Revue de presse

(Adresse des journaux en rubrique Liens).



Novembre 2017

Presse / Vousnousils du 01/08/2017/ Aux USA, l’écriture cursive fait son come-back à l’école
Après avoir préféré le clavier d'ordinateur au stylo, les USA font machine arrière. Selon des chercheurs, l'écriture cursive a une grande importance pour apprendre. Depuis 2016, l’apprentissage de l’écriture cursive n’est plus obligatoire en Finlande. […] avec l’idée que le numérique prend une place toujours plus importante dans nos vies, que les jeunes adultes écrivent de moins en moins à la main, et que l’écriture cursive serait donc désuète. Pourtant, des scientifiques soulignent depuis longtemps l’importance de l’écriture cursive pour améliorer le développement du cerveau et de la motricité. Selon Edouard Gentaz, chercheur au CNRS, l’apprentissage de l’écriture cursive participe au développement d’une « motricité fine » que l’ordinateur ne permet pas, et a une place essentielle dans l’apprentissage de la lecture.

Presse / Paris-Normandie du 03/09/2017 /Le désastre d'un enseignement tiré vers le bas (Isabelle Dignocourt)
Vous vous décrivez comme une fille de « l’école d’avant ». Cela veut dire quoi ?
Je fais référence à l’école qui permettait à un enfant issu d’une famille de modeste condition de s’élever, de réussir des études et d’avoir des rêves qui pouvaient se réaliser. Aujourd’hui, un certain nombre d’élèves n’a plus cette chance-là.
Vous effectuez cette année votre 26ème rentrée, et vous écrivez « avant j’étais professeur ». Pourquoi utiliser le passé ? La succession de réformes et notamment la dernière, sur les collèges, a été le déclenchement d’une colère enfouie. On nous demande de plus en plus d’être animateurs – il n’y a pas de mépris dans mon propos, j’ai été animatrice de centre de loisirs - alors que ce n’est pas le rôle du professeur. On nous demande d’animer des choses mais plus d’apporter des connaissances. En formation, on nous dit que le savoir est disponible sur internet...
Presse / Le Monde du 11/10/2017 / Vers une énième réforme du brevet en 2018 ? (Aurélie Collas)
Le ministère de l’éducation propose de revenir à des épreuves cloisonnées, discipline par discipline. [...] La tentative de regrouper les épreuves par bloc interdisciplinaire – un bloc littéraire d’un côté, un bloc scientifique de l’autre – n’aura donc pas duré. Il est vrai qu’à écouter la communauté éducative, elle n’avait pas fonctionné, contribuant même à complexifier l’examen. [...]
Dans le barème toujours, le poids du français et des mathématiques est renforcé : ils comptent chacun à hauteur de 100 points, contre 50 antérieurement. De source syndicale, il n’est pas exclu que l’épreuve de français comporte une sousépreuve d’étude de la langue centrée sur de la grammaire – même si cela n’apparaît pas dans le texte.
Presse / Libération du 11/10/2017 / Sans le latin, la messe nous emmerde (Johann Chapoutot)
Je suis de ceux qui ont pleuré de rage en voyant le latin conspué, les classes bilangues entamées, et la réforme des rythmes scolaires mise en oeuvre au grand désarroi des collectivités locales. La justice sociale, brandie par la gauche au pouvoir, était bafouée : les grands lycées de centre-ville n’étaient pas fous au point de sacrifier leur latin et leurs langues. Quant aux grands établissements privés, certains font du latin, et de la grammaire dès l’école primaire, et ils ont raison.
Je ne connais pas M. Blanquer. Je n’aime pas ce qu’il dit sur l’autonomie des établissements. Mais je souscris à tout ce qu’il dit sur la langue, le latin (n’oublions pas le grec), les fondamentaux, la lecture. Les humanités sont la voie d’accès à notre humanité, tout simplement.
Presse / Le Monde du 22/10/2017 / Les MOOC font pschitt (Marine Miller)
Présentés il y a cinq ans par les universités américaines comme une révolution pédagogique, ces cours en ligne ont-ils tenu leurs promesses ? [...] « Tout le monde est d’accord sur le fait que les cours magistraux dans des amphithéâtres bondés sont à bannir, mais les professeurs n’en sont pas moins des acteurs de théâtre qui sentent les réactions du public et pas des acteurs de cinéma », estime Pascal Engel, philosophe et directeur d’étude à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS). L’enseignement est une activité « vivante » qui suppose des « allers-retours, des changements de vitesse et des adaptations ». « Le numérique est excellent pour stocker de l’information mais il est loin d’être évident qu’il apprenne à raisonner, à questionner ses sources, à réfléchir, ce qui est le but d’un enseignement universitaire », estime le philosophe.
Presse / Le Monde du 29-30/10/2017 / Servons-nous du bac comme instrument de l'égalité républicaine (Julien Picault)
Un garde-fou important est de garantir l’objectivité des notes du bac. D’où l’importance de ne surtout pas introduire de contrôle continu. Ce serait une grave erreur ! Car qui dit contrôle continu dit importance du niveau du lycée et dit une course potentielle à l’inflation des notes pour améliorer le taux de réussite au bac.
Presse / Vousnousils du 03/11/2017 / Les bacs S, ES et L bientôt supprimés ? (Julien Picault)
L’universitaire a notamment évoqué la fin des filières scientifique, littéraire, et économique et sociale du bac général. Il souhaiterait mettre en place, durant les 3 années qui précèdent l’examen, une « relative individualisation des parcours », afin d’aboutir à une « autre manière de délivrer le bac, avec des intitulés plus précis ».


