Revue de presse
(Adresse des journaux en rubrique Liens).
Juillet 2010
Fabula du 08/07/10 :
Petits tours de passe-passe de l'enseignement catholique en banlieue - Louise Fessard, Mediapart, 7 juillet 2010.
Avec son plan «égalité des chances», l'enseignement catholique continue son implantation dans des zones plus populaires. Avec le soutien de pouvoirs publics plus que bienveillants malgré des critères sociaux très flous.
LibéRennes du 07/07/10 :
Deux lycéens brestois obtiennent plus de 20 de moyenne au bac littéraire.
Deux lycéens brestois âgés de 17 ans ont obtenu 20,57 et 20,08 de moyenne au baccalauréat, série L, grâce à l'option latin où les points au-dessus de la moyenne sont multipliés par trois.
Libération du 07/07/10 :
Peut-on se passer d’enseignants ?, par Jean-Paul Jouary.
La période est inquiétante. Les suppressions de postes, les réductions de possibilité de formation continue et la quasi-destruction de la formation initiale ne sont pas seulement des attaques quantitatives contre l’éducation : elles auront des effets catastrophiques sur l’ensemble du système éducatif au niveau qualitatif.
Le Monde du 06/07/10 :
Le rapport sur l’enseignement de la philosophie qui met le feu aux poudres .
Profitant de la réforme à venir des programmes de terminales technologiques (applicables à la rentrée 2011), l’association pour la création d’instituts de recherche sur l’enseignement de la philosophie (Acireph, association regroupant des professeurs favorables à une réforme de fond de l’enseignement de la philo), relance la guerre des programmes.
Slate.fr du 06/07/10 :
La filière littéraire, un cursus à réinventer.
Ceux qui croient sauver la filière en répétant que les humanités ont une valeur en soi car elles permettent à chacun de développer son esprit critique, etc. ne font pas beaucoup avancer les choses. Oui bien sûr, ce sont des matières passionnantes, mais il faut changer le système rigide qui limite le littéraire dans ses choix et ses horizons intellectuels.
Juin 2010
Libération / C'est classe ! du 27/06/10 :
Profs de latin-grec: le rêve d'être footballeurs... .
Il faut saluer le sens de l'humour et l'esprit d'à propos de la très sérieuse Association des Professeurs de Langues Anciennes de l'Enseignement Supérieur (APLAES), membre du Forum des Sociétés Savantes. Deux jours après la convocation de l'ancien meneur des Bleus à l'Elysée (au moment même où un à deux millions de personnes défilaient contre la réforme des retraites), elle a diffusé un communiqué au ton acidulé, intitulé Emoi national.
Sauvons l'Université du 25/06/10 :
Motion du jury de l’agrégation interne de mathématiques sur la réforme de la formation et du recrutement des enseignants.
Nous, membres du jury de la session 2010 de l’Agrégation Interne de Mathématiques, à la suite de la motion signée par la majorité des membres du jury de la session 2009, tenons à exprimer notre désaccord avec la mise en œuvre de la réforme de la formation des enseignants.
Rue89 du 22/06/10 :
Stages de troisième : l'égalité des chances s'arrête à la supérette.
Censé stimuler des vocations, le stage de troisième reproduit les disparités sociales. Rue89 a comparé trois collèges. Où les collégiens font-ils leurs stages ? Les entreprises sur lesquelles ces stages ouvrent les yeux ne sont pas les mêmes, qu'on vive dans le Ve arrondissement de Paris ou à Aubervilliers.
Libération du 16/06/10 :
«L’application servile de règles».
Membres du jury de l’agrégation externe de philosophie, nous n’accepterions pas d’être reconduits dans cette fonction si n’était pas supprimée la nouvelle épreuve, intitulée «Agir en fonctionnaire de l’Etat et de façon éthique et responsable», introduite par arrêté ministériel pour la session 2011 dans les Capes et les agrégations de toutes les disciplines. Nous en dénonçons le principe et refusons catégoriquement de la faire passer. Elle tend à réduire l’éthique à l’application mécanique et servile de règles apprises. Elle dénature l’esprit des concours de recrutement des fonctionnaires. Ce faisant, elle porte atteinte à la conception républicaine du service public.
Agrégation : les philosophes recalent l’épreuve d’éthique.
Il est rare qu’un jury d’agrégation, le concours phare de l’enseignement, parte en campagne. C’est pourtant ce qui arrive aujourd’hui : près de la moitié des membres du jury de philosophie sont prêts à démissionner, car ils refusent de faire passer, l’an prochain, une nouvelle épreuve appelée «Agir en fonctionnaire de l’Etat et de façon éthique et responsable». Le jury de lettres modernes s’est lui aussi déclaré hostile.
Blog.educpros.fr du 09/06/10 :
Où en est le journalisme éducation ?.
J’ai évidemment regardé d’un œil attentif la Ligne jaune animée par Guy Birenbaum qu’arretsurimages.net a consacré à la façon dont travaillent les journalistes spécialisés dans les questions d’éducation.
Libération du 04/06/10 :
Bourrage de classes : l’oubli forcé du ministère.
Il suffit d’aller sur le site du ministère de l’Education, de cliquer sur «outils de documentation», puis sur «archives», et de faire défiler. Le 1er mars 2006, on tombe sur une étude très instructive : «L’impact de la taille des classes sur la réussite scolaire dans les écoles, collèges et lycées français». Thomas Piketty, directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS) et professeur à l’Ecole d’économie de Paris, et Mathieu Valdenaire, doctorant à l’EHESS, démontrent que le nombre d’élèves par classe influe sur les résultats scolaires, particulièrement en primaire et s’agissant d’enfants de milieux défavorisés, et que c’est même un outil clé pour lutter contre les inégalités. «Une réduction d’un élève dans une classe de CE1 conduit à une augmentation d’environ 0,3 - 0,4 point du score moyen obtenu aux épreuves d’évaluation de mathématiques de début de CE2», écrivent-ils. En enlevant cinq élèves d’une classe en ZEP, poursuivent-ils, on réduit même de «46% l’écart entre les scores moyens à ces évaluations obtenus en ZEP et hors ZEP».
Blog.educpros.fr du 04/06/10 :
Il est où, le rapport annuel des Inspections générales ?.
« L’inspection générale de l’éducation nationale et l’inspection générale de l’administration de l’éducation nationale établissent un rapport annuel qui est rendu public » (article L 241-1 du Code de l’Education). Sauf erreur de ma part, il n’y en a pas eu depuis celui qui avait été publié en décembre 2007. Il faut dire qu’on n'en est plus à ça près.
Mai 2010
EducPros.fr du 17/05/10 :
Formation des profs : la masterisation et ses bugs.
Des textes officiels manquent à l’appel pour clarifier les conditions d’admission en master, l’inscription aux concours, le déroulement des stages dans les établissements scolaires et, dans un an pile, l’avenir professionnel et universitaire courtelinesque de tous ceux qui auront eu le M2 et pas le concours ou vice versa.
Tribune de Genève - blog du 15/05/10 :
La dépêche d'Ems du DIP.
La dépêche d’Ems de Madame Guerrier, c’est cette circulaire dont parle André Duval, depuis quelques jours, sur son blog, et qui amenait hier matin le député radical Jean Romain à exposer, sur Radio Cité, le contenu d’une interpellation urgente au Grand Conseil. Dans cette missive, adressée à ses subalternes avec force exécutoire, Madame Guerrier décrit comme automatique le passage de 1E à 2P. Le problème (et Jean Romain n’a pas eu à se fatiguer exagérément pour aller le dénicher), c’est que le chapitre 27, alinéa 2 de loi sur l’instruction publique stipule exactement le contraire : « Le passage d’une année à l’autre n’est pas automatique » !
Le Monde du 13/05/10 :
La Cour des comptes dénonce le système scolaire français.
"Il est désormais impératif de remplacer la logique de l'offre scolaire – qui repose sur des moyens alloués en fonction des programmes : tant d'heures de cours, qui signifient tant d'enseignants, qui signifient tel budget –, par une logique fondée sur la demande, c'est-à-dire sur une connaissance nettement plus précise des besoins des élèves", insiste le rapport.
VousNousIls.fr du 13/05/10 :
Professeurs stagiaires à la rentrée: conditions d'exercice "intenables".
D'une part, parce qu'ils auront un service de 18 heures hebdomadaires (emploi du temps d'un certifié), au lieu de huit heures avant la réforme, soit "une charge de travail qu'on n'a jamais vue", a-t-elle dit. D'autre part, parce que le temps de formation chaque semaine (une demi-journée ou une journée banalisée) se fera en plus du temps de service.
