plus saisissante que « les pédagogues » de cette tribune sont des pédagogues… sans élèves. Ils ont tous ou presque exercé (ou exercent encore) des responsabilités institutionnelles. Ils ont d’ailleurs inspiré, soutenu, mis en place les dernières réformes décidées contre la grande majorité… des pédagogues qui ont réellement des élèves.
Analyses / 30/11/2016 / La concurrence des écoles agit contre l'intérêt général (Blog de Paul Devin)
La question reste en fait toujours la même. Considérons-nous l’intérêt général comme soluble dans la satisfaction de quelques intérêts particuliers ou affirmons-nous que sa finalité égalitaire doit contraindre à renoncer à des libertés qui ne visent que la satisfaction des classes les plus favorisées ? La démocratisation de l’accès aux savoirs nécessite une politique déterminée capable de renoncer à des demandes particulières quand l’intérêt général l’exige. A défaut de quoi l’écart entre le discours sur la démocratisation et son effectivité continuera à se creuser.
Presse / Libération du 17/10/2016 : Cher François Dubet (Laurent Joffrin)
C’est être progressiste que d’interroger des changements qui n’aboutissent pas. […] De toute évidence, le débat sur la lecture ne met pas seulement aux prises la droite réactionnaire et la gauche progressiste. Elle divise aussi ceux qui cherchent à réduire les inégalités scolaires et à promouvoir une école pour tous. Autrement dit, la gauche. Et ce n’est pas forcément rejoindre la réaction que de s’interroger sur le bien-fondé de réformes qui, de toute évidence, peinent gravement à améliorer les choses.
Presse / Le Monde du 09/11/2016 : Une réponse à Najat Vallaud-Belkacem : « Le devoir d’un ministre de l’éducation est de défendre les professeurs »
(Cécile Ladjali) la fin de la diffusion, la ministre de l’éducation est interrogée par la journaliste qui lui demande de réagir à ce qu’elle vient de voir. [...] Mais rien ne se passe. [...] Pas un commentaire concernant le caractère spécieux du reportage qui ne montre pas la réalité du terrain, à savoir celle de 850 000 titulaires, excellemment formés, conscients que l’Ecole de la République et la transmission des valeurs humanistes demeurent le nerf d’une guerre que l’on dit déclarée. C’est évidemment à cela que l’on pense quand une équipe de télévision choisit la place de la République comme décor à son émission. On espère alors que des liens vont être établis… Mais non, rien. Cette mise en scène médiatique sert au contraire de promontoire à la ministre, qui dévide son laïus habituel.
Presse / Vousnousils du 12/12/2016 : Réforme du collège : difficile de faire du latin en une heure. (Fabien Soyez)
A la base, le but de Najat Vallaud-Belkacem était « d’ouvrir le latin au plus grand nombre » , mais c’est le contraire qui se produit. Avant, les heures de latin étaient intégrées dans la dotation horaire globale… mais avec la réforme, elles ont disparu des grilles, et les moyens pour assurer son enseignement sont beaucoup plus restreints.

09-10-16

L'Intempestif / Temps d'école, 06/09/2016 Cette année ils ont l'air tout petits mes CE2. (Rachel Boutonnet)
On dirait que ça va me changer de l’année dernière, qui était quand même une année très particulière [...] Au bout du compte, cette année a compté de belles histoires. Un des plus agités m’a écrit un jour, sur une de ses copies : « Merci, maîtresse, de nous faire travailler. » Un autre hochait la tête en approuvant des paupières fermées, pour dire « d’accord, j’ai compris », quand je lui demandais de se calmer en classe, il était content de se sentir compris et aidé dans ses difficultés, il m’a offert un joli collier le dernier jour, et il a couru vers moi pour me raconter tout sourire ses vacances le premier jour de la rentrée… Ceux qui étaient tellement fragiles en lecture en arrivant ont bien progressé…
L'Intempestif / Désintox / 16/09/2016 Les faux-amis de l'école (Mireille Kentzinger)
Il faut insister sur le fait que toute oeuvre culturelle, y compris française, est le résultat de croisement avec d’autres cultures. Écoutons ce que dit François Rastier à ce sujet : « Dire que les littératures sont des produits nationaux et doivent être interprétées dans un cadre national, c’est complètement aberrant, parce qu’on sait très bien, par exemple dans le cas de l’Europe, que les écrivains ont fait l’Europe bien avant et bien mieux : Goethe répond à Richardson qui répond à Rousseau, etc. Tout corpus d’élaboration des oeuvres est un corpus multilingue. C’est une donnée générale de la culture ; se cultiver c’est dépasser sa culture d’origine. ».
L'Intempestif / Temps d'école, 19/09/2016 Poésie (Rachel Boutonnet)
Une élève, dans un CE2, il y a quelques années, est arrivée en cours d’année du Portugal, sans un mot de français. Elle apprenait et progressait tous les jours, mais je n’insistais pas pour la faire parler, attendant qu’elle prenne ses marques. Les élèves apprenaient « Le Loup et l’Agneau ». Ce jour là, ils passaient un par un, comme d’habitude. Elle a levé la main. Je n’avais presque jamais entendu sa voix. « Tu veux réciter ? » Elle a hoché la tête en souriant. Elle s’est levée calmement, s’est posée sur ses deux pieds, sur l’estrade, a laissé un temps de silence. Et elle a commencé , toute droite, immobile, les bras le long du corps, les yeux levés sur un point fixe, avec un léger sourire.
Actions / Compte rendu de l’audience du 7 juillet 2016 au ministère de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, des associations de langues anciennes APFLA-CPL, APLAES, APLettres, CNARELA, SEL et SLL.
L’organisation de l’EPI varie beaucoup d’un établissement à l’autre (trimestre, semestre...). 1 établissement sur 10 propose un EPI latin + grec. L’EPI serait assuré par un collègue de Lettres Classique dans plus de la moitié des établissements, mais 20% des établissements proposeraient des EPI sans professeur de Lettres Classiques, ce qui est inacceptable pour l’enseignement des langues anciennes. Quelques établissements ne respectent pas les horaires de l’Enseignement de Complément (1h-2h-2h). Le Cabinet nous a pourtant dit que ces horaires n’étaient pas négociables, en juillet 2015. Les établissements qui avaient plusieurs groupes sont très souvent limités pour l’ouverture en 5e : un seul groupe (ou alors des propositions de deux groupes mais un par semestre !). Le grec disparaît (ou son horaire est diminué) dans plus de la moitié des établissements.
Analyses / Février 2016 Les leurres de la classe inversée (Blog de Paul Devin)
Au dire de certains, la classe inversée constituerait une révolution pédagogique. Elle ferait renaître la motivation d’élèves s’ennuyant dans la classe « traditionnelle », permettrait une différenciation favorable à une meilleure réussite des élèves en difficulté, tout en offrant à tous d’être « acteurs de leurs apprentissages et producteurs de leur savoirs ». Mais est-on sûr que cela est vrai pour tout contenu disciplinaire ? Est-on sûr que pour apprendre aux élèves de cycle II à distinguer le présent, du futur et du passé, le visionnement d’une vidéo qui devra recourir à des analogies figurables est réellement adapté et facilitateur ? Pour la plupart des élèves, les problèmes d’accord du verbe avec son sujet ne proviennent pas d’une ignorance de la règle mais de la difficulté à maîtriser les catégories grammaticales. Le wagon sujet s’accrochant à la locomotive verbe ou le petit personnage bleu bondissant sur un ressort pour aller s’accrocher au verbe ne pourront pas grand-chose pour lui ! L’observation partagée et débattue de la langue écrite au sein de la classe, à partir d’énoncés judicieusement choisis par l’enseignant, me parait très clairement une stratégie plus pertinente. Le numérique reste contraint par les limites de tous les outils : il ne peut prétendre à un apport qualitatif systématique. Parfois, il n’améliore rien, parfois il n’est qu’une illusion de progrès.
Analyses / Juin 2016 Faut-il supprimer le baccalauréat ? CNESCO(Conseil national d'évaluation du système scolaire)
Alors que le baccalauréat fait l’objet chaque année de débats sur sa suppression, ce modèle d’évaluation nationale externe aux établissements scolaires s’est fortement développé depuis 20 ans dans les pays de l’OCDE, sous la pression des demandes des parents, des universités et des entreprises. Les recherches sur les effets des examens nationaux, conduites depuis 15 ans dans les pays de l’OCDE, montrent que leur présence permet à la fois une élévation générale du niveau scolaire des élèves et une réduction des inégalités à l’école. Cependant, pour atteindre ces effets vertueux, ces épreuves doivent remplir un ensemble de conditions pédagogiques : porter sur un champ de contenus d’enseignement large, proposer des épreuves permettant d’évaluer des compétences complexes, … À l’inverse, dans le cas d’examens nationaux trop pointus utilisant des modalités d’évaluation trop simples (QCM, par exemple), des effets négatifs peuvent apparaître.
Un éclairage rétrospectif : A quoi sert le baccalauréat ? Audition au Sénat (02/2008)
Analyses / Septembre 2016 Comment l'école amplifie-t-elle les inégalités sociales et migratoires ? CNESCO (Conseil national d'évaluation du système scolaire)
Une analyse synthétique des réformes conduites depuis trente ans montre qu’elles présentent de nombreux points communs : une faible autorité scientifique des mesures proposées - les résultats des recherches participent peu à l’élaboration des politiques, ce qui favorise leur contestation par les acteurs de terrain peu convaincus ; peu d’expérimentations des réformes fondées sur des protocoles scientifiques solides et conduites à des dimensions territoriales significatives avant de les étendre à l’échelle nationale ; quasiment aucune évaluation scientifique des effets des dispositifs mis en place ; des formations continues des enseignants centrées étroitement sur des dispositifs précis (quand elles existent, selon la Cour des comptes) plutôt qu’une formation large à des compétences en pédagogie et en didactique; un cumul des dispositifs et des mesures qui conduit dans le temps à une action publique illisible pour les acteurs de terrain, les parents et les élèves eux-mêmes.
Analyses / Septembre 2016 Mais qui sont les assassins de l'école ? (Carole Barjon)
20 % des jeunes Français savent à peine lire.
Comment a-t-on pu en arriver là, dans une démocratie comme la France, longtemps enviée pour la qualité de son système éducatif ? Qui sont les véritables responsables de ce désastre ? De ce qu'on pourrait presque qualifier de « crime contre la société », au vu de la gravité du mal et de ses conséquences, constatées par tous les gouvernements, gauche et droite confondues, depuis maintenant plus de vingt ans, dans un bel aveu d'impuissance collective ? Pour m'expliquer l'origine de cette faillite, j'ai voulu connaître les auteurs, ou plutôt les fauteurs, des politiques éducatives qui y ont conduit. Les identifier, afin de comprendre ce qu'ils avaient en tête au moment ou ils ont conçu et/ou appliqué ces nouveaux contenus, ces nouvelles pratiques, ces nouvelles méthodes, ces nouvelles règles. À l'heure de la transparence et de la traçabilité dans tous les domaines, j'ai voulu savoir comment des gens en principe sains d'esprit ont pu engendrer de telles aberrations, ce que ces réformateurs mal inspirés pensent du résultat de leurs initiatives et s'ils en éprouvent aujourd'hui des regrets, voire des remords.Paradoxe terrible : ceux qui voulaient rendre l'école moins inégalitaire en sont arrivés à la rendre plus injuste. C. B.
Analyses / Septembre 2016 Les vérités de Céline Alvarez (Blog de Paul Devin)
Se rend-elle compte, qu’en réalité, ce qu’elle considère comme une intangible certitude, est lié à un contexte particulier et que ses idées sont en réalité le produit d’une société qui en permet l'émergence pour un ensemble de raisons qui n’ont pas toujours une relation directe avec les enjeux qu’elle croit défendre? Céline Alvarez, que certains journalistes qualifient de pédagogue révolutionnaire, produit en définitive de l’idéologie, au sens marxiste du terme, c’est-à-dire qu’elle transforme des réalités contingentes, sociales et économiques, en caractéristiques universelles et naturelles de l’être humain. Et cela n'est pas sans lien avec une société qui préfère ignorer l'influence de ces réalités économiques et sociales pour se réfugier dans l'idéologie d'une égalité naturelle que la bienveillance suffirait à faire naître.
Presse / Vousnousils du 17/06/2016 L'apprentissage de l'allemand est fortement ébranlé par la réforme du collège
[Cette discipline] est fortement ébranlée par la réforme du collège. Une enquête, réalisée auprès d’enseignants d’allemand de collège, montre que cette réforme fait reculer notre discipline. Le nombre d’heures attribuées à l’allemand dans les dotations horaires des collèges à la rentrée 2016 est en forte baisse. [...] D’autant que toutes les sections européennes de collège sont supprimées. […] La réforme entre en vigueur de façon très inégale selon les académies. Tandis que les classes bi-langues seront massivement supprimées dans les académies de Caen, Rouen, Rennes, Poitiers, Lyon, Lille, et Reims, la quasi-totalité est maintenue à Paris.
Presse / Vousnousils du 01/07/2016 Les élèves sont très attirés par le grec – même plus que par le latin.
Dans le secondaire, la mise en application de la réforme du collège est extrêmement dangereuse pour le grec. D’après les informations dont nous disposons, 28% des sections de grec risquent de fermer en collège. C’est scandaleux ! […] Le grec permet d’accéder à de nombreux textes qui sont souvent très motivants pour les élèves, comme les textes mythologiques par exemple. Quand j’enseignais dans le secondaire, j’ai constaté que les élèves étaient très attirés par le grec -même plus que par le latin. C’est une langue qui les intrigue et qui peut leur apporter une vaste culture générale. Cette dernière servira d’ailleurs pour l’étude des textes de la littérature française.
Presse /Le Monde du 03/07/2016 Les Français sont atteints de la rage de ne pas parler leur langue. (Michel Ocelot, réalisateur, auteur des films d’animation Kirikou, Les Contes de la nuit (2011), Azur et Asmar (2007)
Je fais des films. J’ai l’honneur d’être distribué au Japon par un studio prestigieux d’auteurs que j’admire. Ils ont dernièrement soumis l’affiche japonaise d’un de mes ouvrages au distributeur français et au réalisateur, avec leur courtoisie habituelle. C’était l’affiche française telle quelle, avec quelques lignes ajoutées en japonais. Le distributeur français, un des plus importants, un ténor du cinéma français, avec expérience et connaissances, mais français, a immédiatement envoyé ses instructions : enlever tout le français et le remplacer par de l’anglais. Nos interlocuteurs ont alors demandé la permission de conserver le français, pour vendre mieux.
Presse /Café Pédagogique du 13/07/2016 Simplifier le bac, une bonne idée ? (François Jarraud)
"Le bac reste un rite initiatique très important en France" déclare la ministre de l'éducation nationale dans Les Échos le 12 juillet. […] Cette vision est fausse. Si le bac n'est plus qu'une formalité pour, en gros, les candidats au bac général, où 9 élèves sur 10 sont reçus, ce n'est pas le cas de tous les Français. Plus d'un jeune sur cinq n'a toujours pas le bac. Et cette absence de diplôme a de lourdes conséquences sur son devenir, en lui fermant l'accès à l'enseignement supérieur et en lui ouvrant en grand la porte de Pôle Emploi. Autrement dit cette idée d'un bac rituel vient tout droit des beaux quartiers.
Presse /Le Monde du 29/08/2016 Rentrée scolaire : la mise en oeuvre de la réforme du collège s'avère difficile. (Aurélie Collas)
[…] Quel que soit le stade de mise en oeuvre, la réforme continue malgré tout à susciter beaucoup d’inquiétudes. D’abord, parce que tout n’a pas pu être anticipé. « On a essayé de se préparer au mieux, mais dans mon collège d’éducation prioritaire, on a un tiers de nouveaux professeurs qui arrivent à la rentrée et qu’il va falloir intégrer à nos projets. Que ce soit pour l’AP ou les EPI, il reste beaucoup d’inconnues », rapporte « Monsieur Samovar », un enseignant blogueur de lettres classiques qui exerce dans l’académie de Versailles.
Presse /Le Monde du 29/08/2016 Rentrée scolaire : la polémique autour du latin et du grec couve toujours (Mattea Battaglia)
« Sur le terrain, les établissements ont essayé de maintenir l’existant », concède François Martin, président de la fédération Cnarela, qui regroupe 28 associations de défense du latin et du grec sur tout le territoire. […] Mais la communauté de vues s’arrête là. « Derrière un même sigle – EPI –, on se confronte d’un collège à l’autre à une grande diversité de formes, d’horaires, de contenus, fait valoir François Martin, dont la fédération a sondé 450 collèges de 25 académies. Les collégiens les plus chanceux bénéficieront de trente-six heures d’enseignement dès la 5e, quand d’autres devront se contenter de dix heures sur toute leur scolarité au collège… Peut-on, dans ces conditions, parler d’équité ou de démocratisation ? », interroge cet enseignant de l’académie de Créteil.
Presse /Le Monde du 31/07/2016 Fin des redoublements… le niveau monte ? (Tribune)
Cette rentrée 2016 accueille une nouvelle génération d’élèves : celle qui, suite au décret du 20 novembre 2014, ne comporte quasiment plus aucun « redoublant(e) », de la primaire à la terminale. Désormais, les enseignants ne peuvent plus demander le redoublement d’un élève, même s’il a 5 de moyenne générale et/ou qu’il est absentéiste notoire. Seuls les parents peuvent décider son « maintien ». Le passage des élèves dans la classe supérieure était déjà devenu quasiment systématique. On vient de supprimer les derniers redoublements et réorientations possibles en fin de troisième et de seconde… Les élèves seraient donc de plus en plus compétents ? Là n’est pas la question… Ce qui compte, c’est la « gestion des flux ». Car telle est, malheureusement, l’expression qu’on emploie en langage de ministère, depuis 25 ans, pour parler du passage ou du redoublement des élèves.
Presse /Marianne du 01/09/2016 Ne détournons pas l'école de ses deux missions : l'excellence et la citoyenneté (Jacques Julliard)
Quant à l'égalité... Je sais bien que je brise ici un tabou. Mais enfin il ne faut pas confondre, dans une institution, son objectif principal et ses produits dérivés. En démocratie, toute institution doit fonctionner avec le plus d'égalité possible, c'est une affaire entendue. Mais le but des impôts n'est pas principalement de réduire les inégalités entre les citoyens, c'est de procurer à l’État l'argent dont il a besoin. Le but de l'armée, comme hier du service militaire, n'est pas d'opérer un brassage social, c'est de défendre le pays contre ses agresseurs. Le but de la Sécurité sociale n'est pas de réaliser l'égalité des citoyens en termes d'espérance de vie, il est de soigner les malades. Le but de l'Académie française n'est pas de procurer une vieillesse heureuse à tous les écrivains, c'est de défendre la langue française. Eh bien, le but de l'éducation est d'abord d'éduquer ; le but de l'enseignement est d'abord d'enseigner. Le but du prof est d'abord de professer. Et non, comme le lui demande aujourd'hui la race servile des inspecteurs généraux, de distraire les élèves pendant que les parents sont au travail.
Presse /Libération du 16/09/2016 La Suède en business classes (Anne-Françoise Hivert)
Au lycée Drottning Blanka à Malmö, les 280 élèves des programmes esthétique, stylisme, soins et sciences sociales ont fait leur rentrée le 22 août. Tout s’est passé comme d’habitude, assure la directrice, Annika Silverup, qui n’a remarqué aucun changement depuis le 15 juin et l’entrée en Bourse du groupe scolaire AcadeMedia, auquel appartient le lycée. [...] Le Premier ministre social-démocrate, Stefan Löfven, s’est ému, pour sa part, que «60 000 élèves [soient] mis en vente sur le marché boursier». Au coeur du débat, particulièrement vif : un système unique au monde, bien loin de l’idée qu’on se fait du «modèle social suédois», qui permet non seulement aux sociétés privées de gérer des écoles financées par le contribuable, mais d’en dégager des bénéfices, afin d’accroître leurs profits ou de financer leur développement à l’étranger. Mais si les notes des jeunes Suédois progressent régulièrement, au point que certains dénoncent une inflation déconnectée de la réalité, le niveau des élèves s’est effondré. […]
Presse /L'Obs du 20/09/2016 Les assassins de l'école habitent la rue de Grenelle. (Paul Quinio)
La journaliste de "l'Obs" arrache à ses interlocuteurs de quasi mea culpa, ou à défaut des concessions sur "les erreurs" commises. Au printemps 2016, Philippe Meirieu lui confie ainsi :"A l'époque, tout le monde [sic] disait, à la suite de Bourdieu, des trucs du genre 'il faut partir de ce qui intéresse les masses', ou bien 'il faut apprendre sur des écrits fonctionnels' (affiches, panneaux, modes d'emploi). Moi-même, j'ai dit qu'apprendre sur des notices n'était pas pire qu'apprendre dans des manuels débiles. C'était dans l'air du temps, c'était Bourdieu avec la culture perçue comme une violence symbolique. On a eu tort." François Dubet ? "L'école française accentue l'effet des inégalités sociales sur les inégalités scolaires. (...) C'est une énigme...", confie-t-il au sortir d'un rendez-vous avec l'auteure.
Presse /Le Canard Enchaîné du 21/09/2016 L'école et sa filière pro... de chagrin.
Les lycées professionnels perdent des milliers de profs. Et les budgets s'effritent. Trois mille trois cent quarante postes de moins ! C'est – calculé en « équivalent temps plein » - le déficit de profs dans l'enseignement professionnel accumulé depuis 2012. Cette baisse spectaculaire, confirmée au Canard par le ministère, est particulièrement voyante, alors qu'un tout récent rapport de l'OCDE vient de rappeler que l'école française est l'une des plus inégalitaires des pays riches.
Presse /Le Monde du 26/09/2016 Nous devons nous inquiéter du mépris que l'on porte à un travail manuel exigeant et noble (Alain Bentolila)
Les collégiens les plus fragiles sont ceux qui, privés des outils intellectuels essentiels et ayant perdu le goût d’apprendre, se voient souvent « honteusement » proposer une orientation professionnelle par défaut ; comme si les activités manuelles étaient le juste aboutissement ou la juste sanction de l’échec scolaire. Disons-le fortement, il s’agit là d’une insulte aux savoirs fondamentaux comme à la noblesse du geste. Le geste comme la parole assurent aujourd’hui une prise de moins en moins ferme sur le monde. Et nous devons nous inquiéter du mépris que l’on porte à un travail manuel exigeant et noble comme de l’indifférence que l’on témoigne à une langue juste et précise. Je déteste ce goût, complaisamment partagé, pour l’imprécision et la banalité de l’un et de l’autre au détriment de la rigueur et de l’originalité qu’on leur doit.
Presse /Le Monde du 27/09/2016 Comment le système éducatif français aggrave les inégalités sociales (Mattea Battaglia et Aurélie Collas)
Des inégalités sociales à l’école, produites par l’école elle-même… C’est la démonstration que fait le Conseil national d’évaluation du système scolaire (Cnesco), en rendant publiques, mardi 27 septembre, les conclusions d’une vingtaine de rapports. Tout un spectre de la recherche – des sociologues aux économistes, des didacticiens aux psychologues, français et étrangers – a été mobilisé deux années durant, pour interroger ce mythe de l’égalité des chances dans notre système éducatif. Et rendre plus transparente la fabrique de l’injustice scolaire. […} Là où un tabou tombe, c’est sur la qualité et le temps d’enseignement dispensés. Ainsi, au collège, les enseignants de ZEP estiment consacrer 21 % du temps de classe à « l’instauration et au maintien d’un climat favorable », contre 16 % hors de l’éducation prioritaire et 12 % dans le privé. C’est autant de temps en moins consacré à l’enseignement. Les 4 heures de français par semaine programmées en 3e deviendraient 2 h 30 en ZEP, 2 h 45 hors ZEP et 3 heures dans le privé. Problèmes de discipline mais aussi exclusions, absences d’élèves et d’enseignants pèsent sur les emplois du temps.