Août 2017
TRIBUNE / Propositions pour une nouvelle école démocratique

Presse / L'Obs du 18/04/2017 / Propositions pour une nouvelle école démocratique
http://tempsreel.nouvelobs.com/presidentielle-2017/20170418.OBS8138/ecole-lesos- d-un-collectif-de-professeurs-adresse-aux-candidats.html (Sauver les lettres)

1er principe : L’instruction de tous doit être la finalité de l’école L’institution scolaire a pour mission de donner à tous les élèves, quels que soient leur origine et leur milieu, une véritable formation intellectuelle exigeante. Nous considérons qu’elle est défaillante quand, au prétexte de s'adapter à un prétendu « déficit » des plus démunis culturellement, elle propose aux jeunes un simulacre d’instruction, à coup de gadgets pédagogiqueset d’activités infantilisantes. [...]
2ème principe : Il faut instaurer les conditions d'une égalité réelle des élèves dans l'accès au savoir Pour réaliser l’égalité d’instruction il faut défendre le collège unique et enseigner les mêmes savoirs avec les mêmes exigences dans tous les établissements du territoire. Ce sont les méthodes qu’il faut adapter aux élèves, non les contenus. (...]

      Télécharger le texte complet

Presse / Le Monde / 12/06/2017 / Bac 2017 : Faire des dissertations a-t-il encore un sens ? (Isabelle Dautresme)
Epreuve de questionnement et d’engagement personnel, la dissertation, particulièrement de philosophie, encourage aussi une certaine liberté de pensée. Elle oblige à sortir de son propre point de vue et à adopter celui de l’autre. « Il faut faire comme si on n’était pas d’accord avec soi-même. Dans une démocratie laïque où il est tellement facile de dire ce que l’on pense et de le faire savoir, la dissertation de philosophie nécessite de penser ce que l’on ne pense pas spontanément, et ainsi de transformer ses croyances en opinion dont on peut discuter avec les autres. C’est un exercice encore plus important aujourd’hui », souligne Pierre-Henri Tavoillot.

Presse / Le Monde / 04/07/2017 / Le premier ministre annonce un bac entièrement réformé en 2021 (Aurélie Collas)
Le projet s’articule autour de deux idées. La première est de « resserrer les épreuves finales autour d’un plus petit nombre de matières et [de] définir ce qui relève du contrôle continu », a déclaré M. Philippe. Pendant la campagne présidentielle, Emmanuel Macron s’était engagé à limiter le nombre d’épreuves finales obligatoires à quatre, et à faire passer les autres en contrôle continu. Le chef de l’État entend « moderniser » l’examen bicentenaire. Le « remuscler », pour reprendre l’expression de son ministre de l’éducation nationale, Jean-Michel Blanquer.

Presse / Vousnousils / 28/07/2017 « Un retour du latin et du grec, adapté au XXIe siècle » (Jean-Michel Blanquer)
Jean-Michel Blanquer s’est aussi exprimé sur les cours de latin et de grec. « Lors de la réforme du collège menée par mes prédécesseurs, on a véhiculé un message contre-productif, selon lequel le latin serait désuet et élitiste. C’est totalement faux. Le latin est au coeur de notre langue, donc structure notre mentalité. [...]» Des propos qui font écho à ceux de François Martin, président de la CNARELA (coordination nationale des associations régionales des enseignants de langues étrangères) en avril 2017. « Cette réforme [du collège] a été complètement bâclée : changement de l’intégralité des programmes d’enseignement de la 6e à la 3e, explosion de la grille des horaires réglementaires (avec diminution des horaires de latin et de grec ancien de 50% en 5e et 30% en 4eet 3e) et disparition du latin et du grec ancien comme disciplines, transformés en « enseignements de complément », absents des grilles réglementaires, alors qu’ils y avaient leur place lorsqu’ils étaient des disciplines optionnelles », déclarait-il.