Témoignages.re du 10/05/10 :
Enfants, enseignants et parents condamnés à payer le prix fort.
Le gel des dépenses de l’État au cours des trois ans à venir va poursuivre le démantèlement des acquis issus de l’application du programme du Conseil national de la Résistance, notamment dans l’Éducation nationale.
Libération du 06/05/10 :
«L'assouplissement de la carte scolaire accentue la ghettoïsation», entretien avec Philippe Tournier.
L'un des arguments des partisans de la suppression de la carte scolaire était de dire: «il faut laisser le choix aux familles, elles se tourneront moins vers le privé». Est-ce que ça marche?
C'est faux. Tout simplement parce que les lycées publics les plus cotés sont toujours aussi pleins... Accorder plus de dérogations n'augmente pas le nombre de places! Donc, cela ne change rien sur ce point. Au contraire. Lors de l'enquête, on s'est rendu compte que cet assouplissement de la carte scolaire favorisait même les inscriptions dans les établissements privés. Pourquoi? A partir du moment où on donne le choix aux familles, on crée des frustrations.
Blog Le Monde.fr du 05/05/10 :
L’ultra-vérité sur SOS-Education (3), par Luc Cédelle.
On peut gloser à l’infini sur ce type de méthode. D’un côté, il est indéniable qu’elles s’apparentent à celle des sectes : vous croyez tenir entre les mains un tract pour un cours de musique et une amie mieux informée vous révèle qu’il s’agit de la scientologie… D’un autre côté, toutes les tendances politiques ont, à un moment ou un autre, recours à ces avances plus ou moins masquées. Celles-ci n’étant qualifiées de manipulatrices que lorsqu’elles sont utilisées par l’adversaire.
Touteduc.fr du 05/05/10 :
Ecole primaire: l'institut Montaigne veut remettre "l'élève au centre".
L'Institut plaide enfin pour la création des EPEP (les établissements publics d’enseignement primaire) et de directeurs ayant un véritable statut, et dont l'autorité se substituerait pour partie à celle des IEN (Inspecteurs de l'Education nationale).
Le Parisien du 05/05/10 :
Primaire : lecture, calcul, orthographe... des chiffres accablants.
Entre 1987 et 2007, le nombre d’erreurs faites par des élèves de CM 2 à la même dictée est passé de 10,7 à 14,7 . C’est ce qu’a montré, en 2009, une étude publiée par l’Education nationale. Au cours de la scolarité, le niveau en orthographe ne va pas s’améliorer. En 2008, l’association Sauver les lettres a réalisé une dictée de vingt lignes auprès d’un échantillon de 1 348 élèves en seconde. Résultat : deux tiers d’entre eux ont décroché une bulle !
Avril 2010
Le Monde du 30/04/10 :
Sciences cognitives : vers une nouvelle critique littéraire ?.
"Nous partons du principe qu'il y a une différence entre la lecture d'auteurs comme Marcel Proust ou Henri James et celle d'un journal, qu'il existe un bénéfice cognitif à lire de la littérature complexe", explique Michel Holquist.
Canoë-Infos du 19/04/10 :
Courchesne promet un bulletin unique.
QUÉBEC - La ministre de l’Éducation, Michelle Courchesne, entend introduire un bulletin unique avec des évaluations inscrites en chiffres dès septembre 2010 pour les élèves du primaire et du secondaire. Mme Courchesne souhaite donner plus d’importance à l’évaluation des connaissances acquises par les élèves dans le nouveau bulletin. «Le bulletin devra refléter un nouvel équilibre entre les connaissances et les compétences des élèves», a confirmé l’attachée de presse de la ministre, Tamara Davis.
VousNousIls du 15/04/10 :
Education: les postes supprimés rapportent peu comparés aux problèmes posés (Ferry).
"Avec les actuelles suppressions de postes, on économise 500 millions d'euros par an. Cela plombe le ministre, empêche les réformes audacieuses et les économies sont annulées dans la seconde par d'autres décisions, comme la suppression de la pub à la télévision publique ou la TVA pour les restaurateurs, qui font perdre environ huit à dix fois plus que ce qu'on a économisé à l'éducation! ça vaut la peine?", s'est-il interrogé.
La réforme de la formation des enseignants, dite "masterisation", "est calamiteuse" et l'actuel ministre "Luc Chatel le sait", a ajouté M. Ferry.
Figaro-blog du 12/04/10 :
L'école de Jules Ferry est morte... mais qui l'a tuée?, par Natacha Polony.
L’époque qui va des Lumières à la deuxième moitié du XXème siècle, et durant laquelle fut pensée, puis instituée, une école dont la mission était de fonder une République d’hommes libres en instruisant les futurs citoyens, c’est-à-dire en leur transmettant les savoirs qui leur permettraient de ne pas dépendre d’autrui dans leurs jugements, cette époque s’achève à présent. L’école ne sert plus à instituer en instruisant, elle n’a plus de lien avec la nation, n’est plus garante des valeurs de la République par l’apprentissage d’un savoir universel.
Le Monde du 05/04/10 :
La crise éducative, symptôme et creuset de la crise sociétale, par Anne Fremaux.
L'école, aujourd'hui, est sommée de s'adapter au marché, de créer de futurs agents "opérationnels". Nous aurions plutôt envie, à l'heure d'une crise écologique sans précédent, de l'inviter à renouer avec la beauté, la gratuité d'un savoir qui permettrait véritablement de s'orienter dans le monde, ce qu'autrefois on appelait les "Humanités". Au risque, sinon, de devoir nous demander à l'instar de Pierre Rhabi, non seulement quelle terre nous allons laisser à nos enfants, mais aussi "quels enfants nous allons laisser à cette terre"...
Mars 2010
LibéToulouse du 30/03/10 :
Charles de Gaulle à Muret dénonce la «violence du rectorat» et résiste à la réforme.
Ce mouvement a débuté avec l'annonce de la suppression de plusieurs filières de bac pro ne permettant plus à un nombre important d'élèves de BEP de poursuivre leurs études, alors même que cela leur avait été assuré quand ils ont commencé leur formation. [...]
Nous venons de recevoir le projet de réforme des bac STI (secteur industriel), projet qui n'a de réforme que le nom, tant il appauvrit ce qui fait l’intérêt de notre formation et qui entérine la mort annoncée de cette filière pourtant porteuse d'emploi dans l'industrie, secteur si cher à notre Président.
Alternatives économiques - blog du 28/03/10 :
Comment rendre l'Etat inefficace ?, par Arnaud Parienty.
Assister à la mise en place au quotidien des politiques publiques donne de plus en plus le sentiment que l’intérêt général joue un rôle très limité dans leur élaboration. On en donne ici deux illustrations, prises dans le domaine de l’éducation, puisqu’il est toujours plus facile de parler de ce qu’on connaît. Le premier exemple est celui de l’arrivée dans les établissements scolaires de professeurs n’ayant jamais enseigné ; le second concerne le processus d’élaboration des programmes scolaires.
Le Monde - blog du 17/03/10 :
Le Latin Outre-Manche.
A l’heure où la réforme des lycées en France va immanquablement conduire à une marginalisation voire à la disparition de l’enseignement des langues anciennes, c’est une tribune du maire de Londres, Boris Johnson, qui a retenu hier mon attention. Sous le titre “This lunacy about Latin makes me want to weep with rage” (Cette folie au sujet du latin qui me donne envie de pleurer de colère), il dénonce la politique actuelle du travailliste Edward Balls concernant l’apprentissage du latin, le qualifiant d’âne intergalactique.
Libération du 08/03/10 :
Et si l’orthographe était notre identité?, par Christine Baron.
Enfin, le sens est nécessairement affecté par l’orthographe. Une blague d’écolier en témoigne. Dans une dictée, un enfant note à la place de la phrase prévue «Les poules sortaient dès qu’on leur avait ouvert la porte» l’énoncé suivant : «Les poules sortaient ; des cons leur avaient ouvert la porte.»
Février 2010
Le Canard enchaîné du 17/02/10 :
Des programmes scolaires tamponnés à l'Elysée.