20-06-16

Réforme / Juin 2015 Rapport sur l'efficacité de la réforme des rythmes scolaires (IGEN)
Des premiers constats en demi-teinte. […] La réflexion pédagogique a été plutôt absente du coeur des débats. Au lieu de porter sur le temps de l’enfant, appréhendé dans sa globalité, la réforme a paru reposer pour l’essentiel sur une nouvelle organisation du temps périscolaire.
Réforme / Mai 2016 Présentation de l'entrée « Se chercher, se construire (Eduscol)
Dans la rubrique « N'oublions pas d'en rire »... Après « l'équilibre horizontal en milieu aquatique profond standardisé » de l'éducation physique et sportive, , voici « le déplacement qui s'opère entre le sujet percevant et l'objet perçu » (sic!). Quand les disciples de Diafoirus rédigent les programmes de français...voici ce qu'on peut lire dans les très officiels documents d'accompagnement des nouveaux programmes du cycle 4 (5e, 4e, 3e) :
« L'expression « Se chercher, se construire » propose un couple dynamique, témoin d'une tension ontologique propre à chaque individu et sans doute exacerbée à l'adolescence, âge où les possibles s'esquissent tandis que les premiers choix font naître la crainte d'un avenir dilué dans les sables ou à l'inverse pétrifié. Les deux verbes à l'infinitif placés en miroir au sein du libellé de l'entrée induisent un geste différent voire antithétique sur le monde, qui se double, en raison de la forme pronominale, d'une perspective d'examen de soi, de retour sur son être propre, d'action même portée sur sa personne. La dynamique de l'entrée réside aussi dans cette logique évolutive de la perception de soi ; la forme pronominale réfléchie des deux verbes signale à cet égard le déplacement qui s'opère entre le sujet percevant et l'objet perçu [...] »
Analyses / Les frontières de la laïcité, de F. de La Morena (Mezetulle)
Nulle entente a priori, nulle société secrète, nulle armée de l’ombre n’orchestrent les multiples, répétées et graves entorses au principe de laïcité qui en attaquent les frontières. Non, c’est pire : l’agent dissolvant n’est autre que la pensée naturelle des politiques, à laquelle des décisions jurisprudentielles souscrivent à grand renfort d’acrobaties dont on est effaré de découvrir les détails et les détours.
Presse / France-Inter du 04/05/2016 Ce n'est pas une réforme du collège mais une réforme du collage (Le billet de Nicole Ferroni)
Ce n'est pas les cloisons qu'elle abat, mais les murs porteurs.
Presse / Le Monde du 19/05/2016 Réforme du collège : un an de préparation, et toujours beaucoup d’inquiétudes
Principal point de blocage : la perte d’heures de cours. Jusqu’alors, comme c’est souvent le cas en éducation prioritaire, le collège utilisait une partie de ses moyens supplémentaires pour renforcer l’enseignement en français et en mathématiques. Or, la réforme impose un « plafond » limitant la semaine des élèves à vingt-six heures. « Cela induit, d’une part, une perte sèche en apprentissage, et d’autre part, que les élèves seront dehors au lieu d’être pris en charge au collège », déplore Sophie Colson, professeure d’anglais. L’équipe, après avoir obtenu le maintien de l’option latin et de la classe bilangue – deux dispositifs « sur la sellette » –, tente aujourd’hui d’obtenir une dérogation pour dépasser le plafond.
Presse / Le Monde du 27/05/2016 Refuser les QCM à l'université (Alain Garrigou)
Ainsi l¹administration universitaire, convertie au management, abolit-t-elle lentement, doucement, imperceptiblement, à petits pas, l¹autonomie pédagogique des universitaires. Là, comme ailleurs, il est encore possible de résister. Et d¹abandonner les QCM aux sondages et aux jeux télévisés.
Presse / Vousnousils du 6/06/2016 Brevet des collèges 2017 : le sujet zéro de français est une invitation aux bavardages
Nous demandons que le français soit correctement enseigné avec une ambition réelle de transmettre une culture exigeante aux élèves et une maîtrise de la langue. Pour cela, il faut réhabiliter considérablement la grammaire car le programme de français a été allégé. Par exemple, nous sommes maintenant censés n’enseigner le passé simple qu’à la troisième personne. C’est consternant, cela va fermer l’accès à un grand nombre d’oeuvres. Nous réclamons aussi la rédaction d’autres exemples d’examens fondés sur des oeuvres littéraires pouvant mesurer un niveau réel de réflexion, d’analyse et de maîtrise de la langue française des élèves. Enfin, nous avons des revendications en termes d’horaires. Le collectif demande plus d’heures d’enseignement car à un moment nous ne parviendrons plus à enseigner correctement avec des horaires qui diminuent sans cesse !
Presse / Le Monde du 11/06/2016 Le tableau mitigé de la réforme des rythmes scolaires
Journées chargées et morcelées, siestes tronquées, et plus de mercredi pour souffler… Ces effets supposés de la réforme sont largement ressentis sur le terrain, notamment en maternelle, apprend-on à la lecture d’une étude menée, à Arras, par l’Observatoire des rythmes (Ortej). A l’échelle nationale, c’est le même constat que dresse l’Inspection générale, avec pour conséquence : moindre attention des enfants, énervement, augmentation des incidents, retards…

20-05-16

Actions Communiqué de presse du 20/05/16 : Nouveau brevet des collèges - Sujet zéro.
Entre les tenants du français comme discipline linguistique et littéraire garante de l'accès aux œuvres des écrivains et à une pensée autonome, et d’autres affirmant que seul importe ce qui relève d’une communication utile, c'est manifestement cette dernière conception, la plus pauvre, qui a été retenue par le ministère.

16-04-16

L'intempestif / Le millepattes, le nénufar et la maitresse (Joëlle Fanger)
Un millepattes se repose sur un nénufar de l’étang de Bourglareine. Il parait épuisé. Il faut dire que ce weekend il a tellement marché qu’il a mille ognons ! Un à chaque patte ! Un avantgout de l’enfer…
L'intempestif / Sorcelleries (Mireille Kentzinger)
L’Education Nationale saura-t-elle résister à un tel déferlement de décoctions retorses et d’élixirs trompeurs ? Surtout que ce laboratoire méphitique est, comme de juste, pavé de bonnes intentions.
L'intempestif / Quand Sarkozy prétend « sauver les lettres »... ou sauver la face ? (Philippe Le Quéré)
Nous n’avons pas à montrer la moindre complaisance pour ces grossières simagrées, d’autant que nous savons que sur le fond, en dépit des proclamations électoralistes, LA politique des partis qui se relaient au gouvernement est très largement cornaquée de Bruxelles. Nous sommes bien placés pour le savoir dans notre domaine sinistré de l’éducation, et ce n’est pas le racolage indécent d’un ancien président largement responsable du désastre actuel qui doit abuser les vrais défenseurs de l’École républicaine.
Réforme / Motion sur la politique éducative du gouvernement (APLettres)
En supprimant tous les dispositifs et tous les enseignements qui excèdent un socle commun sur lequel rien décidément ne doit reposer, le ministère fabrique une école de charité, une école pour pauvres, que les classes aisées et les classes moyennes vont fuir plus résolument encore.
Réforme / Incroyable mais vrai : Fais bouger ta littérature. Culture et création artistiques, EPI 4e (Eduscol)
Construction d’un « roman-photo » à partir d’une chorégraphie collective (en danse ou arts du cirque) inspirée de la réception que les élèves ont des textes lus et étudiés en classe de français, notamment ceux travaillés au sein de l’objet d’étude « dire l’amour ». Le geste chorégraphique est là, non seulement pour témoigner de leur compréhension des textes et des émotions qu’ils ont suscitées en eux, mais également pour les aider à construire leur interprétation.
Réforme / Lettre ouverte du syndicat des inspecteurs d'académie (décembre 2015)
Il est aujourd’hui de notre devoir de vous alerter, dans un contexte politique et sociétal particulièrement difficile, sur les tensions inédites observées dans les établissements scolaires. Nous courons le risque de voir cette réforme (et les dispositifs de formation qui l’accompagnent) être l’otage d’un mécontentement et d’un malaise du monde enseignant. Il est également de notre devoir de relayer auprès de vous le profond abattement, voire le désarroi, des professeurs de lettres classiques et d’allemand qui ont le sentiment d’avoir été injustement pointés comme responsables des inégalités grandissantes, sociale et culturelle, de notre système éducatif. C’est pourquoi nous vous demandons, Madame la ministre, de réinterroger la mise en œuvre de cette réforme.
Action / Pétition pour l'abrogation de la réforme du collège APLettres
L’Association des Professeurs de Lettres vient de mettre en ligne une pétition à texte minimal demandant purement et simplement la suppression de la réforme du collège, en espérant qu’une pétition de ce type rassemblera tous les citoyens hostiles à cette réforme, quelles que soient leurs raisons et pour que justement un vrai débat ait lieu après la suppression.
Action / Compte rendu du colloque Qualité de la Science française (Mireille Kentzinger)
I – Une alerte lancée aux politiques. De nombreux universitaires et en particulier ceux qui étaient présents à ce colloque, font le constat d’une baisse de niveau inédite chez leurs étudiants, tels qu’ils arrivent après le bac et tels qu’ils demeurent souvent dans la suite du cursus.
Analyse / Interdisciplinarité, idéologie et nouvelles pédagogies (Didier Guilliomet)
L'interdisciplinarité s’est transformée subrepticement dans le discours des pseudo-réformateurs en tout autre chose : elle est devenue ce qu’on pourrait nommer une espèce d’anti-disciplinarité, même si l’appellation première s’est conservée.
Analyse / Les enjeux cachés de l'interdisciplinarité au collège (Jean-Pierre Terrail, GRDS)
En portant exclusivement l’éclairage sur les vertus pédagogiques des dispositifs que nous avons examinés ici, leurs promoteurs enterrent donc la seule question qui mériterait de faire débat : quelle école voulons-nous ? Ils y répondent d’avance, en donnant comme allant de soi le renoncement à une véritable démocratisation de l’accès aux savoirs élaborés.
Analyse / Microsoft, Amazon, l'Education nationale et les Princesses (Blog de Monsieur Samovar)
Tout cela est bien entendu effacé par le point 5 de l’accord avec Microsoft, qui accordera une aide financière et technique (tu as bien vu le mot « financière » ? Je peux le mettre en plus gros, si tu veux) aux « acteurs français » de l’E-éducation. Ce qui est une jolie expression pour dire à ceux qui appliqueront leurs solutions.
Analyse / Pour une école de l'exigence intellectuelle, changer de paradigme pédagogique (Jean-Pierre Terrail, La Dispute, février 2016)
Si l’on admet, ce que je me suis efforcé d’argumenter de près par ailleurs, que le préjugé déficitariste laisse dans l’ombre la réalité des capacités intellectuelles des élèves issus des classes populaires, une réelle volonté de démocratiser l’école inviterait à en finir avec le leitmotiv des réformateurs des années 1960-70, pour lesquels il fallait avant tout éviter de mettre ces élèves en difficulté ; et à lui substituer le principe d’une forte exigence intellectuelle à leur égard.
Analyse / L'alphabet, machine libératrice (Catherine Kintzler, Mezetulle)
L’alphabet est probablement la découverte la plus puissante jamais inventée pour libérer les esprits. Or c’est parce qu’il abandonne l’ambition de représenter les pensées, et parce que, à la différence de tout autre système d’écriture, il rend l’acte de lecture totalement mécanique, ne s’attachant qu’à la matérialité des sons et de leur émission, que l’alphabet déploie cette puissance.
Analyse / Manifeste pour la reconquête d'une école qui instruise. L'école du négoce, commentaire du manifeste (Tristan Béal, Mezetulle)
L’école de l’instruction est une école de lutte, pas une école de polissage : on n’y façonne pas un citoyen moutonnier mais un esprit critique, un esprit qui, dès le plus jeune âge, sera renvoyé à ses seules forces. Faire de l’analyse grammaticale, effectuer des opérations, écrire des dictées, tous ces enseignements que l’on voudrait réduire à leur seule dimension rébarbative, tous ont pourtant une seule et unique vertu libératrice : apprendre à faire la distinction du vrai et du faux en rapportant le cas à la règle expliquée et apprise.
Presse / FigaroVox du 19/05/2015 : Touche pas à ma 3e C, le coup de gueule d'un prof de ZEP (Jean-François Chemain)
Ma 3e C est le fleuron, et je n'imaginais pas que la décrire amoureusement ferait un jour de moi un futur hors-la-loi. Classe bilingue anglais-allemand dès la 6ème, comportant un fort taux de latinistes, permettant au collège public particulièrement difficile où j'enseigne de limiter les stratégies d'évitement dans le privé, dans un quartier pourtant sensible. [...] Des gamins - aurai-je moi aussi droit aux foudres pour me livrer à ces «statistiques ethniques» sauvages? - presque tous issus de l'immigration (d'une bonne dizaine de pays différents), presque tous musulmans... Une classe avec laquelle on parvient à boucler, à peu près, le programme, au lieu qu'avec les autres on en fait la moitié...
Presse / FigaroVox du 29/05/2015 : École : «L'idée que le savoir n'a plus d'importance est le plus grand mythe des pédagogues»
Le plus grand mythe contemporain à propos de l'éducation, c'est l'idée que la connaissance n'a plus d'importance. On dit désormais que le savoir-faire a plus d'importance que les savoirs, puisque de toute façon les enfants n'ont pas besoin de savoir des choses qu'ils peuvent à tout instant chercher sur leur smartphone.Toutes ces justifications de l'abandon de la connaissance sont fausses, parce qu'elles nient la manière dont le cerveau humain fonctionne. La science n'est pas du côté des pédagogues progressistes. La recherche menée ces cinquante dernières années par la psychologie cognitive montre bien combien nous dépendons du savoir stocké dans la mémoire longue pour tous nos procédés mentaux
Presse / L'Humanité du 22/03/2016 : Maintenant, comment sauver les enseignements du grec et du latin ?
Sortir par le haut Privilèges, les langues anciennes ? 93% des collèges - dont les Zones d’Éducation Prioritaire – offrent aujourd’hui le latin et parfois aussi le grec ! La DEPP, service statistique du ministère, vient même de démontrer que l’étude du latin, loin d'être l'apanage d'une élite, participait à la réussite des élèves défavorisés, à la mixité sociale, et corrigeait les inégalités. Maintenus, les horaires ? Ils ont été sabrés pour la rentrée 2016 : 50% de moins en 5e et 30% en 4e et 3e, véritable insulte aux milieux populaires.
Presse / Acteurs publics du 07/04/2016 : Exclusif : l'Inspection générale alerte le ministère sur la réforme du collège
À six mois de l’entrée en application de la réforme du collège, 10 à 25 % des établissements sont en difficulté, selon un rapport confidentiel. L'alerte est officielle : les formations ne portent pas leurs fruits et l’autonomie accrue des établissements n’est pas palpable. [...]Au sujet de la dotation horaire des collèges, “l’inquiétude” s’est fait jour “dans les petits établissements qui vont devoir gérer des problèmes de service partagé”, relève l’inspection générale. Un comble quand on se souvient que la réforme du collège devait créer 4 000 postes. D’ailleurs, “quelle sera la marge d’autonomie pour ces établissements ?”,interroge encore l’IGAENR, alors que le principe de “marge d’autonomie accrue” présidait à la réforme du “nouveau collège”.
Presse / Le Monde du 31/03/2016 : Des profs du lycée Bergson à Paris : « Ces images ont tué notre effort pour réconcilier les jeunes avec la société. »
Ce que l’image des violences policières a tué à la cité Bergson, c’est l’effort quotidien des professeurs pour réconcilier les jeunes avec la société. Ce que cette image a terni, c’est la réputation d’une cité scolaire que nous aimons et pour laquelle nous nous battons tous les jours. Ce que cette image a abîmé, c’est la confiance des élèves dans notre parole quand nous évoquons une République ouverte et fraternelle.

03-02-16
Actions / Pétition des associations APFLA-CPL, APLAES, APLettres, CNARELA, SEL, SLL : Latin et grec au collège - L'égalité : un leurre.
Les dotations de fonctionnement pour la rentrée 2016 font aujourd’hui tomber les masques : faute d’heures spécifiquement dédiées au latin et au grec, ces matières sont amputées, voire sacrifiées. Les premières victimes en sont les élèves des établissements difficiles : eux, qui n'ont que l'école pour réussir, n'auront pas la chance de bénéficier du même éventail de matières que leurs aînés (en 2014-2015, 93% des collèges offraient l'option latin). Prôner l'égalité ne doit pas se réduire à un artifice rhétorique ou à une acrobatie verbale publicitaire. Pour réduire les inégalités l’École doit prendre les mesures judicieuses et informées qui permettront enfin d’accorder le discours et les faits. Pétition_LA_égalité_2016-01-28.pdf
Actions / Communiqué intersyndical – Réforme du collège, 29 janvier 2016
L’intersyndicale réaffirme sa détermination à obtenir l’abrogation de la réforme du collège, à bloquer sa mise en oeuvre à la rentrée 2016 et appelle l’ensemble des collègues à poursuivre la lutte. Elle soutient toutes les initiatives décidées collectivement dans les établissements en lien avec les organisations syndicales de l’intersyndicale.
Actions / Lettre au Président de la République des associations APFLA-CPL, APLAES, APLettres, CNARELA, SEL, SLL, le 26 janvier 2016
Faute d'heures disponibles, des établissements annoncent déjà qu'ils ne pourront respecter les assurances de Madame la Ministre, qu'ils doivent limiter l'EPI de langues et cultures de l'Antiquité à un seul niveau (alors que le BO de juillet l'étendait à l'ensemble du cycle 4 et que cet EPI aurait représenté en 5e 50%, en 4e et 3e 30% de l'horaire actuel), restreindre le nombre d'élèves étudiant les langues anciennes en n'ouvrant qu'un groupe par niveau, ou limiter l'horaire de l'enseignement de complément, voire parfois supprimer les sections de grec, réduisant ainsi l'enseignement des langues anciennes ou les effectifs de latinistes et d'hellénistes à une peau de chagrin - quand ils ne ferment pas purement et simplement l'enseignement des langues anciennes dans leur établissement.
Analyses / EPI : l'interdisciplinarité et la réforme du collège (Paul Devin)
A bien regarder les finalités données aux EPI par l’arrêté de mai 2015, ce n’est pas tant leur finalité interdisciplinaire qui est mise en avant que leur finalité pratique. Il s’agit de parvenir à une « réalisation concrète » : maquette, journal, vidéo, … Ce n’est donc pas tant la cohérence des savoirs qui guide l’intention des EPI que la volonté de redéfinir la nature même des savoirs pour privilégier la capacité à produire des objets concrets au dépens de la construction de concepts et de l’acquisition de connaissances.
Analyses / Instruire d'abord ! La finalité de l'école. Instruction, pédagogie et pédagogisme. (Jean-Michel Muglioni, Mezetulle)
Ainsi une exigence morale dans son fond – libérer l’homme – appelle une politique de l’école, une politique d’instruction publique : il faut choisir entre la contrainte du milieu, origine des motivations, et un ordre d’artifices et de contraintes qui se revendique comme tel, à savoir l’institution scolaire : la fonction institutionnelle de l’école est de délivrer l’homme de la société. Entre subordonner l’école à la société, donc la détruire, et instituer une véritable école, il faut choisir.
Analyses / Le concours l-EPI-ne est lancé ! (blog L'Intempestif, Les élucubrations d'Antoine)
Quand je vois les sujets d'EPI, je suis stupéfait… entre autres, cet intitulé de « projet » SVT-lettres proposé au cours d’une formation dans l’académie de Lyon – avec l’aval des inspecteurs, donc… Gargantua et Emma Bovary mangeaient-ils équilibré ?
Presse / Le Monde du 16/12/2015 : Le livre, ce remède souverain
Le livre fait travailler une dimension essentielle de l’humain. « Nous sommes des animaux poétiques, assoiffés de symbolique », dit-elle encore. La lecture, comme activité créatrice de sens, aiderait donc à surmonter les épisodes douloureux, les moments de rupture, de perte de repères. Le mot « repère », d’ailleurs, revient dans la bouche des libraires interrogés après le 13 novembre. La lecture permet d’essayer de comprendre l’incompréhensible, mais aussi de sortir de la tristesse par la « rencontre » avec un autre esprit. Marcel Proust conseillait cette activité à « l’esprit paresseux », sujet à la neurasthénie : « Ce qu’il faut donc, c’est une intervention qui, tout en venant d’un autre, se produise au fond de nous-mêmes, c’est bien l’impulsion d’un autre esprit, mais reçue au sein de la solitude. »
Presse / Libération du 06/01/2016 : A quoi sert le latin ? La réponse des humanistes (Luigi-Alberto Sanchi)
On trouve dans l’Antiquité les multiples exemples des formes que peuvent prendre la société et l’Etat, des théories que l’esprit peut concevoir loin de toute révélation religieuse, des sentiments variés qui marquent la vie familiale, civile ou militaire. L’Europe moderne, mais aussi les Etats-Unis, les pays d’Amérique latine et plusieurs autres réalités ont été bâties à partir des matériaux livrés par l’étude fiévreuse des Anciens et par les réflexions contrastantes qu’une telle étude a pu suggérer. Aujourd’hui aussi, le défi qui semble se présenter à la France et à ses élites est celui de forger la nouvelle société française.
Presse / Le Monde du 07/01/2016 : Penser autrement, grâce au grec et au latin
L’Avenir des Anciens. Oser lire les Grecs et les Latins, de Pierre Judet de La Combe, Albin Michel. Ne serait-ce pas au fond la confrontation difficile avec un texte venu de loin, résolument insolite et sophistiqué, et les obstacles à franchir pour en acquérir la maîtrise par une relation entre maître et écolier (on n’ose pas dire disciple) qui procure à ce savoir des Anciens la capacité de nous changer vraiment ?