Avril 2017
Presse / Mediapart du 18/03/2017 Le réservoir, les jolies fleurs et la poubelle (blog de Guillaume Mélère)
Une plongée édifiante dans une ÉSPÉ : le récit véridique d'une matinée de formation d'un jeune professeur de français.
« Notre métier, c’est d’arroser les jolies fleurs des qualités plutôt que les mauvaises herbes des défauts. Si je dis à un élève « tu es nul ! », j’arrose ses mauvaises herbes. Mais si je lui dis : « tu as réussi cet exercice ! » j’arrose les jolies fleurs de son jardin ! » Apparemment, à côté du réservoir, il y a aussi une poubelle, dans laquelle il faut jeter les mauvaises herbes. La formatrice invite d’ailleurs chacun de nous à jeter à la poubelle les mauvaises herbes de ses défauts, et elle nous annonce qu’à la fin du séminaire, nous irons tous ensemble vider notre poubelle à la déchetterie. Plusieurs questions me viennent à l’esprit : Le réservoir est-il au milieu du jardin ? Qu’est-ce que l’arrosoir ? Contient-il de l’eau ou du carburant ? Est-ce que les mauvaises herbes peuvent attaquer le réservoir ? Que se passe-t-il si on met trop de carburant dans notre réservoir, et qu’on fait déborder l'amour et l'amitié sur les mauvaises herbes ? Peut-on arracher les mauvaises herbes de ses élèves sans les violenter ?
Presse / Vousnousils du 03/04/2017 « Le numérique engendre des effets négatifs » (Cnesco)
« La recherche montre que tous les outils numériques n’ont pas que des effets bénéfiques sur les apprentissages, voire dans certains cas engendrent des effets négatifs », indique le Conseil national d’évaluation du système scolaire (Cnesco) dans son rapport d’une conférence consensus, tenue en mars 2017, et intitulée « Comment adapter l’enseignement pour la réussite de tous les élèves ? » [...]
Dans sa synthèse, le Cnesco appelle ainsi à ne pas surcharger les élèves en sources d’informations : « La recherche montre que lorsque les formats de présentation de l’information sont trop nombreux (ex : liens hypertextes), ils peuvent engendrer des difficultés chez les apprenants et une charge cognitive importante et inutile. Ainsi, la plupart des élèves apprennent mieux à partir de deux sources d’information plutôt que trois ».
Presse / Vousnousils du 14/04/2017 « Le latin pour tous n'est qu'une promesse en l'air du ministère » (François Martin)
Aujourd’hui, quel constat peut-on faire de la réforme du collège sur l’enseignement du latin et du grec ? Il faut être prudent car nous sommes seulement à quelques mois d’application de la réforme. Mais il est clair que le constat est négatif. A la rentrée 2016, en 5e, plus de 6 000 élèves manquent à l’appel en latin, si l’on se réfère aux effectifs de la rentrée 2015. Cette réforme a été complètement bâclée : changement de l’intégralité des programmes d’enseignement de la 6e à la 3e, explosion de la grille des horaires réglementaires (avec diminution des horaires de latin et de grec ancien de 50% en 5e et 30% en 4e et 3e) et disparition du latin et du grec ancien comme disciplines, transformés en « enseignements de complément », absents des grilles réglementaires, alors qu’ils y avaient leur place lorsqu’ils étaient des disciplines optionnelles. L’ambitieux projet du ministère ‘le latin pour tous’ n’a donc pas du tout fonctionné ! Cela n’a été que des promesses et des paroles en l’air….


Février 2017
Presse / Libération du 02/01/2017 Culture Cécile Alduy
Depuis quelques années déjà, le mot «culture» dépérit dans le débat politique. Non qu’il ait été entièrement abandonné, à l’instar de son voisin d’hier, «humanisme». Le mal est plus retors : le mot «culture», à force de n’être utilisé que dans son sens civilisationnel ou ethnographique («culture française»), a été vidé de son sens premier, artistique et intellectuel (les arts et les lettres), pour se pétrifier dans la bouche des politiques en obsession identitaire.
Presse / L'Humanité du 02/02/2017 A propos du prédicat et de l'école élémentaire. Le français perd sa grammaire. Antoine Desjardins
Le prédicat est à la fois une complication et un appauvrissement. Quand Michel Lussault ose tweeter « le prédicat va apprendre aux élèves à rédiger », on se dit qu’il se moque du monde. Son prédicat guérit-il aussi des écrouelles, permetil les retours d’affection ? On est dans la pensée magique. On ne voit pas en quoi repousser l’analyse de la phrase en cinquième et sans doute même à terme se passer tout à fait de la grammaire permettrait de mieux maîtriser l’écrit…
Presse / Télérama du 08/02/2017 Tzvetan Todorov, mort d'un penseur humaniste Gilles Heuré
Les livres de son enfance, notamment ceux de Mark Twain et de Victor Hugo, le persuadèrent, quand il entra à l’université de Sofia en 1956, que les étudier deviendrait sa « profession ». Dans La Littérature en péril, recensant les méthodes aujourd'hui en vigueur – histoire littéraire, analyse structurale –, il confiait redouter qu’elles ne parviennent pas à saisir la véritable fin de la littérature, « celle du sens qui permet au lecteur de mieux comprendre l’homme et le monde, pour y découvrir une beauté qui enrichisse son existence ; ce faisant, il se comprend mieux lui-même ».
Presse / Télérama du 29/11/2016 Le choc de simplification des bulletins trimestriels Lucie Martin
Déjà, en amont, pour évaluer, c’est n’importe quoi. Comme personne ne veut trancher, ni le ministère en haut, ni la direction de l’établissement en bas, nous pratiquons dans mon établissement l’évaluation par note (sur vingt, le truc que tout le monde connaît) ET par compétences (les ronds rouges, oranges, jaunes, et fifty shades of green…). Enfin non, certains enseignants tiennent aux notes et refusent d’évaluer par compétences. D’autres, eux, sont passés entièrement aux compétences, et se voient obligés de mettre quand même une note en fin de trimestre
Presse / Le Monde du 07/02/2017 Education prioritaire et classe bilangues : les approximations de Najat Vallaud-Belkacem Laura Motet
Le directeur du collège privé Saint-Stanislas de Plouër-sur-Rance a annoncé sur le site de l’établissement qu’une section bilangue ouvrira bien à la rentrée 2017. Le 1er février, le secrétaire général du service départemental de l’éducation nationale des Côtes-d’Armor a signé l’attribution des heures d’enseignement correspondant à l’ouverture d’une classe bilangue allemand dans son établissement.Après vérification, le collège public du Val de Rance de Plouër-sur-Rance (Côtes-d’Armor) a bien vu sa classe bilangue supprimée à la rentrée 2016.


