Presse

Revue de presse

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    Juillet 2008
  • La Provence du 19/07/08 :
    Réforme du lycée: le recteur de Gaudemar donne des détails.
    Une des conséquences de cette nouvelle organisation est la nécessité de repenser les programmes sur un mode différent. Cela serait en cohérence avec la tendance actuelle qui est de plus en plus d'identifier la progression, en termes de compétences et non plus de champs disciplinaires stricto sensu.
  • Libération du 18/07/08 :
    Les années lycée seront découpées en modules et en semestres.
    Le lycée français va changer, vite et beaucoup. Le ministre de l’Education, Xavier Darcos, qui faisait hier un point sur cette réforme, l’a confirmé. La nouvelle classe de seconde, qui sera en place dès la rentrée 2009, n’aura pas grand-chose à voir avec l’actuelle. Elle sera découpée en semestres, proposera des modules d’enseignement, du soutien, du travail interdisciplinaire, peut-être du droit et de la technologie, etc.
  • Le Figaro du 18/07/08 :
    Lycée : Darcos réorganise la classe de seconde.
    L'autre objectif revendiqué est de faire baisser le taux de redoublement : un élève mal à l'aise dans une ou deux matières passerait dans la classe supérieure tout en étant suivi de façon individuelle quelques heures dans la semaine. En conséquence, les enseignants seront amenés à passer plus de temps dans les établissements, pour assurer le suivi des élèves. «L'organisation matérielle des établissements doit évoluer», promet Xavier Darcos.
  • Le Monde du 18/07/08 :
    Le sarkozysme est l'allié de l'école, par Xavier Darcos .
    Autrement dit, chaque élève est un cas singulier. Aussi la personnalisation de l'enseignement voulue par Nicolas Sarkozy est une véritable révolution pédagogique et sociale, puisqu'elle permet de donner plus à ceux qui ont moins.
  • Les Échos du 18/07/08 :
    Réforme du secondaire : vers un lycée à l'anglo-saxonne.
    Cette modularité devrait logiquement conduire à un allégement des horaires : « Il n'y a que chez nous que l'on croit former de bons lycéens en imposant une cohorte de cours et des programmes hystériques », a ironisé le ministre, rappelant que les « pays du Nord » obtenaient de meilleurs résultats avec des emplois du temps moins chargés.
  • Libération du 10/07/08 :
    Lycée : la philosophie en phase terminale, par Didier Carsin et Pierre Hayat.
    Nos élèves ont souvent du mal à rédiger et à construire leur pensée. Les réformes qui se sont succédé ces dernières années dans l’Education nationale, n’y seraient-elles pour rien ? En tout état de cause, nous refusons que les difficultés présentes servent de prétexte pour réduire la philosophie à une récitation de doctrines ou à un débat d’opinions.
  • Libération du 08/07/08 :
    Darcos: «J’ai proposé le non renouvellement de 13.500 départs à la retraite».
    Puisque nous allons commencer une réforme du lycée, ma volonté est que ces non-renouvellements touchent le moins possible en 2009 l’offre éducative du lycée. La répartition de ces suppressions d’emplois sera précisée d’ici la fin de l’été.


    Juin 2008
  • Libération du 27/06/08 :
    Les tirades de Darcos déchiffrées.
    Le ministre de l’Education fait parler les statistiques pour conforter ses réformes. «Libération» a confronté ses calculs aux chiffres réels.
  • Libération du 23/06/08 :
    Philosophie et mauvais sujets.
    Très bons sujets donc cette année dans toutes les sections du bac, sauf dans celle où la philosophie tient le plus de place et où elle est le plus directement menacée. Si on avait voulu instrumentaliser les sujets du baccalauréat pour remettre l’épreuve en question, on ne s’y serait pas pris autrement.
  • Le Monde du 18/06/08 :
    La suppression de la carte scolaire renforcera les ghettos.
    Avec la suppression totale de la carte scolaire annoncée pour 2010, en faveur de laquelle Nicolas Sarkozy s'est engagé dès sa campagne présidentielle, la mixité à l'école pourrait bientôt ne plus être qu'un fantasme républicain. C'est l'avertissement que lancent les inspecteurs généraux de l'éducation nationale Jean-Pierre Obin et Christian Peyroux dans un rapport, que s'est procuré Le Monde, sur les premiers effets de l'assouplissement de la carte scolaire, interdit de publication depuis octobre 2007 par le ministère de Xavier Darcos.
  • Marianne du 14/06/08 :
    Nos instituteurs sont-ils encore les hussards de la République ?.
    Les temps sont loin où l’instituteur remplissait une vraie mission républicaine. Aujourd’hui l’école est en crise. Avec des "professeurs des écoles" en plein désarroi, auxquels on demande tout, trop. Enquête.
  • Nouvelobs.com du 11/06/08 :
    Réforme du lycée : 7 syndicats signent un texte commun.
    Cinq syndicats de personnels enseignants ont signé ce texte : Snes-FSU (majoritaire dans les collèges et lycées) et Snep-FSU, Sgen-CFDT, Snalc-Csen, SE-Unsa et deux syndicats de chefs d'établissement - SNPDEN-Unsa (majoritaire) et ID-FAEN.
  • Libération du 09/06/08 :
    200 ans et la vie dure.
    Le bac coûte cher, a averti Darcos qui est sous la pression de Bercy pour réduire toujours plus les dépenses. En juin 2007, le ministre a donné des chiffres: 127 685 correcteurs et examinateurs mobilisés, 4 millions de copies traitées, 2 millions d’oraux. Le coût annuel du bac s’élève à 21,5 millions d’euros, soit en moyenne 55,4 euros pour un candidat à un bac général, 61,2 pour un bac pro et 71,4 pour un bac techno.


    Mai 2008
  • Le Figaro du 30/05/08 :
    Vainqueur du premier set, Darcos prépare le deuxième.
    La deuxième année de formation en IUFM pendant laquelle le futur enseignant est rémunéré par l'État en tant que fonctionnaire-stagiaire est par ailleurs amenée à disparaître. Elle représente vingt mille emplois dans la fonction publique : un gisement non négligeable à l'heure de coupes budgétaires. «A tel point que Xavier Darcos aurait souhaité que cette réforme passe dès 2009 pour rendre plus indolores les suppressions de postes prévues dans les prochaines années, affirme un proche du dossier. Ce n'était pas faisable dans un délai aussi court». L'Elysée a finalement tranché pour une mise en oeuvre en 2010.
  • Libération du 30/05/08 :
    Ne disloquez pas la Maison des sciences de l’homme, par Immanuel Wallerstein.
    Fernand Braudel disait qu’il ne fallait pas «chahuter les institutions.» Le faire avec une telle désinvolture avec un tel joyau serait un crime intellectuel.
  • Le Monde du 29/05/08 :
    Un Munich pédagogique, par Antoine Prost.
    La suppression de deux heures de classe dans l'enseignement primaire et la semaine de quatre jours risquent au contraire d'être irréversibles. Et personne ne dit rien ou presque. Le forfait s'accomplit dans l'indifférence générale. Munich s'était accompagné d'un "lâche soulagement". Ce lâche consentement, lui aussi, annonce une débâcle.
    Le gouvernement envisage le recrutement des professeurs à bac+5.
    Le candidat reçu à un concours serait directement affecté à un poste, alors qu'il est aujourd'hui amené, après une première année d'IUFM consacrée à la préparation du concours, à suivre une seconde année de formation en qualité de fonctionnaire stagiaire, donc rémunéré par l'Etat. Cette deuxième année d'IUFM qui est celle de la "professionnalisation", disparaîtrait. L'étudiant reçu au concours deviendrait, ipso facto, enseignant, sous réserve d'une titularisation définitive au bout d'un an. Mais une partie, à déterminer, de son horaire serait accompagnée par des tuteurs, enseignants aguerris, dans le cadre d'une formation selon le principe du compagnonnage.
  • France Info du 28/05/08 :
    La disparition annoncée des IUFM.
    En fait chaque département universitaire prendrait en charge la préparation des étudiants aux concours. Lesquels concours se dérouleraient en deux temps : une épreuve académique en janvier pour vérifier les connaissances, puis une formation pratique express sur le terrain de quelques semaines avant une épreuve – pratique elle aussi – d’admission.
  • VousNousIls du 20/05/08 :
    Programmes du primaire: avis favorable du Haut conseil de l'Education.
    "Le Haut conseil émet un avis favorable au projet de programmes qui lui a été soumis", écrit dans son rapport l'instance composée de neuf personnalités indépendantes.
    Sur la philosophie générale du projet, il approuve notamment le fait que "les nouveaux programmes sont centrés sur les fondamentaux" et l'accent soit "mis en particulier sur la maîtrise de la langue française, du ressort de toutes les disciplines". "L'attention est portée sur les acquis des élèves et sur la nécessité de leur évaluation régulière, afin de pouvoir aider les élèves en difficulté le plus tôt possible", ajoute-t-il, se réjouissant de "la création d'horaires de soutien".

  • Le Monde du 11/05/08 :
    Xavier Darcos veut bâtir un "lycée à la carte".
    En évoquant la réforme du lycée, le chef de l'Etat avait rappelé qu'elle devrait permettre " d'alléger les heures de cours, supérieures à tous les autres pays européens". Il s'en prenait aussi à "tout un tas d'options où personne ne va".


    Avril 2008
  • Charlie-Hebdo du 16/04/08 :
    La princesse de Clèves expulsée !, par Philippe Val.
    Vendredi 4 avril, dans un discours où il dévoile les mesures pour économiser l'argent de l'État, le président de la République, Nicolas Sarkozy, soudainement, s'adresse aux fonctionnaires des Finances pour leur annoncer que, désormais, ils ne perdraient plus ni le temps, ni l'argent du contribuable à lire La Princesse de Clèves. Avec, évidemment, un sourire entendu. C'est-à-dire un sourire qui entend ceci : ni vous ni moi, certes, n'avons lu La Princesse de Clèves, et nous ne le lirons jamais, mais avouez qu'il faut vraiment être " pauvre con " pour lire des conneries pareilles.
  • Le Monde du 15/04/08 :
    L'enseignement de la lecture en grande section de maternelle est contesté chez les instituteurs.
    Alors que les programmes de 2002, encore en vigueur, ne prescrivent qu'une préparation au principe alphabétique, ce texte va beaucoup plus loin en stipulant qu'en grande section l'enfant doit être "capable de mettre en relation les sons et les lettres". Il précise qu'il doit "faire correspondre avec exactitude lettre et son, en particulier les voyelles a, e, i, o, u, é et les consonnes f, s, ch, v, z, j, p, t, c (= k), b, d, g (dur), l, m, n et r". Soit toute la gamme des 96 combinaisons possibles entre six voyelles et seize consonnes.
  • Marianne2.fr du 12/04/08 :
    Fonction publique : le désastre annoncé de la «culture du résultat», par Roland Hureaux.
    On ne saurait comparer l'activité de l'Etat dont les finalités sont multiples et dont l'efficacité ne peut se juger que par des critères complexes pas toujours quantifiables et celle d'une entreprise dont un indicateur unique, le profit, dit si elle marche bien ou mal.
  • Le Monde du 09/04/08 :
    Ecole : révision indispensable, par Denis Kambouchner.
    Le problème, à la limite, n'est pas celui des nouveaux textes qui, une fois relus et adoptés, seront bien sûr jugés à leur application. Le problème est plutôt celui du contexte : les contenus redéfinis auront besoin, pour les porter, d'une nouvelle énergie, qu'une gestion trop restrictive sera de nature à décourager. De là une équation complexe, qui n'est pas simplement budgétaire et dont le ministre de l'éducation ne détient pas seul la solution.
    Renoncez à votre projet, Monsieur Darcos !, par Luc Bérille.
    Quelles études nouvelles, invalidant tout ce que l'on sait des processus d'apprentissage, justifient-elles le vieux Meccano pédagogique ressuscité par les concepteurs du projet ? Quels spécialistes de l'enfance ont prescrit de s'asseoir à ce point sur ce que l'on connaît du développement psychique et physique de l'enfant ? La réponse est, selon les questions, personne ou aucune. Pas de bilan, pas d'avis, pas d'études. Annoncée en février, bouclée en mai pour exécution en septembre : une affaire expédiée en trois mois pour imposer le travail d'un petit comité, où l'idéologie et, plus grave encore, les idées reçues, ont tenu lieu d'inspiration.
  • Marianne du 05/04/08 :
    La tyrannie des minorités.
    Résultats en baisse constante dans les statistiques nationales, illettrisme préoccupant..., l'Education nationale prend l'eau. Pourtant, il est toujours des voix pour se récrier et affirmer que le fameux niveau n'a jamais été aussi élevé. S'il y a des ratés, ce n'est pas à cause des méthodes pédagogiques introduites depuis vingt ans, faites notamment de suppression des dictées et de la grammaire, mais bien au contraire parce que l'on n'est pas allé assez loin dans l'application de ces méthodes.
  • Le Monde du 04/04/08 :
    La réduction de ses marges budgétaires met M. Darcos en difficulté.
    La réforme du primaire. Elle avait commencé en septembre avec l'annonce de la suppression du samedi matin, suivie d'une concertation sur la manière de consacrer aux élèves en difficulté le temps ainsi libéré. Mais les projets de programmes annoncés le 20 février suscitent une contestation comparable à celle provoquée en 2006 par Gilles de Robien sur la lecture. Seule la frange "antipédagogiste", soit une minorité de la profession, approuve. Les autres demandent un moratoire.
  • Le Figaro du 02/04/08 :
    Chevènement : «Oui au retour aux fondamentaux à l'école».
    Je suis surpris par la violence des expressions de Luc Ferry et de Jack Lang : ils parlent de programmes populistes et de vide abyssal. Ces critiques sont excessives. L'amour-propre d'auteurs blessés doit passer après les questions de fond : que valent les programmes du point de vue de la réussite des élèves ? (...] La formule pédagogiste qui place «l'élève au centre de l'école » n'est pas de gauche, Elle est démagogique.