16-12-15

Réforme / Décret de réforme du collège 2016
décret n° 2015-544 du 19-05-2015, organisation des enseignements au collège
Les programmes des enseignements communs, le volume horaire des enseignements communs et complémentaires, ainsi que les conditions dans lesquelles ce dernier peut être modulé par les établissements, sont fixés par arrêté du ministre chargé de l'éducation. Cet arrêté fixe également le cadre des enseignements complémentaires dont le contenu est défini par chaque établissement.
Réforme / Arrêté, réforme du collège 2016
Arrêté du 19-5-2015, organisation des enseignements dans les classes de collège
Article 10 - L'établissement peut moduler de manière pondérée la répartition du volume horaire hebdomadaire par discipline, dans le respect à la fois du volume horaire global dû à chaque discipline d'enseignement obligatoire pour la durée du cycle, du volume horaire global annuel des enseignements obligatoires dû à chaque élève et des obligations réglementaires de service des enseignants.
Analyses / La réforme du collège ou l’avenir sombre de la société française (Nathalie Bulle, Skholê.fr)
La persévérance des réformateurs dans une voie qui, manifestement, conduit à l’affaiblissement de la formation intellectuelle des élèves, à l’augmentation de l’inégalité des chances et qui, à terme, engendre un appauvrissement de notre société, ne s’explique pas uniquement par des diagnostics erronés, perpétrés par des gouvernements successifs qui n’ont ni la mémoire du passé, ni la connaissance profonde du fonctionnement de l’école et qui, à court terme, ne subissent que la sanction de l’aspect politique des réformes. L’objet profond de la réforme du collège est ailleurs. Au regard d’un tel objet, les coups portés au développement intellectuel des élèves, à l’égalité des chances et à la prospérité générale, apparaissent comme des dommages collatéraux. Il s’agit de l’institution d’un nouvel ordre moral sur l’école et, ce faisant, sur la société française.
Analyses / La Revue de l'éducation, décembre 2015-janvier 2016 : Oui à la pédagogie de projet, non à la réforme du collège (Pascal Charvet)
Ces programmes, en effet, faute de s’ancrer dans la réalité pédagogique de la classe, manquent leur objectif, car ils ne sont pas conçus à partir d’une vraie logique de progression des apprentissages. La partie appelée pompeusement Repères de progressivité est révélatrice de cet échec : elle est soit inexistante (pour plusieurs disciplines), soit expédiée en quelques lignes très générales (hormis pour les mathématiques). Le MENSR montre à l’évidence par là qu’il s’en remet aux auteurs des manuels scolaires pour faire le travail à sa place et structurer ces progressions souvent complexes, qui sont la clé de la réussite des cycles. Il jette du même coup aux orties les apports de la didactique des disciplines, susceptible d’aider les enseignants dans leur tâche et de les guider. Le traitement de l’interdisciplinarité est du même acabit.
Analyses / Le concours l-EPI-ne est lancé ! (blog L'Intempestif, Les élucubrations d'Antoine)
Quand je vois les sujets d'EPI, je suis stupéfait… entre autres, cet intitulé de « projet » SVT-lettres proposé au cours d’une formation dans l’académie de Lyon – avec l’aval des inspecteurs, donc… Gargantua et Emma Bovary mangeaient-ils équilibré ?
Analyses / La notable négligence de Mme Vallaud-Belkacem (blog de Claude Garcia, Profs mis en examen)
Depuis plusieurs années, les ministres de l'éducation nationale sont particulièrement indulgents avec les élèves, trop malmenés par ces satanés profs. La ministre actuelle n'est pas la moins zélée. Le Monde nous disait qu'elle voulait être la ministre des parents. Elle a fait la promotion de l'école bienveillante, visant notamment à évaluer sans noter, du moins en sixième. Depuis, elle trace son chemin en réformant le collège, et au lieu de développer les « épi » elle ferait mieux de donner du blé (dixit Xabi un collègue), donc des moyens aux établissements. Dans le même ordre d'idées, pour ne pas traumatiser les terminales, on leur assure qu'ils pourront redoubler dans leur établissement, même s'ils ont été pénibles, et ils pourront garder le bénéfice de leurs "bonnes" notes à l'examen.
Analyses / « Enseigner c’est manager » (Dania Tchalik, Mezetulle)
C’est à l’ensemble des savoirs et patrimoines professionnels que s’attaque le management, car c’est par l’affirmation de l’autorité de son métier comme de sa raison que le citoyen exerce sa liberté et parvient à se soustraire à l’arbitraire du pouvoir politique. Condorcet avait parfaitement cerné l’importance de l’enjeu : celui qui maîtrise le savoir n’a point de maître. C’est pourquoi le management a fait alliance avec le sociologisme le plus plat (toutes les cultures et toutes les opinions se valent) et le pédagogisme le plus régressif (qu’importe la solidité du savoir dispensé à partir du moment où les procédures d’apprentissage sont conformes aux consignes et les élèves sous surveillance d’un adulte) pour extirper le savoir critique, mettre le travailleur au pas et réduire le citoyen au silence.
Actions / Selon la DEPP, le latin corrige les inégalités (Communiqué de presse des associations APFLA-CPL, APLAES, APLettres, CNARELA, SEL et SLL, 01/12/2015)
Cette étude met en effet statistiquement en lumière les bénéfices de l'étude du latin, et montre que les effets positifs de l'apprentissage de cette langue ancienne sont d'autant plus marqués pour les élèves que leur origine sociale est défavorisée. Loin d'être la dénonciation d'une matière et encore moins d'un élitisme – puisque 93% des établissements scolaires proposaient le latin à la rentrée 20147 -, cette étude est au contraire un plaidoyer, mathématiquement étayé, pour le rôle socialement correcteur du latin dans le domaine des inégalités scolaires et culturelles.
Actions / Conseil supérieur des Programmes : Avec moins d'heures, on apprend moins ! (Communiqué de presse des associations APFLA-CPL, APLAES, APLettres, CNARELA, SEL et SLL, 10/12/2015)
Les coupes imposées par la diminution horaire révèlent l'ampleur du massacre, en mettant en valeur la perte substantielle de contenus. Le CSP a d'ailleurs reconnu, à maintes reprises, que l'horaire était trop exigu. Il a précisé que l'enseignement des langues anciennes serait « probant » à condition d'associer les trois formules prévues (étymologie dans le cours de français, EPI, enseignement de complément). Autre façon de suggérer que le démembrement annoncé est une hérésie, et que le découpage arbitraire de ces disciplines en trois éléments (et souvent entre trois professeurs différents), contresens épistémologique et didactique à l'heure de l'interdisciplinarité, détruit leur valeur formatrice liée au dialogue permanent, au sein des cours, entre la langue, les textes et la culture.
Presse / France-inter le 01/09/2015 : Si on sèche les cours de rien, on risque quelque chose ?
"Quitte à apprendre des trucs qui prétendument ne servent à rien, autant continuer à apprendre le latin et le grec…."
Presse / Le Monde du 12/11/2015 : Réforme du collège : les opposants optent pour la résistance locale
Sur Twitter, où le mot-dièse #college2016 fait le lien entre les professeurs mobilisés, les critiques sont légion. Et l’ironie le dispute à l’indignation. « On me présente un EPI Lettres/SVT intitulé “Madame Bovary mangeait-elle végétarien ?”. Je me suis remis à boire », a tweeté un enseignant scandalisé. « Parole de chef en réunion : #college2016 est une usine à gaz inapplicable. On va essayer de limiter la casse… », lâche, déconfit, un autre professeur.
Presse / Le Monde du 27/11/2015 : Le calcul mental et les jeux pour sauver les maths
Sur quoi butent les élèves ? « Premier problème, les grands nombres entiers, supérieurs à 10 000. A la fin du primaire, un élève sur quatre ne sait pas les écrire, rapporte Jean-François Chesné, le directeur scientifique du Cnesco. La deuxième difficulté, ce sont les nombres décimaux. Par exemple, très peu d’élèves associent 1/4 à 0,25. » Si les tables d’addition sont acquises, ce n’est pas le cas des tables de multiplication. A la question « dans 56, combien de fois 8 ? », la moitié des élèves sèchent. S’agissant des quatre opérations posées à l’écrit (addition, soustraction, multiplication et division), « on sait que les performances baissent depuis une vingtaine d’années », rappelle M. Chesné.
Presse / Le Point du 03/12/2015 : Latin : le silence coupable de Najat Vallaud-Belkacem
[Un professeur de lettres classiques], qui enseigne dans un collège de l'académie de Créteil, raconte ainsi comment le latin a permis à un de ses élèves, qui ne maîtrisait pas le français au début de la cinquième, de rejoindre après le bac une classe préparatoire parisienne. Un parcours exemplaire que la transformation du latin et du grec en « enseignement pratique interdisciplinaire » risque de rendre impossible demain.
Presse / Télérama du 06/12/2015 : Projets interdisciplinaires : la victoire du collège Stalingrad
« Les difficultés de nos élèves nous obligent à travailler autrement, ces projets sont une réponse créative à des défis d'éducation. On ne réussit pas à tous les coups, mais, grâce à eux, bien des jeunes surmontent leurs problèmes sociaux et scolaires. Ils réalisent des choses, c'est très valorisant. » Les profs du collège Stalingrad, eux, n'ont pas besoin d'être convaincus de leurs bienfaits. […] Et eux aussi sont contrariés par les coupes horaires dans leurs disciplines. « En français, une heure hebdomadaire en moins, c'est énorme, regrette Annie Perrot, surtout quand certains arrivent en sixième sans maîtriser parfaitement la langue. Les ateliers ne compensent pas tout, les apprentissages ne sont pas interchangeables. »
Presse / Vousnousils du 11/12/2015 : Grec et latin : les associations réclament à nouveau le maintien de l'enseignement actuel
Les associations déplorent l’impuissance du CSP, qui a « d’emblée écarté un débat sur un sujet ne relevant pas de sa compétence : la structure des enseignements de latin et de grec ». Selon elles, l’EPI de « Langues et cultures de l’Antiquité » n’a pas été abordé en détail, de plus, les grandes lignes des programmes prévus par le CSP ne sont « rien d’autre que des extraits des programmes actuels et récents ». […] Craignant un « massacre » pour leurs disciplines suite aux fortes diminutions d’horaires, les associations APFLA-CPL, APLAES, APLettres, CNARELA, SEL et SLL réclament à nouveau « le maintien du latin et du grec comme disciplines du collège, ouvertes à tous, garanties nationalement par l’horaire actuel reconduit à l’identique ».
Presse / Mediapart du 10/12/2015 : Partenariat Éducation Nationale / Microsoft : un cheval de Troie autre qu'informatique ! (Blog de Thierry M)
Certains se réjouissent de cet accord en disant qu’enfin les enfants utiliseront à l’école les outils des entreprises (sous-entendu des outils sérieux, des vrais parce qu’on les achète…). Il s’agit là d’une affirmation erronée : de plus en plus d’entreprises, d’institutions abandonnent des logiciels propriétaires" classiques " ou " historiques " au profit (mais d’abord pour le leur) des logiciels libres. Dans ce cas, l’école serait responsable d’une dépendance : une fois accro à la marque, il est très difficile de s’en défaire et donc on va acheter (ou faire acheter à l’entreprise ou à l’école, c’est d’autant plus facile quand on ne paie pas) les logiciels que l’on connaît bien. La boucle est bouclée… La marque utilise la technique du cheval de Troie (en informatique, il s'agit d'un type de logiciel malveillant) : une fois entrée, elle peut "contaminer" le système.
10-10-15

Analyses / A la Saint-Ghislain, battons le pavé parisien (blog de la présidente, Reconstruire l'Ecole)
Les grands médias, à quelques exceptions près, et l’audiovisuel public en particulier ayant décidé (ou y ayant été gentiment incités) de ne piper mot de la manifestation nationale du 10 octobre prochain contre la réforme du collège, je ne vais pas vous faire l’offense de vous rappeler l’importance de ce rendez-vous qui va marquer une étape décisive dans la mobilisation.
Je me contenterai de revenir sur quelques points gravissimes, qui devraient décider les hésitants, s’il y en a encore, à se jeter illico et toutes affaires cessantes sur leur auto ou leur billet de TGV, qu’ils soient enseignants, parents d’élèves ou simple défenseurs de la culture et des humanités.
Presse / Nousvousils du 09/10/2015 : Toulouse : l’académie organise un pré-repérage des établissements hostiles à la réforme du collège
Selon Dominique Maillard, IA-IPR d’EPS chargé de « conseil, formation et assistance au pilotage pédagogique » par la rectrice, l’académie va en effet proposer un outil de pré-repérage des établissements où la mise en place des formations à la réforme s’annonce « complexe ». […] Les chefs d’établissements seront notamment interrogés sur la position des enseignants vis-à-vis de la réforme du collège : sont-ils « opposants, rebelles, hostiles, irréductibles », ou bien « attentistes, passifs indifférents, indécis », ou encore « progressistes, proactifs, convaincus, avocats ou relais » ?
Presse / Causeur du 09/10/2015 : Une rentrée magique / L’enseignement à la sauce Harry Potter
Entendre François Dubet affirmer que « les enseignants ne corrigent pas les fautes de français dans les copies quand ils ne sont pas profs de français », ou Marie Duru-Bellat se demander pourquoi on ne s’intéresse pas à des matières nouvelles comme l’astronomie à l’école, laissait un peu pantois. Les profs sont invités constamment à réfléchir sur leur pratique – à se demander « d’où ils parlent », comme dirait Bourdieu –, mais qui donc enjoindra à ces experts de l’école de se demander à leur tour « d’où ils parlent », eux qui semblent se situer dans un espace-temps si éloigné des enseignants comme des élèves ?

05-10-15

Action / Communiqué de presse des associations APFLA-CPL, APLAES, APLettres, CNARELA, SEL et Sauver les lettres : « Comment tuer un peu plus le latin et le grec ? Les chefs d'établissement font de la surenchère. »
Selon les propos de son secrétaire général, Philippe Tournier, rapportés par le Café Pédagogique, le SNPDEN conseille à ses adhérents d’utiliser l’autonomie des établissements pour réduire les horaires de langues anciennes fixés par le ministère : au lieu d’un EPI (enseignement pratique interdisciplinaire) Langues et cultures de l’Antiquité (LCA) de 1h à 1 h 30 par semaine en 5e, 4e et 3e, le SNPDEN recommande de limiter cet EPI à la classe de 5e.
Action / Lettre des professeurs du collège Condorcet à Madame Vallaud-Belkacem
Au-delà même de son inefficacité prévisible, cette réforme risque d’empêcher toute bonne réforme future, par les irréversibles dommages qu’elle aura d’ici-là causés. Dans notre collège, des pôles particulièrement dynamiques, tel que celui des Lettres classiques ou celui des Langues vivantes (en particulier le russe, l’italien, l’allemand) seront proprement mis en pièces si votre projet s’applique. D’autres disciplines voient d’importants problèmes dans les nouveaux programmes ; parmi elles, les Sciences, dans leur association affadissante en classe de 6e notamment, et les Lettres modernes, dans la disparition inquiétante des œuvres patrimoniales, et de la culture commune dont elles sont un support important.
Action / Manifestation nationale à Paris le samedi 10 octobre 2015 : communiqué de presse intersyndical
Avec plus d’un tiers des personnels des collèges en grève le jeudi 17 septembre, les organisations syndicales du second degré SNES-FSU, SNEP-FSU, SNFOLC, SNETAA-FO, SFSDPEP-FO, CGT Educ’action, SNEIP-CGT, SNALC-FGAF, SIES-FAEN, SNCL-FAEN, CNGA et A&D CFE-CGC, SNUEP-FSU constatent que la mobilisation contre la réforme du collège est toujours aussi forte chez les personnels du second degré. […] L’intersyndicale appelle l’ensemble des personnels à une manifestation nationale à Paris le samedi 10 octobre 2015. Elle appelle les parents et les associations de spécialistes signataires de la pétition pour l’abrogation du décret à s’y joindre.
Analyses / Pour la réinstitution de l'école de la République (Charles Coutel, Mezetulle)
Réinstituer, c’est refonder en voulant durer et en mobilisant toute la nation. Depuis plus de quarante ans, l’Ecole est devenue la chasse gardée de quelques experts inamovibles qui ont totalement investi les cercles du pouvoir politique. Ils ont imposé des réformes catastrophiques généralement rythmées par le calendrier électoral, comme on le voit avec la dramatique « réforme du collège ». Chaque réforme, partielle et précipitée, aggrave la crise et désespère un peu plus les acteurs de terrain que l’on se garde bien d’écouter
Analyses / Quand la rentrée scolaire perd son latin (Le Monde)
L’antiquité, l’auteur, quoique issu d’un milieu populaire, n’a eu de cesse au cours de ses études de se l’assimiler comme une force vive. Il préfère la célébrer non comme une origine, mais pour sa « prodigalité » et sa puissance « propulsive », capable de nourrir aussi bien Montaigne que Joyce, mais aussi d’être jugée indispensable à un esprit scientifique, comme le pensait le mathématicien Henri Poincaré (1854-1912). Où mieux puiser la force morale de mettre fin au scandale de la misère et de l’errance des migrants, sinon en se rappelant le Diomède de l’Iliade, retenant sa javeline parce qu’il a reconnu en son ennemi troyen celui dont la famille lui avait accordé l’hospitalité ?
Analyses / Surmonter ses déceptions (blog de Mara Goyet)
Il faut résister aux trucs à la con qui s'accumulent (je ne me suis toujours pas remise des propositions d'Eduscol pour l'EMC. Certains ont-ils oublié que les élèves étaient intelligents, les professeurs exigeants ?) et qui marquent le décalage entre ce qui se passe dans les classes, les capacités des élèves et l'idée que ceux qui nous encadrent s'en font.
Analyses / La sainte taxe et l'ortho-agrafe tyrannisent les étudiants (blog de Claude Garcia)
Les profs du supérieur proposent des stages de remédiation, tout comme certaines entreprises obligées de faire progresser leurs cadres, qui se décrédibilisent en envoyant courriels et autres productions, truffées de fautes. Les causes de ces difficultés en orthographe sont multiples, mais à l'évidence, l'école a une grande part de responsabilité (moins de temps passé sur les exercices pour maîtriser l'écrit au primaire, horaires de français en diminution au collège etc...). Les profs de lycée dont je suis savent qu'aujourd'hui, leurs inspecteurs leur enjoignent de ne pas sanctionner une orthographe déficiente.
Presse / Le Monde du 15/09/2015 : Vers la fin de la guerre des méthodes de lecture
Comment garantir les meilleures conditions d’apprentissage de la lecture ? En misant sur l’enseignement du « code », c’est-à-dire des correspondances entre les sons et les lettres, et ce dès le tout début du CP, répond la plus importante étude menée en France sur ce sujet, dont les premiers résultats sont divulgués mardi 15 septembre. En outre, le rythme de cet enseignement doit être rapide pour, contrairement à l’idée reçue, ne pas désavantager les élèves les plus faibles.
Presse / Le Monde du 15/09/2015 : En classe, le numérique ne fait pas de miracles
Encore peu répandues dans les systèmes éducatifs des pays interrogés, les technologies de l’information et de la communication (TIC), lorsqu’elles sont utilisées en classe, ne sont pas un gage de réussite. Entre 2000 et 2012, parmi les pays où un investissement important dans le numérique a été réalisé, une baisse des résultats en compréhension de l’écrit, ainsi qu’en mathématiques et en sciences a été remarqué.
Presse / Le Monde du 17-09-15 : A l'école, la finalité intellectuelle prime sur la finalité civique
Le cours, encore le cours, toujours le cours. C’est la réponse qu’avancent la plupart des enseignants quand on leur demande comment l’école peut combattre le racisme et l’antisémitisme. «On lutte en faisant appel à l’intelligence de chacun, avec du fond essentiellement historique, pas avec des slogans ou des prescriptions déconnectées du terrain », témoigne Iannis Roder. « La priorité de l’enseignant, c’est de forger les esprits, et cette finalité intellectuelle prime sur la finalité civique », renchérit Vincent Casanova. Tous deux enseignent l’histoire-géographie dans l’académie de Créteil, un territoire montré du doigt au lendemain des attentats de janvier, quand « Je ne suis pas Charlie » a retenti dans certains collèges et lycées.
Presse / Le JDD du 04-10-15 : Une réforme du collège ? Non, une contre-réforme.
Alors fallait-il réformer? Oui ! Mais ces mesures passent à côté des problèmes et ne réussissent qu’à dévaster le collège et à révolter la communauté éducative. C’est bien au nom d’une lutte efficace contre les inégalités qu’il faut rejeter cette réforme si pavlovienne dans ses principes et prévisible dans ses effets. S’il y a un malentendu, comme le clame la Ministre, il est entre elle et le réel. Loin de donner, comme elle dit en avoir l’ambition, des ailes aux enfants, sa réforme va les priver de racines.

03-09-15

Action / Compte rendu de l'audience du 3 juillet 2015 à la DGESCO des associations APFLA-CPL, APLAES, APLettres, CNARELA, SEL, SLL
Nous interrogeons la DGESCO sur la possibilité de suivre à la fois l’enseignement de grec et celui de latin en 3e. L’arrêté parle d’un enseignement de complément et non de deux (art. 7). Un autre problème réside dans les 2h de l’enseignement de complément de grec alors que l’horaire actuel est de 3h. Si un EPI existe déjà pour compléter les 2h de latin pour arriver à 3h, qu’en est-il pour le grec ? Xavier Turion ne nous répond pas sur ce point et nous renvoie vers le cabinet. En ce qui concerne l’EC, Nicolas Feld-Grooten précise que les horaires 1h-2h-2h du cycle 4 sont un maximum et qu’en 4e et 3e cela peut être modulé, comme le laisse entendre l’article 7 de l’arrêté « dans la limite d’une heure hebdomadaire en classe de cinquième et de deux heures hebdomadaires pour les classes de 4e et de 3e ».
Action / Compte rendu de l’audience du 7 juillet 2015 au ministère de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche, des associations APFLA-CPL, APLAES, APLettres, CNARELA, SEL, SLL
Eric Tournier répond clairement que ces horaires sont bien les horaires qui devront être appliqués, qu’il s’agit de la norme (ce qui est contraire à ce qui nous a été affirmé par la DGESCO). L’EC devra donc être assuré à hauteur de 1h en 5e, 2h en 4e et 2h en 3e pour le latin, 2h en 3e pour le grec. Il rappelle en outre que la ministre a affirmé sa volonté que l’EC soit suivi de la 5e à la 3e. Nous faisons part de notre surprise et de nos inquiétudes qui sont justifiées. Si la DGESCO et le Cabinet n’ont pas la même compréhension du texte, on peut s’attendre à des interprétations diverses par les chefs d’établissement. Par conséquent, nous demandons une clarification des textes sur cette question.
Analyses / La réforme du collège 2016 en clair. Emploi du temps
Dans la réforme du collège, une réorganisation des emplois du temps de nos élèves est prévue. La tendance globale est à l'allégement et à l'uniformisation. Cette baisse concerne même les élèves ne prenant pas d'option complémentaire, et est particulièrement sensible en 3e. Pour réaliser ce que cela implique concrètement, voici des exemples concrets d'agendas. […] Avec la réforme du collège, on observe une diminution du nombre d'heures dont bénéficiait cet élève pour apprendre : 6h de moins chaque semaine.
Analyses / Pour une vraie égalité des chances (Académie française)
L’Académie insiste sur sa vive préoccupation concernant la place faite à la langue française dans les projets de réforme en cours. Elle considère qu’aucun redressement de notre système éducatif ne pourra être opéré si l’accent n’est pas mis sur l’apprentissage du français, dont la maîtrise et la compréhension sont la condition d’accès aux autres disciplines.[…] L’Académie française rappelle que le patrimoine littéraire constitue un élément essentiel de l’enseignement de la langue française et qu’il doit, à ce titre, donner lieu à un programme précis pour chacun des cycles scolaires. Elle regrette vivement la disparition quasi complète, dans le document – par ailleurs incompréhensible dans sa formulation – concernant la classe de 6e, de toute référence à des textes, des œuvres ou des courants littéraires, tandis que pour les autres classes du collège, seuls quelques genres sont mentionnés.
Analyses / Réforme du collège - La vraie discussion n’a pas commencé, par Denis Kambouchner (skholê.fr)
L’enjeu : est-il bien d’« assurer un même niveau d’exigence pour que tous les élèves acquièrent le socle commun de connaissances, de compétences et de culture » ? La formule est embarrassée. Quant au « socle commun », ce ne sera jamais qu’une création artificielle, un objet institutionnel, non un but en soi. Le contraire donc d’un horizon. Si l’on disait : que chaque élève apprenne toute une variété de langages, ce serait déjà plus parlant. On saurait ce qui est en vue : plus de langues et d’arts (y compris physiques), de technologies, de sciences, d’humanités. Les mille choses dont un être actif, aujourd’hui, devrait se nourrir. Tous ces domaines dans lesquels on devrait installer les enfants, sur un mode dûment dynamique, à la fois attentif et intensif.
Analyses / Enseignement moral : Bambi au programme ? (blog de Mara Goyet)
« L'éducation à la sensibilité vise à mieux connaître et identifier ses sentiments et émotions, à les mettre en mots et à les discuter, et à mieux comprendre ceux d'autrui." Un élève qui pleure est-il meilleur ? A lire ces quelques lignes, on a le sentiment qu'un bon cours doit être à mi-chemin entre une étude austère de l' Empfindsamkeit (origines, œuvres, ramifications) et un visionnage en boucle de la mort de la mère de Bambi (avec questionnaire. As-tu pleuré ? Si non, explique pourquoi même si tu n'as pas validé ta compétence "s'émouvoir devant un truc super triste". Si oui, de quel type étaient tes pleurs ? Avec hoquets ? Grosses ou fines larmes ? Avec ou sans morve ?)
Analyses / Une réforme de gauche ? Petite archéologie de la réforme du collège (La Vie Moderne)
La réforme du collège 2016 serait donc de gauche. Les protestations de la droite contre les programmes ont utilement contribué à en accréditer l'idée. Pourtant, comme nous y invite un malicieux syndicat d’inspecteurs, une petite archéologie de la réforme permet d’en douter. Car c’est bien un gouvernement de droite qui a commandé en 2006 à trois inspections générales, dont celle des Finances, un « audit de modernisation » sur « la grille horaire des enseignements au collège ». Il fallait alors, notamment, « alléger l’horaire hebdomadaire obligatoire de formation du collégien, permettre une organisation différente de la semaine du collégien et l’expression de l’autonomie pédagogique de l’établissement. »
Contributions / Lettre de démission du Conseil Supérieur des Programmes (Annie Genevard)
Madame la Ministre, Par la présente, j'ai l'honneur de vous présenter ma démission du Conseil Supérieur des Programmes dont je suis membre depuis sa création par la loi de Refondation de l'Ecole. Lors de notre entrevue il y a quelques semaines à votre ministère en compagnie des membres du Conseil, j'ai exprimé des réserves sur le fonctionnement de notre instance […] , mais les réponses qui m'ont été faites ne sont pas de nature à apporter des assurances quant aux changements espérés. La première de ces réserves tient à la question de l'indépendance du Conseil que vous aimez à rappeler, et pourtant, votre directeur de l'époque ne l'a pas nié, les contacts avec les membres de votre Cabinet pendant l'élaboration des programmes ont été constants.
Contributions / Enseigner Entremont (Antoine Desjardins)
Témoignage de Robert Faille, professeur d'interdisciplinarité, sciences du numérique et théologie citoyenne : "Un hiatus transitionnel ne peut que permettre un meilleur recul analytique sur une pratique pédagogique de type transversal. »
Presse / Marianne.net du 13-05-15 : Encore heureux que l'école sélectionne ! (Antoine Desjardins)
L'école instruit et sélectionne. Encore heureux qu'elle sélectionne ! Elle sélectionne en fonction de ses critères qui sont assurément les moins mauvais qu'on ait trouvés. C'est au reste ce qui se passe dans les examens et les concours. Il faut défendre les examens et les concours. Le travail du professeur consiste à instruire mais aussi à discerner les mérites de chacun, encourager les efforts, dans la carrière intellectuelle ou manuelle ou les deux et pousser le plus loin possible les élèves dans la voie la plus conforme à l'investissement auquel ils consentent et aux résultats qu'ils obtiennent. Tout autre système, démagogique, ne pourra aboutir inexorablement qu'à ceci : la sélection par le fric et l'entregent, la sélection par le pire.
Presse / Marianne.net du 21-05-15 : Bientôt une nouvelle épreuve d'EPS : la course à pied d'égalité ! (Antoine Desjardins)
Locomotion horizontale maîtrisée à périodisation homogène sur granulat stabilisé ou tartan. Dorénavant tous les élèves sportifs courront un « 50 mètres » au lieu du « 100 mètres » mais l'on continuera de parler de « 100 mètres » pour des raisons d'harmonisation européenne.
Presse / Le Monde du 27-08-15 : Ecole primaire : la fabrique des dyslexiques
Réapprendre à lire. De la querelle des méthodes à l’action pédagogique, de Sandrine Garcia et Anne-Claudine Oller, Seuil, « Liber », 352 p., 22 €.
Professeur en sciences de l’éducation, Sandrine Garcia signe, avec Anne-Claudine Oller, Réapprendre à lire. Cette enquête sur l’acquisition de la lecture met en cause les méthodes actuelles, pourtant issues d’une volonté de contrecarrer la reproduction sociale. Cette charge sévère et ¬argumentée, donnée par une ¬universitaire qui a travaillé avec Pierre Bourdieu, est inattendue – et à méditer. « On aboutit à ce constat que le progressisme n’est pas toujours associé à ce qui fait progresser les élèves, mais à ce qui a été construit et imposé comme « pédagogiquement de gauche ». L’impensé de tout cela, c’est la multiplication des situations de handicaps et la généralisation de la mainmise du milieu médical sur l’école, ce qui pourrait nous interroger. »
Presse / Libération du 31-08-15 : Anne-Claudine Oller et Sandrine Garcia «Il y a une instrumentalisation politique de l’apprentissage de la lecture»
Dans Réapprendre à lire, qui vient de paraître au Seuil, deux sociologues, Sandrine Garcia et Anne-Claudine Oller, démontrent que des méthodes dites progressistes, basées sur de nobles objectifs (autonomie du jeune lecteur, sens du texte, contenu littéraire) accentuent les clivages sociaux au lieu de les diminuer. A partir d’une enquête de terrain menée durant trois ans dans plusieurs écoles primaires, ces spécialistes en sciences de l’éducation proposent une manière plus égalitaire d’apprendre à lire, centrée notamment sur l’entraînement et la répétition en partie délaissés.
Presse / Le Figaro du 03-09-15 : Le calendrier parodique des profs de latin et de grec ne fait pas rire l'Éducation nationale
Chaque mois, est [...] proposé un «EPI», du nom de ces «enseignements pratiques interdisciplinaires» inventés par la réforme Vallaud-Belkacem. Des projets interdisciplinaires promettant de révolutionner les pratiques de l'enseignant, que les détracteurs de la réforme perçoivent déjà comme une usine à gaz. «De la rhétorique à la langue de bois, le discours politique, de l'antiquité à nos jours» propose ainsi le calendrier en mai. En décembre, Hera arborant une écharpe multicolore propose, elle, l'«EPI» «Comédie musicale en six tableaux, du gynécée au mariage gay, l'important, c'est d'aimer».