Décembre 2016
Presse / Libération du 17/10/2016 : Cher François Dubet (Laurent Joffrin)
C’est être progressiste que d’interroger des changements qui n’aboutissent pas. […] De toute évidence, le débat sur la lecture ne met pas seulement aux prises la droite réactionnaire et la gauche progressiste. Elle divise aussi ceux qui cherchent à réduire les inégalités scolaires et à promouvoir une école pour tous. Autrement dit, la gauche. Et ce n’est pas forcément rejoindre la réaction que de s’interroger sur le bien-fondé de réformes qui, de toute évidence, peinent gravement à améliorer les choses.
Presse / Le Monde du 09/11/2016 : Une réponse à Najat Vallaud-Belkacem : « Le devoir d’un ministre de l’éducation est de défendre les professeurs »
(Cécile Ladjali) la fin de la diffusion, la ministre de l’éducation est interrogée par la journaliste qui lui demande de réagir à ce qu’elle vient de voir. [...] Mais rien ne se passe. [...] Pas un commentaire concernant le caractère spécieux du reportage qui ne montre pas la réalité du terrain, à savoir celle de 850 000 titulaires, excellemment formés, conscients que l’Ecole de la République et la transmission des valeurs humanistes demeurent le nerf d’une guerre que l’on dit déclarée. C’est évidemment à cela que l’on pense quand une équipe de télévision choisit la place de la République comme décor à son émission. On espère alors que des liens vont être établis… Mais non, rien. Cette mise en scène médiatique sert au contraire de promontoire à la ministre, qui dévide son laïus habituel.
Presse / Vousnousils du 12/12/2016 : Réforme du collège : difficile de faire du latin en une heure. (Fabien Soyez)
A la base, le but de Najat Vallaud-Belkacem était « d’ouvrir le latin au plus grand nombre » , mais c’est le contraire qui se produit. Avant, les heures de latin étaient intégrées dans la dotation horaire globale… mais avec la réforme, elles ont disparu des grilles, et les moyens pour assurer son enseignement sont beaucoup plus restreints.