    Mars 2008
  • AgoraVox du 28/03/08 :
    La casse du Service public d’Éducation est bien programmée depuis 1996 par l’OCDE.
    1- Le savoir méprisé
    On dirait ainsi que, paradoxalement, dans l’institution chargée de sa diffusion, le savoir est méprisé. Les élèves passent en classe supérieure sans avoir le minimum de connaissance requis. Les examens sont donnés en fonction non d’un seuil minimal de savoir, mais d’un pourcentage de candidats décidés en haut lieu qui prouve d’abord le bon fonctionnement de l’institution.

  • Le Figaro du 19/03/08 :
    Langue française : une rupture dont on se passerait…, par Philippe de Saint-Robert .
    L'agression dont Mme Pécresse vient de se rendre coupable à l'en­contre de la langue française constitue un curieux écho aux propos tenus par le président de la République à Caen, en mars 2007, où il annonçait qu'il se battrait «pour que dans les instances européennes, le français continue d'être employé», ajoutant que ce serait «naturellement une obligation ­ab­­solue pour tout représentant de la France».
    Quant au projet abusif d'imposer aux petits Français un bilinguisme généralisé, il ne ferait que nous précipiter dans le fatal effet de la fameuse loi de Gresham constatée jadis au sujet du bimétallisme, et selon laquelle la mauvaise monnaie chasse la bonne.

  • L'Humanité du 17/03/08 :
    Que faire du baccalauréat ?.
    L’ex-ministre de l’Éducation Claude Allègre, constatant les taux de réussite de ces dernières années (plus de 80 % de réussite en 2006), y voit la preuve d’une dévalorisation du bac. Très récemment, une étude de l’IREDU taxant les résultats au bac de « loterie » est venue alimenter le propos. Xavier Darcos, lui aussi, souhaite réformer le bac général d’ici à la fin de l’année, proposant de refonder ses trois filières en une, accompagnée d’options. Tous s’appuient sur un constat choc et néanmoins imparable : 52 % des étudiants échouent en première année de fac (chiffres du ministère).
  • Le Nouvel Observateur du 13/03/08 :
    Non aux nouveaux programmes de l'école primaire !.
    Deux anciens ministres de l'Education nationale, dans des gouvernements de droite et de gauche, lancent un appel à Xavier Darcos pour qu'il renonce au «populisme scolaire».
  • Le Monde du 07/03/08 :
    Dépoussiérer les livres..., par Régis Debray.
    6. Mécénat d'entreprise. Vu les coûts croissants de la numérisation en mode texte du fonds dit classique, le recours au mécénat d'entreprise soulagerait les finances publiques. Plus d'une serait logiquement intéressée à attacher son logo à la version numérique d'ouvrages de qualité. Dassault, à Vol de nuit. Hermès (les écharpes), au Petit Prince. Pfizer (les molécules contre l'asthme), à la Recherche du temps perdu. Ou encore l'American Express, à Paul Morand.
  • Le Point du 06/03/08 :
    La maternelle, chef-d'oeuvre en péril.
    Julien Dazay fait donc le même constat que la commission Bentolila. Le temps passé en maternelle est essentiellement du temps perdu. Mais sa solution est plus radicale : supprimer les deux premières années et faire de la grande section la première année de l'école élémentaire. Quant à l'accueil des enfants entre 3 et 5 ans, il serait de la responsabilité des services périscolaires communaux subventionnés par l'Etat. Inacceptable ? C'est pourtant ce qui se passe en Grande-Bretagne, où l'école commence à 5 ans, après des années de playschools , c'est-à-dire de jardin d'enfants, où les petits sont autrement mieux encadrés qu'à la maternelle française !
  • Le Monde du 04/03/08 :
    "Retour à la blouse grise" ou "espoir" : les syndicats divisés.
    A l'opposé, l'association Sauver les lettres voit "un espoir, enfin !" dans un projet qui "rompt avec des années de régression" par son "attention vigoureuse à l'enseignement de la grammaire de phrase et du vocabulaire". Le Snalc-CSEN, syndicat le plus proche de l'actuelle majorité, "accueille avec espoir la philosophie générale" de ces programmes, recentrés "sur les fondamentaux et la transmission des savoirs". La Société des agrégés salue la consécration de "l'autorité du savoir" et se félicite d'un "retour au bon sens qui n'a pas d'âge".
    Jack Lang voit dans les projets de Xavier Darcos "un appauvrissement intellectuel de l'école".
    Arrêtons l'imposture consistant à faire passer pour neuves des mesures qui figurent déjà dans les textes en vigueur ! C'est en 2002 que la réhabilitation des savoirs fondamentaux a été opérée, avec une forte augmentation des horaires consacrés à la langue française et au calcul, et des mesures spécifiques sur la grammaire, l'orthographe, le vocabulaire, la récitation ou la rédaction, car il est nécessaire de faire ses gammes. [...] Les auteurs du projet préfèrent obliger les enfants à apprendre le plus-que-parfait et le futur antérieur, qui figurent jusqu'à présent au programme du collège, ou privilégier le calcul sur papier au détriment du calcul mental.


    Février 2008
  • L'Humanité du 29/02/08 :
    Bac L : sept heures d’épreuves en enfilade.
    Ce n’est pas la première plainte entendue à propos de la réorganisation du bac. Des enseignants ont déjà pointé une autre conséquence : qui dit recul des épreuves dit recul des résultats, lesquels ne seront promulgués que le 11 juillet. Où certains se demandent si la reconquête du mois de juin ne vise pas, in fine, l’invasion du mois de juillet.
  • Le Figaro du 29/02/08 :
    Un groupe de travail sénatorial réfléchit à une série de propositions pour réformer l'épreuve.
    Jacques Legendre se dit convaincu de la nécessité de conserver le caractère national de l'examen. Son groupe de travail étudie notamment la possibilité de passer le bac en deux ans, «alors que l'année de terminale est considérée aujourd'hui comme très lourde». Le nombre d'épreuves nécessaires pour tester la valeur d'un candidat est également l'un des thèmes de réflexion. «Pour beaucoup de spécialistes, quatre ou cinq devraient suffire», rappelle Jacques Legendre.
  • Le Parisien du 27/02/08 :
    Les jeunes Américains incultes.
    Quelque 20% des jeunes ne savent pas contre qui combattaient les Etats-Unis durant la Seconde Guerre Mondiale et plus d'un quart (26%) assurent que Christophe Colomb a découvert l'Amérique après 1750, soit plus de deux siècles et demi après sa traversée de 1492.
  • Libération du 26/02/08 :
    L’émotion contre l’Histoire, par Barbara Lefebvre et Samuel Trigano.
    Le président de la République et ceux qui lui ont conseillé cette maladroite initiative sont loin des préoccupations des enseignants et ignorent notamment que la question posée presque invariablement par les élèves est «pourquoi les Juifs en particulier ?», avec une variante : «Qu’est-ce qu’ils ont de spécial pour qu’on leur en veuille toujours ?» En quoi assigner à un enfant de 10 ans le nom et l’itinéraire personnel d’un enfant mort dans la Shoah l’aidera à y répondre ? C’est à l’enseignant de répondre à ces interrogations fondamentales par l’Histoire. En confiant à l’émotion la connaissance d’un fait historique, ici la Shoah, on contribue à en fragiliser la «mémoire».
    Sauver la laïcité, par André Bellon, Caroline Fourest, Catherine Kintzler, Jean-Claude Milner, Henri Pena-Ruiz, Jean Riedinger, Jean-Paul Scot, Bruno Streiff.
    Non à toute réécriture de la loi du 9 décembre 1905 ! Non à son contournement insidieux par quelque voie réglementaire que ce soit ! Non au tarissement de l’action publique à finalité universelle ! Non à la généralisation des entorses multiformes à la laïcité !
  • Blog-Assouline du 26/02/08 :
    Quel tabou de l’anglais ?, par Pierre Assouline.
    La nécessité pour les jeunes débarquant sur le marché du travail de s’exprimer correctement en anglais est si peu un tabou que c’ est devenu une tarte à la crème, un poncif, un lieu commun. En revanche, la carence des mêmes dans leur contrôle de la syntaxe, de la grammaire ou de l’orthographe du français, ainsi que la pauvreté de leur vocabulaire et les inutiles et prétentieuses tortures infligées à la langue par les effets de mode, sont au coeur d’un véritable tabou rarement abordé en public et en profondeur au-delà de la vaine et rituelle déploration sur la baisse du niveau.
  • Marianne2.fr du 24/02/08 :
    Darcos entre l'affect sarkozien et les «vieilles recettes», par Catherine Kintzler.
    Tout en se régalant à la lecture de ce texte, on se demande comment Xavier Darcos s'accommode de la proximité affective brandie par le président de la République pour imposer un très particulier « devoir de mémoire » aux écoliers de CM2. On se demande comment il réussira à installer ces mesures de bon sens en diminuant le volume horaire des cours, en marginalisant le temps scolaire à 4 jours hebdomadaires, et à moyens constants... On souhaite enfin qu'il prolonge son sillon dans le terrain autrement difficile du collège et du lycée.
  • Blog-Bellosta du 22/02/08 :
    " Rester dans le thème de l’échange ", par Marie-Christine Bellosta.
    La réforme est le thème de l’échange commun à tous les Français. Ces jours-ci, c’est de celle de l’école primaire qu’il s’agit : elle avait reçu en mai dernier l’accord majoritaire des Français, le Président de la République, fidèle à son mandat, lui a, très tôt, donné une vigoureuse impulsion initiale, et le ministre Darcos vient d’en présenter le détail aux Français. Or on a pu craindre qu’une digression sur l’instituteur et le prêtre, ou une improvisation sur la mémoire de l’extermination des Juifs, n’en brouillent in extremis la communication et, ce faisant, ne risquent d’en entraver la réussite. C’est pourquoi un simple professeur aurait bien envie d’inviter le premier magistrat de France à se discipliner comme font tous les élèves en cours de français : à planter au fond de son cerveau un petit gendarme qui vérifiera, chaque fois qu’il s’apprête à parler, qu’il restera bien « dans le thème de l’échange » et séparera en lui l’homme du Président.
  • Le Nouvel Observateur du 21/02/08 :
    Pour un cessez-le-feu sur l'école, par Jacques Julliard.
    Enseignants mes amis, pédagogues, syndicalistes : n'allez pas vous mettre en travers de ces louables orientations sous prétexte que Nicolas Sarkozy les préconise ! Car il y a urgence, il y a priorité ! A condition toutefois que Nicolas Sarkozy parle d'une seule voix : on ne peut à la fois tenir le discours de salubrité de Périgueux et approuver en bloc le rapport Attali qui propose d'ajouter au programme minimal la maîtrise de l'anglais, d'internet, l'apprentissage de l'économie, le développement de la créativité... la communale devenant un palais de Dame Tartine du savoir.
  • Le Monde du 21/02/08 :
    Réforme Darcos de l'école primaire : des programmes plus resserrés sur des objectifs plus évalué.
    Les programmes de français évacuent la question des méthodes d'apprentissage de la lecture au profit des "objectifs" précis énoncés dans les progressions annuelles, libre à chaque enseignant de les atteindre à sa façon. La fin de l'observation réfléchie de la langue (ORL), une des notions les plus violemment contestée des programmes de 2002, est consacrée par ces projets de programme qui, sans surprise, réhabilitent la traditionnelle "leçon de grammaire" et précisent pour chaque classe les notions à acquérir en s'efforçant d'éviter les excès de jargon.
    "L'orthographe, une patate chaude transmise de l'école au collège", entretien avec Danièle Manesse.
    Augmenter l'horaire consacré au français, est-ce le bon chemin pour stopper la "baisse du niveau" ?
    Je ne peux parler avec certitude que d'une seule baisse, c'est celle du niveau en orthographe depuis vingt ans, qui tient à la chute de l'orthographe grammaticale. Le niveau d'une classe de 5e de 2006, comme nous l'avons montré, est celui d'un CM2 de 1987.
    Si l'on choisit, ce qui est ma position, d'assurer à tous une maîtrise minimale de l'orthographe, cela mène en effet à préconiser du temps en plus et des moments bien identifiés, consacrés à l'étude de la grammaire.