La sortie était passée inaperçue. Auteur, Henri Guaino, invité, le 25 octobre dernier, de l'émission « C Politique » sur France 5. Le conseiller spécial de Nicolas Sarkozy y avait exposé, comme le signale l'hebdo « Télé Obs » (5/2), sa vision toute bonapartiste de l'élaboration des programmes scolaires. Il s'agit d'un « choix idéologique et politique », s'est emporté Guaino. Il ne faut plus que ces programmes soient « traités par des spécialistes, des inspecteurs de l'Éducation nationale ». Par qui. alors, et où ? demande l'interviouveur, Nicolas Demorand. « A l'Assemblée nationale ou à l'Élysée? » Réponse : « Les deux! »
Libération du 17/02/10 :
Au bout de la langue.
Un discret cercle de réflexion, auquel contribuent d’éminents linguistes, tente de rationaliser l’orthographe du français.
Libération / Great America du 16/02/10 :
Comment dépenser moins? Supprimer la terminale!.
Un élu de l’Utah propose une solution radicale pour réduire les déficits monstrueux de son Etat (700 millions de dollars) : supprimer le « 12th grade », l’équivalent de notre terminale. La disparition de la dernière année de lycée permettrait d’économiser 240 millions de dollars, a calculé Chris Buttars, élu au Sénat de l’Utah, et d’autres économies pourraient être faites aussi en réduisant les transports scolaires.
Le Monde du 12/02/10 :
Les classes préparatoires, intolérable exception ou modèle possible de l'enseignement supérieur ?, par Frédéric Munier.
L'autre reproche le plus courant relatif aux classes préparatoires et, a fortiori, aux grandes écoles est leur élitisme social. La preuve en serait que les enfants des classes populaires y sont moins représentés que dans les années 1950. Paradoxe si l'on pense qu'à l'époque les lycées n'admettaient que 5 à 10 % d'une classe d'âge, contre 60 % aujourd'hui. A moins que, précisément, la massification et la baisse du niveau d'exigences qui l'a accompagnée n'aient produit cette situation. Car, plus les exigences baissent, plus les enfants des classes populaires en pâtissent ; leur milieu familial ne peut en effet pas compenser la perte des savoirs et des savoir-faire enseignés à l'école par le passé, notamment dans le domaine de la culture et de la maîtrise de la langue.
Fabula du 03/02/10 :
Communiqué sur la réforme du lycée du Forum des Sociétés Savantes du 23 janvier 2010 .
Les sociétés et associations constituant le Forum insistent sur leur attachement à l'équité géographique de l'offre de formation. Elles désapprouvent la disparition d'enseignements disciplinaires précis contre un volume horaire sans cadrage. Elles dénoncent un déséquilibre accru entre filières et l'irréversibilité de l'orientation. Elles regrettent l'incohérence de la formation scientifique pour les scientifiques et l'incohérence de la formation en langues pour les linguistes. Elles expriment leur inquiétude sur l'avenir des séries technologiques.
Le Monde du 02/02/10 :
La réforme du lycée entérine les inégalités scolaires, par Roland Hubert et Massira Baradji.
Le ministre a habillé son projet d'un vocabulaire séduisant (accompagnement personnalisé, alternatives au redoublement de la classe de seconde...) et certains ont accepté de s'y laisser prendre, au risque de porter une lourde responsabilité dans la mise en place d'une réforme destructrice.
Janvier 2010
Libération / C'est classe ! du 21/01/10 :
A peine profs et déjà à plein temps.
A peine reçus au Capes et déjà nommés dans des classes, sans préparation spécifique: les pires craintes des opposants à la "masterisation" se confirment. Avec la réforme de la formation des enseignants, les profs qui viennent de décrocher leurs concours seront aussitôt nommés sur des postes à plein temps. Ils n'auront droit qu'ensuite à un peu de pédagogie.
Décembre 2009
Le Monde du 19/12/09 :
Les historiens ont pour éthique de désengluer discours et postures, par Johann Chapoutot.
Si, comme le disait Aristophane, "le démagogue englue la cité dans sa salive", les historiens, comme les littéraires en général, ont pour éthique et vocation de désengluer, en interrogeant les discours, les postures et la cohérence, ou non, des actes et des pratiques. Y aurait-il une cohérence, justement, après les déclarations sur l'inutilité du latin, sur La Princesse de Clèves et sur la "médiocrité" de la recherche française ? Ces déclarations et décisions sont-elles simplement sottes, ou bien lourdes d'un projet ?
VousNousIls.fr du 18/12/09 :
Jean-Michel Léost : Un ministre de l'Education doit réfléchir à ce qu'est une bonne réforme.
Cette réforme nous paraît très dangereuse. Elle n'est en effet le fruit d'aucune réflexion sur les objectifs et les fins de l'enseignement. La part d'autonomie introduite dans les établissements nous semble également très néfaste : elle va créer une source supplémentaire de disparités entre établissements et entre élèves. La réforme aura, enfin, des conséquences sur le métier d'enseignant, en augmentant les effectifs des classes par le regroupement d'élèves de sections différentes, voire le nombre de classes par professeur, en limitant la liberté pédagogique et en instaurant une concurrence entre les disciplines pour bénéficier des heures de dédoublement.
Le Monde du 10/12/09 :
La priorité est la défense des matières scientifiques pour le public littéraire, par Jean-Baptiste André.
Aujourd'hui, les intellectuels et les hommes politiques de gauche se mobilisent pour sauver l'histoire. Mais combien s'insurgent contre la faiblesse de la formation scientifique des littéraires ? Et combien en a-t-on entendu, l'année dernière, lorsque le ministre de l'éducation nationale projetait de supprimer tout bonnement toutes les sciences expérimentales (physique, chimie, géologie, et biologie !) des programmes communs de seconde ?
Pour l'épreuve d'histoire dès la classe de première, par Richard Descoings.
Sauver les lettres
Le troisième avantage de l'évolution proposée par le ministère est de redonner de l'attractivité à la série littéraire qui est en perdition (10 % des bacheliers seulement !). A trop vouloir défendre l'histoire-géographie en terminale scientifique, ne risque-t-on pas de porter un coup fatal à la série littéraire ?
Ouest-France du 10/12/09 :
Luc Chatel : « La réforme du lycée se fera ».
Le ministère garantit les programmes, les grilles horaires. Les examens restent nationaux. Mais qui mieux que les chefs d'établissement et les conseils pédagogiques, peut adapter notre système éducatif à la réalité des élèves ? Je fais confiance aux gens de terrain. Tout ne peut pas se décider à Paris. Je vais garantir des dotations horaires globales : chaque établissement choisira de dédoubler telle classe, de renforcer tel cours...
Libération - C'est classe ! du 10/12/09 :
Réforme du lycée: les disciplines se rebiffent.
Sans être totalement exhaustif, il faut aussi citer la déception des professeurs de français. Richard Descoings, le patron de Sciences Po inspirateur de la réforme actuelle, puis Luc Chatel avaient annoncé une grande revalorisation de la série littéraire (L), toujours plus désertée. Elle ne passe pas par un renforcement des lettres. Et encore moins des maths, qui sont supprimés en première L.
Le Nouvel Observateur du 10/12/09 :
La mère de toute réforme.
En un mot, croyez-en mon vieux scepticisme, ne réformez plus, c'est puéril, essayez de faire fonctionner ! Et pour cela, il y a une tâche prioritaire : préserver l'Education nationale des voyous ! Combien de temps tolérerez-vous sans réagir, monsieur le Ministre, que vos fonctionnaires soient bafoués, insultés, humiliés dans l'exercice de leurs fonctions ?
Mediapart du 09/12/09 :
Les lobbyistes d'Acadomia: «Satisfait ou remboursé» !.
Acadomia, la plus grosse entreprise de soutien scolaire en France (« Bachelier ou remboursé »), vient de remporter une véritable Blitzkrieg au Parlement - un modèle du genre. Grâce à une campagne de lobbying d’une dizaine de jours, Acadomia a obtenu que le Sénat enterre, lundi 7 décembre, un amendement « hostile » voté par l’Assemblée nationale trois semaines plus tôt, à une large majorité.
Ce dernier, déposé par le député UMP Lionel Tardy, s’annonçait catastrophique pour le chiffre d’affaires de la firme créée en 1989 (37 millions d’euros en 2008) : en quatre petites lignes, il supprimait le crédit d’impôt offert aux familles consommatrices de cours privés à domicile, autorisées jusqu’ici à déduire de leur déclaration d’impôts 50% de leurs dépenses parascolaires. En clair, l’amendement tuait la poule aux œufs d’or.
La lettre de l'éducation du 07/12/09 :
Agnès Joste :« Le ministère vient d’inventer une filière littéraire, sans littérature ».
Pourquoi le collectif Sauver les lettres demande-t-il le retrait de la réforme du lycée ?