27-07-15
Réforme / Projets de programmes de l'école élémentaire et du collège
Les projets de programmes pour les cycles 2,3 et 4 remis par les trois groupes constitués par le Conseil supérieur des programmes ont été adoptés lors de la séance du 9 avril 2015. Ces projets de programmes sont soumis à consultation du 11 mai au 12 juin 2015. Ils constituent une première proposition, une préfiguration qui nécessite encore d’être travaillée.
Réforme / Circulaire de rentrée 2015
L'année 2015-2016 sera aussi une année de préparation des personnels aux évolutions majeures de la rentrée 2016.
Réforme / Organisation des enseignements au collège (arrêté du 19 mai 2015)
Article 10 - L'établissement peut moduler de manière pondérée la répartition du volume horaire hebdomadaire par discipline, dans le respect à la fois du volume horaire global dû à chaque discipline d'enseignement obligatoire pour la durée du cycle, du volume horaire global annuel des enseignements obligatoires dû à chaque élève et des obligations réglementaires de service des enseignants.
Réforme / Les enseignements au collège
Les principes de la nouvelle organisation du collège, plus collective, sont définis par le décret n°2015-544 du 19 mai 2015 relatif à l'organisation des enseignements au collège et l'arrêté du 19 mai 2015 relatif à l'organisation des enseignements dans les classes de collège. La nouvelle organisation du collège entre en vigueur, pour tous les niveaux d'enseignement, à compter de la rentrée scolaire 2016.
Actions / Communiqué de presse des associations APFLA-CPL, APLAES, APLettres, CNARELA, SEL, SLL, 15/05/15.
« Les bouleversements dans l'organisation des disciplines portent gravement atteinte au latin et au grec ancien, disciplines à part entière dans les grilles actuelles, que le ministère a réduites au début des annonces en mars à cette "thématique" d'EPI facultative bien fantomatique, à laquelle est venu s'ajouter ensuite, sous l'effet des protestations légitimes, un "enseignement de complément", diminué d'une heure dans tout le cycle 3 par rapport aux horaires existants, non financé, dépendant du bon vouloir des chefs d'établissement et des conseils pédagogiques, bon vouloir lui-même limité par les contraintes de dotations. »
Actions Communiqué de presse du 21/05/15 : Le latin et le grec à la trappe : Najat Vallaud-Belkacem décrète et signe ! .
« Alors même que les grilles horaires du collège unique garantissaient jusqu’ici aux élèves de milieux défavorisés d’avoir accès aux options de latin et de grec, le gouvernement vient de leur en retirer le droit, tout en prétendant lutter contre les inégalités.
Actions Communiqué de presse du 08/06/15 : Du « saupoudrage » ? Quelle « belle ambition » ! Najat Vallaud-Belkacem lève le masque sur le latin et le grec dans la réforme du collège. .
« Le maintien des langues anciennes au collège n'a jamais été un objectif du ministère : il ne s'est jamais agi que d'en camoufler la suppression, et de s'en dédouaner. [...] Étouffés dans l'oeuf, le latin et le grec ne seront plus enseignés sauf dans des établissements favorisés, même si le ministère pousse les hauts cris lorsque l'on parle de suppression. »
Action / Pétition / Pétition pour la survie du métier de correcteur, sauvons son école, Formacom.
« Est-il seulement envisageable de se passer des correcteurs ? Certainement pas. D’ailleurs, le chef de l’État, lui aussi, l’affirme : aucun logiciel au monde n’est capable de traiter avec la même intelligence que des correcteurs professionnels les mille et une finesses qui continuent à faire du français une langue pratiquée et respectée de par le monde, et dont la qualité écrite est en danger. »
Analyses / Consultation sur les projets de programmes de l'école élémentaire et du collège, contribution de Sauver les lettres à l'attention du Conseil Supérieur des Programmes : Rachel Boutonnet, Agnès Joste, Véronique Marchais.
Analyse 1 - Analyse 2 - Amendements
« Inefficaces quant aux buts proposés, inadéquats devant les défis à relever, nocifs aux élèves à venir, ces obscurs projets de programmes consternent leurs lecteurs et font se gausser la place publique. Il faut les réécrire. »
Analyses / une réforme qui ne coûte rien (La Vie Moderne)
« C'est donc officiel : les options de langues anciennes sont supprimées au collège... »
Analyses / une réforme qui se moque de l'interdisciplinarité (La Vie Moderne)
« De fait, ainsi imposée extérieurement par une structure, l’interdisciplinarité est non seulement factice mais porte atteinte à l'enseignement disciplinaire (de discere apprendre), lequel nécessite de la progressivité, de la régularité, du systématisme et surtout du temps. »
Analyses / Démocratisation, socle commun et miracle des compétences (Simon Perrier), skhole.fr
« Il faudrait savoir si derrière le flou d’ambitions apparemment remarquables, voire grandioses, mais au contenu très incertain, on ne ménage pas seulement une sortie honorable du système scolaire, ou de l’enseignement général, à des élèves qui seraient, socialement, toujours les mêmes, masquant qu’on désespère de les faire progresser. »
Analyses / La réforme du collège 2016 en clair
« Avec la réforme du collège, en septembre 2016, les collèges vont profondément changer. Cela aura des conséquences sur l'éducation de vos enfants, de nos enfants. Nous regrettons l'absence de clarté de la communication ministérielle sur ce qui va changer de façon concrète dans les collèges pour les enfants qui y seront scolarisés. Il est donc important de s'informer sur cette réforme du collège. Chacun pourra alors choisir en connaissance de cause, car rien ne serait pire que le « prêt-à-penser ».
Analyses / Les grilles horaires du collège 2016 décryptées : Les additions du ministère sont des soustractions
« Avec la prétendue "réforme du collège", le ministère sabre dans les horaires disciplinaires ! Toujours moins d'école à l'école, assurément ; mais il faut le faire sans le dire, et, mieux, en prétendant le contraire. Les grilles officielles sont trompeuses : lorsqu'elles disent « plus », il faut lire « moins ». C'est ainsi qu'à partir de la rentrée 2015-2016, le nombre d'heures de cours disciplinaires hebdomadaires passe à 22, pour toutes les classes du collège, contre 26 en moyenne aujourd'hui – et même 28 h 30 actuellement en 3e, classe qui en 2016 perd 6 heures 30 de cours par semaine ! Des centaines d'heures de cours disciplinaires, sur programmes encore nationaux, en moins (540 très exactement, soit une demi-année de collège toutes matières confondues), qui creuseront encore plus les inégalités, en retirant aux plus démunis le temps d'école efficace que leur devrait la République ».
Presse / Le latin est victime des fanatismes égalitaires et utilitaires (Marc Fumaroli) , Figarovox
« La première explication, la plus évidente, c'est le fanatisme égalitariste dans le panneau duquel l'opinion publique et la classe politique françaises sont tombés. Dans les pays étrangers que j'ai fréquentés, je n'ai jamais rencontré à ce degré le pédantisme égalitaire, légitimé en France par la sociologie dite scientifique de Bourdieu et de ses nombreux disciples.»
Presse / Les humanités au péril d'un monde numérique (Marc Fumaroli) , Figarovox
« Le professeur et académicien Marc Fumaroli rappelle l'importance de protéger et transmettre les humanités qui permettent le développement durable et profond de ce qui fait notre humanité : la liberté intérieure.»
Presse / L'école et la République, Jacques Julliard , Marianne.net
« Et surtout, je ne vois à aucun moment la littérature française dans ces programmes. Notre littérature est notre bien le plus précieux. Je le dis tout net : si je devais me convaincre que la gauche est, fût-ce à son corps défendant, l'agent de la marginalisation de notre littérature dans la France moderne, je n'hésiterais pas une seconde : ce n'est pas avec la littérature, ma patrie quotidienne, que je romprais : ce serait avec la gauche. »
Presse / Entretien avec Jean-Pierre Le Goff : "Cette réforme du collège signe la mise à mort de l'école républicaine", 8 mai 2015, Marianne.net
« On met à bas les missions fondamentales de l’école républicaine que sont l’enseignement d’un contenu structuré de connaissances, le recul réflexif, la formation de l’autonomie de jugement qui renvoient à une certaine conception de l’homme et du citoyen et qui sont essentiels pour faire face aux nouveaux défis du présent. »
Presse / Réponse de Pierre Albertini à Antoine Prost, Le Monde : Critiquer Najat Vallaud-Belkacem au nom de l’égalité, le 20 mai 2015, Le Monde
« La pluridisciplinarité est déjà largement pratiquée mais elle n’a de sens que lorsque chaque discipline est solidement fondée et lorsque le dialogue entre les disciplines est mûrement réfléchi. Autrement dit, convoquer un professeur d’histoire et un professeur d’espagnol pour faire écrire à une classe de 4e une lettre en espagnol à des horticulteurs kényans, ce n’est pas un progrès, c’est de la foutaise. »
Presse / An 2036, nouvelle réforme des collèges, Iegor Gran, Charlie Hebdo, 27 mai 2015
« L’enseignement de l’histoire, qui avait été abandonné en 2020 pour ne plus risquer de heurter les sensibilités, devra être remis au programme. D’aucuns crieront à la démagogie réactionnaire – c’est pourquoi nous procéderons par étapes mûrement réfléchies. La rentrée de 2036 verra la mise en place d’une heure de cours par trimestre pour tous les élèves de sixième.
Presse / Réforme du collège: "construire des cabanes ne va pas apporter aux élèves une culture solide", Marianne, vendredi 24 avril 2015 (Propos recueillis par Alexandre Coste)
« Ce qui me met très en colère, c’est que la communication ministérielle est fondée sur un mensonge énorme. Depuis le début, on les entend répéter « On ne touche pas aux horaires disciplinaires. » une simple addition du nombre d'heures disciplinaires par niveau, à partir des chiffres publiés par le Ministère lui-même, vous montrera que le compte n'y est pas. »
Presse / OPA sur les manuels, Alexandre Coste, 26 juin 2015, Marianne.net


17-04-15
 
Actions / Enseignement du latin et du grec ancien pour tous les élèves, dans tous les établissements. (pétition)
À la rentrée 2016, dans un État qui s’inquiète du niveau des élèves en langues, qui prône la réussite pour tous et la diffusion des valeurs humanistes chez le citoyen de demain, le latin et le grec ancien ne seront plus des options proposées aux élèves car elles ne seront même plus des disciplines. Elles deviennent des Enseignements Pratiques Interdisciplinaires (EPI), mises en concurrence avec tous les autres projets de l’établissement, qui aura la charge de faire le « choix » entre ceux-ci, selon les moyens qui lui auront été accordés.
Concrètement, cela signifie la disparition de l’enseignement des Langues et Cultures de l’Antiquité là où elles sont présentes aujourd’hui, car leur maintien ne tiendra qu’au bon vouloir local, après d’inévitables tensions entre ces disciplines et d’autres nouveaux projets.

26-01-15
 
Analyses / Dictionnaire philosophique, article « Fanatisme », 1764 (Voltaire).
« Que répondre à un homme qui vous dit qu’il aime mieux obéir à Dieu qu’aux hommes, et qui en conséquence est sûr de mériter le ciel en vous égorgeant ?
Ce sont d’ordinaire les fripons qui conduisent les fanatiques, et qui mettent le poignard entre leurs mains ; ils ressemblent à ce vieux de la montagne qui faisait, dit-on, goûter les joies du paradis à des imbéciles, et qui leur promettait une éternité de ces plaisirs, dont il leur avait donné un avant-goût, à condition qu’ils iraient assassiner tous ceux qu’il leur nommerait.
Il n’y a eu qu’une seule religion dans le monde qui n’ait pas été souillée par le fanatisme, c’est celle des lettrés de la Chine. Les sectes des philosophes étaient non seulement exemptes de cette peste, mais elles en étaient le remède. »
Analyses / Clef USB pour tous !
Il sera distribué à tous les élèves de France une clef USB offerte conjointement par Google "Charlie", Nestlé et Groupama en partenariat avec l'Éducation nationale.
Analyses / L'école (des bons sentiments) a-t-elle favorisé le repli communautaire ? (Joëlle Fanger)
Je pourrais raconter une infinité d’anecdotes illustrant les erreurs d’une école pleine de bonnes intentions à l’égard des enfants d’immigrés, mais les renvoyant au contraire à leurs origines, leur « communauté », au lieu de contribuer à les intégrer. Toutes ces anecdotes sont liées à cette idée qui part d’un bon sentiment : « le droit à la différence ».
Analyses / Laïcité et tolérance (Didier Guillomet, 2013).
« La séparation des Eglises et de l’Etat serait ainsi comme un divorce réussi - et même providentiel ! - où ceux qui ne faisaient pas bon ménage et s’empêchaient mutuellement de s’épanouir, trouvent enfin leur voie. »
Analyses / La nécessité d'enseigner la littérature des Lumières (Agnès Joste, 2012).
« Enfin, les occasions sont rares en classe d'aborder, à cet âge, les notions de religion, d'athéisme, alors qu'implicitement ces questions sont toujours présentes en filigrane dans la pensée des élèves. L'école, au sens étymologique « temps libre pour réfléchir », en permet un examen sans passion ni influence. L'étude des Lumières permet cette émergence des préoccupations, en même temps qu'elle met en valeur les pouvoirs libérateurs et contestataires de l'expression littéraire. »
Analyses / Voltaire sait argumenter, Rousseau parler de lui, Montesquieu écrire des lettres (Robert Wainer, 2006) .
« C’est bien l’esprit et la forme de pensée rationaliste propre au XVIIIème, si utile pour la formation de nos élèves au doute raisonné et à l’esprit critique, qui disparaît de l’enseignement du français au lycée. Or, peut-on croire qu’on formera des citoyens libres et responsables en les privant de la faculté de douter et de raisonner ? »
Analyses / Réflexion à propos de la journée du 10 mai en mémoire de la traite négrière (Estelle Manceau, 2006).
« Avec ces " moments de fraternité ", nous sortons de la mission de l’école (instruire, faire comprendre, faire réfléchir) pour empiéter sur celle des églises (rassembler autour d’une idée admise sans discussion par tous, unis dans la même émotion, chantant tous le même air !). »
Analyses / Grammaire et citoyenneté (Robert Wainer, 2005).
« L’école ne peut participer à " la formation du citoyen ", qu’en revendiquant l’enseignement de la grammaire : car seul, on l’a vu, l’usage réglé de la langue permet de construire une logique de la pensée qui soit échangeable et discutable, et qui n’aliène pas les hommes à leurs pulsions. »
Contributions / Émotion.
Je ne réagis jamais aux événements politiques, et ma faible capacité d'éprouver une émotion d'ordre collectif n'y est pas pour rien. D'autant que, plus ou moins, la politique est devenue aujourd'hui l'art de gérer l'émotion et, si possible, de l'exploiter.

Bibliographie
Dictionnaire amoureux de la laïcité, Henri Pena-Ruiz, Plon, 2014
L'école face à l'obscurantisme religieux, Paul-François Paoli et Alain Seksig (dir.), éd. Max Milo, 2006
Petit cours d'auto-défense intellectuelle, Normand Baillargeon, illustrations de Charb, Lux éditeur, 2006
Les territoires perdus de la République, Mille et une nuits, 2002

Presse / Le Monde du 14-01-15 : La laïcité contre le fanatisme. (Henri Pena Ruiz)
Cabu, Charb, Honoré, Tignous et Wolinsky n’ont jamais confondu le respect de la liberté de croire, conquis par l’émancipation laïque, et le respect des croyances elles-mêmes. Ils ont su qu’on peut critiquer voire tourner en dérision une religion, quelle qu’elle soit, et que ce geste n’a rien à voir avec la stigmatisation d’une personne en raison de sa religion. Ils ont pratiqué la laïcité par la liberté de leur art, sans l’affubler d’adjectifs qui attestent une réticence hypocrite. Ni ouverte ni fermée, leur laïcité avait l’évidence nette de leurs dessins créateurs.
Presse / Le Monde du 16-01-15 : Le « musulman modéré », une version actualisée du « bon nègre ». (Ahmed Benchemsi)
L’islam, c’est d’une ridicule évidence, n’est inscrit dans le patrimoine génétique de personne. C’est une idée à laquelle chacun est libre d’adhérer – ou pas – y compris quand on s’appelle Mustapha ou Fatima. Les Français enfants d’immigrés ont été aux mêmes écoles républicaines que les autres, y ont étudié Voltaire et les Lumières autant que les autres. Sauf à considérer que leur origine ethnique conditionne leur façon de penser (ce qui est la définition même du racisme), il n’y a pas de raison qu’ils soient moins sensibles à ces idées-là que les Français « de souche ». Pourtant, le discours commun repris jusqu’au sommet de l’Etat, les renvoie à leur supposée islamité sans leur demander leur avis. Ce faisant, il les confessionalise de force, les condamnant inexorablement à la différence. Liberté, égalité, fraternité, vous dites ?
Presse / Marianne du 22-01-15 : Aucune valeur ne peut s'enraciner sur un socle d'ignorance. (Fanny Capel)
Aucune valeur ne peut s'enraciner sur un tel socle d'ignorance. L'unique, l'immense tâche de l'école, reste donc l'instruction de futurs citoyens, qui seule les rend capables d'apprendre et de raisonner une fois sortis de l'école. Car s'il est bien un virus qui se transmet, via en particulier les nouvelles technologies prétendues d'information, c'est l'obscurantisme.