  • VousNousIls.fr du 20/02/08 :
    Darcos impose plus de français et de maths à l'école primaire.
    Si l'essentiel de ces mesures était connu, les acteurs du primaire ont regretté unanimement qu'elles "sentent le bonnet d'âne et la blouse grise" des années 50, a expliqué Gilles Moindrot, secrétaire général du SNuipp-FSU (majoritaire), plutôt qu'"une école qui innove, qui donne goût de la vie, qui est gaie et qui épanouit".
    "Présentée comme un effort de simplification, elle alourdit les savoirs exigés", a relevé Luc Berille, secrétaire général du SE-Unsa. De fait, les nouveaux programmes réintroduisent le passé et le futur antérieur, ou font apparaître la multiplication dès le CP (le CE1 auparavant).
    Comme ses collègues, le Sgen-CFDT a regretté la trop large place accordée aux exercices répétitifs, apprentissages par coeur, automatismes, "générateurs d'ennui, donc d'échec".

    La suppression de l'école le samedi néfaste pour les enfants, selon un spécialiste.
    Réagissant auprès de l'AFP à la suppression de l'école le samedi, annoncée en septembre 2007 par le ministère de l'Education et prévue pour la rentrée 2008, le Pr Touitou (Inserm), qui a participé à plusieurs débats et expertises à ce sujet, estime que "la semaine de 4 jours est délétère pour les enfants".
    Selon cet expert, les ruptures trop longues "désynchronisent" les rythmes des enfants. La perturbation du rythme du sommeil, si les enfants se lèvent plus tard le week-end, entraîne une "fatigue et une baisse de viligance, avec retentissement sur l'apprentissage, et cette situation se poursuit au moins jusqu'à mardi matin".

  • L'Express.fr du 15/02/08 :
    Shoah en CM2: Simone Veil fustige l'idée de Sarkozy.
    "À la seconde, mon sang s’est glacé". Simone Veil, qui assistait mercredi soir au dîner annuel du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), n’a pas de mots assez durs pour condamner la proposition de Nicolas Sarkozy de "confier la mémoire" d’un enfant français victime de la Shoah à chaque élève de CM2, dès la rentrée prochaine.
  • AgoraVox du 15/02/08 :
    L’école des cadavres, par Lilian Massoulier.
    En fait, à force de commémorations, de souvenirs qui ressemblent comme deux gouttes d’eau à une certaine repentance hier raillée par le candidat Sarkozy, on s’arrange bien avec nos souvenirs, notre passé, notre Histoire. On finit par ne la remplir que de héros et de victimes. Loin des salauds, loin des bourreaux. Loin, donc, de la vérité.
    A l’instar de la lettre de Guy Môquet, la Shoah obligatoire au cours moyen n’est évidemment qu’un gadget politique. Un contre-feu, une diversion pour faire un temps oublier des municipales mal engagées.

  • Le Nouvel Observateur du 14/02/08 :
    A propos d'une gifle, par Jacques Julliard.
    Pendant ce temps, la commission Pochard, pour ne pas être en reste, a proposé que le mérite - pardon la performance - soit désormais pris en compte dans la rémunération des profs ! Il ne faut pas s'arrêter en si bon chemin. Je demande que les honoraires des médecins dépendent désormais de la guérison des rhumes, le traitement des juges du nombre de récidives, celui des ministres et du président de la courbe du chômage. Je crains pourtant que les profs soient seuls victimes du crétinisme managérial qui a envahi la France.
  • Le Figaro du 14/02/08 :
    La déplorable orthographe des élèves québécois.
    Le ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, s'est émue de ces résultats catastrophiques. Et a présenté, le 6 février, un ambitieux plan d'action pour l'amélioration du français dans les écoles primaires et secondaires. Le projet ministériel veut revaloriser la place du français à l'école et procéder à une révision des programmes.
    La grammaire traditionnelle est de retour.
    Fini le jargon grammatical ! Les nombreux parents qui ont transpiré sur les explications grammaticales de leurs enfants seront rassurés. Les nouveaux programmes de l'école primaire, qu'évoquera aujourd'hui Nicolas Sarkozy en déplacement à Périgueux, seront détaillés dès la semaine prochaine par Xavier Darcos dans un document de 24 pages. C'est un changement radical dans l'apprentissage de la grammaire qui s'annonce.
  • Libération du 11/02/08 :
    L’Imprimerie nationale sacrifiée.
    Drapeau à tête de mort accroché sur la façade du bâtiment, mannequin en paille pendu dans l’usine : l’ambiance est au macabre. C’est samedi, et sur l’un des derniers sites de l’Imprimerie nationale, à Choisy-le-Roi, le conflit touche à sa fin. Après trois semaines d’occupation, les salariés devraient cet après-midi se prononcer sur les dernières propositions de la direction. Un énième plan social, plutôt généreux, qui signerait aussi la quasi-liquidation d’une entreprise d’Etat cinq fois centenaire.
    Lourdes, c’est du Zola.
    Le roman Lourdes paraît, lui, en août 1894. C’est le premier livre de Zola depuis la fin des Rougon-Macquart. [...] Les catholiques tordent le nez. Zola n’a pas été touché par la grâce, comme ils l’espéraient, et son livre est mis à l’index, c’est-à-dire interdit de lecture par l’Eglise, dès le 21 septembre. La polémique est lancée. L’évêque d’Aix-en-Provence publie une brochure contre Lourdes, le polémiste Léon Bloy traite Zola de «crétin des Pyrénées» alors que le Gaulois parle de «crime contre l’humanité»
  • Canoë-Infos du 03/02/08 :
    Réforme scolaire - On n’en veut pas.
    (Québec) La coalition estime que la réforme désavantage les enfants défavorisés ou ayant des difficultés d’apprentissage. Elle prône le retour à l’enseignement des connaissances de base en français et en mathématique.
  • Le Journal du Dimanche du 03/02/08 :
    Les enfants qu'on mérite, par Marcel Rufo.
    Un professeur a giflé un élève qui l'a traité de "connard". L'attitude la plus simple, mais la plus "faux derche", consiste à s'inspirer de Ponce Pilate: "Il ne faut pas qu'un professeur gifle un élève et il ne faut pas que celui-ci insulte son enseignant." Mais le représentant de Rome en Palestine était un personnage public et il nous faut retourner vers l'hypocrisie et la médiocrité du quotidien: "Il aurait fallu s'arranger en interne, redire la loi à ce préadolescent et rappeler sa mission à l'éducateur." Il y a donc quelque chose de pourri dans le royaume de Danemark.
  • Marianne2.fr du 02/02/08 :
    La laïcité, une coquille vide ?, par Catherine Kintzler.
    Le modèle républicain est fondé sur la souveraineté d'individus réunis sur une base minimaliste. La laïcité est une expression exemplaire de ce minimalisme, puisqu'elle disjoint la formation du lien politique de tout lien religieux ou social préalable, puisqu'elle suspend au plan politique le principe des appartenances (sans bien sûr dissoudre les communautés réelles) et qu'elle assure la liberté civile par le silence de la puissance publique. A l'opposé un modèle pulvérulent se répand, fondé sur des groupes d'influence qui ne se définissent pas par le suffrage. A tel point que le mot « minorité » change de sens dans le champ politique : mis de préférence au pluriel, il désigne dans les revendications identitaires tout ce qui permet de détruire la généralité et l'aveuglement de la loi au profit de la norme sociale dans des regroupement collectifs qui supposent une obligation d'appartenance.
  • Le Monde du 01/02/08 :
    Une laïcité de chanoine, par Caroline Fourest.
    La laïcité à la française vit-elle ses dernières heures ? "La société a changé", nous dit Michèle Alliot-Marie. La loi de 1905 est censée suivre. Elle nous annonce une modification, non pas de sa lettre, mais de son esprit, par circulaire ou par décret. Encouragé par de tels propos, le recteur de la mosquée de Paris, Dalil Boubakeur, demande carrément un "moratoire".


    Janvier 2008
  • L'Humanité du 28/01/08 :
    « La suppression du bac est loin d’être exclue », entretien avec Brigitte Gonthier-Maurin.
    Le groupe de travail de huit sénateurs de la commission des Affaires culturelles, autour du thème « À quoi sert le baccalauréat ? », doit s’attacher à montrer les évolutions qu’a connues cet examen, à un moment où sa valeur en tant que diplôme comme en tant que sésame vers l’enseignement supérieur fait débat. À l’issue d’auditions, nous comptons proposer des pistes de réforme qui feront l’objet d’un rapport d’information qui devrait être présenté en juin 2008.
    Ce que dissimule le nouveau bac Darcos.
    Beaucoup redoutent un cercle vicieux : le panel des options proposées par un établissement pourrait dépendre du budget qui lui est accordé. Or, ce budget lui-même pourrait dépendre du taux de réussite au bac. Pour résumer, certains lycées proposeront beaucoup d’options et d’autres moins. Conséquence, certains seront enviés et d’autre fuis. La carte scolaire étant en cours de suppression, la concurrence entre les élèves et entre lycées sera d’autant plus forte. Résultat prévisible : la mise en place de lycées élitistes, d’un côté, et de lycées ghettos, de l’autre. Soit une école à deux vitesses.
  • Libération du 26/01/08 :
    Finkielkraut: «L'enfant gâté a succédé à l'homme cultivé», entretien avec Alain Finkielkraut.
    Le droit à la réussite constitue l’élève en client et en produit de la fabrique scolaire. Si le produit est défectueux, le client et ses parents sont fondés à se plaindre. Ce drôle de droit court-circuite la culture, c’est-à-dire l’effort, l’élévation que permet l’école mais qu’elle ne peut faire à la place de l’élève. La métaphore de l’ascenseur social procède du même infantilisme. Il ne suffit pas d’appuyer sur un bouton pour connaître un destin meilleur. Et si la réussite est un droit, la sélection devient un sévice.
  • Le Monde du 25/01/08 :
    Malaise dans la civilisation, par Régis Debray.
    Tout citoyen à la recherche de ce qui le dépasse se verrait enjoint de regarder l'au-delà ? Cela revient à délester la République de toute valeur ordonnatrice. Il y a loin de l'enseignement laïque du fait religieux, que j'avais recommandé, que l'Assemblée nationale a approuvé, à ce détournement dévot du fait laïque. Notre propos n'était pas d'humilier l'instit pour vanter l'iman ou le pasteur. Mais d'étendre les Lumières jusqu'au "continent noir" des religions, non de les abaisser. Encore moins de les éteindre.
  • Le Figaro du 24/01/08 :
    Darcos : «Il faut faire de l'école à l'école !».
    La sophistication de notre dispositif est beaucoup trop lourde. Il faut que nous regardions ce que font nos voisins, chez qui le lycée s'organise la plupart du temps autour d'un tronc commun avec de grandes options. Le cas le plus original est celui de la Finlande, où il n'y a pas de cours en terminale : les élèves vont suivre les enseignements qui les intéressent, travaillent le plus souvent seuls, rencontrent leurs enseignants pour faire le point sur leurs recherches et sont responsabilisés très tôt.
  • LeFigaro.fr du 16/01/08 :
    Crimes contre la lecture, par Robert Marchenoir.
    Si je comprends bien, le président de la Société des gens de lettres aimerait que le métier de professeur se transforme en entrepreneur de spectacles, tandis que le ministre de l'Education nationale aimerait qu'il se transforme en distributeur de jouets. Ce serait trop simple que le professeur fasse connaître les grands écrivains, et enseigne leurs oeuvres grâce aux livres: il doit faire venir un écrivain vivant dans sa classe, que les élèves puissent écouter et toucher.
  • Le Figaro du 15/01/08 :
    Le livre, un outil pour sauver tous ces élèves «sacrifiés»!, par Alain Absire .
    À l'heure où l'Éducation na­tionale annonce des initiatives pour développer une gamme d'outils incitatifs en faveur de la production de l'écrit à l'école, et au moment où Xavier Darcos met en place des tests d'utili­sation de lecteur numérique à encre électronique auprès de 1 500 élèves de sixième, en vue d'aboutir à des terminaux de ­lecture (e-books) adaptés aux collèges, nous sommes fondés à espérer une mobilisation des acteurs du livre en faveur de la découverte de la littérature vi­vante en zone d'éducation.
  • Le Monde du 06/01/08 :
    Secouons les journaux... tant qu'il en reste, entretien avec Jean-François Kahn.
    Faut-il aussi repenser la façon de faire du journalisme ?
    Cela me fait mal de le dire, mais nous allons devoir changer notre mode d'écriture. Il y a un type de phrase qui est mort. Je le regrette, parce que je suis d'une génération qui aime ces phrases cicéroniennes, c'est-à-dire une phrase construite, longue, avec des incidentes. Il faut des phrases plus courtes. Mais surtout intégrer que tout accident grammatical rend la phrase moins accessible. S'il y a huit ou neuf mots après le sujet, eh bien il faut répéter le sujet. Les gens ne connaissent plus beaucoup des mots que nous employons.