Par cette réforme, l’éducation nationale manque à son devoir d’instruction à l’égard des élèves. La réforme de Luc Chatel, tout comme celle de son prédécesseur, réduit le temps d’enseignement. Elle a pour seul objectif les suppressions de postes.
Le Journal du dimanche du 06/12/09 :
Il faut sauver l’histoire! .
"Les élèves de terminale S représentent aujourd’hui la moitié des effectifs. Trop d’élèves seront privés d’un enseignement indispensable à leur culture générale, déplore Hubert Tison, président de l’APHG. Cela dénote une volonté de rupture avec les humanités et avec des valeurs supposées être de gauche. Dans une vision utilitariste de la société, tout enseignement qui ne débouche pas sur un métier concret est mal vu."
"Il est impératif d’annuler cette décision".
Il est impératif d’annuler cette décision, inspirée par un utilitarisme à courte vue, qui se trouve en contradiction avec les objectifs proclamés du système éducatif français sur le plan de la formation intellectuelle, de l’adaptation au monde contemporain et de la réflexion civique des futurs citoyens.
Le Monde du 01/12/09 :
Quand l'Europe n'apprend plus à lire à ses jeunes.
Entre 2001 et 2006, le groupe des adolescents qui peinent à comprendre ce qu'ils déchiffrent est passé de 21,3 % à 24,1 % d'une classe d'âge, selon un rapport de la Commission présenté le 26 novembre pour être officiellement adopté par le Conseil européen en février 2010.
Avec son taux de 21,7 %, de très mauvais lecteurs, la France n'a pas de quoi faire la fière. Elle se situe, certes, en dessous de la moyenne de l'Union européenne, mais le tracé de sa courbe, lui, suscite quelques inquiétudes. La performance française a largement décru entre 2001 et 2006.
Nous sommes même un des pays qui a le plus plongé en cinq ans. Le groupe de nos mauvais lecteurs s'est accru de 42 %, alors que la moyenne de l'UE connaissait un gonflement de 13 % de ce groupe.
Novembre 2009
VousNousIls.fr du 27/11/09 :
Réforme du lycée: sept syndicats contre, deux et la FCPE sont pour.
Les deuxième et troisième syndicats du secondaire, le Sgen-CFDT et le SE-Unsa, qui représentent ensemble un peu moins de 20 % des voix aux élections, ont jugé avec la fédération de parents FCPE, dans un communiqué séparé, que la réforme ouvrait "des perspectives encourageantes pour les lycéens".
Libération - C'est classe ! du 17/11/09 :
La "masterisation" à nouveau dans l'oeil du cyclone.
Les critiques sont aussi parfois contradictoires. Le Sgen-CFDT et le Snuipp, par exemple, mettent en avant l'insuffisance de formation au métier lui-même et à la pédagogie. A l'inverse la Société des agrégés estime que les propositions ministérielles sont "une déclaration de guerre à tous ceux qui veulent défendre le niveau de concours nationaux et disciplinaires, le recrutement de professeurs qui dominent leur discipline, ce qui suppose une préparation sérieuse et efficace de ces concours".
Le Monde du 06/11/09 :
Carte scolaire : la Cour des comptes pointe un risque de ghettoïsation .
Dans son rapport, la Cour des comptes estime que, sur un total de 254collèges "ambition réussite", 186 ont perdu "jusqu'à 10%" de leurs élèves du fait de la réforme de la carte scolaire voulue par Xavier Darcos.
Libération du 04/11/09 :
Etats-Unis Pour les profs, la carotte ou le bâton.
La ville de Washington teste un système d’évaluation des enseignants du public appelé à être généralisé dans le pays. A la clé, un bonus pour les uns, un licenciement pour les autres.
Ouest-France du 02/11/09 :
En fac de lettres, ils se remettent à l'orthographe .
« On perd beaucoup d'étudiants à la fin de la première année, juste parce qu'ils n'arrivent pas à s'exprimer », explique Isabelle Trivisani-Moreau, directrice adjointe du département lettres. Les chiffres en témoignent : cette année à Angers, 50 % des étudiants entrant en lettres avaient obtenu moins de 10/20 aux épreuves anticipées de français au bac.
Octobre 2009
Le Canard enchaîné du 21/10/09 :
D'Émile aux Berlingots.
Le nom d'Emile Zola va être retiré du fronton d'une crèche de Carpentras (Vaucluse) et remplacé par « Petits Berlingots ».
Septembre 2009
Le Parisien du 28/09/09 :
Les étudiants vont devoir renouer avec la dictée.
Des milliers d’élèves de différents campus bénéficient cette année de cours d’orthographe. Une nécessité car les recruteurs apprécient peu les fautes des diplômés…
France Inter du 25/09/09 :
Le livre à François de Closets, par François Morel.
Le livre à François de Closets je suis pour à 100%, c'est un livre qu'il a écrite lui-même alors que l'orthographe il est pas bon [...]
Le Figaro magazine du 25/09/09 :
Le grec en banlieue, c'est possible.
Un professeur raconte son expérience. Comment, dans un lycée à la dérive, il a su donner à ses élèves le goût du grec. La culture classique, instrument de promotion sociale.
VousNousIls.fr du 08/09/09 :
Les "inconvénients" de la semaine de quatre jours "se confirment" (rapport).
"Les conséquences du resserrement du temps scolaire se font sentir sur la fatigue des élèves et des enseignants", un constat ayant "conduit parfois à la suspension de l'aide personnalisée" de deux heures par semaine.
"De l'avis général des enseignants, le temps manque pour faire tout le programme d'enseignement, ce qui était d'ailleurs prévisible.
L'année scolaire n'est plus que de 144 jours théoriques (quatre jours pendant 36 semaines), et 140 jours en fait, alors que la moyenne européenne est de 185 jours" selon les données de l'OCDE, est-il écrit dans le rapport.
Selon ses auteurs, "l'évolution souhaitable de la situation n'est pas dans le retour au samedi matin, que personne ne revendique, mais dans la scolarisation du mercredi matin, en vue d'alléger la journée de travail scolaire".
Télérama du 06/09/09 :
Alors, cette réforme du lycée, mesdames les professeures ?, entretien avec Fanny Capel et Nathalie Mons.
Fanny Capel : Je ne veux pas idéaliser l'époque de Jules Ferry, mais c'est un consensus politique fort qui a permis de faire une école primaire, laïque gratuite et obligatoire. On poursuivait un idéal issu des Lumières – celui d'élever l'ensemble d'un peuple à l'autonomie intellectuelle, à la culture et au sens critique. Notre collectif, « Sauver les lettres », propose de faire partager une culture longtemps considérée comme bourgeoise à l'ensemble d'une population. Est-ce parce qu'on ne lit pas Hugo ou Zola à la maison qu'on va renoncer à le faire à l'école ? Mais l'école est faite pour ça, c'est le « dépaysement », la bulle qui doit rester préservée des contraintes économiques. Le mot vient de skhole (qui, en grec, signifie loisir) - c'est-à-dire le temps qu'on dégage pour cultiver son esprit et son corps. Il ne devrait pas y avoir tant de divergences sur le sens de ce mot. Mais la droite aujourd'hui au pouvoir considère que l'école est un service rendu au monde économique : elle doit produire des employés malléables, efficaces, pas trop critiques si possible. Du coup, on va faire de l'orientation la colonne vertébrale du lycée - pourquoi ? pour que les jeunes gens rentrent dans les bonnes cases. Ce n'est pas la conception de l'école que je défends.
L'Humanité du 04/09/09 :
Rentrée scolaire : "le gouvernement a rompu avec l'idée de service public" , entretien avec Stéphane Bonnéry.
On ne peut pas dire que les politiques actuels recherchent moins d’éducation. Ils ont l’objectif de 50 % d’une génération au niveau bac + 3. L’économie capitaliste en a besoin dans le cadre de l’économie de la connaissance. Il s’agit plutôt de rompre avec une conception de l’école comme service public d’éducation nationale avec le même objectif pour tous. Objectif d’égalité, de culture commune entre tous les citoyens du pays. La stratégie consiste plutôt à mener des politiques d’impulsion, de privation ou de contrainte, pour que la demande d’éducation soit satisfaite tout en dégageant l’État d’un certain nombre d’obligations. Prenons l’école élémentaire : on supprime le samedi matin ; dans le même temps, on charge les programmes avec l’apprentissage de l’anglais et de l’histoire de l’art. Autrement dit, on diminue le temps d’enseignement et on augmente les objectifs. Puisqu’il est impossible de réaliser un tel programme dans cet espace-temps, l’exigence se reporte sur les familles. Tout cela n’est pas écrit noir sur blanc. Mais c’est ce que sous-tendent des réformes que l’on nous présente comme techniques et isolées mais qui, en réalité, forment un puzzle très cohérent.