Octobre 2016
Presse / Vousnousils du 17/06/2016 L'apprentissage de l'allemand est fortement ébranlé par la réforme du collège
[Cette discipline] est fortement ébranlée par la réforme du collège. Une enquête, réalisée auprès d’enseignants d’allemand de collège, montre que cette réforme fait reculer notre discipline. Le nombre d’heures attribuées à l’allemand dans les dotations horaires des collèges à la rentrée 2016 est en forte baisse. [...] D’autant que toutes les sections européennes de collège sont supprimées. […] La réforme entre en vigueur de façon très inégale selon les académies. Tandis que les classes bi-langues seront massivement supprimées dans les académies de Caen, Rouen, Rennes, Poitiers, Lyon, Lille, et Reims, la quasi-totalité est maintenue à Paris.
Presse / Vousnousils du 01/07/2016 Les élèves sont très attirés par le grec – même plus que par le latin.
Dans le secondaire, la mise en application de la réforme du collège est extrêmement dangereuse pour le grec. D’après les informations dont nous disposons, 28% des sections de grec risquent de fermer en collège. C’est scandaleux ! […] Le grec permet d’accéder à de nombreux textes qui sont souvent très motivants pour les élèves, comme les textes mythologiques par exemple. Quand j’enseignais dans le secondaire, j’ai constaté que les élèves étaient très attirés par le grec -même plus que par le latin. C’est une langue qui les intrigue et qui peut leur apporter une vaste culture générale. Cette dernière servira d’ailleurs pour l’étude des textes de la littérature française.
Presse /Le Monde du 03/07/2016 Les Français sont atteints de la rage de ne pas parler leur langue. (Michel Ocelot, réalisateur, auteur des films d’animation Kirikou, Les Contes de la nuit (2011), Azur et Asmar (2007))
Je fais des films. J’ai l’honneur d’être distribué au Japon par un studio prestigieux d’auteurs que j’admire. Ils ont dernièrement soumis l’affiche japonaise d’un de mes ouvrages au distributeur français et au réalisateur, avec leur courtoisie habituelle. C’était l’affiche française telle quelle, avec quelques lignes ajoutées en japonais. Le distributeur français, un des plus importants, un ténor du cinéma français, avec expérience et connaissances, mais français, a immédiatement envoyé ses instructions : enlever tout le français et le remplacer par de l’anglais. Nos interlocuteurs ont alors demandé la permission de conserver le français, pour vendre mieux.
Presse /Café Pédagogique du 13/07/2016 Simplifier le bac, une bonne idée ? (François Jarraud)
"Le bac reste un rite initiatique très important en France" déclare la ministre de l'éducation nationale dans Les Échos le 12 juillet. […] Cette vision est fausse. Si le bac n'est plus qu'une formalité pour, en gros, les candidats au bac général, où 9 élèves sur 10 sont reçus, ce n'est pas le cas de tous les Français. Plus d'un jeune sur cinq n'a toujours pas le bac. Et cette absence de diplôme a de lourdes conséquences sur son devenir, en lui fermant l'accès à l'enseignement supérieur et en lui ouvrant en grand la porte de Pôle Emploi. Autrement dit cette idée d'un bac rituel vient tout droit des beaux quartiers.
Presse /Le Monde du 29/08/2016 Rentrée scolaire : la mise en oeuvre de la réforme du collège s'avère difficile. (Aurélie Collas)
[…] Quel que soit le stade de mise en oeuvre, la réforme continue malgré tout à susciter beaucoup d’inquiétudes. D’abord, parce que tout n’a pas pu être anticipé. « On a essayé de se préparer au mieux, mais dans mon collège d’éducation prioritaire, on a un tiers de nouveaux professeurs qui arrivent à la rentrée et qu’il va falloir intégrer à nos projets. Que ce soit pour l’AP ou les EPI, il reste beaucoup d’inconnues », rapporte « Monsieur Samovar », un enseignant blogueur de lettres classiques qui exerce dans l’académie de Versailles.
Presse /Le Monde du 29/08/2016 Rentrée scolaire : la polémique autour du latin et du grec couve toujours (Mattea Battaglia)
« Sur le terrain, les établissements ont essayé de maintenir l’existant », concède François Martin, président de la fédération Cnarela, qui regroupe 28 associations de défense du latin et du grec sur tout le territoire. […] Mais la communauté de vues s’arrête là. « Derrière un même sigle – EPI –, on se confronte d’un collège à l’autre à une grande diversité de formes, d’horaires, de contenus, fait valoir François Martin, dont la fédération a sondé 450 collèges de 25 académies. Les collégiens les plus chanceux bénéficieront de trente-six heures d’enseignement dès la 5e, quand d’autres devront se contenter de dix heures sur toute leur scolarité au collège… Peut-on, dans ces conditions, parler d’équité ou de démocratisation ? », interroge cet enseignant de l’académie de Créteil.
Presse /Le Monde du 31/07/2016 Fin des redoublements… le niveau monte ? (Tribune)
Cette rentrée 2016 accueille une nouvelle génération d’élèves : celle qui, suite au décret du 20 novembre 2014, ne comporte quasiment plus aucun « redoublant(e) », de la primaire à la terminale. Désormais, les enseignants ne peuvent plus demander le redoublement d’un élève, même s’il a 5 de moyenne générale et/ou qu’il est absentéiste notoire. Seuls les parents peuvent décider son « maintien ». Le passage des élèves dans la classe supérieure était déjà devenu quasiment systématique. On vient de supprimer les derniers redoublements et réorientations possibles en fin de troisième et de seconde… Les élèves seraient donc de plus en plus compétents ? Là n’est pas la question… Ce qui compte, c’est la « gestion des flux ». Car telle est, malheureusement, l’expression qu’on emploie en langage de ministère, depuis 25 ans, pour parler du passage ou du redoublement des élèves.
Presse /Marianne du 01/09/2016 Ne détournons pas l'école de ses deux missions : l'excellence et la citoyenneté (Jacques Julliard)
Quant à l'égalité... Je sais bien que je brise ici un tabou. Mais enfin il ne faut pas confondre, dans une institution, son objectif principal et ses produits dérivés. En démocratie, toute institution doit fonctionner avec le plus d'égalité possible, c'est une affaire entendue. Mais le but des impôts n'est pas principalement de réduire les inégalités entre les citoyens, c'est de procurer à l’État l'argent dont il a besoin. Le but de l'armée, comme hier du service militaire, n'est pas d'opérer un brassage social, c'est de défendre le pays contre ses agresseurs. Le but de la Sécurité sociale n'est pas de réaliser l'égalité des citoyens en termes d'espérance de vie, il est de soigner les malades. Le but de l'Académie française n'est pas de procurer une vieillesse heureuse à tous les écrivains, c'est de défendre la langue française. Eh bien, le but de l'éducation est d'abord d'éduquer ; le but de l'enseignement est d'abord d'enseigner. Le but du prof est d'abord de professer. Et non, comme le lui demande aujourd'hui la race servile des inspecteurs généraux, de distraire les élèves pendant que les parents sont au travail.
Presse /Libération du 16/09/2016 La Suède en business classes (Anne-Françoise Hivert)
Au lycée Drottning Blanka à Malmö, les 280 élèves des programmes esthétique, stylisme, soins et sciences sociales ont fait leur rentrée le 22 août. Tout s’est passé comme d’habitude, assure la directrice, Annika Silverup, qui n’a remarqué aucun changement depuis le 15 juin et l’entrée en Bourse du groupe scolaire AcadeMedia, auquel appartient le lycée. [...] Le Premier ministre social-démocrate, Stefan Löfven, s’est ému, pour sa part, que «60 000 élèves [soient] mis en vente sur le marché boursier». Au coeur du débat, particulièrement vif : un système unique au monde, bien loin de l’idée qu’on se fait du «modèle social suédois», qui permet non seulement aux sociétés privées de gérer des écoles financées par le contribuable, mais d’en dégager des bénéfices, afin d’accroître leurs profits ou de financer leur développement à l’étranger. Mais si les notes des jeunes Suédois progressent régulièrement, au point que certains dénoncent une inflation déconnectée de la réalité, le niveau des élèves s’est effondré. […]
Presse /L'Obs du 20/09/2016 Les assassins de l'école habitent la rue de Grenelle. (Paul Quinio)
La journaliste de "l'Obs" arrache à ses interlocuteurs de quasi mea culpa, ou à défaut des concessions sur "les erreurs" commises. Au printemps 2016, Philippe Meirieu lui confie ainsi :"A l'époque, tout le monde [sic] disait, à la suite de Bourdieu, des trucs du genre 'il faut partir de ce qui intéresse les masses', ou bien 'il faut apprendre sur des écrits fonctionnels' (affiches, panneaux, modes d'emploi). Moi-même, j'ai dit qu'apprendre sur des notices n'était pas pire qu'apprendre dans des manuels débiles. C'était dans l'air du temps, c'était Bourdieu avec la culture perçue comme une violence symbolique. On a eu tort." François Dubet ? "L'école française accentue l'effet des inégalités sociales sur les inégalités scolaires. (...) C'est une énigme...", confie-t-il au sortir d'un rendez-vous avec l'auteure.
Presse /Le Canard Enchaîné du 21/09/2016 L'école et sa filière pro... de chagrin.
Les lycées professionnels perdent des milliers de profs. Et les budgets s'effritent. Trois mille trois cent quarante postes de moins ! C'est – calculé en « équivalent temps plein » - le déficit de profs dans l'enseignement professionnel accumulé depuis 2012. Cette baisse spectaculaire, confirmée au Canard par le ministère, est particulièrement voyante, alors qu'un tout récent rapport de l'OCDE vient de rappeler que l'école française est l'une des plus inégalitaires des pays riches.
Presse /Le Monde du 26/09/2016 Nous devons nous inquiéter du mépris que l'on porte à un travail manuel exigeant et noble (Alain Bentolila)
Les collégiens les plus fragiles sont ceux qui, privés des outils intellectuels essentiels et ayant perdu le goût d’apprendre, se voient souvent « honteusement » proposer une orientation professionnelle par défaut ; comme si les activités manuelles étaient le juste aboutissement ou la juste sanction de l’échec scolaire. Disons-le fortement, il s’agit là d’une insulte aux savoirs fondamentaux comme à la noblesse du geste. Le geste comme la parole assurent aujourd’hui une prise de moins en moins ferme sur le monde. Et nous devons nous inquiéter du mépris que l’on porte à un travail manuel exigeant et noble comme de l’indifférence que l’on témoigne à une langue juste et précise. Je déteste ce goût, complaisamment partagé, pour l’imprécision et la banalité de l’un et de l’autre au détriment de la rigueur et de l’originalité qu’on leur doit.
Presse /Le Monde du 27/09/2016 Comment le système éducatif français aggrave les inégalités sociales (Mattea Battaglia et Aurélie Collas)
Des inégalités sociales à l’école, produites par l’école elle-même… C’est la démonstration que fait le Conseil national d’évaluation du système scolaire (Cnesco), en rendant publiques, mardi 27 septembre, les conclusions d’une vingtaine de rapports. Tout un spectre de la recherche – des sociologues aux économistes, des didacticiens aux psychologues, français et étrangers – a été mobilisé deux années durant, pour interroger ce mythe de l’égalité des chances dans notre système éducatif. Et rendre plus transparente la fabrique de l’injustice scolaire. […} Là où un tabou tombe, c’est sur la qualité et le temps d’enseignement dispensés. Ainsi, au collège, les enseignants de ZEP estiment consacrer 21 % du temps de classe à « l’instauration et au maintien d’un climat favorable », contre 16 % hors de l’éducation prioritaire et 12 % dans le privé. C’est autant de temps en moins consacré à l’enseignement. Les 4 heures de français par semaine programmées en 3e deviendraient 2 h 30 en ZEP, 2 h 45 hors ZEP et 3 heures dans le privé. Problèmes de discipline mais aussi exclusions, absences d’élèves et d’enseignants pèsent sur les emplois du temps.