10-06-14
 
Réforme / Préparation de la rentrée scolaire 2014 . (MEN)
L'année 2014-2015 sera une année déterminante au cours de laquelle seront élaborés, débattus et publiés les nouveaux programmes de la maternelle, de l'école élémentaire et du collège. Les programmes actuels de l'école élémentaire feront l'objet d'ajustements au printemps 2014 pour une application dès la rentrée. Les enseignants seront consultés sur le projet de socle commun de connaissances, de compétences et de culture, les programmes d'enseignement moral et civique et le nouveau programme de maternelle en septembre-octobre 2014. Ils seront consultés entre janvier et mai 2015 sur les nouveaux programmes de l'école élémentaire et du collège, qui seront publiés en juin 2015.
Analyses / Les programmes de français : de la stabilité au soupçon. 3. 1970 – 2010, illusions perdues (GRDS)
Les remises en cause pédagogique, culturelle et politique d’un enseignement socialement marqué du français semblent paradoxalement, au début des années 70, ouvrir une voie de salut à ses professeurs ; pour véritablement démocratiser le français, il suffirait de continuer l’œuvre de purification commencée avec l’éviction du modèle latin : le débarrasser des méthodes traditionnelles en repensant l’abord de la langue et des œuvres sur le mode linguistique et structural, le délivrer des connivences culturelles en objectivant son étude, enfin le purger de l’humanisme disciplinaire et historique en instaurant une démarche d’appropriation individuelle sans médiation ni maître, trop marqués du sceau dominant. Deux courants concomitants et finalement convergents vont plus particulièrement remettre en cause et déstabiliser les contenus de l’enseignement du français : la contestation du « maître » et la promotion de l’élève par les pédagogies nouvelles, et la critique du corpus littéraire par une association de spécialistes qui étend ses thèses jusqu’aux syndicats. Si l’un et l’autre provoquent des réflexions salutaires, ils crispent aussi un débat qui n’est à l’heure actuelle ni tranché ni apaisé, la baisse régulière du niveau des élèves dans toutes les statistiques montrant bien que ni les horaires, ni les contenus, ni les méthodes ne conviennent.
Analyses / Les programmes de français : de la stabilité au soupçon. 2 - Le tournant des années 1970 (GRDS)
Cette période fait connaître à l’enseignement du français une mutation profonde amorcée dès le début de la Ve République. Les modifications structurelles radicales du second degré à partir de 1959 rencontrent et accélèrent un renouvellement de la réflexion didactique accompagné de vifs débats, au sein d’une évolution idéologique et sociologique où se développent des préoccupations égalitaires.
Analyses / Les effectifs d'élèves étudiant le latin et le grec au collège et au lycée.
Le grec a progressé, mais en quinze ans le latin a perdu plus de 80 000 élèves. Si cette baisse est globalement parallèle à celle des effectifs totaux des établissements, elle est cependant plus forte. Le latin a perdu, entre 1999 et 2010, 3 % des élèves de collège, 1,5 % des élèves de lycée. Le discours habituel met en avant une désaffection supposée des élèves pour les langues couramment déclarées « mortes ». Il n'en est rien : au contraire, les mesures incessantes prises pour limiter les effectifs de latinistes et d'hellénistes démontrent leur pouvoir d'attraction. Tout a été fait en effet pour juguler leur expansion.
Analyses / Loto dictée. (Laviemoderne.net)
Le groupe Lettres de l’Inspection générale a donc proposé ce 1er avril 2014 un tout nouveau « barème graduel de correction », promis à un grand succès. Ce barème ascendant se présente en effet sous la forme d’un tableur logiciel à paramétrer à chaque nouvelle dictée : il faut entrer le barème spécifique de chaque texte, en indiquant pour chaque mot le ou les types d'erreurs possibles, recopier dans le tableur la copie de chaque élève avec toutes ses erreurs, rectifier le calcul des erreurs pour chaque mot pouvant comporter plusieurs types d’erreurs... et cette véritable usine à gaz calcule, en toute simplicité et automatiquement, une note statistiquement meilleure !
Analyses / L'acculture en Serres. (Laviemoderne.net)
L’optimisme philosophique de Michel Serres, auteur d'une thèse sur la pensée de Leibniz, n’est qu’un jeunisme qui serait simplement désolant et navrant, s’il n’était écouté avec tant de piété et de ferveur religieuse. Combattons cet optimisme, défaisons-nous du numérisme – sans pour autant rejeter le numérique. Au nom de cette culture qui nous a été transmise et que nous devons transmettre, interrogeons le monde qui vient avec un regard critique et lucide, et – espérons-le – salutaire : c'est de là – et de là seul – qu'une refondation de l'école doit partir.
Presse / Le Monde du 11-02-14 : Cour des comptes : les « carences » des internats d'excellence.
Le rapport 2014 de la Cour des comptes est une seconde mort pour les internats d'excellence. Intitulé « La conduite chaotique d'une politique éducative et sociale », cette analyse méticuleuse de 26 pages pointe comment ces structures très onéreuses ont été une aberration politique doublée d'un fiasco, de leur conception en février 2008 à leur mort en 2013.
Presse / Marianne du 16-03-14 : L'école en panne de transmission.
« Une société sans école », le livre du penseur de l'écologie politique Ivan Illich, paru en 1971, qui entendait «déscolariser la société» et mettre fin au règne de l'école, avait-il une valeur prophétique ? Le constat aujourd'hui posé par Marie-Claude Blais, Marcel Gauchet et Dominique Ottavi dans Transmettre, apprendre paraît paradoxal. On n'a jamais autant scolarisé. Une «sur-scolarisation» opérée dans un processus de délégitimation totale de l'institution. L'imposition d'un contenu par un maître plus instruit a fini par apparaître comme terriblement autoritaire, dans un système démocratique qui rejette par principe toute forme de hiérarchie entre les individus. L'école ne transmet plus. Au modèle traditionnel, l'individualisme contemporain a substitué une «économie de la connaissance». Celui qui veut s'instruire saura ce dont il a besoin. Il n'y a qu'à demander - ou chercher sur les réseaux. «Une victoire sans appel du camp de la liberté d'apprendre sur celui de l'obligation de transmettre», écrivent les auteurs.
Presse / Vousnousils du 02-05-14 : "Les enseignants doivent réfléchir davantage à leur rapport aux écrans".
Entre 0 et 3 ans, un enfant com­mu­nique de manière essen­tiel­le­ment motrice. Mais cette motri­cité se trouve court-circuitée par les médias audio­vi­suels. Résultat, les enfants ont de grandes dif­fi­cul­tés au niveau du lan­gage et de l'écri­ture. On ne peut pas construire l'appren­tis­sage de la lec­ture s'il n'y a pas de bonnes fon­da­tions de l'appareil psy­chique, c'est-à-dire un appren­tis­sage de la langue et, avant cela, de la motri­cité. C'est par­ti­cu­liè­re­ment nocif parce que les enfants, entre 0 et 5 ans, sont pris dans ce que Freud appelle l'identification pri­maire. Ils adhèrent aveu­glé­ment aux objets de leur atten­tion. En prin­cipe, ce doit être l'environnement fami­lial mais si ce sont les écrans, les effets peuvent être désas­treux : c'est notam­ment à cet âge qu'ils acquièrent le rap­port à la loi et à la société. Aujourd'hui, il y a de grands pro­blèmes d'inci­vi­lité à l'école. Ce ne sont pas les parents les res­pon­sables mais l'industrie audiovisuelle !
Presse / Franceculture.fr du 09-05-14 : Des écoles sans écran.
J’ai été très intéressée par un article trouvé sur le blog de Médiapart, en date d’octobre 2013. On y lisait qu’aujourd’hui aux Etats Unis se sont ouvertes des écoles privées fort chères, des écoles sans écrans, sans ordinateurs et autres tablettes. L’ « élite » est prête à dépenser beaucoup pour avoir des enfants qui grâce au stylo et à la feuille de papier seront capables d’imagination, d’abstraction, et d’aisance dans le maniement des concepts, Une aisance qui est en train d’échapper aux nouvelles générations exposées de plus en plus précocement aux écrans. Ce sera ça, la fracture numérique : une masse abêtie par la drogue numérique, et une élite ayant accès au raisonnement et à la pensée par l’apprentissage méthodique du langage au travers de la lecture et de l’écriture manuelle.
Presse / Libération du 06-06-14 : «Internet oblige le prof à remettre de l’ordre dans du désordre».
Pour les bons enseignants, le numérique m’apparaît comme un excellent moyen de stimuler l’esprit de curiosité et d’opposition. Cela pousse à chercher, à creuser encore. Très souvent, c’est l’occasion aussi de rectifier les sornettes, voire les énormités figurant dans une notice de Wikipédia. Surtout, cela apprend une chose essentielle : le fait que personne ne sait. Nulle part, il n’existe un détenteur ultime. L’enseignant a ainsi l’opportunité d’expliquer qu’il existe plusieurs versions d’une même chose et que savoir, c’est se confronter à l’incertitude et non réciter bêtement. C’est un apprentissage qui me paraît extrêmement positif.
Presse / Le Monde du 09-06-14 : Chargé de réformer les programmes scolaires, Alain Boissinot jette l'éponge.
Le socle cristallise toutes les oppositions que connaît l'école, et l'idée d'un socle fort rencontre de nombreuses oppositions parmi les partisans d'un collège qui ressemble déjà au lycée. Cette opposition était notamment marquée chez certains membres du CSP qui ont poussé pour que le « socle » finalement adopté reste bien à l'ombre des programmes disciplinaires (comme c'est le cas depuis 2005). M. Boissinot s'est trouvé pris entre les deux camps, en quête d'un difficile consensus.

23-12-13
 
Réforme / Bilan de la mise en œuvre des programmes issus de la réforme de l'école primaire de 2008. (MEN)
Si quelque chose a évolué dans les dernières années, c’est sans doute la conscience de ce qui est exigible au cours préparatoire et la nécessité alors de mettre en oeuvre un enseignement systématique, structuré, exhaustif des correspondances graphophonologiques. Mais cette avancée a un revers : l’enseignement du code et de la combinatoire est souvent devenu l’affaire du seul CP avec un manque de suivi approfondi au CE1, une absence du renforcement nécessaire pour parvenir à l’automatisation, seul gage de plein succès en lecture. Les élèves les plus faibles ne sont pas pris en charge à proportion de leurs besoins dès cette seconde année du cycle 2, ce qui fait dire à certains inspecteurs que le début du « décrochage » date de ce moment-là.
Analyses / Pourquoi les socialistes haïssent-ils les professeurs ? (Le blog de Denis Collin)
Avec Peillon, c’est « Allègre : le retour ». Il impose au nom de la « refondation républicaine de l’école » un train de réformes qui conduisent à accélérer la dislocation de l’école républicaine et préparent l’entrée massive du privé sur le terrain de l’éducation.
Analyses / Tolérance et laïcité.
Avec le dispositif de la laïcité, les religions se dépouillent de tout ce qui ne leur est pas vraiment fondamental - désir de domination politique, souci non négligeable de biens matériels, caractère ostentatoire et, au fond, pesamment social(isateur) des rites, cultes et prescriptions morales. Ne trouvent-elles pas ainsi de bonnes conditions pour s’affirmer dans leur sphère particulière et pour se recentrer sur l’essentiel ? La séparation des Eglises et de l’Etat serait ainsi comme un divorce réussi - et même providentiel ! - où ceux qui ne faisaient pas bon ménage et s’empêchaient mutuellement de s’épanouir, trouvent enfin leur voie.
Presse / Marianne du 29-06-13 : Education : le niveau des élèves baisse, celui des « pédagogistes » aussi !
Antoine Prost vient en effet de reconnaître subitement le désastre scolaire qu’il niait jusqu’ici : « Soyons sérieux, nous prétendons vouloir que nos enfants apprennent plus et mieux et nous avons fait jusqu’ici tout ce qu’il fallait pour qu’ils apprennent moins, et moins bien. Les élèves ne passent pas plus de temps en classe aujourd’hui en cinq années d’école primaire qu’ils n’en passaient en quatre ans il y a une génération. C’est comme si l’on avait obligé tous les élèves à sauter une classe. Nous avons organisé l’échec ».
Presse / Le Monde du 22-11-13 : D’où viennent les mauvais résultats de l’école primaire en France ?
L’inspection générale a observé tout au long de son enquête que les 10 heures hebdomadaire de français en cycle 2 et les 8 heures en cycle 3 sont respectées. La demande des enseignants serait même d’en faire plus. « Globalement, les équipes pédagogiques qui ne jugent pas les programmes de français trop lourds, voire "infaisables", sont rares ; ce fut le cas, durant l’enquête, dans une seule école (située en secteur rural, accueillant des élèves de milieux sociaux divers, connaissant une stabilité de ses enseignants). Mais même quand ils considèrent que la charge est excessive, tous les maîtres ne sont pas favorables à un trop grand allégement, notamment quand ils enseignent dans les milieux les plus défavorisés. Ils expriment alors leur conviction que la maîtrise du français – que leurs élèves ne peuvent acquérir qu’à l’école – doit être la première des priorités, mieux calibrée sans doute pour chaque étape de la scolarité. Mais selon eux, ce sont d’autres parties du programme qu’il faudrait supprimer pour mettre l’accent sur l’enseignement de la langue. » Un débat pour le contenu des futurs programmes.
Presse / Vousnousils du 22-11-13 : "Renoncer à l'écriture manuscrite serait une grave erreur".
Des recherches en neu­ros­ciences ont d'ailleurs mon­tré que l'écriture cur­sive faci­lite l'accès à la lec­ture. Je l'ai moi-même expé­ri­menté de manière empi­rique par le retour d'enseignants : les enfants qui apprennent à écrire direc­te­ment en cur­sive, de façon struc­tu­rée, sont plus rapi­de­ment auto­nomes et accèdent faci­le­ment à la com­bi­na­toire, c'est-à-dire qu'ils apprennent de façon impli­cite à asso­cier les lettres pour lire.
Presse / Le Monde du 29-11-13 : Nos ridicules tracasseries scolaires .
La tracasserie dépasse de loin la question vestimentaire. Le ministère, depuis quelques années, accompagne le mouvement et pinaille à tout-va. C'est le même mouvement, la même logique sous d'autres formes. Valide tes compétences (la scolarité comme une liste de courses), passe ta sécurité routière, assieds-toi bien sur ton socle. Ecoute ton biorythme. « – Tu sens que tu es davantage en état d'apprendre, non ? – En état d'apprendre quoi ? – Petit insolent, file dans ta chambre et mange tes cinq légumes ! »
Presse / Le Monde du 29-11-13 : La grosse colère des profs de « prépas ».
« C'est un message de mépris qu'on nous envoie, celui qui consiste à dire qu'on est des privilégiés. Notre salaire, on ne le vole pas ! », ajoute Philippe Heudron, président de l'Association des professeurs de prépas économiques et commerciales (APHEC). Sébastien Cote estime, lui, que « le système des classes prépas est utile, il fonctionne bien. Il ne me semble pas que nous ayons démérité. »
Presse / Le Monde du 20-12-13 : Enseigner est une science.
Pour quiconque sait que « l'enfant est l'avenir de l'homme », l'enquête PISA est un véritable électrochoc. [...] Ce résultat est-il inéluctable ? Non. La complexité de la langue française n'est pas en cause car, à difficulté égale, le Québec et la Belgique réussissent nettement mieux que la France. Le sociologue Jérôme Deauvieau, dans un rapport récent, identifie le nœud du problème : l'enseignement de la lecture au cours préparatoire (CP).

20-06-13
 
Réforme / ÉAF 2013 - Sujets de l'épreuve écrite
Série L - Les réécritures, du XVIIème siècle jusqu'à nos jours.
Séries ES & S - Le personnage de roman, du XVIIème siècle à nos jours.
Séries technologiques - Écriture poétique et quête du sens, du Moyen Âge à nos jours.
Analyses / Gober les moocs. (Laviemoderne)
Les moocs, ces cours du futur, font rêver. Finis les vieilles universités aux murs défraîchis, les professeurs soporifiques, les amphithéâtres pleins à craquer et le vieux modèle « présentiel » : vive la modernité sur écran plat, l’université à haut débit et mondialisée, bref l’école enfin dématérialisée et ramenée à son essence de pur apprentissage.
Analyses / Instruire d'abord ! (Mezetulle)
La finalité de l’école est l’instruction : tel est mon point de départ. Je vais montrer ce qui arrive inévitablement quand cette finalité cesse d’être le principe de l’école : quelles conséquences nécessaires résultent du seul fait que cette finalité se trouve subordonnée à d’autres ?
Presse / Le Figaro du 19-06-13 : Des profs de français invités à surnoter les élèves.
En raison des piètres résultats de leurs élèves au bac 2012, les professeurs de lettres de l’académie d’Orléans-Tours sont appelés à surnoter l’édition 2013… Quitte à trafiquer le barème en notant l’épreuve orale de français sur vingt-quatre points au lieu de vingt.

30-05-13
 
Contributions / Discours de velours mais ciseaux de fer : dans l'ombre du ministère, on retaille les concours...
Le 19 avril dernier, un arrêté ministériel paraît au Journal Officiel (NOR : MENH1310120A). Il fixe les modalités d'un nouveau Capes (Certificat d’Aptitude au Professorat de l’Enseignement Secondaire) de lettres à deux options, "lettres modernes" et "lettres classiques", qui fusionne les deux concours spécifiques antérieurs, Capes de lettres modernes et Capes de lettres classiques. Il paraît sur le site du ministère et est communiqué aux syndicats.

13-05-13
 
Réforme / Arrêté du 19 avril 2013 fixant les modalités d'organisation des concours du certificat d'aptitude au professorat du second degré. (JO)
Section lettres
Les candidats ont le choix au moment de l’inscription entre deux options :
Option lettres classiques ;
Option lettres modernes.
Les candidats proposés pour l’admissibilité et pour l’admission par le jury du concours font l’objet de classements distincts selon l’option.
Communiqué / Le nouveau CAPES option " lettres classiques " : mais où est passé le nombre de postes ?
Le collectif Sauver les lettres réclame que le CAPES option « lettres classiques » soit un CAPES à part entière, c'est-à-dire assorti d’un nombre de postes publié qui assure la pérennisation et le développement des sections existantes et la présence dans chaque établissement d’au moins un professeur de lettres classiques. Cela doit donc impérativement s’accompagner en amont d’une politique ambitieuse de soutien aux sections de latin et de grec au collège et au lycée, seule capable de garantir à tous les élèves cette offre d’ouverture linguistique et culturelle qui les aide puissamment, par le recul historique unique qu'elle leur donne, à se doter d’outils propres à mieux se situer dans la complexité du monde et donc à éclairer leur jugement.
Presse / Le Monde du 25-04-13 : "Refusons le sabordage du français", par Claude Hagège.
Le projet de loi Fioraso, qui veut imposer, en faveur de l'anglais, une très large extension des exceptions au principe du français langue de l'enseignement, des examens et des concours, pourrait avoir pour conséquence, du fait de la valeur symbolique d'un acte de sabordage du français par la France officielle elle-même, un doute croissant quant à la légitimité de la promotion de cette langue par les autres pays francophones.
Presse / Ragemag du 26-04-13 : Jean Robelin : « C’est l’école garderie qui est en marche. »
Le problème du PS n’est pas de concevoir une école du peuple, c’est de satisfaire les exigences de formation immédiate de la main-d’œuvre pour les entreprises, définies dans les documents de la Communauté européenne et dans ceux de l’OCDE. De ce point de vue, son programme n’est pas différent de celui de la droite. Apprendre à apprendre, c’est tout simplement remplacer la culture — c’est-à-dire la façon dont les individus se font eux-mêmes — par des procédures extérieures, des méthodes sans contenu qui correspondent à la transformation du travail intellectuel ou semi-intellectuel dans les entreprises, en application de procédures mécanisables, en particulier par l’informatisation des processus de travail… Ces procédures sont ce qui rend les individus substituables, avec comme conséquence qu’on peut plus facilement les virer parce qu’on peut les remplacer. Le problème c’est que des individus formés ainsi n’ont pas la culture nécessaire à se recycler ; ils sont jetables. Chacun sait que dans vingt ans la moitié des métiers actuels aura disparu. Le problème est : pour se préparer à ces changements, pouvoir se réinsérer dans de nouvelles professions, il faut une solide formation, pas celle du socle commun.

23-04-13
 
Réforme / Projet d'arrêté fixant les modalités d'organisation des concours du Capes. (pdf MEN)
Section lettres
Les candidats ont le choix au moment de l’inscription entre deux options :
Option lettres classiques ;
Option lettres modernes.
Les candidats proposés pour l’admissibilité et pour l’admission par le jury du concours font l’objet de classements distincts selon l’option.
Réforme / BO n°15 du 11/04/2013 : Circulaire d'orientation et de préparation de la rentrée 2013.
Sous réserve des choix que fera le Parlement, la loi d'orientation et de programmation pour la refondation de l'École de la République devrait renvoyer à des dispositions réglementaires la définition des cycles d'enseignement, celle du socle commun de connaissances, de compétences et de culture, ainsi que les conditions de certification à la fin du collège. Le Conseil supérieur des programmes émettra des avis et fera des propositions sur ces points fondamentaux pour une organisation cohérente de l'ensemble de la scolarité obligatoire. Il se prononcera aussi sur l'évolution des programmes de l'ensemble du cursus scolaire. Compte tenu du temps nécessaire à l'élaboration de ces dispositions nouvelles, les choix qui présideront à l'évolution du collège ne pourront être arrêtés qu'en 2014.
Analyses / Les programmes de français : de la stabilité au soupçon. 1 - Jusqu’en 1970 (GRDS)
Les soixante dernières années ont vu l’enseignement du français considérablement bouleversé : d’une relative stabilité depuis l’instauration de l’école obligatoire à la fin du XIXème siècle jusqu’aux années 1960, il a depuis été traversé par de profondes remises en cause disciplinaires, pédagogiques, idéologiques et politiques qui n’ont pas trouvé leur issue.
Analyses / L’enseignement des lettres au royaume de Trissotin. (stalker)
Aujourd’hui, tout professeur de français ayant à la fois une conscience exigeante de sa tâche et le recul que donnent plusieurs années d’expérience le confirmera : il lui faut se battre sur deux fronts – l’inculture de plus en plus décomplexée qui monte inexorablement d’«en-bas», et la sottise qui se déverse d’«en-haut» par tombereaux de prescriptions méthodologiques, protocoles d’apprentissage et séquences pédagogiques. Deux fronts dont il n’est pas nécessaire d’être grand clerc pour comprendre qu’ils se renforcent mutuellement : plus les Tables de la loi didactique renchérissent sur leur sophistication formelle, plus les élèves y opposent une résistance butée; plus les performances des élèves s’effondrent, plus il faut inventer de dédales scolastiques qui escamotent l’évidence de cet effondrement.
Presse / Le Monde du 22-03-13 : Marcel Gauchet : "Une pédagogie vraiment éclairée est à inventer".
Nous sommes dans un moment de culte de l'enfant qui nous masque son expérience réelle. Nous avons besoin de le redécouvrir pour ce qu'il est vraiment. Ce à quoi un enfant aspire sans trop en avoir conscience, c'est à devenir un adulte autonome. Cela ne passe pas forcément par ce que nous croyons être son bonheur immédiat. L'une des plus grandes difficultés pour l'institution scolaire est le regard des parents sur leurs enfants. Ils ont de la peine à admettre qu'il faut en passer par une acquisition de la virtuosité et que cela demande des efforts. Car en lecture, en mathématiques comme en piano ou dans le sport, ce sont bien la répétition et la mémorisation qui donnent ensuite de l'aisance.
Presse / Le Monde du 22-03-13 : Que de moments volés à la littérature.
L'arrivée du fameux "socle commun des compétences et des connaissances" détruit résolument le travail de ceux qui sont sur le terrain et qui tentent, avec toute leur énergie et leur savoir, de faire de l'école, du collège et du lycée des lieux d'apprentissage et de plaisir. L'enseignant, de littérature en particulier, voit sa mission réduite à cocher des cases par milliers tout au long de l'année pour savoir ce que l'élève a acquis, n'a pas acquis ou serait en train d'acquérir.
Presse / Le Monde du 22-03-13 : Les enfants d'immigrés ont droit aux classiques.
"Pourquoi ne pas étudier la versification à travers le rap ou le slam ?" m'a-t-on finement suggéré en haut lieu. J'ai répondu à ces philanthropes que le professeur devait arracher les élèves à leur ghetto linguistique, lieu redoutable où tout va sans dire, où l'on vit dans une telle proximité sémantique qu'il n'est plus utile d'enrichir son vocabulaire ni de déplier une syntaxe complexe.
Presse / Le Monde du 22-03-13 : Transmettre les textes ne se limite pas à transférer des connaissances.
L'enseignement de la littérature participe davantage de l'entraînement athlétique ou de l'initiation mystique que du transfert de connaissances. Si l'enseignant croit savoir quelle est la signification d'un texte littéraire, et s'il se contente de la transmettre à ses étudiants, il dégrade la fonction de chaman au statut de caporal : il remplace une expérience par un commandement. Tous les commandements ne sont pas absurdes ; mais certaines activités humaines résistent au commandement, l'amour, l'invention, l'interprétation : la littérature.
Presse / Le Monde des lecteurs du 27-03-13 : Education : enseigner demande une formation.
De ces tractations inégales entre l’État et des universités que l’on dit " autonomes ", il ressort une réalité simple et crue : la formation disciplinaire des étudiants de Master se destinant à l’enseignement secondaire est tout bonnement divisée par deux. [...] Quant au projet de nouveau CAPES (Certificat d’Aptitude au Professorat de l’Enseignement du Second degré) de l’actuel gouvernement, la part disciplinaire y est réduite à un sixième de la note globale d’admission.

02-03-13
 
Analyses / La Finlande au tableau noir. (Cordoba)
La Finlande est réputée avoir une école à la fois très performante et très égalitaire. Nous verrons plus bas ce qu’il faut en penser. Mais même si cela était le cas, il ne faudrait pas oublier que ce paysage idyllique s’assombrit brusquement dès qu’on franchit le cap des 15 ans. Une sélection brutale envoie alors près des deux tiers des élèves en lycée professionnel et seuls les meilleurs peuvent accéder aux lycées généraux (il n’y a que deux secteurs en Finlande : études générales et formation professionnelle). Cette sélection s’est d’ailleurs fortement aggravée dans les dernières années suite à la baisse des résultats dans l’école obligatoire que j’ai déjà évoquée dans « Finlandisation de la Finlande ». C’est ainsi que, en 2000, 43 775 élèves entraient en seconde générale et 57 223 en seconde professionnelle. En 2008, ces chiffres sont devenus 38 744 pour les premiers et 61 895 pour les seconds.
Presse / LeTemps.ch du 24-01-13 : Les Unis suisses restreignent leurs accès à certains bacheliers français.
La nouvelle a provoqué quelques remous en France, certains y voyant la preuve que le système scolaire national se détériore. Les universités suisses ont revu cet automne l’admission des bacheliers français. Dès la rentrée 2013, les titulaires d’un bac littéraire (L) ne pourront plus se présenter dans une institution suisse, à moins qu’ils n’aient choisi l’option mathématiques en première et terminale.
Presse / Le Monde du 09-02-13 : Laisser les enfants devant les écrans est préjudiciable.
L'Académie des sciences a publié, le 17 janvier, un avis intitulé "L'enfant et les écrans". Les recommandations avancées sont si surprenantes, au regard des données d'ensemble de la littérature scientifique et des prises de position récentes de plusieurs institutions sanitaires majeures, que l'on peut s'interroger sur le soin apporté à la rédaction de ce travail.
Presse / Le Monde du 16-02-13 : L'illettrisme des cadres, un phénomène méconnu et tabou .
Comme 2,5 millions de Français, des cadres sont en situation d'illettrisme dans l'entreprise. Le phénomène, impossible à quantifier, échappe à tous les dispositifs prévus en matière de lutte et de détection. Les responsabilités qu'ils occupent en font des illettrés à la marge de la marge.