  • Agoravox du 03/01/08 :
    La drôle de poignée de mains de Benoît XVI et du président Sarkozy, par Paul Villach.
    On a dit dans un article précédent combien le discours du président Sarkozy au palais du Latran était étonnant et ouvrait une ère nouvelle entre la République française et le Vatican, du moins si le peuple français et ses autres représentants n’y trouvent rien à redire. La photo officielle de la rencontre entre le président Sarkozy et le pape Benoît XVI, jeudi 20 décembre, qui consacre cette « union sacrée », mérite à ce titre qu’on s’y arrête.
  • Le Canard enchaîné du 02/01/08 :
    Des bacheliers dopés à leur insu ?.
    Destinée aux correcteurs des CAP, BEP et bacs pro, la note précise, par exemple, qu'« il s'agit de recourir à une notation positive » et de « prendre en compte les possibilités de réponse (...) qui s'avéreraient acceptables bien qu'elles ne figurent pas sur le corrigé proposé ». Le document conclut en proposant des « procédures de rattrapage ne permettant cependant pas d'attribuer la note 11) » pour les cas difficiles. Et suggère d'attribuer une « note minimum prédéfinie aux candidats manifestant de la bonne volonté ».
  • Le Monde du 01/01/08 :
    Un rapport propose des solutions pour rendre obligatoire l'enseignement de l'histoire des arts.
    Afficher une priorité politique avec un minimum de moyens. Cette équation obsède habituellement les responsables gouvernementaux. [...] Constatant la surcharge des programmes scolaires, le rapporteur écarte toutefois la création d'une discipline nouvelle. Il propose au contraire "un parcours trouvant ses points d'appui et ses points d'accroche dans différentes disciplines et mobilisant la coopération des professeurs de ces disciplines". Lettres, langues, histoire, philosophie et même sciences seront mises à contribution. Un groupe spécifique a d'ailleurs été créé afin de fournir, courant janvier, des propositions pratiques "avec un objectif d'application à la rentrée scolaire 2008".


    Décembre 2007
  • La Provence du 31/12/07 :
    Un rapport plaide pour une spécialisation plus tardive en 1ère et terminale.
    En seconde, les options seraient remplacées par une "préparation au choix" de ce parcours, obligatoire et commune à tous les élèves, qui s'appuierait sur des "activités de découverte".
    En première et terminale, les élèves suivraient "une partie commune à tous - les "fondamentaux"- , et à côté, "des enseignements d'approfondissement", qui auraient un poids "limité en 1ère" et "prépondérant en terminale".
    Ces derniers, "choisis par l'élève en fonction de son projet de formation", comporteraient deux niveaux: "mineur (en nombre d'heures de cours) et majeur pour chacune des spécialités proposées", avec la possibilité de "déboucher sur la constitution d'une dominante".

  • Le Monde du 29/12/07 :
    L'apprentissage de l'histoire et de la géographie dépend étroitement de la maîtrise de la langue.
    Une bonne connaissance du français est indispensable à l'apprentissage des autres disciplines : c'est ce que confirment deux études sur les acquis des élèves en histoire, géographie et éducation civique rendues publiques, mercredi 26 décembre, par la direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP) du ministère de l'éducation.
    [...]
    Ces deux études s'inscrivent dans un cycle "d'évaluations-bilans" par disciplines scolaires, en fin d'école et de collège, engagées en 2003 avec la "compréhension écrite et orale" et destinées à être renouvelés tous les six ans afin de suivre l'évolution du "niveau des élèves". Les prochains résultats, en 2008, porteront sur les sciences et les maths.

  • Le Monde du 28/12/07 :
    Laïcité : l'approche sarkozyenne, par Yvon Quiniou.
    Si la laïcité a un sens positif, ce n'est pas celui que lui prête notre président. Elle a pour fonction non de libérer les croyances, c'est-à-dire de les favoriser, mais de libérer des croyances instituées que les différentes églises ont toujours, peu ou prou, voulu imposer. Appuyée sur la raison, elle doit former l'esprit critique et le libre jugement de chacun, de façon à ce qu'il prenne ses distances avec tous les contenus de pensée religieux qui prétendent se soustraire au débat rationnel et fonder leur légitimité sur une source transcendante échappant à l'intelligence profane.
  • Le Monde du 21/12/07 :
    Contre les ghettos linguistiques, par Alain Bentolila.
    La ghettoïsation engendre, certes, des innovations linguistiques originales. Mais ces créations contribuent-elles à enrichir un trésor linguistique disponible pour tous ? Non ! Cette vision idyllique est celle des faiseurs de dictionnaires à la mode qui voudraient nous faire croire à une langue française quotidiennement renouvelée et équitablement redistribuée. La réalité, c'est que la langue française s'incarne aujourd'hui dans le langage d'hommes et de femmes dont les pouvoirs linguistiques respectifs sont devenus tellement inégaux que la notion même d'intelligence collective risque de se trouver gravement mise en cause.
  • Libération du 20/12/07 :
    BEP, les damnés du système scolaire, par Samuel Johsua.
    une proportion élevée de 46 % de titulaires du BEP, dont le niveau à la sortie du collège ne permettait pas d’imaginer d’emblée un bac pro, poursuit ensuite vers ce diplôme. En pratique, cela signifie qu’ils l’obtiennent alors en quatre ans ; la réforme vise donc à les priver d’une année d’études. Et le recul récent du ministre, acceptant que formellement un diplôme au nom de BEP puisse être délivré au cours de ces trois ans, n’y changera rien. Une année sera perdue. Par ailleurs, Une forte proportion de ceux qui s’engageaient hier en BEP sera demain découragée d’entreprendre un bac pro. Ces élèves seront alors dirigés hors du système d’Etat, vers des structures de formation à l’apprentissage relevant du privé ou des collectivités territoriales. Nouveau bénéfice pour le budget national, nouveau coup porté au système public.
  • Agoravox du 20/12/07 :
    « L’éducation aux médias » et l’École, ou le mycologue inconscient, par Paul Villach.
    L’ Education nationale n’encourt-elle pas le même reproche de négligence coupable à laisser ses élèves ignorer les moyens de mesurer la fiabilité d’une information dont peuvent dépendre une décision, une stratégie, voire une vie ? Car, si la forme d’un champignon permet de distinguer le comestible du mortel, et encore avec bien des précautions, dans le cas des types de discours, à l’évidence, ce n’est pas la forme de transmission par narration, description, explication ou argumentation qui aide à conclure si une information est fiable ou non.
  • Le Figaro du 19/12/07 :
    Retarder les épreuves du bac pour sauver le 3e trimestre.
    Pour les chefs d’établissement, la question de la réorganisation du bac pose nécessairement celle de sa simplification car c’est selon eux «un plus petit nombre d’épreuves qui permettrait de remettre les professeurs devant les élèves». Pour le mo­ment, la réforme des filières du bac annoncée pour janvier a été re­por­tée au mois de mai. Le sujet, est, il est vrai, plus que sensible.
  • 20 minutes du 19/12/07 :
    Ça risque d'être dur d'avoir son Capes en 2008.
    Au total, 20.530 postes sont ouverts, dont 1.730 en interne (2.720 postes bruts en moins qu'en 2007). En 2005, ce chiffre s'élevait à 29.550 postes et l'année 2008 sera l'année la moins favorable aux candidats aux différents concours depuis 2001.
  • AFP du 19/12/07 :
    Un rapport sur l'école préconise la scolarité obligatoire à 3 ans.
    "Apprendre à lire n'est pas apprendre une langue nouvelle: c'est apprendre à coder différemment une langue que l'on connaît déjà", argumente M. Bentolila. Il recommande aussi que les enfants écoutent "deux fois par jour" des textes "aussi éloignés que possible de la langue orale familière". M. Bentolila rappelle que pour bien apprendre à lire, les enfants doivent avoir acquis à la maternelle leur "propre dictionnaire de mots oraux" de 2.500 à 3.000 mots afin de comprendre le sens des mots qu'il apprend à déchiffrer. Il recommande donc d'apprendre "un nouveau mot par jour".
  • Le Figaro du 17/12/07 :
    Les évaluations des écoliers bientôt sur Internet.
    En dévoilant les résultats par établissement, le ministre ne craint pas de mettre les enseignants et les écoles en concurrence.
  • Le Monde du 16/12/07 :
    Alerte sur le "niveau" scolaire.
    Les comparaisons entre pays ou entre époques sont rendues malaisées par la variation des populations scolaires concernées, ainsi que par l'évolution des "savoirs" eux-mêmes et des attentes que la société place derrière ce mot. C'est pourquoi les études qui portent sur des champs précisément délimités et datés sont précieuses pour départager la réalité et le "ressenti". Ainsi, une étude sur les compétences des élèves en orthographe grammaticale, publiée en 2007 par les linguistes Danièle Manesse et Danièle Cogis, a établi qu'en vingt ans s'était produit un glissement de deux années scolaires : une cinquième de 2006 était au niveau d'un CM2 de 1987.
  • L'Humanité du 14/12/07 :
    Valérie Pécresse rend sa copie sur la licence.
    Le contenu des enseignements, d’abord, sera rénové. Baptisée « fondamentale » et mise en oeuvre dès la rentrée prochaine, la première année de ce cycle deviendra « pluridisciplinaire » et insistera sur la culture générale, les langues étrangères et la méthode de travail. Les étudiants bénéficieront du soutien d’un « enseignant référent ».
  • Le Monde du 13/12/07 :
    Le ministre de l'éducation veut mieux rentabiliser le temps scolaire pour les élèves.
    Première nouveauté, les épreuves du baccalauréat de juin seront repoussées d'une semaine. Le début de la session se tiendra le lundi 16 juin 2008 (au lieu du 11 juin). Les épreuves de français pour les élèves de première se dérouleront le 20 juin 2008 (12 juin actuellement). La date des résultats demeure inchangée, le 4 juillet pour le premier groupe d'épreuves, le 11 juillet pour les résultats définitifs.
  • L'Humanité du 11/12/07 :
    Une réforme dangereuse pour des milliers d’élèves.
    Bac professionnel . Pour les professeurs, imposer de passer l’examen en trois ans plutôt qu’en quatre, comme le souhaite Xavier Darcos, c’est condamner une majorité d’élèves à l’échec.
    Bac pro : la colère oubliée.
    Ils crient comme rarement ils l’ont fait et pourtant leur clameur ne produit que peu d’échos. Depuis plus de deux semaines, les lycéens professionnels manifestent, bloquent des établissements, occupent des voies ferrées. À Bordeaux, Brest ou Mulhouse, à Paris, Toulouse ou Montpellier… mais rien n’y fait. La spécificité de leur colère peine à se frayer un chemin médiatique et à se distinguer de celle des opposants à la loi Pécresse sur l’université.
  • Le Monde du 06/12/07 :
    La maternelle doit se recentrer sur l'apprentissage du langage oral.
    Pour Alain Bentolila, dont le rapport sur la refondation de l'école maternelle devrait être rendu public dans les prochains jours, "il faut définir des programmes clairs et établir une vraie progression des apprentissages de la petite à la grande section".
  • Le Figaro du 06/12/07 :
    Premières pistes de réformes pour l’école maternelle.
    Des maternelles devenues des «garderies», des enseignements déstructurés et des «instits» peu ou mal formés : pour Alain Bentolila, linguiste missionné par Xavier Darcos sur le sujet, l’école maternelle est loin d’obtenir le prix d’excellence. «Elle ne réduit pas les inégalités sociales de départ. Sa valeur ajoutée est faible», regrette le linguiste, selon qui «97 % des enfants en difficulté dès le plus jeune âge le seront toujours au collège».
  • Le Monde du 05/12/07 :
    La France paralysée devant ses mauvais résultats scolaires.
    En lecture, la France a ainsi rétrogradé entre 2000 et 2006 de la 14e place à la 17e place. Même chose en mathématiques, où les Français sont passés en trois ans du 13e au 17e rang.
    "La réussite au bac ne peut mesurer la performance", par Jean-Pierre Bourguignon.
    Les résultats remarquables que la Finlande aligne dans ces enquêtes sont fondés sur le choix délibéré de centrer les efforts du système éducatif sur l'assurance de ne laisser personne sur le chemin, dans le cadre d'une société très homogène. Il y a un prix à payer pour obtenir cela, comme nous l'ont montré nos collègues finlandais : une diminution considérable des ambitions de l'école.
  • Le Figaro du 05/12/07 :
    Les écoliers français lisent de moins en moins bien.
    Les enfants français ânonnent en lecture. Ils sont au-dessous de la moyenne si on les compare à leurs camarades étrangers. Et leurs ré­sultats sont en baisse depuis 2001. Tel est l’enseignement d’un rapport amé­ricain publié par le Programme international de recherche en lec­ture scolaire (PIRLS) du Boston College, après avoir testé les aptitudes de lecture de quelque 215 000 en­fants dans 40 pays, l’an dernier.