Avril 2016
Presse / FigaroVox du 19/05/2015 : Touche pas à ma 3e C, le coup de gueule d'un prof de ZEP (Jean-François Chemain)
Ma 3e C est le fleuron, et je n'imaginais pas que la décrire amoureusement ferait un jour de moi un futur hors-la-loi. Classe bilingue anglais-allemand dès la 6ème, comportant un fort taux de latinistes, permettant au collège public particulièrement difficile où j'enseigne de limiter les stratégies d'évitement dans le privé, dans un quartier pourtant sensible. [...] Des gamins - aurai-je moi aussi droit aux foudres pour me livrer à ces «statistiques ethniques» sauvages? - presque tous issus de l'immigration (d'une bonne dizaine de pays différents), presque tous musulmans... Une classe avec laquelle on parvient à boucler, à peu près, le programme, au lieu qu'avec les autres on en fait la moitié...
Presse / FigaroVox du 29/05/2015 : École : «L'idée que le savoir n'a plus d'importance est le plus grand mythe des pédagogues»
Le plus grand mythe contemporain à propos de l'éducation, c'est l'idée que la connaissance n'a plus d'importance. On dit désormais que le savoir-faire a plus d'importance que les savoirs, puisque de toute façon les enfants n'ont pas besoin de savoir des choses qu'ils peuvent à tout instant chercher sur leur smartphone.Toutes ces justifications de l'abandon de la connaissance sont fausses, parce qu'elles nient la manière dont le cerveau humain fonctionne. La science n'est pas du côté des pédagogues progressistes. La recherche menée ces cinquante dernières années par la psychologie cognitive montre bien combien nous dépendons du savoir stocké dans la mémoire longue pour tous nos procédés mentaux
Presse / L'Humanité du 22/03/2016 : Maintenant, comment sauver les enseignements du grec et du latin ?
Sortir par le haut Privilèges, les langues anciennes ? 93% des collèges - dont les Zones d’Éducation Prioritaire – offrent aujourd’hui le latin et parfois aussi le grec ! La DEPP, service statistique du ministère, vient même de démontrer que l’étude du latin, loin d'être l'apanage d'une élite, participait à la réussite des élèves défavorisés, à la mixité sociale, et corrigeait les inégalités. Maintenus, les horaires ? Ils ont été sabrés pour la rentrée 2016 : 50% de moins en 5e et 30% en 4e et 3e, véritable insulte aux milieux populaires.
Presse / Acteurs publics du 07/04/2016 : Exclusif : l'Inspection générale alerte le ministère sur la réforme du collège
À six mois de l’entrée en application de la réforme du collège, 10 à 25 % des établissements sont en difficulté, selon un rapport confidentiel. L'alerte est officielle : les formations ne portent pas leurs fruits et l’autonomie accrue des établissements n’est pas palpable. [...]Au sujet de la dotation horaire des collèges, “l’inquiétude” s’est fait jour “dans les petits établissements qui vont devoir gérer des problèmes de service partagé”, relève l’inspection générale. Un comble quand on se souvient que la réforme du collège devait créer 4 000 postes. D’ailleurs, “quelle sera la marge d’autonomie pour ces établissements ?”,interroge encore l’IGAENR, alors que le principe de “marge d’autonomie accrue” présidait à la réforme du “nouveau collège”.
Presse / Le Monde du 31/03/2016 : Des profs du lycée Bergson à Paris : « Ces images ont tué notre effort pour réconcilier les jeunes avec la société. »
Ce que l’image des violences policières a tué à la cité Bergson, c’est l’effort quotidien des professeurs pour réconcilier les jeunes avec la société. Ce que cette image a terni, c’est la réputation d’une cité scolaire que nous aimons et pour laquelle nous nous battons tous les jours. Ce que cette image a abîmé, c’est la confiance des élèves dans notre parole quand nous évoquons une République ouverte et fraternelle.