19-12-12
 
Communiqué / " Projet de loi d’orientation et de programmation pour la refondation de l'école " : rebâtir sans fondations ?
La refondation de l'école, pour retrouver le chemin de l'instruction, doit passer par une insistance sur les savoirs, sur la culture qui les relie, et sur des programmes revus avec la juste ambition de corriger, par la maîtrise progressive de solides connaissances et de savoir-faire efficaces, les inégalités culturelles croissantes qui minent notre société. Le collectif Sauver les lettres demande donc que ce projet soit sensiblement amélioré avant d’être soumis au Parlement.
Analyses / La morale de l'instruction. (Mezetulle)
Quand règnent l'opinion et ce qu'on appelle aujourd'hui les affects, les puissants n'ont qu'à manipuler l'opinion et les affects par la voix des médias pour s'assurer de leur pouvoir sans craindre la critique. Il serait toutefois illusoire de voir là un complot, car il faudrait pour l'ourdir des intelligences exceptionnelles. Il suffit que cette dégradation de l'instruction s'accorde avec les intérêts dominants pour qu'elle domine les esprits. Tel est le pouvoir de l'idéologie. Mais si un peuple exige que l'école instruise ses enfants, alors résister à l'idéologie est possible.
Analyses / L'école juge de l'École - Analyse du Rapport de la « concertation Peillon » sur la refondation de l'école. (Mezetulle)
Les rédacteurs du récent Rapport ne sont certes pas cartésiens : la refondation ne sera pas pour eux une « tabula rasa » (p.3). Entendez par là qu'ils ne jugent pas nécessaire de revenir sur les réformes qui ont précisément destitué le modèle républicain auquel ils se référent indûment. La situation actuelle est pour le moins inédite : c'est l'institution qui croit trouver son salut en s'obstinant dans le discours suicidaire qu'elle tient sur elle-même.

15-10-12
 
Réforme / Compte rendu de l’audience du SNES avec le doyen de l’Inspection Générale de Lettres. (SNES)
Texte et langue sont au coeur de la discipline. Il convient toutefois de sortir d'une vision « essentialiste » ou techniciste du texte car celle-ci a fait beaucoup de dégâts. Il faut donc sortir de l'idée que travailler sur un texte, c'est seulement travailler de manière interne car l'approche stylistique ferme le texte. Il faut tenir compte du contexte historique et social de production de celui-ci. Ainsi devons-nous mettre au centre de nos pratiques le sens et l'interprétation du texte, davantage que des outils. [...]
Enseigner la langue, c'est réfléchir sur celle-ci, donner du sens aux phénomènes que l'on étudie. Il est également nécessaire de faire un minimum d'entraînement systématique pour créer des automatismes indispensables. Cela suppose que l'on conserve la perspective de leçons de grammaire et que l'on laisse de côté les dérives du décloisonnement, néfaste à l'étude de la langue comme à celui du texte quand il est érigé en système.
Analyses / La gauche et l’éducation. (lafauteadiderot.net)
Voulez-vous améliorer le fonctionnement de l’école, de la maternelle à l’université ? Commencez par « foutre la paix » aux enseignants. C’est à cette condition que vous pourrez en exiger beaucoup. Redonnez-leur l’initiative et la responsabilité de leur métier. C’est à cette condition que vous pourrez aussi sanctionner utilement les carences et les manquements. Redéfinissons simplement les missions des enseignants : connaître pour éduquer, vous redonnerez légitimité et respectabilité à l’école. Bien sûr, c’est là un long chemin, car on ne forme pas des hommes en deux ou trois ans. C’est plus difficile que de prendre quelques mesures spectaculaires et électoralistes. Mais la France a désormais le dos au mur : perdre son seul atout économique véritable, c’est-à-dire la qualification et la compétence de ses travailleurs, ou bien en revenir au sérieux d’un vieux mot aujourd’hui lui aussi si décrié : l’instruction.
Actions / " Refondons l’École de la République " : un rapport inquiétant.
Le rapport « Refondons l’École de la République », qui vient de paraître, affiche dans son titre de grandes ambitions. Cependant, si l’on approuve la sévérité du constat et la volonté de lutter contre toutes les inégalités, on s’inquiète des solutions et pistes proposées, qui relèvent trop souvent du recyclage de poncifs ayant largement fait la preuve de leur inefficacité, voire de leur nocivité, et par idéologie verrouillent le débat, alors que sont écartés des éléments essentiels.
Contributions / De la disparition des notes, à la manière de Molière, dans L’Avare (Acte I, scène 5).
Harpagon - Ecoutez ces impertinents fonctionnaires qui se refusent au progrès en n’acceptant pas le parti très considérable que je leur offre : le moyen de ne parler plus que de réussite à tous les élèves et de neutraliser le si lourd traumatisme de l’échec. On y trouve ici un avantage qu’ailleurs on ne trouverait pas.
Contributions / À propos de "premier poste".
J'ai lu avec beaucoup d'intérêt l'article intitulé "premier poste". Mon histoire y ressemble beaucoup mais je crois qu'elle a été plus dure encore.
Presse / Le Monde du 05-07-12 : La session 2012 du brevet des collèges jugée trop facile par nombre d'enseignants.
Réputé pour ses communiqués rageurs, le collectif d'enseignants "Sauver les lettres" a titré, sur Internet : "DNB, c'est plié". "C'est à la première année du collège qu'il faut remonter pour saisir l'esprit du questionnaire proposé aux candidats", assure Luc Richer, membre du collectif et enseignant au collège.
Presse / Vousnousils.fr du 20-07-12 : "Le Brevet des collèges est devenu trop facile".
84,5% des élèves de 3e ont décro­ché cette année le D.N.B. (ex Brevet des col­lèges), soit un taux de réus­site en hausse de 1,1 point. Le col­lec­tif "Sauver les lettres" dénonce cepen­dant sa faci­lité, en par­ti­cu­lier celle de l'épreuve de fran­çais. Entretien avec Luc Richer, pro­fes­seur de lettres modernes au col­lège et membre du collectif.
Presse / Le Monde du 05-09-12 : Construisons une formation des maîtres de bon sens.
La façon dont furent créés ces IUFM fut à l'évidence une erreur : en donnant le pouvoir aux agrégés et aux universitaires, on confia le pilotage des IUFM à ceux qui ne connaissaient que peu de chose aux problèmes de l'enseignement primaire et qui cachèrent donc leur incompétence derrière un modèle unique d'apprentissage qui avait "l'immense" intérêt de dégager l'enseignant de ce qui est sa responsabilité première : mettre tout en œuvre pour transmettre des connaissances et former des esprits libres. L'élève, élu constructeur du savoir, effaça donc le comportement magistral, l'animateur se substitua au maître, l'occasion fit disparaître la programmation. Dans bien des IUFM, on incita les futurs maîtres à jeter par-dessus bord la grammaire de la phrase, la fixation du vocabulaire, la précision du déchiffrage des mots, le calcul mental et le respect des règles. "Accès direct et heureux à l'expertise contre le triste labeur de l'apprentissage" : tel fut le slogan de la nouvelle illusion pédagogique ; encouragée par les nébuleuses sciences de l'éducation qui trouvaient là une heureuse légitimation.
Presse / Ufal.info du 11-09-12 : Laïcité : Pas de sermons à l’école, davantage d’instruction, M. Peillon !
Le ministre de l’Éducation nationale veut un enseignement de la « morale laïque » à l’école publique, abordant notamment « le sens de l’existence humaine, (…) ce qui fait une vie heureuse ou une vie bonne. » Vaste programme… mais la morale ne peut ni ne doit remplacer les contenus disciplinaires diminués depuis des années.
Presse / Télérama du 12-09-12 : Au Québec, les “enfants du Renouveau” sont-ils vraiment pires que les autres ?
Tout miser sur les compétences ? Le Québec l'a osé avec le Renouveau pédagogique. Une révolution qui vise à faire des têtes moins pleines mais mieux faites. Et qui divise la communauté éducative.
Presse / Télérama du 12-09-12 : Comment sauver l'école ? Dialogue entre le ministre Vincent Peillon et le sociologue Jean-Pierre Terrail
« Refondons l'école de la République ! » Le slogan, en lettres noires, claque sur la gigantesque bâche qui recouvre les murs en travaux du ministère de l'Education nationale. A l'intérieur, le ministre Vincent Peillon, détendu, a accepté de débattre avec le sociologue de l'éducation Jean-Pierre Terrail, un esprit frondeur. Fin 2010, avec une cinquantaine de chercheurs (Groupe de recherches sur la démocratisation scolaire), ce dernier avait lancé à l'adresse de la gauche un appel « pour une grande réforme démocratique de l'école ». L'heure a sonné...
Presse / Le Café pédagogique du 09-10-12 : Concertation sur l’école : le compte n’y est pas !
Une référence récurrente au « changement de pédagogie » ? Ce changement est indispensable mais le propos demeure bien général. Opposer l’innovation, sans la définir aux « pédagogiques traditionnelles frontales », sans en faire l’analyse, revient à une critique formelle aussi convenue que dépassée des anciens contre les modernes. Qui s’est vraiment donné la peine de comprendre la genèse des pratiques pédagogiques et d’outiller efficacement les enseignants ?
Presse / Vousnousils.fr du 12-10-12 : Bruno Benoit : "en dessous de 5h d'histoire en série S, pas de discussion possible".
Sauf sur­prise, l'histoire-géographie rede­vien­dra obli­ga­toire à la ren­trée 2013 en ter­mi­nale S, après avoir été relé­guée au rang d'option depuis un an. Un allè­ge­ment du pro­gramme est prévu cette année pour les élèves de pre­mière S, qui pas­se­ront encore une épreuve tran­si­toire en juin 2013. Entretien avec Bruno Benoit, pré­sident de l'Association des pro­fes­seurs d'histoire géo­gra­phie (APHG) et ensei­gnant à Sciences Po Lyon.
Presse / Mediapart.fr/blog du 14-10-12 : Le rapport sur l'école bien décevant malgré de grandes ambitions.
Le rapport « Refondons l’École de la République », qui vient de paraître, affiche dans son titre de grandes ambitions. La volonté gouvernementale de redonner à l’école les moyens matériels d’accomplir sa mission exige des acteurs de l’éducation une réflexion sur la bonne utilisation de ces moyens, notent à juste titre les auteurs du rapport. Si l’on partage évidemment le constat sévère de la situation dressé par le rapport et la volonté de lutter contre toutes les inégalités, on est cependant très déçu par les solutions et pistes proposées, qui relèvent trop souvent du recyclage de poncifs ayant largement fait la preuve de leur inefficacité, voire de leur nocivité, alors que des éléments essentiels sont totalement omis.

30-06-12
 
Analyses / DNB c'est plié !
Dans l'épreuve de français du D.N.B. 2012, une question en effet portait sur le style indirect libre. Pour le reste, on n'interrogeait sur aucun des points du programme de troisième. Est-ce à dire qu'on questionnait les candidats sur un extrait fantastique relevant du parcours littéraire de quatrième, et dont l'étude des indices semant le doute entre logique et surnaturel leur permettait de manifester une certaine finesse d'analyse ? Non, pas de programme de troisième, pas de programme de quatrième non plus. Les invitait-on alors à plancher sur quelque translation moderne d'une belle page médiévale, sur l'exploit d'un Perceval en quête du Graal et puisant sa force dans l'inébranlable espoir que lui donne un Chrétien de Troyes abordé en cinquième ? Pas davantage. C'est à la première année du collège qu'il faut remonter pour saisir l'esprit du questionnaire proposé cette année aux candidats. On leur demandait en effet de repérer la formule "Il était une fois" au début d'un extrait de Michel Tournier, de comprendre que cet extrait a pour décor une ancienne cour évoquant le sultanat des Mille et une Nuits, et que son intrigue comporte une épreuve (deux cuisiniers s'affrontent en concoctant tour à tour les plats d'un festin, et le meilleur des deux sera le cuisinier en titre de la cour). Nous étions donc dans la proximité du conte merveilleux et le questionnaire portait quasi intégralement sur la seule compréhension littérale du texte ; bref, à une seule question près le D.N.B. 2012 était une épreuve de sixième.
Actions / Rentrée 2012 : pour une véritable évaluation de l'orthographe et de la grammaire.
Comme en 2000, 2004 et 2008, le collectif Sauver les lettres organise une évaluation du niveau en orthographe et en grammaire des élèves entrant en seconde en septembre 2012. Pour lui donner une valeur, il est important que le plus grand nombre possible de classes soient soumises à ce test. La durée prévue est d’une heure complète, pendant un des tout premiers cours de l’année.
Actions / Communiqué de presse du 29 juin 2012 - Le français au brevet 2012 : niveau sixième.
Après la dernière refonte des programmes, après les diverses circulaires parues ces dernières années, où l'on a clairement insisté sur la nécessité d'une bonne maîtrise du français et donc de son enseignement, après les travaux récents des chercheurs pointant tous l'urgence d'un enseignement raisonné de la grammaire, on pouvait espérer que le sujet du D.N.B. 2012 (Diplôme National du Brevet, passé en fin de troisième du collège) eût ménagé une part consistante à la connaissance de la langue. Il n'en est rien.
Presse / Nonfiction.fr du 25-06-12 : Le lycée Chatel : le legs d’une réforme ambiguë.
Le nouveau gouvernement de gauche arrive alors que le lycée vit au rythme de la réforme impulsée par Luc Chatel en décembre 2009. Son objectif était de personnaliser l’enseignement, d’encourager l’innovation pédagogique au moyen d’une plus grande autonomie des établissements et enfin de faciliter les réorientations. Quel bilan en tirer ?

22-06-12
 
Réforme / Rapport n° 2011-098 - L'enseignement des langues et cultures de l'antiquité dans le second degré - IGEN. (MEN-pdf)
Dans les cinquante dernières années, aucune étude sur les langues anciennes n’a, à notre connaissance, été conduite de façon exhaustive par l’inspection générale de l’éducation nationale. Si ce rapport revêt donc une importance toute particulière, c’est sans doute parce qu’il est la manifestation de la volonté, ou de la nécessité, de rompre ce long silence en 2011.
Analyses / Dernières nouvelles de l'ÉAF.
Les sujets 2012 et les informations ou analyses que vous nous faites parvenir...
Analyses / La nécessité d'enseigner la littérature des Lumières.
Bien qu'étant professeur de lettres, j'emprunterai mon introduction à un professeur de philosophie, Inspecteur général, Jacques Muglioni, écrivant il y a vingt ans : « [Il y a] deux conceptions de l'école. La première lui assigne pour fin d'inculquer l'amour de l'ordre, ou plutôt d'entretenir des sentiments favorables à la conservation de l'ordre existant, aux intérêts, aux privilèges, aux inégalités. A l'opposé, la seconde veut que l'on se tourne résolument vers le progrès, mouvement qui serait pure agitation sans les Lumières. Se combattaient ainsi, il y a un siècle, les tenants de l'éducation religieuse, morale, sociale, inquiète de gouverner les âmes, et d'autre part les militants de l'instruction qui, s'adressant d'abord à l'intelligence, vise à libérer le jugement. »
Presse / Le Monde du 25-05-12 : Vincent Peillon publie 17 études passées sous silence par son prédécesseur .
Clair avait été annoncé par Luc Chatel lors des états généraux de la sécurité à l'école en avril 2010. Il s'agissait alors de "substituer aux dispositifs existants [de l'éducation prioritaire] une nouvelle cartographie des établissements concentrant le plus de difficultés sur le front du climat et de la violence", avait déclaré le ministre. Le dispositif a été expérimenté dans 105 collèges et lycées au cours de l'année scolaire 2010-2011. C'est sur cette "année zéro" du programme que porte le rapport des inspections générales.
Presse / Le Monde du 30-05-12 : "La réduction du temps de travail des élèves est un formidable gâchis".
Résultat de cette mesure adoptée non seulement sans concertation mais sans réflexion : une réduction du temps de travail des élèves qui, par son ampleur et ses modalités, handicape durablement les apprentissages élémentaires. Inutile de verser des larmes de crocodile sur les élèves qui entrent en sixième sans être capables de la suivre. Nous avons organisé l'échec.
Presse / Télérama du 02-06-12 : Devenons-nous incultes ?
Cet optimisme pédagogique suscite inévitablement quelques sarcasmes. « On voit que Michel Serres n'enseigne pas dans nos classes, dit une enseignante du collectif Sauver les lettres. Ce qu'on trouve sur Internet, ce sont des informations, pas des connaissances. Sans le savoir de base, les élèves n'ont plus d'ordre de grandeur : il leur suffit de tomber sur une coquille de Wikipédia pour placer sans ciller Napoléon après la Première Guerre mondiale. » « Seuls les meilleurs élèves savent se servir d'Internet, confirme Agnès Joste, professeure de latin-grec au lycée Claude-Monet (Le Havre). Les autres sont submergés et incapables de faire le tri. Cette impuissance les désespère. Il n'y a pas de savoir-faire sans savoir. C'est la mémoire qui fonde la qualité du jugement. »

23-04-12
 
Actions / Lettre ouverte aux candidats à la Présidence de la République française.
La réussite des jeunes passe par la maîtrise du français, qui doit être un objectif prioritaire de toute politique éducative. La pratique correcte de notre langue et la connaissance de sa littérature ne sont pas des signes de distinction mais un moyen nécessaire de l'égalité et de la liberté de penser, qu'il appartient au Président de la République d'encourager. Dans cette perspective, l'apprentissage des langues et cultures de l'antiquité gréco-latine doit être accessible dans tous les collèges et lycées et le travail accompli pour cet apprentissage doit être pris en compte au baccalauréat, quelles que soient les filières.
Presse / Libération du 31-01-12 : «La culture générale n'est pas un simple vernis».
La suppression de l'épreuve de culture générale à l'admission à Sciences Po Paris va dans le mauvais sens. Elle coïncide avec un rabaissement catastrophique des ambitions intellectuelles et culturelles de l'enseignement secondaire et même de la formation des maîtres. Elle entérine l'idée que procurer au plus grand nombre possible d'élèves une solide culture générale n'est plus du tout un objectif de notre système d'enseignement.
Presse / Libération du 02-02-12 : Eclair: le savoir-être avant le savoir tout court.
Le dispositif "Eclair" pour les établissements difficiles provoque bien des orages. Les profs du collège "Eclair" Lenain de Tillemont, à Montreuil, sont en colère: ils viennent de se voir conseiller de consacrer, à la rentrée, les deux premiers mois de l'année au comportement et au "savoir-être" des élèves plutôt qu'au programme. Les parents comprendront, a assuré l'inspecteur, ce même sera plus facile pour eux de suivre...
Presse / Libération du 14-02-12 : Le taylorisme entre dans l’école française.
Pendant qu’au lycée les enseignements d’exploration transversaux et l’accompagnement personnalisé promeuvent un nouveau type de professeur «multicartes», au collège, le Livret personnel de compétences (LPC) atomise les connaissances en quatre-vingt dix-huit savoir-faire parcellisés et souvent si transdisciplinaires qu’ils révèlent bien la logique du socle commun : peu y importent les contenus. Dans les documents ministériels, un «comment apprendre» désincarné vampirise le «quoi apprendre» ; puis le couple «folie de l’évaluation et phobie de la notation» achève de subordonner toute activité pédagogique à son adéquation a priori à un projet d’établissement et à sa validation a posteriori par une enquête de satisfaction auprès des élèves.
Presse / Mezetulle du 15-02-12 : De l'inutilité du savoir.
C’est aujourd’hui la « culture générale » qui semble totalement intempestive à l’École. La bannir des épreuves écrites des concours d’entrée aux grandes écoles n’est donc pas seulement nécessaire, c’est parfaitement naturel et souhaitable au regard de nos classes dirigeantes, parfois des media et de certains intellectuels, et évidemment de ceux qui représentent l’institution scolaire elle-même. Il est intéressant de réfléchir sur cet étrange renoncement, qui n’est pas seulement paradoxal pour l’École, mais qui est aussi révélateur d’une forme très particulière de décadence : car il ne se perçoit absolument pas comme tel !
Presse / Libération du 10-03-12 : Inspection mitigée pour la réforme du lycée.
Les deux grandes nouveautés de la réforme étaient l’introduction de deux heures d’«accompagnement personnalisé» par semaine et la liberté laissée aux proviseurs d’affecter 25% des heures de cours d’une classe sur l’année. Là encore, le bilan est mitigé. Chaque établissement fait un peu ce qu’il veut - entraînement à la prise de notes, soutien en petits groupes, travail interdisciplinaire, etc. - et il en ressort une certaine confusion.
Presse / Le Monde du 20-03-12 : Le socle : ce "chemin de croix" qui sacrifie l'école.
Le socle a pourtant déjà sévi au primaire où les grilles ont pris la place des notes, et donc de l'habitude du résultat ; il y a un moment, cependant où une réponse (opération, conjugaison) est vraie ou fausse, mais peu importe le résultat tant que la compétence est en marche... Attendons que les futurs adultes, confrontés au monde peu tendre du travail, payent au prix cher leurs erreurs... La relativité s'est installée ; et avec elle les doutes des parents. Beaucoup de leurs enfants arrivent en 6ème sans encombre, mais sans réelle maîtrise "du lire, écrire, compter", vivent un passage bien douloureux.
Presse / Laviemoderne.net du 21-03-12 : Comment j'ai pourri le web.
Petite expérience amusante sur l'usage du numérique en lettres. [...] Sur 65 élèves de Première, 51 élèves - soit plus des trois-quart - ont recopié à des degrés divers ce qu’ils trouvaient sur internet, sans recouper ou vérifier les informations ou réfléchir un tant soit peu aux éléments d’analyses trouvés, croyaient-ils, au hasard du net.
Presse / Le Figaro du 13-04-12 : Les babouins capables de lire.
«Le singe fait comme l'homme un vrai traitement orthographique, il apprend des groupes de lettres» ajoute Johannes Ziegler. «Ils montrent eux aussi que le cerveau ne fait pas de lecture globale mais décompose le mot en des centaines d'unités plus petites que le mot». Une forme d'apprentissage qui est donc partagée par différentes espèces et nouvelle reconnaissance de la méthode syllabique par rapport à la méthode globale pour l'apprentissage de la lecture!
Presse / Télérama du 18-04-12 : Dossier - Où va l'école républicaine ?
"On ne dégraisse plus le Mammouth, on attaque l'os", s'insurgent les enseignants. Avec des effectifs toujours réduits et un modèle éducatif tourné vers la compétitivité économique, les valeurs de l'école républicaine sont en danger. Un candidat prêt à s'y coller ?