    Novembre 2007
  • Marianne2.fr du 28/11/07 :
    La réforme Pécresse malmène les sciences humaines, par Marc Thiland.
    Si la nouvelle réforme des universités fait si peur aux étudiants, c'est que même avec la meilleure volonté possible, on a du mal à imaginer que les entreprises françaises, farouchement accrochées à un principe de formatage de ses employés pour l'exercice d'une fonction très étroite, s'engagent dans une véritable politique de financement des sciences humaines.
  • Le Monde du 23/11/07 :
    Entreprises cherchent apprentis littéraires.
    A la rentrée 2007, une cinquantaine d'étudiants ont intégré Elsa, le nouveau dispositif d'insertion professionnelle mis sur pied par le Conservatoire national des arts et métiers (CNAM) et Sciences Po Paris.
    Pour une réforme progressiste de l'université, par Philippe Corcuff.
    On nous vante une réforme "libérale" en capacité d'"ouvrir" des universités effectivement en crise, mais on confectionne un monstre institutionnel, fondé sur l'alliance de l'arbitraire bureaucratique et du marché, cumulant leurs inconvénients respectifs.
  • Le Monde du 20/11/07 :
    Les présidents d'université ne parlent pas en notre nom.
    Cette loi rend possible - tout dépendra de la personne appelée à occuper ces fonctions - une forme de despotisme présidentiel dont on peut craindre qu'il ne soit pas toujours éclairé. Ce faisant, se développeront symétriquement, à des degrés inconnus jusqu'alors, une concentration de tous les pouvoirs entre les mains d'un nombre de personnes extrêmement limité et, partant, d'inévitables pratiques de clientélisme.


    Octobre 2007
  • Le Monde du 31/10/07 :
    La réduction des horaires divise les enseignants.
    "Prétendre que l'on apprendra mieux en travaillant moins est un impudent mensonge, dont le tour paradoxal vise à désarmer notre bon sens, s'emporte Laurent Lafforgue, mathématicien, lauréat de la médaille Fields et coauteur de l'ouvrage collectif La débâcle de l'école (éditions François-Xavier de Guibert, 2007). Il est désolant d'avoir à rappeler une évidence : plus on consacre de temps à l'étude, mieux on apprend."
  • Le Monde du 30/10/07 :
    Xavier Darcos dévoile plusieurs aspects de la réforme de l'enseignement primaire.
    Concernant les programmes, M. Darcos a indiqué qu'il voulait "concentrer les objectifs sur l'écriture, la lecture, la maîtrise de la langue". Selon lui, "on se disperse beaucoup" à l'école primaire et "il faudrait renoncer à cette manie qu'a l'école de s'occuper d'un peu tout ". "Il faut, a-t-il ajouté, faire de l'école un athlète et non plus un sumo". M. Darcos entend donc "clarifier" les programmes de sorte qu'ils tiennent "sur quelques pages", que "tout le monde les comprenne" et qu'ils puissent être remis aux familles. Il a souhaité "que la représentation nationale soit associée d'une manière ou d'une autre" à l'adoption de nouveaux programmes, "soit par les commissions spécialisées" des deux assemblées, "soit par des débats".
  • Libération du 29/10/07 :
    Réforme de l’école primaire : le ministre brandit le programme.
    Quels cours supprimera-t-on ?
    Prudent sur une question qui divise, le ministre a tout de même donné des pistes : «L’écriture, la lecture, le français sont des objectifs prioritaires. Il faut que nos programmes se concentrent dessus, on se disperse trop.» Un tel discours va faire plaisir à toutes les associations, comme Sauver les lettres, qui dénoncent la dramatique baisse de niveau général et réclament un retour aux programmes classiques. En revanche, cela va conforter les craintes des syndicats enseignants et de certaines fédérations de parents d’élèves. Pour eux, la maîtrise du français ne passe pas seulement par des cours d’orthographe et de grammaire, mais aussi par des cours d’histoire-géographie qui risquent d’être réduits. Le sport et les langues vivantes, ayant été désignés par le président Sarkozy comme des priorités, devraient être épargnés. Mais tout ce qui est considéré comme annexe – les arts plastiques, les activités découvertes, etc – pourrait être visé. «L’école s’occupe un peu de tout», a regretté Darcos. Le ministre annoncera son plan en détail à la rentrée des vacances de la Toussaint, après avoir cette fois consulté.

  • Marianne2.fr du 09/10/07 :
    Haute trahison, par Anne-Marie Le Pourhiet.
    Comment qualifier et sanctionner, dès lors, un tel coup d'Etat ? Le texte de la très populaire Constitution de 1793 n'y allait pas de main morte en disposant, dans son article 27 : « Que tout individu qui usurperait la souveraineté soit à l'instant mis à mort par les hommes libres ». La peine de mort étant désormais prohibée par la Constitution française il convient de s'y conformer et de se tourner plutôt vers l'article 35 du texte de 1793 qui affirmait solennellement : « Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l'insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs ».
  • Libération du 06/10/07 :
    Les séries ES, trop à gauche pour Darcos et le Medef.
    Sur le «rééquilibrage» voulu par le ministre, l’association n’a pas obtenu de précision. Dans le cadre d’une seconde moins spécialisée, elle a proposé d’introduire les SES dans le tronc commun. Et dans la ­filière L, d’ouvrir une option SES - traitant par exemple de l’économie dans la culture. Xavier Darcos, qui s’était dit favorable à une fi­lière commune avec des options, est resté de marbre.
  • AFP du 04/10/07 :
    Darcos: "objectifs de simplification" des programmes en primaire présentés fin octobre.
    Le ministre de l'Education nationale Xavier Darcos présentera fin octobre, après "concertation" avec les syndicats, des "objectifs de simplification" des programmes en primaire, resserrés autour de l'enseignement des disciplines fondamentales, a annoncé le ministère jeudi à l'AFP.
  • Le Monde du 03/10/07 :
    Le collectif Sauver les lettres dénonce le "moins d'école" de Xavier Darcos.
    La décision de M. Darcos "marque une nouvelle étape dans la destruction de l'enseignement élémentaire", a estimé, lundi 1er octobre, Sauver les lettres. Le collectif n'est nullement convaincu par l'argument selon lequel les heures d'enseignement supprimées le samedi matin seront consacrées aux élèves en difficulté : selon lui, ce "moins d'école" n'aboutira qu'à "accentuer l'inégalité scolaire".
  • Marianne.fr du 01/10/07 :
    Lettre à l'Educateur des éducateurs.
    Plus sérieusement, quand on s'intéresse tant soit peu à l'école, on est fatigué de voir régulièrement surgir des grands discours à la fois creux et nocifs (hier Claude Allègre et Luc Ferry, aujourd'hui vous), qui ne s'occupent jamais d'une chose essentielle : l'école primaire, où une partie essentielle de l'avenir scolaire se joue, aussi bien dans le sens de la réussite que de l'échec. Moins de parlote et plus de concret, s'il vous plaît : pas de classe du CP au CM2 à plus de 15 élèves et mixité sociale obligatoire. Ce serait déjà une vraie révolution autrement plus efficace que votre théorie de l'efficacité.


    Septembre 2007
  • Le Journal du dimanche du 30/09/07 :
    Le linguiste et les frolos.
    La stigmatisation orthographique irrite le boulimique des lettres. "Si vous voyiez la variété des orthographes chez les premiers imprimeurs français! Certains textes sont en écriture phonétique sans qu'on n'y ait rien trouvé à redire. Et les poètes du XVIe prenaient d'énormes libertés par rapport à la grammaire et l'orthographe. Alors, laissons à la culture hip-hop ses licences poétiques." Pour le linguiste, une conclusion s'impose: "Il est urgent de faire la réforme de l'orthographe, sinon on va aboutir à deux langues, le français écrit et le français parlé. Et les fossés se creuseront encore plus."
    Pennac: "J'étais un cancre, un vrai".
    Et quelle était votre méthode, pour que ça réussisse ?
    On commence par une petite dictée, tous les matins. On n'en fait pas un drame, on la corrige lentement, ensemble. Tu ne sais pas ce qu'est un adjectif démonstratif ? Je vais te l'expliquer. Tu l'auras oublié demain ? Je te l'expliquerai de nouveau. Et puis on va plonger dans la langue: apprendre des textes par coeur. Des longs et des courts, comme cette phrase de Woody Allen: "Le loup et l'agneau partageront la même couche mais l'agneau ne dormira pas beaucoup." On va l'apprivoiser, la langue, cet animal revêche qui te fait si peur. On va la dompter. Et, de textes simples en "grands" textes, voilà qu'un jour, celui qui n'a jamais rien su réciter se met à jouir de ses facultés mnémoniques. Celui qui a toujours eu zéro en dictée obtient de vraies notes.