Janvier 2016
  • France-inter le 01/09/2015 :
    Si on sèche les cours de rien, on risque quelque chose ?
    "Quitte à apprendre des trucs qui prétendument ne servent à rien, autant continuer à apprendre le latin et le grec…."
  • Le Monde du 12/11/2015 :
    Réforme du collège : les opposants optent pour la résistance locale
    Sur Twitter, où le mot-dièse #college2016 fait le lien entre les professeurs mobilisés, les critiques sont légion. Et l’ironie le dispute à l’indignation. « On me présente un EPI Lettres/SVT intitulé “Madame Bovary mangeait-elle végétarien ?”. Je me suis remis à boire », a tweeté un enseignant scandalisé. « Parole de chef en réunion : #college2016 est une usine à gaz inapplicable. On va essayer de limiter la casse… », lâche, déconfit, un autre professeur.
  • Le Monde du 27/11/2015 :
    Le calcul mental et les jeux pour sauver les maths
    Sur quoi butent les élèves ? « Premier problème, les grands nombres entiers, supérieurs à 10 000. A la fin du primaire, un élève sur quatre ne sait pas les écrire, rapporte Jean-François Chesné, le directeur scientifique du Cnesco. La deuxième difficulté, ce sont les nombres décimaux. Par exemple, très peu d’élèves associent 1/4 à 0,25. » Si les tables d’addition sont acquises, ce n’est pas le cas des tables de multiplication. A la question « dans 56, combien de fois 8 ? », la moitié des élèves sèchent. S’agissant des quatre opérations posées à l’écrit (addition, soustraction, multiplication et division), « on sait que les performances baissent depuis une vingtaine d’années », rappelle M. Chesné.
  • Le Point du 03/12/2015 :
    Latin : le silence coupable de Najat Vallaud-Belkacem
    [Un professeur de lettres classiques], qui enseigne dans un collège de l'académie de Créteil, raconte ainsi comment le latin a permis à un de ses élèves, qui ne maîtrisait pas le français au début de la cinquième, de rejoindre après le bac une classe préparatoire parisienne. Un parcours exemplaire que la transformation du latin et du grec en « enseignement pratique interdisciplinaire » risque de rendre impossible demain.
  • Télérama du 06/12/2015 :
    Projets interdisciplinaires : la victoire du collège Stalingrad
    « Les difficultés de nos élèves nous obligent à travailler autrement, ces projets sont une réponse créative à des défis d'éducation. On ne réussit pas à tous les coups, mais, grâce à eux, bien des jeunes surmontent leurs problèmes sociaux et scolaires. Ils réalisent des choses, c'est très valorisant. » Les profs du collège Stalingrad, eux, n'ont pas besoin d'être convaincus de leurs bienfaits. […] Et eux aussi sont contrariés par les coupes horaires dans leurs disciplines. « En français, une heure hebdomadaire en moins, c'est énorme, regrette Annie Perrot, surtout quand certains arrivent en sixième sans maîtriser parfaitement la langue. Les ateliers ne compensent pas tout, les apprentissages ne sont pas interchangeables. »
  • Vousnousils du 11/12/2015 :
    Grec et latin : les associations réclament à nouveau le maintien de l'enseignement actuel
    Les associations déplorent l’impuissance du CSP, qui a « d’emblée écarté un débat sur un sujet ne relevant pas de sa compétence : la structure des enseignements de latin et de grec ». Selon elles, l’EPI de « Langues et cultures de l’Antiquité » n’a pas été abordé en détail, de plus, les grandes lignes des programmes prévus par le CSP ne sont « rien d’autre que des extraits des programmes actuels et récents ». […] Craignant un « massacre » pour leurs disciplines suite aux fortes diminutions d’horaires, les associations APFLA-CPL, APLAES, APLettres, CNARELA, SEL et SLL réclament à nouveau « le maintien du latin et du grec comme disciplines du collège, ouvertes à tous, garanties nationalement par l’horaire actuel reconduit à l’identique ».
  • Mediapart du 10/12/2015 :
    Partenariat Éducation Nationale / Microsoft : un cheval de Troie autre qu'informatique ! (Blog de Thierry M)
    Certains se réjouissent de cet accord en disant qu’enfin les enfants utiliseront à l’école les outils des entreprises (sous-entendu des outils sérieux, des vrais parce qu’on les achète…). Il s’agit là d’une affirmation erronée : de plus en plus d’entreprises, d’institutions abandonnent des logiciels propriétaires" classiques " ou " historiques " au profit (mais d’abord pour le leur) des logiciels libres. Dans ce cas, l’école serait responsable d’une dépendance : une fois accro à la marque, il est très difficile de s’en défaire et donc on va acheter (ou faire acheter à l’entreprise ou à l’école, c’est d’autant plus facile quand on ne paie pas) les logiciels que l’on connaît bien. La boucle est bouclée… La marque utilise la technique du cheval de Troie (en informatique, il s'agit d'un type de logiciel malveillant) : une fois entrée, elle peut "contaminer" le système.