24-01-12
 
Analyses / Après l'élève au centre, le vent au milieu.
Enseigner est devenu impossible mais ce n'est pas encore tout à fait suffisamment impossible : ceux qui chargent notre barque devraient songer à rajouter encore quelques réunions et astreintes supplémentaire à la liste déjà un peu fournie des réunions et activités diverses hélas souvent débilitantes et improductives, qui empêchent littéralement d'enseigner... Enseigner c'est en effet instruire les élèves et donc préparer des cours, corriger des copies, et (ceci n'est pas négligeable) reconstituer ses forces psychiques après une dépense nerveuse et une tension émotionnelle dont chacun s'accorde à reconnaître qu'elle n'est pas minime dans ce métier. Avoir le temps de respirer, c'est aussi avoir un cours qui respire. Actuellement le professeur n'a plus le droit de respirer.
Presse / Le Monde du 13-12-11 : Dissimulées ou retardées, les données sur l’école sont jugées peu fiables.
Deux nouvelles enquêtes, l'une comparant le niveau de maîtrise de la langue entre 2003 et de 2009, l'autre entre 1997 et 2007, montrent que les lacunes des plus faibles se sont aggravées. Mais ces deux travaux attendaient dans les tiroirs du ministère de l'éducation depuis le mois de juin. C'est l'Insee qui, le 16 novembre, les a divulgués dans son Portrait social. Le jour de la parution de l'ouvrage, les statisticiens de la direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP) ont été priés de ne pas commenter ces résultats qui ne suivaient pas la "bonne" courbe.
Presse / Suivez-Moix du 15-12-11 : Sciences-Pol Pot.
L’IEP ne fait qu’entériner, sous forme élégante de “discrimination positive” (discrimination positive qui est le contraire de la personnalité, le déni de l’originalité, l’abandon de toute forme de singularité) la démission absolue de l’école laïque et républicaine. Elle formait hier des élites, laissant maints cancres sur les bords du chemin (parmi lesquels maints cancres bourgeois) ; elle formera aujourd’hui tout le monde, puisqu’il n’y aura plus de bons et de mauvais étudiants, mais seulement des étudiants différents, de personnalités disjointes, d’originalités incompatibles. L’école n’est précisément pas là, ni l’IEP, pour former des tempéraments ni repérer des personnalités, des individualités, autant d’atouts qui viennent, normalement, s’ajouter à la violence obligée qu’est le passage d’un concours, à la difficulté que représente une épreuve d’examen. Les grandes gueules l’emporteront sur les grosses têtes ; et ce n’est pas normal – car la vocation des établissements scolaires n’est pas d’auréoler les ténors, mais d’affermir les esprits.
Presse / Vousnousils du 21-12-11 : Education: faible succès des expérimentations pédagogiques selon le HCE.
Il en donne les rai­sons: "charge du tra­vail d'écriture et d'évaluation, inves­tis­se­ment consi­dé­rable dans la consti­tu­tion d'un nou­veau maté­riel péda­go­gique et évalua­tif (...) mais aussi insta­bi­lité liée à l'absence de péren­nité des moyens, au chan­ge­ment de per­son­nel ensei­gnant et de direc­tion" ou encore "échanges trop rares avec d'autres équipes".
Presse / Vousnousils du 22-12-11 : Éducation : neuf notes d'information en une semaine.
La semaine der­nière, une polé­mique avait éclaté sur la com­mu­ni­ca­tion du minis­tère. L'Association des jour­na­listes éduca­tion (Ajé) avait « regretté » dans un com­mu­ni­qué « la non publi­ca­tion de tra­vaux d'inspection » et de « notes sta­tis­tiques », qui prive, en par­ti­cu­lier les jour­na­listes, de « pré­cieux outils de travail ».
Presse / Le Point du 26-12-11 : Pierre Nora : "Le travail intellectuel est un service public" .
Notre société hyperdémocratique peut-elle tolérer l'existence d'une aristocratie du savoir ?
Elle ne la tolère pas et pourtant j'ai la faiblesse de croire qu'elle en a toujours besoin. Parce que la transmission, le lien avec le passé sont indispensables à notre survie. Et notre passé, c'est une littérature, une histoire et une langue, cet ensemble dit des "humanités". Dans ce mot, qui sent aujourd'hui le fagot, il y avait dans ma jeunesse une espèce d'éros.
Presse / Le Monde.fr du 04-01-12 : Education nationale : le gouvernement compte renforcer le pouvoir des recteurs.
Le décret précise que les recteurs pourront désormais "définir l'organisation fonctionnelle et territoriale de l'académie, afin de l'adapter aux caractéristiques locales", et disposeront dans l'académie "de l'ensemble des compétences relatives au contenu et à l'organisation de l'action éducatrice ainsi qu'à la gestion des personnels et au suivi du fonctionnement des établissements qui y concourent".
Presse / L'école démocratique du 06-01-12 : La taille des classes est bel et bien un facteur de réussite !
L’étude la plus célèbre et de loin la plus sérieuse est la recherche expérimentale américaine STAR (Student/teacher achievement ratio). Entre 1985 et 1990, un peu moins de 8000 élèves ont été répartis pendant 5 ans, pour moitié dans des classes de 13 à 17 élèves et pour moitié dans des classes de 22 à 26 élèves [1]. Les cinq années couvraient le « Kindergarten » (notre dernière année maternelle) et les quatre premières primaires. Ensuite les élèves furent à nouveau mélangés et l’on a pu suivre leurs performances pendant toute leur scolarité, jusqu’à l’entrée dans l’enseignement supérieur.
Presse / L'Humanité du 13-01-12 : Jean-Yves Rochex « Les inégalités scolaires se construisent aussi dans la classe ».
Ce glissement de l’activité intellectuelle vers des activités à faible enjeu cognitif nuit en priorité à ceux qui n’ont pas d’autres endroits d’apprentissage que l’école. Autre évolution notable?: le souci de faciliter la tâche aux élèves, de la rendre plus attractive, de s’inspirer de situations de la vie quotidienne, qui peut conduire à rabattre le travail et le langage propres à l’étude sur ceux de l’expérience ordinaire. De même peut-on observer l’importance des usages peu exigeants du langage, restreints à la communication ordinaire dans la classe ou à des fonctions de restitution et de réponse à des questions fermées, au détriment de sa fonction d’élaboration et des exigences d’écriture longue. Ce sont ceux qui sont le moins entraînés et disposés à écrire et à user du langage d’élaboration à qui l’on demande le moins de le faire?! Encore une fois, plutôt que de s’affronter à ce qui fait difficulté, on propose des tâches avec un enjeu intellectuel réduit.
Presse / L'Humanité du 16-01-12 : Éducation : retour sur cinq ans de casse.
Lutte contre l’échec scolaire. «Je prends un engagement devant vous : nous allons diviser par trois, d’ici à la fin de la mandature, le taux d’échec scolaire à la fin du CM2», avait promis Nicolas Sarkozy. Passer de 15% à 5% ? La bonne blague. Les tests nationaux de janvier 2011 montrent que 30% des élèves de CM2 continuent d’avoir des acquis « fragiles » ou « insuffisants » en mathématiques et 26% en français.
Presse / Le Monde du 20-01-12 : Ne bradons pas les diplômes de la licence !
Après avoir donné aux universités un plan réussite en licence (PRL) qui prévoyait l'injection dans le premier cycle de moyens financiers pour, en effet, permettre au plus grand nombre d'obtenir leur licence, le ministère a décidé d'y mettre un terme sans prendre le risque de se fâcher avec l'UNEF, et a trouvé un moyen simple de ne pas afficher en fin de mandat un résultat trop mauvais à l'électorat français, si chatouilleux parfois : "Ne surélevez pas le pont, faites baisser la rivière !"

07-12-11
 
Analyses / 2001-2011 : réflexions sur les programmes de français au lycée. (L’École des lettres)
La conception et l’écriture d’un programme d’enseignement constituent à coup sûr un exercice difficile : il faut du talent pour en présenter un nouveau, cautionné et promu par l’institution, sans désavouer l’ancien, qui fut prescrit quelques années plus tôt… De nos jours, les auteurs voudraient donner l’impression qu’ils bâtissent à chaux et à sable quand ils ne font que planter les décors éphémères du théâtre pédagogique. D’où ces textes, si habilement composés et argumentés qu’ils paraissent devoir échapper à toute contestation, d’autant que leur publication au BO les rend aussitôt sacrés. Pourtant, une question simple se pose : le nouveau programme corrige-t-il les défauts du précédent et est-il plus adapté aux conditions réelles d’enseignement ?
Analyses / 30 propositions destinées à achever l’école de la République. (Ufal)
« En base annuelle, les temps de travail des enseignants est : pour les agrégés, de 38 heures 38, pour les certifiés de lycées de 39 heures 30, pour les PLP de 38 heures 18. Selon une étude comparative élaborée par le ministère de l’Éducation nationale en mars 1998, le nombre d’heures dues par les enseignants français se situerait dans la moyenne européenne. » (Source : rapport du Sénat, 29 avril 1999). La conséquence est simple : surcharger de travaux périphériques les enseignants va peser sur la qualité de l’enseignement.
Communiqué / Romilly.com
Et voici qu'en lieu et place d'une politique volontariste de développement du latin et du grec, le ministère, dans un document de style marchand et aux relents managériaux, propose, « pour valoriser les initiatives pédagogiques innovantes en langues et cultures de l'Antiquité », un « prix Jacqueline de Romilly » où la « maîtrise de la langue ancienne » n'occupe que 10% d'un « projet » ou d'un « outil pédagogique inventif », à égalité avec des « compétences sociales ou civiques », l'ensemble passant par la mention d'« outils produits » et d'« effets obtenus » par une « pédagogie innovante », dans un contexte de « plus-value de l'action » (sic). Les prix à décerner ne sont pas des voyages en Grèce ou à Rome, mais des « tablettes », des « ressources numériques », ou « des vidéos ».
Presse / Libération du 23-11-11 : Les profs du primaire ne veulent pas de contractuels.
Jusqu'à présent, en cas d'absence d'un professeur des écoles (malade, en formation, en congé maternité, muté, en disponibilité...), les académies puisaient dans un double vivier : celui des titulaires remplaçants (apellés «brigades» ou «ZIL», pour Zone d'intervention localisée, selon la durée et la zone de remplacement), et celui de la liste complémentaire du concours de professeur des écoles, sorte de liste d'attente des lauréats.
Presse / Marianne2.fr du 26-11-11 : Comment 5 ans de sarkozysme ont massacré le réseau culturel français.
Jusqu'ici l'un des plus puissants au monde, le réseau culturel français est partout en charpie. Coupes budgétaires drastiques, mise en place chaotique du nouvel Institut français sur fond de guéguerres sarkozystes, l'avenir paraît bien sombre pour notre rayonnement international.

15-11-11
 
Analyses / L’Avenir des Langues Anciennes.
Quoiqu’il s’en défende, le propos de l’auteur est fondamentalement polémique. S’il reprend le titre de l’ouvrage de Pierre Judet de La Combe et Heinz Wismann, c’est parce qu’il veut régler avec eux des comptes philosophiques, comme l’annonce la double épigraphe jungienne. Sous cette invocation sont posées les bases d’un débat entre deux attitudes intellectuelles bien reconnaissables : l’une est accusée de surestimer la place de la conscience, émettrice de concepts et de règles ; l’autre entend réhabiliter celle de la nature dans l’activité de l’esprit, particulièrement en pédagogie, laquelle doit donc selon l’auteur privilégier la psychologie sur l’aspect théorique de la discipline.
Presse / Le Monde.fr du 04-11-11 : Des statisticiens accusent l’éducation nationale de faire de la rétention d'information.
Dans un communiqué, les statisticiens publics s'étonnent de voir que huit de leurs publications n'ont été ni publiées, ni mises à disposition du public sur le site Internet du ministère. Selon eux, des études annuelles, traitant par exemple du nombre d'élèves par classe ou de la réussite aux examens, sont mises en réserve par les services de Luc Chatel. [cf. Niveau des élèves de CM2 : une étude non-publiée de la Depp]
Presse / La Gazette.fr du 10-11-11 : Les députés adoptent un budget de l’Education raboté de 20 millions d’euros.
Les crédits destinés aux bourses de collèges et de lycées seront réduits de 11 millions d’euros, en raison de leur sous-utilisation et du nombre d’élèves à la rentrée 2011, et de 2 millions d’euros les crédits pour les fonds sociaux. La subvention des opérateurs de l’Enseignement scolaire pour charges de service public sera diminuée de 6 millions d’euros et les crédits de l’Enseignement technique agricole baissés d’un million d’euros.

17-10-11
 
Analyses / Pauvre Poucette.
" Ils peuvent manipuler plusieurs informations à la fois " nous dit Michel Serres. Soyons clair, le multitasking n'existe pas. Il est antinomique de notre fonctionnement cérébral. Placé en demeure de faire plusieurs choses à la fois, le cerveau se contente de passer d’une activité à l’autre, séquentiellement. Chaque transition coûte des erreurs et du temps. Par ailleurs, une bonne partie des ressources cognitives est alors happée par la gestion du processus de multitasking (il faut garder les infos en mémoire, arbitrer entre les tâches, ramener les données pertinentes en mémoire de travail, etc.). Il n'est dès lors pas étonnant que les mécanismes d’apprentissage et de mémorisation soient altérés, au niveau neuronal le plus basique, lorsqu’un sujet doit jongler entre deux tâches. Au plan comportemental, nos brillants " multitaskeurs " développent à long terme de sérieux troubles de l’attention, une grande distractibilité et, c'est plus inattendu, une moindre capacité à administrer de concert plusieurs tâches cognitives.
Analyses / "L'Estrade" n°12, septembre 2007.
Editorial - Les enseignants, la Région et la formation tout au long de la vie - A propos du rapport du HCE sur l’école primaire - Perles du passé - L’enseignement mis à mort d' A. Barrot.
Presse / Le Monde du 03-09-11 : Contre l'idéologie de la compétence, l'éducation doit apprendre à penser.
Ce jeu entre contraintes et ressources relève d'un travail pédagogique irréductible à l'accumulation de savoir-faire et à la pratique d'exercices mécaniques. Il renvoie à la capacité à inventer des situations génératrices de sens, qui articulent étroitement découverte et formalisation. Or, nous nous éloignons aujourd'hui à grands pas de cela avec des livrets de compétences qui juxtaposent des compétences aussi différentes que "savoir faire preuve de créativité" et "savoir attacher une pièce jointe à un courriel".
Que peut bien signifier alors "l'élève a 60 % des compétences requises" ? La notion de compétence renvoie tantôt à des savoirs techniques reproductibles, tantôt à des capacités invérifiables dont personne ne cherche à savoir comment elles se forment. Ces référentiels atomisent la notion même de culture et font perdre de vue la formation à la capacité de penser.
Presse / Le Monde.fr du 20-09-11 : La réforme Chatel des lycées est injuste et élitiste.
Les différentiels en termes d'offre de formation (plus ou moins une heure de mathématiques par exemple par élève d'un établissement à l'autre) commencent à apparaître en Seconde comme le montre notre enquête. Cette situation risque certainement de s'aggraver encore (nous avons relancé une enquête sur notre site) à partir de la rentrée 2011, avec la nouvelle classe de Première qui propose elle aussi des aménagements d'horaires différents d'un établissement à l'autre. Sur une scolarité entière (Seconde, Première, Terminale), un différentiel de deux à trois heures de mathématiques sera par exemple possible pour un élève d'une série S (il sera possible de la même manière en lettres) selon l'établissement qui l'accueillera. On peut désormais affirmer que cette réforme a pour conséquence immédiate l'émergence d'un lycée français à deux vitesses.
Presse / L'Humanité du 28-09-11 : Christian Laval : "l’école est au centre des nouvelles luttes des classes".
Pour ce qui est de l’UMP, rien ne freine plus la droite dans son projet de construction de l’école la plus purement capitaliste qui soit. Il s’agit de façon très ouverte de mettre en place une école concurrentielle, fonctionnant pour l’élite, et qui vise à faire de chaque établissement une petite entreprise avec à sa tête un "patron" qui aura tout pouvoir sur les enseignants. C’est en somme un programme à la fois néolibéral et néoconservateur des plus radicaux. Pour ce qui est du programme des socialistes, ce qui est frappant, c’est sa pauvreté. Il donne l’impression d’une simple répétition d’orientations très anciennes tirées des rapports des années 70 ou 80. C'est un programme, si on peut l'appeler ainsi, qui ne parvient pas à saisir le contexte nouveau dans lequel nous sommes. Les socialistes se sont interdit de comprendre depuis trente ans que l’école était soumise de plus en plus à une norme néolibérale. Lorsqu’ils promeuvent l’autonomie des établissements, ils ne semblent pas du tout comprendre que cette autonomie peut être prise dans des sens très différents et que, dans le contexte actuel de concurrence entre établissements, elle peut avoir des effets extrêmement négatifs sur l’objectif officiel que se donne le programme de lutte contre les inégalités. Il y a là une méconnaissance, volontaire ou non, du nouveau paradigme mondial de l’éducation.

29-08-11
 
Réforme / Explication de texte littéraire : un exercice à revivifier (pdf). (eduscol)
Intervention de Patrick Laudet, inspecteur général de l'éducation nationale, groupe des lettres, en séminaire interacadémique. 22 pages passionnantes... tout arrive !
Analyses / "L'Estrade" n°13, janvier 2008.
Sommaire : Editorial - Apprendre à lire - Maternelle et lecture - A propos du SNUipp - Sur un texte de Dehaene - Enseignement professionnel - Service minimum - Alléger le cartable - L’école mise en pièce - Informatique et orthographe.
Presse / Télérama du 24-08-11 : Malaise dans l'école : la bataille du primaire.
Des instituteurs qui refusent d'appliquer les nouveaux programmes. D'autres qui rendent leurs palmes académiques. Des parents qui occupent des écoles pour protester contre les fermetures de classes. L'école primaire, d'ordinaire la « grande muette » de l'Education nationale, crie au secours. Le malaise est plus ancien qu'il n'y paraît. En opérant des coupes claires (près de 9 000 postes en moins en 2011, 16 000 prévus en 2012), le gouvernement donne l'impression de tirer sur une ambulance. En 2007, dans son bilan annuel, le Haut Conseil de l'éducation révélait que « chaque année, quatre écoliers sur dix, soit environ 300 000 élèves, sortent de CM2 avec de graves lacunes ». Pire, les élèves en difficulté en CP le restent tout au long de leur scolarité.

14-06-11
 
Analyses / TV lobotomie de Michel Desmurget.
Ce livre, écrit par un chercheur en neurosciences, malgré son titre aguicheur laissant présager le pire, s’appuie sur des références (1193 références dont des livres grand public ne traitant pas directement du sujet, des articles de journaux à grand tirage, d’hebdomadaires, mais avec surtout des références d’articles de revues spécialisées pour chercheurs en neurosciences et médecins). Le style est alerte, acerbe. Le discours est très clair, soutenu par un plan rigoureux.
Analyses / Apprendre à lire : l’enjeu de la syllabique, de Janine Reichstadt. (democratisation-scolaire.fr)
On a voulu réduire la syllabique à l’inculcation d’automatismes détournée du souci de la compréhension et du sens culturel de la lecture. L’auteure montre pourquoi il n’en est rien, en développant les raisons pour lesquelles il n’est pas possible de séparer la compréhension et le déchiffrage, qui en est la voie d’accès absolument incontournable : seule la lecture précise des mots, de la ponctuation, et de tout ce qui organise l’écrit, permet au lecteur de savoir ce qu’il comprend ou pas d’un texte.
Analyses / "L'Estrade" n°14, février 2008.
Sommaire : éditorial - nouvelle charte - nouveaux statuts.
Actions / Appel sur les conditions de correction de l'épreuve anticipée de français au baccalauréat 2011.
Professeurs de Lettres, nous dénonçons à nouveau les conditions dans lesquelles nous sommes appelés à faire passer l'épreuve anticipée de français au baccalauréat en juin 2011 et refusons de nous incliner une fois de plus devant cette situation.
Contributions / Suites de la bourde du jury à l’agrégation d’histoire. (SLU)
Les étudiants agrégatifs et les enseignants-chercheurs en histoire sont heureux de vous annoncer que Catherine Vincent, Professeur à l’Université de Nanterre et démissionnaire du jury d’agrégation d’histoire le 30 mai 2011 pour avoir donné à l’épreuve de commentaire un pastiche de document médiéval présenté comme authentique, a été triomphalement élue présidente de la Société d’histoire religieuse de la France par le Conseil d’Administration le 31 mai.

24-05-11
 
Analyses / Les effectifs d'élèves étudiant le latin et le grec au collège et au lycée.
Le résultat a dû combler les espérances officielles : les lycées ont enregistré une baisse de 3 000 élèves latinistes et hellénistes entre les rentrées 2009 et 2010, alors qu’une augmentation de 8 000 élèves avait été constatée entre 2005 et 2009. Le phénomène promet d'être indéfiniment productif, jusqu'à l'extinction totale : ce tarissement artificiel, provoqué par la réforme, sert maintenant d'argument spécieux pour de nouvelles fermetures, et la seconde langue, en effectif, de l'enseignement français (un élève sur cinq étudie une langue ancienne) est dorénavant proclamée « rare », l'idéologie prenant le pas sur la réalité.
Analyses / Apprendre à "lire" : un point de vue vygotskien. (skholè)
Ainsi l’aspect « mécanique » et formel le l’enseignement scolaire, et la relative « passivité » ou hétéronomie de sa réception, s’expliquent et se justifient par le fait qu’il s’agit de s’adresser à ces fonctions supérieures encore immatures et de forcer pour ainsi dire leur développement, ce qui ne peut se faire que par un certain exercice formel assisté, dont la nature ne doit pas être confondue avec celle d’un quelconque « dressage ». Vygotski montre au contraire ce qui distingue dressage et apprentissage : ce que vise et produit le premier, c’est une imitation servile ; ce que vise et produit le second, c’est un accroissement des pouvoirs cognitifs, par leur plus grande maîtrise réfléchie. Or il s’agit là d’un processus qui, en raison de sa non-spontanéité, doit passer par certains mécanismes d’habituation.
Analyses / "L'Estrade" n°15, avril 2008.
Sommaire : bac Mc Donald's, ça y est ! - rapport Attali - texte de la conférence du 16-2-2008 - rapport Pochard - note2be - l’affaire Berlaimont - pédagogie émotionnelle - l’enseignant, la retraite et le Recteur - nouveaux programmes.
Presse / Le Figaro du 09-03-11 : Réapprendre les bases de l'écriture aux collégiens.
Dans les copies de 3e, les phrases, extraites de Maupassant, ressemblent à celles-ci: «Puis je me chouche et jatent comme on atendrai le bouro» ou «j'attend le sommeille comme on n'attenderé le douraut». Mots disparus corps et biens, sons retranscrits de façon totalement aléatoire… ces élèves n'ont tout simplement pas compris le fonctionnement du code alphabétique et le principe de la correspondance entre les sons et les signes. Ce sont 30% de ses élèves qui écrivent ainsi.
Presse / Le Monde du 30-03-11 : "Nous, princesses de Clèves" : la princesse de Clèves, héroïne des cités.
Cela aurait pu être un documentaire social de plus, un film sur l'école comme la France les aime tant. Tourné au lycée Diderot, dans les quartiers nord de Marseille, Nous, princesses de Clèves scelle la rencontre entre la culture classique et la culture des cités autour du roman qui lui donne son titre.
Presse / Rue89 du 25-04-11 : Le français, grand perdant de 2012, redoute Danièle Sallenave.
« Une langue pure et compréhensible par tous, c'est un devoir démocratique », dit-elle lors de l'entretien qu'elle nous a accordé. Elle appelle les Académiciens à ne pas se cantonner à leur dictionnaire et à aller « sur le terrain ».
Presse / Blog Peut mieux faire du 26-04-11 : Terminale S : d’éminents mathématiciens contestent les nouveaux programmes.
Cette fois, la bronca n’est pas déclenchée par les professeurs de lycée - qui s’y joindront peut-être - mais par un groupe d’éminents mathématiciens membres de l’Académie des sciences.
Presse / Télérama du 28-04-11 : Grammaire amère.
Un ­discours grammaticalement correct est-il forcément « amphigourique », comme l'affirme Luc Chatel, qui défend la syntaxe familière de Nicolas Sarkozy ? C'est oublier qu'en l'absence d'une langue complexe et articulée seuls subsistent les slogans et les clichés – bref, le degré zéro de la pensée... – et que prospèrent les ghettos linguistiques : « Je me comprends », répliquent les jeunes gens pris en flagrant délit de charabia, sans songer que l'enjeu de l'intégration sociale comme de l'échange intellectuel est justement de se faire comprendre.

21-03-11
 
Analyses / Les effectifs d'élèves étudiant le latin et le grec au collège et au lycée.
Le résultat a dû combler les espérances officielles : les lycées ont enregistré une baisse de 3 000 élèves latinistes et hellénistes entre les rentrées 2009 et 2010, alors qu’une augmentation de 8 000 élèves avait été constatée entre 2005 et 2009. Le phénomène promet d'être indéfiniment productif, jusqu'à l'extinction totale : ce tarissement artificiel, provoqué par la réforme, sert maintenant d'argument spécieux pour de nouvelles fermetures, et la seconde langue, en effectif, de l'enseignement français (un élève sur cinq étudie une langue ancienne) est dorénavant proclamée « rare », l'idéologie prenant le pas sur la réalité.
Analyses / "L'Estrade" n°16, septembre 2008.
Sommaire : Des robots... - Redoublements... - Libéralisme et syndicalisme d’appareil - Réforme du lycée - « aucoeurdesécoles.com » - Cultures régionales - Berlaimont.
Communiqué / L'avenir du latin et du grec : il faut joindre le geste à la parole !
Aujourd’hui, la mise en place de la réforme du lycée à la rentrée 2010, par sa complexité et son opacité, cause encore une évaporation subreptice d’élèves qui souhaitaient suivre ces enseignements, et la rage d’économies qui préside à la préparation de la rentrée 2011 fait des ravages : tous les prétextes, variant d'une académie à l'autre, sont invoqués pour supprimer des sections. Déjà, et selon les chiffres du ministère lui-même, les lycées ont enregistré une baisse de 3 000 élèves latinistes et hellénistes entre les rentrées 2009 et 2010, alors qu’une augmentation de 8 000 élèves avait été constatée entre 2005 et 2009.
Pétition / Non à la fermeture des préparations aux Capes et à l'agrégation à Bordeaux 3 !
Les raisons que vous alléguez sont celles d'une "restriction budgétaire" ; pourtant, vous projetez de créer dans le même temps cinq nouvelles licences, intitulées "Licence Culture humaniste et scientifique", "Licence design", "Licence danse", "Licence création et écriture", "Licence Chanson française". Or, le coût de chacune de ces nouvelles licences est si élevé que même en additionnant les coûts des quatre préparations aux concours qui vont être supprimées à la rentrée 2011, le coût total d'une seule de ces licences n'est pas atteint.
Contributions / Université de Bordeaux 3 : les financements des préparations aux concours de Lettres Classiques sont supprimés.
Nous estimons que nous n'avons pas à nous laisser faire et que nous devons faire éclater ce qui n'est rien d'autre qu'un scandale : l'université doit placer prioritairement une partie de l'argent dont elle dispose dans les préparations aux concours nationaux d'enseignement, qui sont le débouché naturel et professionnel des étudiants.
Presse / Le Figaro du 16-03-11 : La difficile entrée en vigueur de la réforme du lycée.
Les enseignants sont «fortement déstabilisés» par l'absence de contenus prédéfinis. Les élèves eux-mêmes ressentent cette déstabilisation: «Les profs sont un peu perdus», «Nous sommes la génération crash-test».
Presse / Mediapart du 17-03-11 : Faudra-t-il se résoudre à dire adieu à l'Ecole et à l'instruction pour tous ?
Il y a eu les grandes grèves de 2003. La défaite qui s'en est suivie fut une lente, mais certaine, forme de descente aux enfers. Elle a atomisé les professeurs et l'Etat, avide de désengagement, a retiré ses billes. La Seine-Saint-Denis et, plus généralement, les villes et les quartiers populaires peuvent crever. Le consensus capitalo-parlementaire national n'a pas d'yeux pour eux.