Le Figaro du 03/09/09 :
Orthographe : le débat sur la simplification est relancé.
Si discrimination il y a, elle n'est pas le fait de la langue, plaident les professeurs, mais des programmes qui, jusqu'en 2007, demandaient d'«observer les variations des verbes selon la personne», mais pas d'apprendre les conjugaisons. Un élève de lycée a bénéficié en moyenne de 2 000 heures de cours de français dans sa scolarité, contre 2 800 il y a quinze ans. Réformer l'orthographe n'y changera rien.
"La grammaire est la clarté de la pensée", entretien avec Alain Bentolila.
François de Closets parle de l'injustice qui frappe ceux qui ne sont pas doués d'une bonne mémoire visuelle.
C'est une bêtise. Simplifier l'orthographe usuelle, la façon dont s'écrivent les mots, c'est rêver d'une coïncidence parfaite entre le son et la lettre. Cette correspondance est déjà de 85 % dans la langue française (elle est de 95 % en espagnol ou en italien et de 60 % en anglais). Il existe une façon de faire correspondre parfaitement la lettre et le son : c'est d'employer l'alphabet phonétique international. Mais ça ne garantit nullement que l'on comprenne ce que l'on retranscrit.
Juillet 2009
Le Figaro du 06/07/09 :
Un quart des élèves de CE1 ne sont pas au niveau.
Dans le détail, 27 % des enfants ont des difficultés en français dont 18 % ont des acquis fragiles et 9 % des difficultés lourdes : ces derniers n'ont pas terminé leur apprentissage de la lecture et déchiffrent encore mal. En mathématiques, ils sont 25 % à avoir des difficultés : pas moins de 15 % ont des acquis fragiles, quelque 10 % ont des difficultés lourdes et ne maîtrisent qu'incomplètement la numération.
Juin 2009
Fabula du 26/06/09 :
"L'instituteur et le curé", par Laurent Nunez.
Le jeudi 25 juin 2009, Claire Bottineau-Sicard, agrégée de Lettres, aurait dû faire passer les épreuves anticipées de français (EAF) au lycée Saint-André de Choisy-le-Roi, établissement privé catholique sous contrat. Comme le bac est un examen national, et que la France est un pays laïque, elle avait demandé très justement qu'on retire une croix de bois près du tableau, afin que les candidats (qui provenaient tous d'établissements laïques) ne soient pas gênés par cette marque trop ostentatoire.
Le Monde du 25/06/09 :
Emploi, formation, carte scolaire... l'éducation nationale attend Luc Chatel.
La nomination de ce père de quatre enfants, qui s'est jusqu'alors peu exprimé sur l'éducation, a été reçue comme une surprise générale.
Libération {Sciences²} du 25/06/09 :
LRU : 3000 signatures pour recruter 3 universitaires.
A bon motif, mauvaise solution. C'est ce qui ressort de l'exemple de recrutement d'universitaires selon les modalités LRU relaté ci dessous. Il concerne l'université de Paris-Ouest P-10 Nanterre et le recrutement de trois universitaires en économie.
L'Humanité du 22/06/09 :
À l’école aussi, la concurrence nuit, par Guy Dreux.
Deux enquêtes du sociologue Choukri Ben Ayed soulignent le rôle positif de la mixité sociale dans la réussite scolaire de tous.
VousNousIls.fr du 19/06/09 :
Brevet des collèges: un nouveau projet plus classique transmis aux syndicats.
Les épreuves ponctuelles seraient au nombre de trois à l'écrit, comme aujourd'hui: français, mathématiques et histoire-géographie. Seule nouveauté, s'y ajouterait une épreuve orale en histoire des arts, selon le SE-Unsa et le Sgen-CFDT.
Libération du 18/06/09 :
La mise au pas d’un enseignement critique, par Nicolas Franck.
Dans le tumulte que suscitent les réformes de l’Université et de la formation des maîtres, un projet s’avance masqué. Il chemine, silencieusement mais sûrement, vers son objectif : en finir avec un enseignement élémentaire et généraliste de la philosophie.
Marianne du 10/06/09 :
Grec, Latin : informez-vous, Monsieur Descoings !, par S. Pédroaréna et M.-H. Menaut.
Dans une interview accordée à BondyBlog le 25 mai 2009, Richard Descoings a estimé utile de contester l'intérêt de l'apprentissage du latin et du grec anciens. Deux enseignantes de la Coordination Nationale des Associations Régionales des Enseignants de Langues Anciennes, regroupant 29 associations régionales) lui répondent.
Le Monde du 03/06/09 :
Richard Descoings : "Il faut arrêter de rêver au Grand Soir de l'éducation".
Il faut distinguer réforme et refondation. Si l'on veut refonder le lycée, il faut traiter avec ambition les deux sujets essentiels que sont l'emploi du temps des lycéens et la mission des enseignants. Deux sujets très compliqués et immensément conflictuels, sur lesquels il est indispensable de prendre le temps nécessaire.
Franc-Parler du 02/06/09 :
Pourquoi enseigner la grammaire ?, entretien avec Danièle Manesse.
Il faut imposer la norme standard et l’enseigner, à savoir la langue que l’on utilise dans la presse, à la radio, qui est utile pour travailler, pour écrire, pour vivre tout simplement et pour se mouvoir en dehors de son milieu. La langue "passe-partout". Jamais la conquête des savoirs scolaires ne s’est faite sans exposition à cette norme, c’est dans cette langue que l’on lit des livres, que l’on augmente son savoir de manière autonome. C’est avec cette langue que l’on est libre.
Mai 2009
France3.fr du 29/05/09 :
"Feu sur l'université!": un dossier canon.
Conclusion de ces attaques menées depuis trente ans contre l’université publique outre Atlantique ? A en croire Christopher Newfield, les Etats-Unis viennent de produire la première génération à être moins bien éduquée que la précédente, à l’heure où l’on chante les vertus de l’économie de la connaissance. Pour l'universitaire américain, "réduire les universités publiques à la mendicité constitue une entreprise centrale dans la transformation délibérée des citoyens d’Occident en clients démoralisés et à bas prix de nos sociétés « post-démocratiques". Si ce très riche numéro de la Revue internationale des livres et des idées ne suffit pas à renverser le mur édifié par trois décennies d’idéologie néo-libérale, il permet de mieux voir comment et pourquoi l’abîme s'est creusé sous nos pas.
Le Monde du 21/05/09 :
Les députés divisés sur la réforme du lycée.
Le but poursuivi par Benoist Apparu est de proposer une architecture globale du lycée de demain, tandis qu'Yves Durand considère que le travail du rapporteur n'est qu'"une pâle reprise des propositions de Xavier Darcos et, en aucun cas, capable de rétablir le climat de confiance".
Le droit accordé au Vatican de reconnaître des diplômes est une entorse à la laïcité, par Jean-Michel Baylet.
En étendant l'accord aux enseignements profanes, la France a remis sous l'autorité canonique mais aussi "scientifique" du Vatican des institutions qui s'accommodaient mieux du contrôle tolérant de l'Etat que des injonctions vétilleuses de l'Eglise catholique. Un seul exemple en convaincra : les cinq "cathos" françaises devront-elles demain traiter à parts "scientifiques" égales le créationnisme et l'évolutionnisme ?
Le Monde du 15/05/09 :
Vingt-neuf personnalités lancent un appel pour "refonder l'université".
Les signataires sont des noms prestigieux, issus de tous les horizons politiques et de toutes les disciplines, allant du philosophe Marcel Gauchet au juriste Guy Carcassonne, en passant par le mathématicien Jean-Pierre Demailly, le professeur de sociologie François Dubet ou le philosophe Bruno Karsenty. Une partie d'entre eux avait déjà signé un texte dans Le Monde en janvier ("Université pas de normalisation par le bas").
Le Monde du 13/05/09 :
Mais où est donc passée la culture générale ?.
Année zéro de la déculturation ? Dès cette session, l'épreuve de culture générale disparaît d'un certain nombre de concours administratifs. Un futur gardien de la paix ne sera plus interrogé sur L'Avare, de Molière, ou sur Germinal, de Zola. Les concours, essentiellement des catégories B (ouverts au niveau bac ou équivalent) et C (niveau diplôme national du brevet ou CAP ou BEP), vont voir cette épreuve évoluer vers des questions plus en lien avec leur futur emploi et un adjoint administratif se verra évalué "sur sa connaissance des logiciels de bureautique, à savoir un tableur, un traitement de texte...".