  • Libération du 28/09/07 :
    Darcos cherche son rythme.
    Le ministre a justifié sa décision par trois impératifs. D’abord, entre la semaine des quatre jours, celle des quatre jours et demi avec, en alternance, un mercredi et un samedi travaillé, ou encore celle avec des cours un samedi sur deux, «personne ne s’y retrouve». Il faut donc mettre de l’ordre. Ensuite, a-t-il poursuivi, «la famille non plus ne se retrouve plus pendant le week-end». Enfin il a insisté sur les bénéfices de cette décision pour les 15 % d’élèves en très grandes difficultés dans le primaire : les trois heures qui disparaissent le samedi leur seront attribuées pendant la semaine. «Ils auront un soutien individualisé», a-t-il expliqué sans préciser davantage.
    «Il faut avant tout alléger la journée», entretien avec François Testu.
    Nous avons évalué sur le terrain les effets catastrophiques de quatre jours secs. Un week-end a sur les enfants (surtout ceux qui subissent les rythmes de leurs parents qui n’ont pas d’occupations) des conséquences qui durent jusqu’au lundi, voire mardi midi. Ils ont du mal à s’y remettre. Le vendredi est perturbé à cause d’un phénomène d’aspiration (l’attente du samedi).
  • Le Monde du 27/09/07 :
    Les carences de la notation menacent la valeur des diplômes universitaires.
    De fait, les universités semblent frappées de fatalisme face aux faiblesses du système d'évaluation. Sans illusion sur la qualité et la valeur des parchemins qu'elles délivrent, elles se contentent alors, selon les rapporteurs, de gérer "la médiocrité". Ces carences entraînent une démotivation des étudiants : "Ils ont pris l'habitude de louvoyer, la poursuite du diplôme devenant la recherche de la stratégie la plus payante, en choisissant les professeurs dont la rumeur rapporte qu'ils notent le plus généreusement, les unités dont on entend dire qu'elles "rapportent le plus"..."
  • Le Monde du 26/09/07 :
    La "révolution" de la fonction publique est une forfaiture, par Anicet Le Pors.
    L'entreprise annoncée aujourd'hui est autrement grave. En dénonçant le "carcan du concours" et en le mettant en balance avec le contrat, à l'instar de ce qui a été fait à La Poste, à France Télécom ou au GIAT avec les résultats que l'on sait (bureaucratie, division du personnel, financiarisation des objectifs), en prônant l'individualisation des rémunérations pour mieux esquiver les demandes de revalorisation de l'ensemble des organisations syndicales et encourager le clientélisme partisan sous prétexte de reconnaissance du mérite, en encourageant les départs de la fonction publique au bénéfice d'un humiliant "pécule", le président engage une véritable "contre-révolution culturelle" sans mandat du peuple français. Cela s'appelle une forfaiture.
  • L'Humanité du 26/09/07 :
    Claude Hagège: « La langue française est menacée », entretien avec Claude Hagège.
    En France la langue a toujours été une affaire politique. Voyez les mesures prises pendant la Révolution, par le comité de salut public, par la commune insurrectionnelle de Paris et par Robespierre… Désormais, la France est en train de devenir un pays dans lequel on est prêt à vendre sa langue. On n’y croit plus. Une grande partie de la droite et une non moins grande partie de la gauche ont des positions nouvelles qui ne s’inscrivent pas dans la tradition française. Résultat : on finit par ne plus avoir conscience de ce que signifie le fait d’avoir une conception politique de la langue.
  • L'Humanité du 20/09/07 :
    Bientôt l’anglais obligatoire ?.
    Parmi les mauvais coups préparés cet été par le gouvernement Sarkozy, l’attaque contre notre langue nationale est passée la plus inaperçue. Pourtant, il y a urgence : dès le 26 septembre, l’Assemblée doit examiner à fin de ratification le protocole de Londres. Un texte qui permettra à tous les brevets déposés en anglais d’être applicables en France sans traduction. Un « grave danger pour l’avenir de la langue française dans le domaine scientifique et technique et bien au-delà », dénoncé mardi au cours d’une conférence de presse par le Comité contre le protocole de Londres. Pour son président, le linguiste Claude Hagège, professeur au Collège de France, il s’agit ni plus ni moins, d’un « vaste programme de domination qui revêt le masque de la mondialisation ».
  • Le Monde du 13/09/07 :
    La feuille de route de l'Elysée à Christine Albanel inquiète les professionnels de la culture.
    "La création ne peut être attendue, elle surgit. Qu'est-ce donc que l'attente du public ?", s'interroge M. Martinelli. "L'accent est mis sur la demande. Mais c'est la qualité de l'offre qui élève le niveau de la demande", confirme Didier Bezace, directeur du Théâtre de la Commune, à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis). "Dans cette lettre, on voit se dessiner une culture de masse, française, où les enfants apprennent à aimer le patrimoine littéraire de "notre" pays... Jamais il n'est fait référence à l'art comme outil critique", ajoute le metteur en scène.
  • Le Canard Enchaîné du 12/09/07 :
    Des tests un peu trop primaire.
    Les instituteurs de CM2 viennent de recevoir un document qui les laisse pantois. Celui-ci, appelé "livret d'évaluation", contient des questions (maths, orthographe, grammaire) à poser aux élèves pour évaluer leurs connaissances un an avant l'entrée au collège.
    Or une bonne partie de ce livret est la copie conforme (à quelques nuances près) du livret d'évaluation proposé, l'an dernier, ... en CE2 !

  • Libération du 11/09/07 :
    Guy Môquet revu et corrigé, par Pierre Schill.
    Au pire, la lecture sera réalisée par un enseignant qui aura cours par hasard à ce moment-là. Et un haut cadre du ministère de l’Education nationale de penser que «cette lecture ne devait pas être réservée aux professeurs d’histoire-géographie», une manière d’avouer que ce n’est pas l’analyse critique et la mise en perspective qui importent ici, mais plutôt le pathos et une forme de «communion» avec le Président.
  • Cyberpresse.ca du 08/09/07 :
    La formation des maîtres, suite.
    Et si c'était un peu plus tordu que cela?
    Et si, par un certain nivellement par le bas mais aussi par son ouverture sur la vie, sur la pratique, par sa substitution de «l'apprendre» par «le faire», la réforme était effectivement de gauche dans son application, mais avec une finalité de droite: former des demi-analphabètes fonctionnels, bien intégrés au milieu, je veux dire au marché?
    Et si, à l'inverse, mon école à moi était effectivement de droite derrière ses murs et ses règles qui en font un lieu protégé de l'actualité et des modes du temps, avec des savoirs à apprendre plutôt que des habiletés à intégrer, mais de gauche quant au résultat, en cela qu'elle formerait des citoyens critiques de leur milieu et capables de s'en libérer?

  • L'Humanité du 07/09/07 :
    Faut-il revenir aux "bonnes vieilles méthodes" ?.
    Apprentissage . Face à l’échec scolaire, les promoteurs d’une pédagogie à l’ancienne gagnent du terrain. Sans pour autant convaincre le monde enseignant.
  • Le Nouvel Observateur du 06/09/07 :
    Le scandale de l'illettrisme.
    C'est encore un sujet tabou. Même si, dans les réunions de parents d'élèves et à la sortie des établissements, on ne parle que de cela. De plus en plus d'élèves ont du mal à lire et à écrire correctement. La faute à la civilisation de l'image ? Aux inégalités sociales ? Aux méthodes pédagogiques ? «Le Nouvel Observateur» a enquêté.
  • L'Express du 05/09/07 :
    Le Petit Robert fâche Alliot-Marie et les policiers.
    "T'es un pauvre petit rebeu qu'un connard de flic fait chier, c'est ça !" Cette phrase, illustration de la définition du mot "rebeu" du dictionnaire Le Petit Robert, a provoqué la colère de syndicats de policiers. La ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie a exprimé sa désapprobation.
  • Le Monde du 05/09/07 :
    La baisse du nombre d'enseignants passera par celle des heures de cours.
    Des emplois du temps allégés et une palette d'options réduite : c'est le régime que semble choisir le gouvernement pour éponger les 11 200 suppressions de postes dans l'éducation nationale prévues au budget 2008.
  • Cyberpresse.ca du 01/09/07 :
    La maman de Marius.
    Au fond de la classe, la maman de Marius prête plus ou moins attention quand, tout à coup, elle se raidit. La maîtresse vient de dire:
    Il faut que vous faisiez...


    Août 2007
  • Le Monde du 31/08/07 :
    Xavier Darcos veut "des enseignants moins nombreux mais mieux payés".
    Un professeur de français certifié qui a en charge quatre classes au collège, par exemple, peut-il sérieusement "travailler plus pour gagner plus" alors qu'il n'a déjà pas les moyens matériels et moraux d'enseigner sa discipline dans des conditions dignes et pour lui et pour ses élèves ?
    Xavier Darcos : Cessons de dire que dix-huit heures de cours par semaine représentent un exploit sans égal. Je ne conteste pas que les conditions de travail peuvent être parfois difficiles, mais, pour les volontaires, d'autres engagements supplémentaires sont peut-être supportables.

  • Libération du 27/08/07 :
    Un rapport sévère pour l’école primaire.
    Le chef de l’Etat devrait recevoir jeudi 6 septembre, à sa demande, le principal syndicat du primaire, le SNUipp, outré par la vision qu’il juge trop unilatérale du HCE. «Le rapport noircit le primaire, estime Gilles Moindrot, du syndicat. Il n’y a rien de positif, nulle part il ne fait état des réussites qu’il y a eues, comme la scolarisation des enfants handicapés, qui a grimpé, ou encore la baisse du taux de redoublement de 40 à 20 % ces quinze dernières années. En outre, toutes les études auxquelles le rapport se réfère sont déjà connues.»
  • AFP du 27/08/07 :
    Un rapport conseille à Sarkozy de concentrer l'effort sur le primaire..
    Dans l'entourage du HCE, on a affirmé à l'AFP que le rapport démontrait, chiffres à l'appui, que "le collège marche bien, pas le primaire". [...] Pour redresser la situation, le HCE insiste sur "le rôle déterminant de l'école maternelle", s'est félicité le principal syndicat du primaire, le SNUipp-FSU. [...]
    En novembre dernier, une étude de l'Insee est venue conforter les revendications des syndicats en faveur d'un développement de la maternelle. Balayant une idée reçue, elle révélait que les niveaux qui sont acquis à la maternelle jouent un rôle "quatre à cinq fois plus important" dans la réussite de la scolarité d'un élève que celui de son origine sociale. De l'aveu même de Xavier Darcos vendredi, "nous savions déjà ce que dit le HCE".

  • Marianne du 27/08/07 :
    Travailler moins pour apprendre moins.
    Alors que le Haut Conseil de l'Education ose enfin dénoncer le naufrage de la maternelle et du primaire, où est l'intérêt des 40% d'élèves entrant au collège avec des lacunes importantes ? Après des décennies durant lesquelles le contenu et les exigences ont été rabotés, une heure de vide en plus ou en moins peut bien sembler dérisoire. Alliance objective des gestionnaires et des pédagogistes.
  • Le Monde du 26/08/07 :
    L'école primaire jugée trop "résignée" devant l'échec des élèves en difficulté.
    Distinguant 60 % des élèves dont les résultats sont "acceptables ou satisfaisants", 25 % qui "ont des acquis fragiles" et 15 % qui "connaissent des difficultés sévères ou très sévères", le HCE déplore que l'école semble "s'être résignée à l'échec des élèves qui accumulent les insuffisances" et "se révèle (...) incapable de mettre en place un soutien et un rattrapage efficaces". Les chances d'accomplir une bonne scolarité étant "très fortement liées au niveau initial des compétences au cours préparatoire", il observe que, au lieu de se résorber, "les difficultés identifiées dès le début de la scolarité s'aggravent avec le temps".
  • Le Nouvel Observateur du 23/08/07 :
    Education : Xavier Darcos confirme la suppression de 11.000 postes.
    Xavier Darcos estime qu'"on ne manque pas de professeurs", la France en comptant 83 pour 1.000 élèves dans le secondaire contre 66 en Allemagne et 60 au Royaume Uni.
    "L'offre d'options est à revoir", ajoute-t-il, car "on compte sur le territoire 500 professeurs d'allemand sans élèves. Même situation pour le portugais. De même pour certaines options désertées dans certaines sections professionnelles".
    "Rationnaliser les études"
    Xavier Darcos déclare également qu'alléger les emplois du temps "est d'autant plus nécessaire qu'il n'y a pas de corrélation entre le temps passé et la réussite".