13-03-11

Analyses / Enseigner la littérature, mission impossible ?
L’approche technique, ou plutôt techniciste, qui a trop longtemps été celle des programmes de lycée, a fait paradoxalement perdre de vue la dimension artistique de la littérature. À propos de la linguistique, dont personne à SLL ne conteste évidemment l’intérêt, toute une génération de professeurs, d’inspecteurs et de didacticiens du français s'est enfermée dans une illusion de scientificité acquise en fac dans les années 60-70, et (comme en Histoire avec les Annales, ou en Mathématiques avec la théorie des ensembles et Bourbaki) a cru qu'on pouvait impunément importer dans le secondaire des sciences et des méthodes qui présupposaient des cadres acquis (grammaire « traditionnelle », orthographe, histoire littéraire… ), dont on s'est désormais dispensé, avec les résultats que l’on constate : le malaise dans l’enseignement de la littérature, du côté des étudiants comme de celui des professeurs…
Analyses / La deuxième mastérisation : communiqué de Reconstruire l’Ecole. (RE)
Dès le mois de juin 2008, alors que la « mastérisation » n’était qu’un projet et que nul ne pouvait prévoir le mouvement universitaire du printemps 2009, l’Association Reconstruire l’École avait signalé dans un rapport remis au Ministère que ce dispositif n’était pas viable. Preuve en est faite puisque de Nicolas Sarkozy à Gilles Baillat, président de la CDIUFM, et de Luc Chatel à Alain Boissinot, recteur de Versailles, tout le monde s’accorde à vouloir « réformer la réforme » : les masters d’enseignement, que les universités ont été contraintes de mettre en place malgré elles, n’auront pas tenu plus d’un an.
Analyses / L'Estrade - publiée par l’ADER.
En septembre 2010, l'ADER, Association de Défense de l’Ecole Républicaine, a rejoint le collectif Sauver les lettres. Nous mettrons en ligne progressivement sur cette page l'ensemble des dix-sept numéros de la revue "L'Estrade", publiés entre avril 2004 et janvier 2009, en commençant par le plus récent.
Contributions / Académie de Nantes : Monsieur le Recteur, encore un effort !
"En rétablissant le latin au lycée Europe-Schuman, le recteur a compris l'enjeu que cela représentait pour l'enseignement public, dans une commune où l'enseignement privé confessionnel est majoritaire." Il n'en reste pas moins que le tiers des lycées publics de l'académie voient leurs sections de latin toujours fermées par le rectorat : « A la rentrée 2011, 31 lycées publics de l'académie de Nantes proposeront l'option facultative de latin, contre 46 cette année. »
Presse / Les Echos du 16-02-11 : Carte scolaire : une étude s'alarme pour la mixité sociale.
Une étude comparative publiée par le ministère de l'Education pointe les effets pervers de l'assouplissement de la carte scolaire sur la mixité sociale.
Presse / L'Humanité du 17-02-11 : La filière technologique sabordée .
Le ministère veut remanier de fond en comble cette filière. Fini le fort marquage technologique. Fini les travaux pratiques sur systèmes professionnels, pourtant le principal facteur de réussite des élèves. Fini la diversité des options?: des formations telles que bois, génie des matériaux, optique et d’autres vont tout simplement disparaître.
Presse / Le Monde du 05-03-11 : Eduquer au XXIe siècle.
Que transmettre ? Le savoir ? Le voilà, partout sur la Toile, disponible, objectivé. Le transmettre à tous ? Désormais, tout le savoir est accessible à tous. Comment le transmettre ? Voilà, c'est fait. Avec l'accès aux personnes, par le téléphone cellulaire, avec l'accès en tous lieux, par le GPS, l'accès au savoir est désormais ouvert. D'une certaine manière, il est toujours et partout déjà transmis.
Presse / VousNousIls.fr du 07-03-11 : Val-de-Marne: appel de maires contre "le dépeçage" de l'Education nationale.
Huit maires de gauche du Val-de-Marne ont lancé lundi un appel contre le "dépe­çage" de l'Education natio­nale et les sup­pres­sions de postes d'enseignants qui menacent, selon eux, l'"accès au savoir" dans les quar­tiers populaires.

25-01-11

Actions / Le rouleau compresseur des « compétences » dans l’éducation.
La pédagogie qu’on nous impose se veut exercice de développement d’armes pour la vie et le sens de l’humain à éduquer tend à devenir celui d’un homme sans qualités sur lequel l’éducateur est convié à coller des « compétences clés » pour une réussite dans la vie essentiellement définie par le critère de l’employabilité. Dans cette « nouvelle » école, on n’enseigne plus à l’être humain pour ce qu’il est, mais pour ce qu’il vaut. La connaissance n’a de valeur que si elle répond aux besoins du marché, si on peut lui accorder une valeur marchande.
Actions / Lettre de démission.
J'aime mon métier par-dessus tout mais il ne m'est plus possible, dans ces conditions, de continuer de l'exercer et j'ai perdu tout espoir que cela ne change. C'est pourquoi, Monsieur le Proviseur, j'ai l'immense regret de vous présenter ma démission.

08-01-11

Communiqué / Hommage à Jacqueline de Romilly.
Le collectif Sauver les Lettres a été profondément attristé par la mort de l’helléniste Jacqueline de Romilly : nous avons en effet admiré et partagé son engagement pour l’enseignement des langues anciennes et nous continuerons à le faire. Les réactions du Président de la République, du Ministre de la Culture et du Ministre de l’Éducation Nationale rendent hommage à cette grande dame et à son combat.
Réforme / L'évolution des acquis des élèves de 15 ans en compréhension de l'écrit : premiers résultats de l'évaluation internationale PISA 2009. (MEN)
En 2009, 4 300 élèves de 15 ans ont participé à l’enquête internationale PISA visant à évaluer principalement la compréhension de l’écrit. Entre 2000 et 2009, l’évolution du score moyen de la France reste stable et demeure dans la moyenne des pays de l’OCDE. [...] Le nombre des élèves des faibles niveaux de compétences s’accroît alors que celui des élèves des niveaux de compétences les plus élevés reste stable.
Presse / Rue89 du 15-12-10 : Des militaires pour former les profs stagiaires.
Un collègue a posé la question suivante : « Tout ce que vous nous dites est certes intéressant et je suis d'accord qu'en tant que fonctionnaire, nous nous devons de connaître le fonctionnement de notre institution mais qu'en est-il de notre droit à la formation disciplinaire ? Nous n'avons encore eu à ce jour aucune formation ! »
Presse / Le Monde du 19-12-10 : Défense de l'art pour tous.
L'effet réel de ce micmac pour chacun serait de créer une culture à deux vitesses : que les riches retrouvent leurs aises à l'Opéra et dans les lieux privilégiés, et qu'on organise partout des stages et des festivals de hip-hop et de slam et des défilés de géants. Les artistes eux, créateurs ou interprètes, et leurs amis animateurs, techniciens, sont bons pour la poubelle de l'Histoire, avec André Malraux par-dessus, malgré l'hommage hypocrite à lui rendu.
Presse / Politique.net du 20-12-10 : Education : le Sénat retire 4 millions d'euros au public pour financer 250 postes de profs dans le privé.
Tandis que le ministère de l’Éducation nationale compte faire des économies en 2011, en supprimant 16 000 postes, le sénateur UMP de Haute-Savoie, Jean-Claude Carle, a trouvé un moyen de faire un beau cadeau à l’enseignement privé sous contrat catholique. Le 17 décembre dernier, lors du vote du budget de la mission enseignement scolaire, il est parvenu à faire adopter un amendement assurant l’ouverture de 250 nouveaux postes pour l’année à venir, correspondant à 4 millions d’euros.
Presse / France Info du 20-12-10 : 2010 : le bilan de Luc Chatel.
Cette semaine dans Mode de vie éducation, bilan de l’année. Aujourd’hui côté enseignement scolaire. Et comme point de départ, l’étude de référence sur l’acquis des savoirs, l’étude Pisa 2009 qui juge et analyse l’acquis des savoirs dans une trentaine de pays. Un bilan peu flatteur pour la France.
Presse / ActuaLitté.com du 21-12-10 : Jacqueline de Romilly : la grande émotion de Luc Chatel.
Depuis l’arrivée de l’UMP au pouvoir, le programme éducatif mis en place n’a pas vraiment fait montre d’une réelle volonté de casser le cours des choses. Depuis déjà plusieurs décennies, l’enseignement du latin patine quand celui du grec disparaît tout simplement de nos collèges.
Presse / Le Monde du 22-12-10 : Perçu comme plus éprouvant, l'enseignement suscite moins de vocations.
Dans certaines disciplines de l'enseignement secondaire, cette baisse des candidatures est tellement marquée qu'elle pose le problème de la sélectivité des concours. C'est en mathématiques que le phénomène est le plus aigu, avec 1303 candidats pour 950 postes, soit environ 1,4 candidat par poste contre 3,3 lors de la session précédente. En lettres, avec 1 491 candidats pour 800 postes, le taux n'est plus que de 1,9 candidat par poste, contre 3,7 précédemment. En anglais, le taux est tombé à 2 candidats pour un poste, contre 3,3 à la dernière session.
Presse / Rue89 du 29-12-10 : Disparition de Romilly : tous les hellénistes n'ont pas 97 ans !
Les médias seraient-ils donc devenus schizophrènes d'élever un dernier baroud d'honneur à Jacqueline de Romilly tandis qu'ils laissent enterrer le grec, et le latin à court terme, sans un bruit ? [...] On m'objectera que le latin et le grec sont « out », « has been » et qu'ils n'intéressent plus les élèves : c'est faux. Que répondre face au désarroi des élèves qui voulaient faire du grec et qui viennent vous dire : « Madame, qu'est-ce qu'on va devenir, s'il n'y a plus de grec ? C'est ma passion… » Voilà peut-être le plus bel hommage rendu à madame de Romilly, dans la bouche d'un élève de seconde.
Presse / Le Monde du 29-12-10 : L'école et le collège, principales victimes des réductions de postes.
L'école primaire à laquelle la France consacre déjà 15 % de moins que la moyenne des pays de l'OCDE va voir diminuer encore un peu la scolarisation des moins de 3 ans, une partie des enseignants qui travaillaient sur les réseaux d'aide va être rapatriée dans les classes ainsi que tous les enseignants de langues vivantes.

17-11-10
 
Analyses / De Lagauche à droite toute !
Un rapport de sénateurs du PS, sous la responsabilité de Serge Lagauche, sénateur PS du Val-de-Marne, a été rendu public en Juillet 2010, sous le titre « Egalité des chances dans l'enseignement primaire et secondaire ». Il faisait suite à une question de ce même sénateur au ministre Luc Chatel. Le PS cherchait ainsi à montrer qu'il avait une réflexion, et des propositions politiques, sur la question scolaire. Certes, Monsieur Lagauche a tenu à préciser que les propositions du rapport ne sont pas nécessairement celles du PS, mais cela signifie tout aussi bien qu'elles peuvent l'être (cf. la conclusion). On remarquera d'ailleurs à quel point elles semblent s'inspirer des projets de Ségolène Royal aux présidentielles ratées de 2007. Projets dont la révélation sur internet avait valu au PS de perdre les voix d'une partie importante du corps enseignant.
Presse / Le Monde du 05-11-10 : Le ministère pose le cadre de sa nouvelle doctrine : la "culture pour chacun".
"D'une certaine manière, le véritable obstacle à une politique de démocratisation culturelle, c'est la culture elle-même, écrit le rédacteur. Une certaine idée de la culture, répandue dans les composantes les plus diverses de la société, conduit, sous couvert d'exigence et d'excellence, à un processus d'intimidation sociale." Ce terme d'"intimidation" est repris en boucle. Brocardant "l'élitisme pour tous", cher au metteur en scène Antoine Vitez (1930-1990), le texte poursuit : "Il ne s'agit plus de "rendre populaire", mais bel et bien de faire accéder le populaire au rang des intérêts culturels de notre patrimoine et de la création française. C'est dans ce glissement que s'en opère un autre : celui d'une "culture pour tous" invitant la société à adhérer à un consensus intellectuel vers une "culture pour chacun" entendant reconnaître la diversité de la culture, des cultures." Au passage, un troisième glissement s'opère : celui d'une culture de l'offre vers une culture de la demande.

19-10-10
 
Réforme / Rapport du HCE sur le collège.
La logique du socle commun et l’approche par compétences supposent que l’enseignant se préoccupe non seulement de la transmission d’un savoir, mais également de l’acquisition de celui-ci par tous les élèves. Cette évolution se traduira dans les pratiques pédagogiques : certains projets ayant vocation à intégrer plusieurs champs disciplinaires impliquent que les enseignants consacrent du temps au travail en équipe, distinct du temps d’enseignement devant les élèves, mais faisant partie intégrante du métier d’enseignant. C’est pourquoi le Haut Conseil de l’Éducation souhaiterait que le service des enseignants ne soit pas uniquement défini par un nombre d’heures hebdomadaires d’enseignement devant élèves, comme c’est le cas depuis le décret du 25 mai 1950 [...] Cette redéfinition du service des enseignants pourrait conduire à allonger de quelques heures leur temps global de présence dans l’établissement.
Analyses / La medefisation des esprits.
Le management par projet s'apparente de fait à un dispositif de caporalisation qui vise, par le biais des membres du Conseil pédagogique, à renforcer, grâce à la création d'un échelon intermédiaire issu du corps enseignant lui-même, le contrôle hiérarchique sur les personnels éducatifs. Car renforcer ce contrôle, tout en déléguant le pouvoir à des responsables issus « de la base» afin de donner aux salariés le sentiment de s'autogérer, est une des techniques avérées des nouvelles formes d'organisation du travail mises en place par la révolution managériale dans les entreprises privées depuis les années 80. La mise en compétition des projets et leur pilotage par le Conseil pédagogique (sous contrôle du chef d'établissement) risque en tout cas de s'avérer un moyen très efficace pour briser la solidarité collective d'un corps enseignant qui a le tort de vouloir résister au rouleau compresseur de l'idéologie néo-libérale et de défendre une conception des savoirs qui ne soit pas purement utilitaire.
Analyses / Comment obtenir un bac S avec des notes inférieures à la moyenne en sciences.
Que propose la réforme sous couvert des objectifs de « rééquilibrage » ? elle ne fait qu'affaiblir les contenus disciplinaires, par la diminution des horaires alloués aux différentes matières existantes (et en sciences pour S !) et l'ajout, en filière L de pseudo-disciplines à définition plus que floue : cela aura pour conséquence d'orienter encore davantage vers la S d'élèves qui auraient leur place en L ou ES et d'accroître le décalage entre la réussite apparente au baccalauréat et le niveau réel des élèves.
Presse / Marianne2.fr du 27-09-10 : Le chèque éducation, machine de guerre contre l'école républicaine.
Utopie plaisante, réalité décevante. L’école déréglementée jaillissant de la faillite de l’École républicaine, c’est le néolibéralisme construit sur les ruines de la République. Rien d’autre. Et pour une efficacité pédagogique nulle.
Presse / Le Monde diplomatique du 01-10-10 : Dossier. A quoi sert l’éducation secondaire ?
Le rôle de l’enseignement secondaire fait débat. Doit-il fournir des compétences de base pour les nouveaux emplois non qualifiés, comme le suggère la Commission européenne En Europe, les compétences contre le savoir »), ou constitue-t-il un véritable enjeu de réduction des inégalités sociales et culturelles Et si l’école servait à apprendre... ») ?
Presse / Le Monde du 08-10-10 : L'orthographe à l'université ?
A l'occasion de la rentrée universitaire, la question de l'orthographe revient sur le devant de la scène. Les établissements d'enseignement supérieur sont de plus en plus nombreux à proposer des cours de "remise à niveau" pour l'ensemble des étudiants, quelle que soit leur discipline.
Presse / Le Figaro du 08-10-10 : Pécresse veut revoir les concours des grandes écoles.
Si les boursiers réussissent moins bien que les autres, c'est parce que les inégalités se sont creusées avant à l'école primaire, au collège et au lycée [...] «Nous avons été trop timides jusque-là», estime Pierre Tapie. En vingt ans, affirme-t-il, le nombre d'heures d'enseignements n'a cessé de baisser en français et sciences: «On a perdu l'équivalent d'un an à un an et demi d'études scientifiques entre le primaire, le collège et le lycée. Maintenant, on interdit aux élèves de S d'accéder au latin, grec. C'est stupide. Pour les leaders, la culture générale est un facteur déterminant.»
Presse / Le Monde du 13-10-10 : Les experts du Haut conseil de l'éducation "ne savent toujours pas de quoi ils parlent".
Désormais, tout doit être axé dans cette direction : les compétences du socle (qui sont, rappelons-le, le strict minimum et, pour partie, les compétences précédemment acquises à l'école primaire). Ainsi, disent-ils, la finalité du collège serait de valider les "livrets de compétences" d'élèves en contrôle continu. Merveilleuse idée en effet puisqu'elle permettrait d'en finir avec les quelques 140 000 élèves sortant sans diplôme ! Aussi, sans honte ni crainte, ils proposent de lutter contre l'échec en faisant du collège le prolongement de l'école primaire avec cet objectif.
Presse / Mediapart - Blog "Toutes voiles dehors" du 15-10-10 : Des armes et des lettres.
Affrontement social, les armes des uns et des autres.
Presse / Le Monde magazine du 17-10-10 : "PowerPoint, c'est du cinéma".
En 2001, le New Yorker a consacré un article ("Comment un logiciel édicte nos pensées") à l'omniprésence de Ppt dans des secteurs comme l'école ou l'armée, racontant que certains patrons préfèrent en interdire l'usage. "PowerPoint, y lisait-on, est étrangement habile à dissimuler la fragilité d'une proposition, la vacuité d'un business plan, devant un public toujours respectueux ; grâce à la distraction visuelle, l'orateur peut rapidement occulter toutes les failles ridicules de son argumentation."

15-09-10
 
Analyses / La rentrée en Seconde en 2010 : désinvolture, truandage, inégalité.
Les élèves de Seconde subissent de plein fouet cette année, à la hussarde, la réforme Sarkozy-Chatel du lycée : la précipitation de l'application des nouveaux textes les livre pieds et poings liés à la brutalité gouvernementale : absence de manuels, baisse des horaires d'enseignement, restriction du choix des options, inégalité entre établissements.
Presse / Rue89 du 03-06-10 : Du Figaro à la Fondation pour l'école, il n'y a qu'un pas .
Anne Coffinier, présidente à l'origine de la Fondation, ne dédaigne d'ailleurs pas porter la bonne parole partout où elle a de bonnes chances d'être entendue : ainsi, le 16 octobre 2007, le centre Saint-Paul du très intégriste Institut du Bon-Pasteur, lui donnait-il l'occasion, entre une conférence sur « Le sort des enfants morts sans baptême » ou sur « Les chrétiens en terre d'islam, actualité d'une persécution », de défendre ses vues dans une communication modestement intitulée « Sauver l'école, c'est possible ».
Presse / Le Canard enchaîné du 11-08-10 : Des intégristes sablent le champagne aux Invalides.
Pour être ainsi reçue en haut lieu, la Fondation pour l'école soigne sa façade. Aucune vedette de l'extrême droite et nul prêtre intégriste ne siège dans ses instances de direction. Ses textes fondateurs évitent soigneusement toute référence aux valeurs de la droite musclée et à la religion catholique.
Presse / Le Monde du 21-08-10 : Langues anciennes, cibles émouvantes.
La stratégie visant à éradiquer le grec et le latin de l'école publique entre dans sa phase terminale, avec la suppression programmée du Capes de lettres classiques, concours principal pourvoyeur des professeurs de langues anciennes dans les collèges et lycées de France. Membres du jury de ce défunt concours, nous avons devant nous ce qui semble devoir être la dernière génération de professeurs de grec et de latin.
Presse / Fabula du 25-08-10 : École: les pièges de la concurrence. Comprendre le déclin de l'école française
Fruit de huit ans de recherches, Ecole: les pièges de la concurrence met à mal l'idée selon laquelle la compétition entre établissements scolaires améliorerait le niveau général en créant de l'émulation. Au contraire, cela pénalise tous les élèves, y compris ceux des classes moyennes.
Presse / Le Monde du 02-09-10 : La colère des inspecteurs de l’éducation nationale.
"Luc Chatel, à force de répéter 'aie confiance', peut postuler à un rôle dans le prochain film Le Livre pédagogique de la jungle", assène ironiquement, lundi 30 août, Patrick Roumagnac, secrétaire général du SIEN-UNSA.
Presse / Rue89 du 02-09-10 : Les internats d'excellence, un coûteux gadget présidentiel.
Potentiellement inquiétante, la possibilité envisagée par l'Education nationale, de faire appel au financement privé, par l'intermédiaire de fondations ou du mécénat (circulaire du 22 juillet 2010), laisse la porte ouverte à bien des dérives.
Presse / Le Monde du 03-09-10 : Rentrée scolaire, la réussite au compte-gouttes.
En lisière de cette école mise à mal, fleurit une kyrielle de micro-initiatives qui donnent l'illusion du mouvement, de la nouveauté. L'idée que l'école change. En réalité, ce sont des palliatifs ponctuels qui font croire aux changements de fond, alors que le travail s'effectue sur les marges. Une politique du compte-gouttes et de l'exception.
Presse / Le Monde du 04-09-10 : Ecole : silence, on privatise...
Deux fondations consacrées à financer les écoles privées, surtout les plus religieuses, se sont vu reconnaître le statut d'"utilité publique" : la Fondation Saint-Matthieu et la Fondation pour l'école. Cette dernière est issue de "Créer son école", qui s'inspire d'un autre réseau : les Créateurs d'écoles.
Presse / SNCS du 08-09-10 : Lettre à Valérie Pécresse de refus de la Légion d'Honneur (23/07/2010).
Madame la Ministre,
J’ai appris avec une grande surprise par votre lettre du 15 juillet ma nomination au grade de Chevalier de la Légion d’Honneur. J’ignore qui l’a sollicitée pour moi. Cette personne me voulait du bien et je lui en sais gré, mais j’ai décidé de refuser cette nomination, pour plusieurs raisons, en plus de mon peu de goût pour les médailles.
Presse / VousNousIls du 09-09-10 : Masterisation : deux directeurs d'IUFM démissionnent.
« Je suis en désac­cord avec les orien­ta­tions poli­tiques concer­nant la for­ma­tion des maîtres. Je pense que la mas­te­ri­sa­tion va entraî­ner une régres­sion extra­or­di­naire de la qua­lité de la for­ma­tion ». C'est en ces termes que Patrick Baranger, direc­teur de l'IUFM de Lorraine, a jus­ti­fié la lettre de démis­sion adres­sée à Valérie Pécresse.
Presse / Le Monde du 09-09-10 : L'objectif d'un enseignant est d'enseigner !
Professeur dans un lycée général et technologique, je souhaiterais, en ce temps de rentrée scolaire, exprimer mon désarroi devant une évolution inquiétante de l'éducation nationale, qui est en train de remettre en cause ce qui pouvait paraître des évidences, du fait de la transposition à l'école du modèle "fixation d'objectifs/contrôle de résultats" à l'œuvre dans le monde de l'entreprise.
Presse / L'Humanité du 10-09-10 : Le rapport que Luc Chatel voulait garder secret...
Cette fois, les critiques viennent du ministère lui-même ! Dans un rapport sur la préparation de la rentrée scolaire 2010, que l’Humanité s’est procuré (à lire en cliquant ici), trois inspecteurs généraux dressent un panorama inquiétant de la situation dans l’éducation nationale. Et ne cachent pas leur scepticisme quant à la politique de restriction menée ces dernières années.
Presse / Le Monde du 15-09-10 : De Gaulle, ce chêne qui cacherait et un intérêt particulier et un intérêt général.
Trois pages et demie de Google discutent de savoir s'il convient ou non que de Gaulle soit au programme. Une pétition de professeurs de lycées, soutenue par le SNES a réuni 1 500 signatures entre la mi-mars et la mi-mai 2010. Débat national ! Grosso modo il lui est opposé de n'être pas un écrivain. De Gaulle doit-il passer outre-tombe une seconde fois le baccalauréat ?

Suite (2008-2010)