Libération.fr du 06/05/09 :
"Pourquoi la colère universitaire dure, ou la masterisation expliquée aux citoyens", par Emmanuel Buron.
Alors que de nombreuses universités restent perturbées par le mouvement des étudiants et des enseignants, comme l’université de Lorient ou Rennes 2, Emmanuel Buron, maître de conférences en littérature française à Rennes 2, tente de décrypter l’un des points d’achoppement majeur du conflit, la “masterisation”, et en quoi selon lui celle-ci n’est pas acceptable.
Avril 2009
Le Monde du 23/04/09 :
"L'autonomie veut dire la mise au pas des universitaires", entretien avec Marcel Gauchet.
C'est un changement complet de métier. Il est visible que la mesure de cette transformation n'a pas été prise. L'autonomie des universités veut dire en pratique la mise au pas des universitaires. Toute la philosophie de la loi se ramène à la seule idée de la droite en matière d'éducation, qui est de créer des patrons de PME à tous les niveaux, de la maternelle à l'université. Il paraît que c'est le secret de l'efficacité.
Le Monde du 21/04/09 :
Rythmes scolaires : la semaine de quatre jours contestée.
Plusieurs municipalités socialistes remettent en cause la semaine de quatre jours généralisée dans les écoles primaires à la rentrée. Décidée en fin d'année scolaire 2007-2008 par le ministre de l'éducation nationale, Xavier Darcos, la suppression des cours le samedi matin s'est faite au détriment des élèves, considèrent ces élus qui ont engagé des concertations dans leurs villes ou projettent de le faire.
Causeur du 20/04/09 :
La presse perd ses Facultés, par Pierre Jourde.
Il y a eu quelques émissions remarquables sur le service public, un véritable travail de fond de la part des journalistes de Libération. En dehors de cela, dans la majorité des cas, la couverture médiatique du mouvement est accablante. On a le choix : ici, les idées toutes faites ; là, le poujadisme ; presque partout, la plus radicale absence d’informations précises sur le contenu de la réforme et les raisons exactes de son refus par les universitaires.
Le Monde du 11/04/09 :
Les pistes de la future réforme du lycée s'esquissent.
L'une des priorités est d'en finir avec la suprématie de la filière scientifique qui fournit 33,4 % des bacheliers généraux (S) et technologiques (sciences et technologies de la gestion, etc.). M. Descoings se demande ainsi : "Pourquoi ne pas renforcer encore les enseignements de sciences en S, afin que seuls les véritables scientifiques la choisissent et non plus tous les bons élèves ?" La question d'enrichir, en mathématiques et peut-être en langues, une filière littéraire en train de se transformer en peau de chagrin avec 11,7 % des bacheliers, est aussi ouverte, afin d'en élargir les débouchés.
Libération-C'est classe! du 04/04/09 :
La réforme du bac pro à la petite semaine.
Le gouvernement gagne ainsi sur tous les tableaux. En supprimant une année pour préparer le bac, il économise des postes d'enseignants. Il diminue en plus les horaires d'enseignement - deux choses dont les élèves vont pâtir. Et le bac pro, qu'il veut soi disant mettre à égalité avec les autres bacs, va se retrouver encore plus dévalorisé.
Mars 2009
Le Monde du 19/03/09 :
Formation des maîtres : il faut suspendre et négocier, par Patrick Fridenson et Michel Kaplan.
Le métier d'enseignant, du premier comme du second degré, s'apprend ; il faut le temps d'acquérir les connaissances nécessaires à un niveau mastère où se situe le concours, académiques, mais aussi résultat de stages permettant une réflexion sur le métier, ce qui débouche sans nul doute sur une épreuve pédagogique, et non administrative (un maître enseigne à des élèves), à l'oral des concours, ce à quoi les IUFM peuvent parfaitement contribuer.
Les professeurs, "Le Loup et Le Chien", par Philippe d'Iribarne.
Pourquoi quelques propos du chef de l'Etat, certes malheureux mais qui ne vont pas au-delà des excès de langage dont il est coutumier, ont-ils suscité un rejet aussi passionné ? La fable Le Loup et Le Chien nous éclaire. Le loup mène une vie misérable. Mais il est libre. "Flatter ceux du logis, à son maître complaire" ne font pas partie de ses obligations. Nulle trace de collier sur sa nuque. Le chien est prospère, mais soumis. Le loup envie le chien à bien des égards, mais n'est pas prêt à payer le prix qu'exige l'accès à sa condition. Les professeurs lui ressemblent.
Trouw du 19/03/09 :
Frankrijk bezorgd om ontlezing .
Zelfs op de Salon du Livre is de Franse taal niet langer in veilige handen. Met een misprijzend gebaar wijst Danièle Sallenave op het logo van de jaarlijkse uitgeversbeurs nabij Porte de Versailles in Parijs: een geblinddoekt figuurtje in de vorm van een boek. „Kijk, het lijkt wel of ie op de vlucht is”, zegt de gelauwerde romancière na afloop van een signeersessie bij de kraam van uitgeverij Gallimard. Sallenave ziet het als een bewijs van de systematische achteruitgang van het geschreven woord in Frankrijk.
Een paar maanden geleden legden leraren van het collectief Sauvez les lettres (zie kader) een dictee uit 1976 voor aan een groep van 1348 scholieren van 15 jaar. Slechts 14 procent haalde een voldoende. Bij een identieke test in 2000 was dat nog 30 procent.
L'Humanité du 13/03/09 :
Quand 30 Sociétés savantes adjurent Darcos de renoncer à sa réforme.
Il faut, Monsieur le Ministre, pour dissiper nos craintes légitimes et celles de nos étudiants, retirer le projet actuel, réaffirmer que le succès au concours donne accès à une titularisation et non à une liste d’aptitude, rétablir l’année de stage pratique en alternance rémunéré et pris en compte dans la carrière, et enfin décréter un moratoire d’une année afin de laisser à une commission représentative le temps de décider du contenu scientifique des concours, de la nature des épreuves disciplinaires, des conditions de préparation et des moyens matériels et humains qui soient à la hauteur des ambitions légitimes en matière d’enseignement et de recherche proclamées publiquement par vous-même et par les plus hautes autorités de l’Etat.
Libération du 05/03/09 :
L'exo d'anglais ? Six euros !.
Acheter ses devoirs sur Internet, c'est ce que propose un nouveau site web lancé ce jeudi, au grand dam des enseignants. La formule n'est pourtant pas nouvelle.
Le Canard enchaîné du 03/03/09 :
Sarko ordonne la retraite aux "cons du ministère".
Mais Sarko a aussi conscience, paraît-il, des ravages de ses propres déclarations à l'emporte-pièce. Comme son discours du 22 janvier, où il vitupérait « l'immobilisme » d'une recherche aux résultats « médiocres ». Ou sa diatribe contre « La princesse de Clèves », roman du XVIIe siècle proposé dans un concours administratif. Son coup de gueule date de 2006, mais il est devenu le symbole du mépris envers la culture prêté à Sarko. Résultat le ministère de l'Education a recensé ces dernières semaines pas moins de 230 lectures effectuées dans les lycées, les universités et les lieux publics du chef-d'oeuvre de Mme de La Fayette ! Une façon perverse, bien évidemment, de se payer la fiole du chef de l'Etat.
Le Monde du 01/03/09 :
Sarkosy "m' à tuer", par Barbara Cassin.
Tous les niveaux de discours sont confondus, nivelés au ras de la langue par le plus authentique, irrépressible et immédiat "Casse-toi pauv' con". "Faire président" ne garantit plus la fonction présidentielle de règle et de régulation, de cohérence et de cohésion. L'adresse du même discours est sidérante : "Chère Christine Lagarde, (...) monsieur le Sénateur, et tous ceux qui sont importants, bonjour". De l'ironie, de la provocation, ou vraiment la volonté d'une nouvelle norme, hors langue, hors culture, hors civilité, au profit d'une efficacité supposée, avec pour indice le grand mépris ?
Février 2009
Libération du 26/02/09 :
La phobie de l’échec scolaire, par Nathalie Bulle.