  • La Provence du 22/08/07 :
    Nicolas Sarkozy sonne la "vraie rentrée".
    "Il ne s'agit pas de créer de pénuries en supprimant des postes, mais dans l'Éducation je souhaite que les enfants effectuent moins d'heures. En réduisant le nombre d'heures effectuées par les élèves, on réduit globalement le nombre d'heures de cours. Donc on pourra économiser des postes". L'objectif annoncé de suppression de postes de fonctionnaires reste de 22000 personnes.
  • Le Figaro du 15/08/07 :
    Xavier Darcos, enfin maître de l'école.
    En accédant au cercle très fermé du gouvernement Fillon, le maire de Périgueux a gagné sa revanche. Une revanche qui n'a tenu qu'à un fil. « J'ai beaucoup hésité, parce que c'était la décision la plus importante que nous devions prendre dans la formation du gouvernement », a expliqué récemment Sarkozy à des proches. « Nous avions peur qu'un homme du sérail n'ait pas le courage de réformer. Mais pour le moment, tout se passe bien », confiait de son côté François Fillon, qui fut tenté un temps de nommer Michel Barnier.
  • Libération du 08/08/07 :
    La voie sans issue du collège allemand.
    «A Berlin, où le marché du travail est très tendu, les entreprises préfèrent former des jeunes issus des Realschule et même des lycées plutôt que ceux qui viennent des Hauptschule, regrette le pédagogue. Dans les Länder du sud et de l’ouest du pays, où la situation économique est meil­leure, c’est un peu différent : les entreprises se rendent compte qu’elles ont davantage intérêt à former un élève peut-être médiocre mais qui restera dans l’entreprise, plutôt qu’un lycéen qui se lancera ensuite dans des études supérieures. A condition que ces élèves respectent les règles élémentaires de discipline et de ponctualité.»


    Juillet 2007
  • Valeurs actuelles du 13/07/07 :
    Les naufrageurs de l’école.
    Faut-il aussi rappeler que le budget de l’Éducation atteint 77 milliards d’euros, y compris l’Enseignement supérieur, soit 28 % du budget de l’État ? « Les moyens consacrés à l’école ont doublé en un quart de siècle, souligne François Fillon dans la France peut supporter la vérité (Albin Michel). Quand je fus élu à l’Assemblée nationale en 1981, le budget de la Défense était le premier de la nation, loin devant celui de l’École. Aujourd’hui, l’Éducation nationale représente près du double des dépenses militaires. » Combien de porte-avions faudra-t-il encore sacrifier pour contenter les syndicats ?
  • AFP du 12/07/07 :
    Darcos veut recentrer l'école primaire sur les acquis fondamentaux.
    "Nous faisons trop de choses à l'école primaire, on se disperse", a argumenté le ministre, qui a souhaité "revenir aux fondamentaux, aux exercices les plus nécessaires à l'exercice intellectuel sous toutes ses formes : lire, écrire, compter".
  • Le Monde du 12/07/07 :
    Mathématiques : le bon niveau des élèves est un trompe-l'oeil.
    Depuis quelques années, certains tirent la sonnette d'alarme sur le niveau en mathématiques. Les alertes les plus troublantes sont venues de responsables de grandes écoles d'ingénieurs, qui dressent le constat d'une diminution des compétences de leurs étudiants, pourtant issus des classes préparatoires scientifiques. Ce phénomène est également constaté par les entreprises qui recrutent leurs diplômés dans ces établissements.
  • Le Figaro du 12/07/07 :
    L'université, un enjeu majeur, une réforme en trompe-l'oeil, par Yves Laszlo et Denis Mazeaud.
    Au nom de l'autonomie, le texte orchestre l'hégémonie du président de l'université. Celui-ci peut notamment procéder à des nominations discrétionnaires d'administratifs et d'enseignants. Et même dans le cas plus encadré des enseignants-chercheurs, le texte lui accorde, ni plus ni moins, qu'un droit de veto qui l'autorisera à remettre en cause le recrutement dans des disciplines où il n'a aucune compétence et à désavouer, dans certaines disciplines, les procédures nationales de recrutement. On comprendra que le projet soit soutenu par la CPU (Conférence des Présidents d'Université)...
  • Le Figaro du 06/07/07 :
    Et si on enseignait le français en France ?, par Marie-Christine Bellosta.
    L'accès des adolescents au patrimoine littéraire n'est pas handicapé seulement par leur méconnaissance de la langue. Il l'est aussi par des programmes de lycée absurdement ambitieux et complexes. Dans l'intention louable d'initier les lycéens à ce qu'il y a de proprement littéraire dans la littérature, on a construit ces programmes autour de notions techniques qui rendent compte du « fait littéraire ». On n'avait pas prévu que cela stériliserait l'enseignement du français (et détournerait les élèves des filières littéraires) parce que, dans la pratique, le sens des textes passerait au second plan. Or « à quoi sert la littérature », si ce n'est à donner du sens à l'expérience que chacun a du monde et de soi-même ?
    La hiérarchie de l'Éducation nationale soutient que, si ces programmes conduisent au mépris du sens, c'est parce qu'ils sont mal enseignés. Reconnaissons plutôt qu'ils ne sont pas enseignables. La preuve en est que les plus hautes autorités s'avèrent souvent incapables de fournir des sujets de bac qui respectent le sens des textes.
    Le sujet 2007 des séries ES et S en offre un exemple.

  • Les Echos du 05/07/07 :
    Education : le gouvernement vise 17.000 suppressions de postes en 2008.
    En annonçant la semaine dernière que le nombre de postes supprimés à l'Education nationale tournerait « aux alentours de 10.000 » en 2008, Xavier Darcos avait fait sensation. Manifestement, le propos, s'il a eu le mérite de faire passer l'idée que le chiffre serait élevé, n'était que tactique pour un ministre pris entre le marteau de Bercy et l'enclume des syndicats. Eric Woerth, ministre du Budget et de la Fonction publique, s'est d'ailleurs bien gardé de confirmer quoi que ce soit... car l'arbitrage sera en réalité proche de 17.000, selon des sources gouvernementales.


    Juin 2007
  • Le Monde du 26/06/07 :
    Le supérieur malade de l'école, par Alain Bentolila.
    Il y a sans doute urgence à réformer en profondeur nos universités. Mais nous risquons de commettre une fois de plus la même erreur : imaginer que l'on peut transformer une seule des composantes du système - la plus haute - sans se préoccuper des autres qui la soutiennent et l'alimentent, c'est ignorer que nos étudiants ont été enfants de maternelle, élèves du primaire et du secondaire et que la qualité de la formation intellectuelle et linguistique qu'ils y ont acquise conditionnera la hauteur des ambitions de l'université qui les accueillera.
  • VousNousIls.fr du 15/06/07 :
    Jean-Louis Nembrini : « On peut proposer une école républicaine attrayante et performante sans carte scolaire ».
    La nouveauté pour cette rentrée prochaine réside dans l’établissement d’une liste de critères prioritaires pour les dérogations. Les premiers concernés sont les enfants handicapés, puis viennent les bourses au mérite, suivis des autres boursiers… On fait donc valoir des critères sociaux afin d’assurer une diversité sociale.
  • Le Nouvel Observateur du 14/06/07 :
    L'école à la carte, débat avec Xavier Darcos et Marie Duru-Bellat.
    Il y a quarante-cinq ans, la carte scolaire avait été mise en place alors que le collège unique n'existait pas. Depuis, il y a eu la massification. Les établissements sont désormais marqués par l'environnement et par une ghettoïsation soulignés par les sociologues. (...) Sur cette affaire de carte scolaire, il faut bien comprendre que l'on ne supprime pas les objectifs : on change juste les instruments. Philippe Meirieu me caricature en disant que je veux « supprimer le Code de la route parce qu'il y a des chauffards » . C'est tout l'inverse : quand les voitures changent, il faut adapter les routes.
  • Le Monde du 12/06/07 :
    Les bacheliers de la série littéraire sont de moins en moins nombreux.
    Pour sauver les "L", Mme Le Fustec propose une solution radicale, que ne partagent pas, loin s'en faut, la plupart de ses collègues professeurs de lettres. "Je ne pense pas qu'il faille défendre bec et ongles la spécificité de la filière "L", considère l'enseignante. C'est scier la branche sur laquelle nous sommes assis, il faudrait au contraire que nos disciplines irradient les autres filières. N'est-ce pas anormal que les étudiants en médecine soient gavés de maths et de physique alors qu'il faudrait les gaver aussi d'humanités ?"
    Une position soutenue par l'AFEF qui propose une réforme des études au lycée. "Plutôt que d'enfermer les littéraires dans un ghetto-mouroir, pourquoi ne pas proposer un tronc commun qui donne à tous une formation équilibrée ?", s'interroge sa présidente. L'association est aussi favorable à l'ouverture de l'enseignement littéraire à des domaines voisins comme la sociologie, la philosophie ou la psychologie.

  • Libération du 11/06/07 :
    Lycéen littéraire, une espèce en voie d'extinction.
    Au bac général, dont les épreuves commencent aujourd'hui avec la philo, l'option littéraire est désormais loin derrière. Cette année, seuls 18,6 % des candidats présentent le bac L, contre 31,8 % en ES et 49,5 % en S. «Ce qui est triste à dire, souligne Anne, c'est que les meilleurs en français en seconde vont la plupart du temps en S. Ils sont souvent bons aussi dans les matières scientifiques. La section S apparaît ainsi comme la plus générale et assurant le plus de débouchés.» Anne fait toutefois la distinction avec les grands établissements des centres-ville, où les filières littéraires restent prestigieuses et qui possèdent des classes préparatoires : «Dans nos lycées de banlieues, les élèves ont souvent peur de l'écrit : parfois, en arrivant en seconde, ils n'ont lu que les livres imposés jusqu'ici par leurs profs.»
  • AFP du 09/06/07 :
    Erik Orsenna veut redonner le plaisir de la langue française.
    L'académicien Erik Orsenna publie début juin le troisième volet de ses contes grammaticaux, pour défendre la langue française malmenée par le jargon académique et redonner "le plaisir du texte".
    "C'est parti d'une colère, d'une irritation. Je ne comprenais pas les questions qu'on posait en français à mes enfants. Une sorte de jargon continue d'envahir l'enseignement des lettres... On a privilégié l'analyse à la pratique, on a cassé le plaisir du texte", explique-t-il à l'AFP.


    Mai 2007
  • Le Monde du 23/05/07 :
    Des lycéens dispensés d'"interro surprise".
    La méthode : quelques jours avant l'évaluation, les professeurs donnent une liste de questions déjà traitées et corrigées en classe (exercices, définitions, études de textes...). Les élèves bénéficient d'une séance de questions-réponses pour éclaircir les points qui ne seraient pas compris. Ils savent que pour la plus grande partie de la note (des deux tiers aux trois quarts), les questions seront piochées dans cette liste. Le tiers ou le quart restant sera issu de questions non connues.
  • Le Figaro du 22/05/07 :
    Le gouvernement prépare la suppression de la carte scolaire.
    L'ASSOUPLISSEMENT de la carte scolaire, qui doit aboutir à terme à sa «suppression», entrera en vi­gueur dès la prochaine rentrée, a annoncé hier Xavier Darcos, le ministre de l'Éducation nationale. Ce dernier souhaite explorer toutes les pistes pour donner aux familles le droit de choisir l'établissement scolaire de leurs enfants. « Ce sera un changement profond », a précisé le ministère, car « les établissements scolaires auront à veiller à une diversification sociale et géographique de leurs effectifs ».
  • Le Monde du 20/05/07 :
    Lorsque Xavier Darcos se "lâchait" sur son blog.
    On imagine mal un ministre de l'éducation livrer à chaud des réflexions comme celles consignées dans son agenda le 10 janvier 2007, après avoir rencontré l'ambassadeur de France au Canada : "Daniel Jouanneau nous montre comment le Canada a réussi sa réforme budgétaire et réformé sa fonction publique (- 20 % de fonctionnaires) ; il y a donc des pays où c'est possible..."
  • Le Figaro du 19/05/07 :
    Pourquoi je ne lirai pas la lettre de Guy Môquet, par Michel Ségal.
    Je ne leur lirai pas parce qu'ils seraient bien incapables d'en comprendre le sens profond, et même d'en comprendre les mots qui la composent ; parce que notre école demande aux enfants de réinventer eux-mêmes les règles d'écriture ou de syntaxe. Je ne la lirai pas parce que depuis une trentaine d'années, l'école leur apprend le mépris du patrimoine et la méfiance du passé. Je ne la lirai pas parce que cette lettre me fait honte, honte de la maturité d'un adolescent il y a plus de soixante ans face à l'infantilisation construite par notre école de ceux du même âge aujourd'hui.
  • Le Monde du 15/05/07 :
    La note de vie scolaire reste contestée dans les collèges.
    Destinée à évaluer le comportement général des collégiens, la nouvelle "note de vie scolaire" attribuée à chaque élève depuis la rentrée 2006 est élevée, voire très élevée. "Dans une immense majorité des situations, cette note se situe au-delà de 15 sur 20, précise un rapport de l'inspection générale de l'éducation nationale de février. Dans plusieurs départements, 85 % des élèves ont 17 ou plus." Cette notation - attribuée par le chef d'établissement sur proposition du professeur principal - prend en compte l'assiduité des élèves et leur respect du règlement intérieur (pour 10 points chacun). Des points supplémentaires peuvent être attribués pour récompenser l'engagement des élèves
  • The Independent du 15/05/07 :
    Id quod circumiret, circumveniat - Latin makes a comeback.
    A study by the Cambridge Classic Project has discovered that there are now 459 state secondary schools teaching Latin. That is not very many, out of a total of 4,000, but in 2003 when Latin was available in only 200 state schools.
  • The Guardian du 13/05/07 :
    Latin storms state schools.
    The number of state secondary schools offering Latin has soared from 200 three years ago to 459, new research will reveal today. From after-school clubs for gifted pupils to pan-European contests and on-line courses, Latin is in vogue.
  • Libération du 09/05/07 :
    Blouse grise, bonnet d'âne : le retour ?, par Gilles Moindrot.
    La thèse est simple, mille fois ressassée : baisse du niveau à l'université, bac sans valeur, collège en perdition... Et une nouveauté : c'est d'abord la faute à l'école primaire. «L'école est malade. Les performances s'effondrent. L'enseignement explicite, structuré et progressif est interdit.» En trois points, le procès est dressé. Il fait peur. Déboussolés par la gravité des problèmes qui se posent à l'école, les signataires nous proposent un repli vieillot vers le XIXe siècle. Ils mythifient leur enfance, passant sous silence les échecs de cette époque où jamais plus d'un jeune sur deux n'a n'obtenu son certificat d'études primaires.


    Avril 2007
  • Libération du 25/04/07 :
    L'école d'antan fait encore rêver.
    «La France a eu la meilleure école du monde jusque dans les années 1970», a tranché un participant. Le problème, c'est que depuis, il y a eu la «massification» : tous les jeunes vont désormais jusqu'au brevet. Pour les grands syndicats de l'éducation, c'est un acquis incontestable. Pour ces associations, en revanche, le collège unique a contribué au déclin. Le collectif refuse de se prononcer sur ses préférences politiques. Les groupes qui le composent viennent de divers horizons. Leur rhétorique, très «méritante», les fait plutôt pencher vers Sarkozy.
  • Le Monde du 20/04/07 :
    Dix mille pétitionnaires appellent le futur président à une "refondation de l'école".
    Ses cinq initiateurs ne sont pas des inconnus dans les milieux de l'éducation. Le mathématicien Laurent Lafforgue, médaille Fields 2002, éphémère membre du Haut Conseil de l'éducation, avait dû en démissionner en novembre 2005 après avoir, dans un courriel, comparé la "Nomenklatura" de l'éducation nationale à des "Khmers rouges". L'instituteur Marc Le Bris est membre de l'association "Sauver les lettres". Le mathématicien Jean-Pierre Demailly est président du GRIP (Groupe de réflexion interdisciplinaire sur les programmes), dont Michel Delord, professeur de mathématiques, a été l'inspirateur.
    Enfin, cheville ouvrière de l'appel, Frédéric Guillaud, normalien, agrégé de philosophie, a été, de septembre 2005 à mai 2006, conseiller technique au cabinet du ministre de l'éducation nationale, Gilles de Robien.

  • Le Figaro littéraire du 05/04/07 :
    La grammaire et le solfège, par Claude Duneton.
    Il y a fort à parier que les auteurs de ces errements, par ailleurs d'excellentes personnes, sont nés au cours des années 1960, ou peu après. Ils sont entrés à la “grande école”, disons entre 1968 et 1975. C'est la première génération d'élèves que l'on n'a plus fait réfléchir à temps sur la langue française. En clair, ce sont des gens qui ont appris à lire plus ou moins globalement, comme qui dirait “au pifomètre” (bonne été), et n'ont jamais “fait de grammaire”, du moins pas de cette grammaire au ras des pâquerettes, répétitive, lassante - passionnante aussi ! - constituée par l'analyse des mots et l'analyse logique des phrases. Or cet entraînement est indispensable à l'acquisition complète de la langue française.
  • AFP du 02/04/07 :
    Le CSE rejette les 15 minutes de calcul mental au primaire.
    Un projet d'arrêté modifiant les "horaires de l'école primaire", de la maternelle au CM2, a été, de sources syndicales, repoussé par 41 voix contre, 6 pour 6 abstentions, et 3 refus de vote. Il s'agissait de formaliser notamment les 15 minutes de calcul mental par jour, les trois heures hebdomadaires entièrement réservées à l'apprentissage de la grammaire, ainsi que le principe de l'apparition d'une langue vivante dès le CE1.
    De même source, les textes modifiant les programmes, pour tenir compte notamment de l'apprentissage des quatre opérations en dernière section de maternelle ou des "leçons de mots" en vocabulaire, ont été rejetés par 36 voix contre, 8 pour et 3 abstentions.


    Mars 2007
  • Le Monde du 31/03/07 :
    L'école, notre cause commune, par Jean-Pierre Boisivon, Christian Forestier, Jean-Claude Luc, Jacky Richard, Georges Septours, Bernard Toulemonde..
    Mais, compte tenu des contraintes budgétaires du pays, qui peut croire que, au-delà de ces priorités, un effort sérieux en faveur de notre système éducatif ira de soi sans changements profonds dans son fonctionnement et dans ses performances ? Surtout quand l'efficacité de certains choix coûteux n'est étayée par aucune démonstration probante. C'est le cas du recours excessif au redoublement des élèves ; de la scolarisation à 2 ans et de ses 7 000 postes ; de la gamme trop étendue des enseignements optionnels qui font de notre lycée le plus coûteux du monde ; ou de la carte trop confortable des formations post-bac... Enfin, on ne peut exclure qu'un tel réexamen s'étende aux modalités de répartition des moyens entre l'enseignement public et l'enseignement privé sous contrat.
  • Le Monde du 30/03/07 :
    La littérature est très maltraitée, vous savez..., par Jean Rouaud.
    La francophonie est un concept politique qui ne recouvre aucunement le territoire de l'imaginaire dessiné par cette littérature de langue française surgie des quatre coins du monde. Boualem Sansal, un des plus grands écrivains algériens, s'est vu ainsi refuser le qualificatif d'écrivain francophone lors du Salon du livre de Paris, l'an passé, parce que l'Algérie n'appartient pas officiellement à l'OIF. Israël non plus, qui le souhaiterait avec ses 20 % de francophones. On voit bien que ceci est une autre histoire, une histoire de nations, et que c'est très loin de cette idée d'une affranchie de toute tutelle nationale. En revanche, la lecture des Champs d'honneur pourrait peut-être vous aider à voir le monde autrement. Il y est dit une chose : que pour savoir qui l'on est, il vaut mieux savoir d'où l'on vient. L'idée de l'intégration est peut-être généreuse, mais elle a ce grand défaut qu'elle demande aux entrants de déposer leurs bagages à la frontière. Comme si on vous demandait d'abandonner père et mère pour avoir une chance de faire peau neuve.
  • Le Nouvel Observateur du 29/03/07 :
    Sauvons les littéraires !.
    Le manque de considération portée à ces disciplines cruciales pour la formation de la réflexion, de l'esprit critique n'est évidemment pas une bonne nouvelle. Mais il comporte de surcroît quelques effets secondaires embarrassants : «Les entreprises tirent la sonnette d'alarme depuis plusieurs années sur les difficultés d'expression à l'écrit ou à l'oral de certains candidats», constate, par exemple, Pascal Brouaye, directeur de l'Ecole centrale d'Electronique (ECE), une école d'ingénieurs parisienne.
  • France-Culture du 25/03/07 :
    Nation, nationalisme et identité nationale.
    Je pense que Jean-Claude sait, mais peut-être pas tous les auditeurs, qu’un des grands projets du Ministère de l’Education nationale, c’est de casser la discipline dite du " Français " en deux : d’une part, une discipline obligatoire, qui serait la langue et la communication, et une discipline à option qui serait l’histoire de la littérature et de la tradition littéraire française. Il faut se rendre compte de l’ampleur énorme que peut représenter le fait que, effectivement, on ferait apprendre aux petits français, le Français dans les notices pharmaceutiques, et que STENDHAL ou BALZAC seraient réservés à une petite élite qui, parce que ce sont des fils d’enseignants, ou parce que ce sont, peut-être, des fils d’immigrés qui veulent apprendre mieux le Français, se choisissent l’option de la tradition littéraire. C’est énorme. Il faut bien se rendre de ce que simplement l’existence de ce projet véhicule de rupture de civilisation.
  • Le Monde du 23/03/07 :
    L'école face à la barbarie consommatrice, par Philippe Meirieu.
    La préoccupation principale des enseignants - ce qui les épuise aujourd'hui - est de faire baisser la tension pour favoriser l'attention. Et le malaise est là : moins dans le niveau qui baisse que dans la tension qui monte.
    Face à ce déferlement de l'infantile, la pensée magique fait des ravages : restaurer l'autorité, changer les méthodes de lecture et apprendre les quatre opérations dès le cours préparatoire sont présentés comme des moyens de sauver les lettres et la République ! Triomphe de la prescription technocratique quand il faudrait créer obstinément des situations pédagogiques où l'enfant découvre, dans l'action, que la jouissance de l'instant est mortifère et qu'il n'y a de désir possible que dans la construction de la temporalité.

  • Le Point du 22/03/07 :
    Interview de Danièle Manesse.
    Je pense qu’il ne faut pas lâcher sur l’orthographe grammaticale. Il faut d’une part mener un enseignement systématique combinant mémorisation et exercices répétitifs, d’autre part réfléchir sur les textes, ce que l’on appelle l’observation réfléchie de la langue. Les enfants doivent comprendre pourquoi ils font des fautes. Enfin, il faut que les maîtres consacrent des leçons spécifiques à la grammaire.
  • Le Monde du 17/03/07 :
    Un ministère indésirable dans une démocratie libérale, par Tzvetan Todorov.
    Dans son roman 1984, Orwell décrit plusieurs ministères institués dans le pays totalitaire Océania : le ministère de la vérité, celui de la paix, de l'amour, de l'abondance. Nicolas Sarkozy, candidat à la présidence de la République, vient d'allonger cette liste en promettant de créer, s'il était élu, un "ministère de l'immigration et de l'identité nationale". Orwell précise que les nouveaux ministères sont désignés en "novlangue" par des abréviations : Miniver, Miniamour, et ainsi de suite ; c'est à cette série qu'appartiendrait le nouveau Minident.
  • Le Monde du 16/03/07 :
    Ecole, mythe et mirage de la démocratisation, par Alain Bentolila.
    On a mis en place un fonctionnement pervers qui a permis de décider a priori des taux de succès à des examens peu à peu dévalués et d'afficher ainsi une façade démocratiquement présentable. Notre école se ment et ment à ses élèves, dont les frustrations seront d'autant plus exacerbées que le constat de leurs insuffisances aura été déraisonnablement repoussé.
  • L'Humanité du 15/03/07 :
    « Apprendre, ce n’est pas empiler, c’est mettre en relation », entretien avec Éveline Charmeux.
    Cela signifie que l’on n’a pas besoin d’une « bibliothèque » personnelle ?
    Éveline Charmeux. On a surtout besoin d’un dictionnaire de textes. Plus on lit, plus on apprend. Et placés face à un texte, les enfants, en groupe, sont tout à fait capables de formuler des hypothèses concernant le sens des mots... La leçon de vocabulaire ne devrait avoir qu’un objectif : apprendre à utiliser le vocabulaire que l’on connaît déjà.
    Mais existe-t-elle déjà ou non, cette leçon de mot ?
    Éveline Charmeux. Elle existe, bien sûr, on ne l’a jamais quittée et malheureusement, elle continue de se faire, dans bien des cas, sur des recherches de sens. Ce qui, encore une fois, ne sert à rien. <