Les réformateurs envisagent une solution dont les conséquences pourraient bien précipiter le système d’enseignement secondaire dans la voie d’un échec plus général. Pour surmonter le problème du niveau de plus en plus faible des élèves en difficulté, ils proposent d’étendre à tout le système d’enseignement secondaire la logique réformatrice qui a conduit le collège à sa perte. Toutes les réformes du collège depuis quarante ans ont en effet été conçues pour les 15 % à 20 % d’élèves qui, comme le relevait un inspecteur général de l’Education nationale en 1980, Jean Binon «se trouvent dès la fin du CM2 en situation d’échec scolaire à peu près définitif… On ruine le dispositif d’enseignement pour eux, sans parvenir à ce qu’ils en tirent profit». Pour ces élèves, les problèmes qu’ils rencontrent doivent être résorbés bien en amont des cursus scolaires, avant que l’accumulation des difficultés n’entraîne des retards irrémédiables.
Le Monde du 25/02/09 :
L'Elysée envisage d'affecter à l'université des professeurs du secondaire.
Des professeurs exerçant actuellement dans le secondaire pourraient être affectés, en service complet ou partiel, à l'université afin de créer des "passerelles" entre le lycée et l'enseignement supérieur. C'est une des pistes évoquées lors d'un déjeuner à l'Elysée, lundi 23 février, auquel Nicolas Sarkozy avait convié onze professeurs du primaire et du secondaire, dont certains auteurs de livres sur l'éducation, comme Rachel Boutonnet, Sébastien Clerc, Bruno Descroix, Mara Goyet, Cécile Ladjali ou Christian Muzyk.
L'Humanité du 24/02/09 :
Le bougisme réformiste, par Jean-Jacques Delfour.
La réforme du lycée dite « Darcos » est le symptôme d’une maladie institutionnelle et sociale ancienne mais qui présente aujourd’hui une inquiétante accélération. La réforme permanente s’oppose frontalement aux finalités de l’école qui a besoin de stabilité.
LeMonde.fr du 24/02/09 :
"L'IUFM, ce que l'éducation nationale a de pire".
Des enseignants témoignent sur LeMonde.fr de leur période d'apprentissage en IUFM. S'ils ne sont pas favorables à leur fermeture, conséquence de la réforme de la mastérisation des concours de l'enseignement, tous sont critiques envers cette institution qui les a formés.
Le Monde du 24/02/09 :
La filière ES n'est pas une voie de garage.
En 2007, la proportion des bacheliers ES dans les classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE), filière économique et commerciale, était de 42 % des effectifs contre 48 % pour les S. L'accès aux CPGE reste réservé à une élite - 8,5 % des bacheliers ES y ont accédé en 2008 -, mais, une fois dans la place, la plupart sont assurés d'intégrer une école de commerce. Et non des moindres.
Libération-Sciences du 24/02/09 :
Universitaires fainéants ? Une réponse à Jean-Robert Pitte.
Dans le journal Challenges du 3 février, vous soutenez qu’«en lettres par exemple, la moitié des maîtres de conférences et le tiers des professeurs ne publient plus rien et ne font qu’assurer leurs 192 heures d’enseignement sur l’année». Le Figaro du 13 février confirme ces propos et rappelle qu’en sciences humaines et sociales, vous «estimez à 40 % le nombre d'enseignants du supérieur qui ne publient pas». Et le journal de citer vos dires : «C'est l'omerta, car personne ne veut l'avouer ! Aucune sanction n'est possible. Personne ne peut les obliger à faire de la recherche et certains s'en donnent à cœur joie.»
Libération-C'est classe! du 24/02/09 :
Le Point en pointe contre les universitaires.
Les universitaires ont aussi leur honneur. Franz-Olivier Giesbert, le directeur du Point, vient de l'apprendre à ses dépens. Choqué par son édito, Olivier Beaud, juriste en pointe dans la contestation, a décidé d'arrêter net sa collaboration avec l'hebdomadaire (lire sa lettre ouverte à la fin).
Mediapart du 23/02/09 :
Misère de l'éditorialisme.
Treize universitaires répondent aux «grandes plumes» de la presse française, qui souvent «n'ont pas hésité à jouer d'un ressentiment anti-intellectuel et anti-fonctionnaires pour tenter de discréditer le mouvement, au mépris de la réalité».
L'Humanité du 21/02/09 :
À quoi servent les humanités..., par Georges Molinié.
S’adapter aux besoins des entreprises en travaillant à leur fournir une main-d’oeuvre hyperspécialisée n’est pas la bonne solution, parce que dans notre monde en perpétuel changement, les besoins des entreprises évoluent très vite, vouant à très court terme toute formation hypertechnique à être périmée. Ce qu’il faut, en revanche, c’est mettre en place à l’université des enseignements généralistes, dispensés en beaucoup plus petits groupes. À la Sorbonne, nous sommes en train de créer des « licences fortes », accessibles à tous, mais qui demandent aux étudiants un travail intensif. Cela exige des moyens. Or la logique gouvernementale va exactement dans le sens inverse.
VousNousIls.fr du 20/02/09 :
Richard Descoings : « Je veux partir de la base ».
Plus en détail, des questions sont systématiquement posées sur l'orientation : la place des enseignements de détermination en classe de seconde, la façon dont les lycéens sont orientés, plus ou moins volontairement, sur la voix technologique... L'évolution de cette voie engendre beaucoup de commentaires, au même titre que la prééminence de la filière scientifique pour le baccalauréat général. Autre point très souvent abordé, tant par les parents que par les lycéens, les horaires hebdomadaires, jugés trop lourds. Enfin, la façon dont les professeurs évaluent les élèves, et leur présentent ensuite les résultats de ces évaluations, suscite également de nombreuses interrogations.
Rue89 du 19/02/09 :
Ecole cherche directeur pour rééduquer ses profs.
Sur le site de l'Inspection académique de l'Isère, on trouve des petites annonces pour des "conseillers pédagogiques", des "référents de scolarisation", des "postes co-enseignants". Et sept directeurs d'école. Or l'une des sept annonces pour un poste de direction fait des vagues, localement comme sur le Net. C'est une annonce datée du 5 février qui a mis le feu aux poudres.
LeMonde.fr du 17/02/09 :
"La Princesse de Clèves" répond à Nicolas Sarkozy.
Une lecture en plein air de "La Princesse de Clèves", devant le Panthéon : c'est le mode d'action qu'ont choisi professeurs et étudiants pour protester contre les réformes dans les universités, lundi 16 février, adressant un pied-de-nez au chef de l'État. Nicolas Sarkozy avait critiqué l'étude de ce roman pour certains concours lors d'un déplacement à Lyon le 23 février 2006. Devant les caméras et l'assistance nombreuse, 300 à 400 personnes selon les organisateurs, l'ancien administrateur de la Comédie-Française Marcel Bozonnet a commencé la "lecture-marathon" du roman de Mme de La Fayette.
Times - Paris blog du 15/02/09 :
French spelling ain't what it used to be.
A teachers' campaign group gave a 1976 spelling and grammar test to a sample of 1,348 kids who began lycée -- high-school -- last autumn. Only 14 percent of the 15-year-olds could scrape beyond the 50 percent mark. Fifty-eight percent scored zero.
Libération-C'est classe! du 13/02/09 :
Recherche profs non qualifiés désespérément.
Le 30 janvier, les directeurs de trois UFR - lettres et langues, arts et sciences humaines, sciences et technologie - de l'université François-Rabelais de Tours, ainsi que les directrices des IUT de Tours et de Blois ont reçu une lettre pressante du rectorat (lisible ici). Le recteur y fait état de "besoins importants" dans dix matières - de la documentation à la techno en passant par l'histoire-géo et les maths. Et il demande aux universitaires de contacter des étudiants ayant au moins une licence pour enseigner en collège ou lycée.
VousNousIls.fr du 12/02/09 :
Deux ministres, Mme Pécresse et M. Darcos, en situation délicate.
En janvier, M. Darcos s'est défendu d'avoir achevé son action mais à confié dans la presse qu'il ne pensait pas qu'il "mettrait en oeuvre la réforme des lycées à la rentrée 2010".
Le Monde du 07/02/09 :
Marcel Gauchet : "Où sont les lecteurs ? Aux abris en général...".
Réduire la taille des articles, privilégier le vécu, se priver de l'expertise de journalistes hautement compétents dans leur secteur est suicidaire. Il ne faut pas déduire du fait qu'on parcourt un gratuit pour lequel on ne paierait même pas 10 centimes qu'on est prêt à acheter le même en mieux – mieux présenté et mieux écrit – pour 1,30 euro. Ce modèle du papillonnement correspond bien sûr à une tendance lourde de notre univers à base de martèlement des nouvelles et de renouvellement constant des images chocs. Mais cette tendance nourrit aussi par contraste le désir d'autre chose. C'est un tel antidote qu'on attend de la presse écrite. Il justifie plus que jamais son rôle.
Libération-Sciences du 07/02/09 :
Axel Kahn, le président de Paris-5, lâche Sarkosy et Pécresse.
Pour les professeurs des écoles, c'est la diminution de la formation pédagogique et la disparition de l'année de stage payée qui est au coeur de la colère des IUFM et explique pourquoi ils se mettent en grève. Pour les enseignants du secondaire, c'est presque l'inverse : les contestataires visent l'affaiblissement des contenus disciplinaires, la possiblité d'être recruté comme professeur de langue vivante sans examen oral, le risque de voir les reçus au master/recalés aux concours gonfler les rangs des futurs vacataires.
Educpros.fr du 06/02/09 :
Réforme du lycée : Xavier Darcos et la stratégie du cheval de Troie.
Les rectorats incitent les lycées volontaires à mettre en place des expérimentations, dès septembre 2009, sur des points de la réforme repoussée… Dans l’académie de Bordeaux, par exemple, les établissements qui désirent mettre en place « un accompagnement individualisé », « une semaine de bilan et d’orientation en milieu d’année », « des groupes de compétences » en langues et « des séquences de préparation à l’enseignement supérieur en fin d’année et pendant les vacances d’été » doivent se manifester avant le 20 février 2009.
Le Monde du 05/02/09 :
La FCPE lance une campagne pour le retour de l'école le mercredi matin.
"Moi, je ne vois aucun inconvénient à ce que, en accord avec les communes, les conseils d'école proposent de repasser à quatre jours et demi, j'y vois même beaucoup d'avantages." C'est ainsi que Xavier Darcos, ministre de l'éducation nationale, a répondu, mercredi 4 février, à la demande de la FCPE qui souhaite le retour à un rythme de quatre jours et demi par semaine, avec trois heures de cours le mercredi matin.
Le Point du 05/02/09 :
Dictée - Pourquoi nos enfants sont nuls.
L’association Sauvez les lettres a soumis 1 350 lycéens de seconde à une dictée des annales du Brevet des collèges de 1976, notée selon le barème de l’époque. L’exercice n’a guère réussi aux élèves de 2008 : 14 % ont eu la moyenne, 58 % zéro. En cause : la non-maîtrise de la grammaire.
Contretemps du 01/02/09 :
Petits conseils aux enseignants-chercheurs qui voudront réussir leur évaluation, par Grégoire Chamayou.
Dans la nouvelle culture de l’évaluation académique, introduite en Europe par le processus de Bologne et stimulée par la prolifération des classements universitaires mondiaux, les règles ont changé, le jeu se joue différemment. Votre vieille connaissance localiste des rouages mandarinaux ne vous suffira plus. Si vous voulez réussir à maximiser votre valeur académique, il existe pourtant des règles simples et efficaces. Encore faut-il les connaître.
Janvier 2009
Le Monde du 31/01/09 :
Danièle Sallenave : "Les jeunes ne lisent pas ? Les adultes non plus...".
Il est clair que la société marchande, consumériste, n'accorde plus de valeur à la transmission de la langue, au passé, à l'histoire, aux livres. Qu'elle s'en défie. Qu'elle en a peur. On peut prendre un ton catastrophiste, apocalyptique, mais c'est inopérant. Je refuse les vaticinations, et je ne crois plus aux solutions globales. C'est trop tard. Mais il reste partout des braises. Il faut souffler dessus. Etre par exemple d'une exigence absolue en matière de langue, c'est la condition de tout. Pour tous, partout. Et ensuite, lire et faire lire... Offrir à chacun cette occasion unique d'être soi que donne la fréquentation des grands livres. D'être soi et d'être au monde.
France-Info du 31/01/09 :
Du CM2 au lycée, le niveau baisse.
Cette fois c’est sûr le niveau baisse, et à tous les étages. Deux études parues cette semaine le montrent…
La première est très officielle puisqu’elle sort des ordinateurs de la Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance du ministère de l’Education nationale. Elle mesure les performances des élèves de CM2 à vingt ans d’intervalle – 1987-2007.
Et le résultat est sans appel…
Sans appel en orthographe. Sur un texte de dix lignes, 26% des élèves faisaient plus de quinze erreurs en 1987, ils étaient 46% en 2007. Sans appel en lecture où les résultats, jusque-là stable, chutent depuis 1997. Seul signe d’optimisme : le calcul. Les résultats ont baissé entre 1987 et 1999 mais se sont stabilisés depuis.
La seconde étude porte sur les lycéens…
Oui. Etude officieuse cette fois ; elle a été réalisée par des professeurs de l’association Sauver les lettres, selon le même protocole qu’en 2000 et 2004 : ils soumettent à leurs élèves de seconde l’épreuve du brevet des collèges de 1976, et surtout ils appliquent dans toute sa rigueur le barème qui était alors en vigueur. Résultat : 58% de zéro, 14% seulement d’élèves au-dessus de la moyenne.
Le Figaro du 30/01/09 :
Zéro en dictée pour deux lycéens sur trois.
C'est le bilan d'une expérience menée sur des élèves de seconde au moment où sort une note du ministère de l'Education montrant que les écoliers font en moyenne 4 fautes de plus par dictée qu'il y a vingt ans. La lecture et les mathématiques souffrent également d'une baisse de niveau.
RTL du 30/01/09 :
Les ados français sont nuls en dictée.
Les jeunes Français sont-ils nuls en orthographe et en grammaire? Pour les tester, un collectif de profs de Français vient de soumettre à 1.300 élèves de seconde une dictée d'une dizaine de lignes. Résultat : les 2/3 des élèves ont eu zéro sur vingt.
Le Parisien du 29/01/09 :
Deux tiers des élèves de seconde ont eu zéro à cette dictée.
Depuis, selon ces militants. les élèves ont perdu 800 heures de français sur leurs quatre années de collège. Les notes glanées par les lycéens de 2008 au terme de l'exercice, selon le même barème que leurs « ancêtres » de 1976 (un point en moins pour une faute sur un mot deux points pour une faute de grammaire), donnent en tout cas le cafard. Près de deux tiers des élèves ont eu zéro. A peine 14 % s'en tirent avec la moyenne.
Rue89 du 26/01/09 :
Charasse souhaite que les profs fassent moins de "fautes".
"En espérant que les enseignants seront enfin formés car pour l'instant ça laisse beaucoup à désirer. Quand un enseignant m'écrit, je trouve toujours une ou plusieurs fautes d'orthographe et quand il me parle c'est souvent du balbutiement approximatif sauf pour les revendications. Les IUFM ont été un désastre, mais vous n'y êtes pour rien. Cordialement."
Vousnousils.fr du 21/01/09 :
En primaire, la défiance à l'égard du gouvernement s'amplifie.
Après les nouveaux programmes, la réorganisation de la semaine et les suppressions de postes, les évaluations cette semaine en CM2 ont encore accru la défiance des enseignants du primaire à l'égard du gouvernement, un historien estimant qu'un "point de non-retour" a été franchi.
LeMonde.f'r du 19/01/09 :
Richard Descoings : "On redémarre de zéro" sur la réforme du lycée.
On redémarre à zéro, comme cela a été dit par Xavier Darcos et Nicolas Sarkozy, c'est-à-dire concrètement sur la base de l'accord qui avait été trouvé au mois de juin avec les organisations syndicales et les organisations lycéennes, qui constituait un diagnostic et des objectifs partagés pour le lycée.
Vousnousils.fr du 18/01/09 :
Primaire: les évaluations ne seront pas publiées "école par école".
"Nous ne publierons pas école par école les résultats, parce que je ne veux pas qu'il y ait une sorte de grand marché libéral de l'école et qu'on compare", a déclaré M. Darcos.
Le ministre répondait ainsi à la critique de syndicats pour lesquels ces évaluations, voulues par le gouvernement et organisées pour la première fois cette année, aboutiront à une "mise en concurrence" des écoles primaires et à des palmarès tels qu'il en existe déjà pour les lycées par exemple.
Libération du 08/01/09 :
Darcos recule sur les Rased.
Face à la colère du monde enseignant, le ministre de l'Education ramène de 3.000 à 1.500 le nombre de postes des enseignants en «Rased» (spécialistes de la difficulté scolaire) supprimés.