    Octobre 2015
  • Nousvousils
  • du 09/10/2015 :
    Toulouse : l’académie organise un pré-repérage des établissements hostiles à la réforme du collège
    Selon Dominique Maillard, IA-IPR d’EPS chargé de « conseil, formation et assistance au pilotage pédagogique » par la rectrice, l’académie va en effet proposer un outil de pré-repérage des établissements où la mise en place des formations à la réforme s’annonce « complexe ». […] Les chefs d’établissements seront notamment interrogés sur la position des enseignants vis-à-vis de la réforme du collège : sont-ils « opposants, rebelles, hostiles, irréductibles », ou bien « attentistes, passifs indifférents, indécis », ou encore « progressistes, proactifs, convaincus, avocats ou relais » ?
  • Causeur du 09/10/2015 :
    Une rentrée magique / L’enseignement à la sauce Harry Potter
    Entendre François Dubet affirmer que « les enseignants ne corrigent pas les fautes de français dans les copies quand ils ne sont pas profs de français », ou Marie Duru-Bellat se demander pourquoi on ne s’intéresse pas à des matières nouvelles comme l’astronomie à l’école, laissait un peu pantois. Les profs sont invités constamment à réfléchir sur leur pratique – à se demander « d’où ils parlent », comme dirait Bourdieu –, mais qui donc enjoindra à ces experts de l’école de se demander à leur tour « d’où ils parlent », eux qui semblent se situer dans un espace-temps si éloigné des enseignants comme des élèves ?
  • Le Monde du 15/09/2015 :
    Vers la fin de la guerre des méthodes de lecture
    Comment garantir les meilleures conditions d’apprentissage de la lecture ? En misant sur l’enseignement du « code », c’est-à-dire des correspondances entre les sons et les lettres, et ce dès le tout début du CP, répond la plus importante étude menée en France sur ce sujet, dont les premiers résultats sont divulgués mardi 15 septembre. En outre, le rythme de cet enseignement doit être rapide pour, contrairement à l’idée reçue, ne pas désavantager les élèves les plus faibles.
  • Le Monde du 15/09/2015 :
    En classe, le numérique ne fait pas de miracles
    Encore peu répandues dans les systèmes éducatifs des pays interrogés, les technologies de l’information et de la communication (TIC), lorsqu’elles sont utilisées en classe, ne sont pas un gage de réussite. Entre 2000 et 2012, parmi les pays où un investissement important dans le numérique a été réalisé, une baisse des résultats en compréhension de l’écrit, ainsi qu’en mathématiques et en sciences a été remarqué.
  • Le Monde du 17-09-15 :
    A l'école, la finalité intellectuelle prime sur la finalité civique
    Le cours, encore le cours, toujours le cours. C’est la réponse qu’avancent la plupart des enseignants quand on leur demande comment l’école peut combattre le racisme et l’antisémitisme. «On lutte en faisant appel à l’intelligence de chacun, avec du fond essentiellement historique, pas avec des slogans ou des prescriptions déconnectées du terrain », témoigne Iannis Roder. « La priorité de l’enseignant, c’est de forger les esprits, et cette finalité intellectuelle prime sur la finalité civique », renchérit Vincent Casanova. Tous deux enseignent l’histoire-géographie dans l’académie de Créteil, un territoire montré du doigt au lendemain des attentats de janvier, quand « Je ne suis pas Charlie » a retenti dans certains collèges et lycées.
  • Le JDD du 04-10-15 :
    Une réforme du collège ? Non, une contre-réforme.
    Alors fallait-il réformer? Oui ! Mais ces mesures passent à côté des problèmes et ne réussissent qu’à dévaster le collège et à révolter la communauté éducative. C’est bien au nom d’une lutte efficace contre les inégalités qu’il faut rejeter cette réforme si pavlovienne dans ses principes et prévisible dans ses effets. S’il y a un malentendu, comme le clame la Ministre, il est entre elle et le réel. Loin de donner, comme elle dit en avoir l’ambition, des ailes aux enfants, sa réforme va les priver de racines.


    Septembre 2015
  • Mediapart du 13-05-15 :
    Encore heureux que l'école sélectionne ! (Antoine Desjardins)
    L'école instruit et sélectionne. Encore heureux qu'elle sélectionne ! Elle sélectionne en fonction de ses critères qui sont assurément les moins mauvais qu'on ait trouvés. C'est au reste ce qui se passe dans les examens et les concours. Il faut défendre les examens et les concours. Le travail du professeur consiste à instruire mais aussi à discerner les mérites de chacun, encourager les efforts, dans la carrière intellectuelle ou manuelle ou les deux et pousser le plus loin possible les élèves dans la voie la plus conforme à l'investissement auquel ils consentent et aux résultats qu'ils obtiennent. Tout autre système, démagogique, ne pourra aboutir inexorablement qu'à ceci : la sélection par le fric et l'entregent, la sélection par le pire.
  • Marianne.net du 21-05-15 :
    Bientôt une nouvelle épreuve d'EPS : la course à pied d'égalité ! (Antoine Desjardins)
    Locomotion horizontale maîtrisée à périodisation homogène sur granulat stabilisé ou tartan. Dorénavant tous les élèves sportifs courront un « 50 mètres » au lieu du « 100 mètres » mais l'on continuera de parler de « 100 mètres » pour des raisons d'harmonisation européenne.
  • Le Monde du 27-08-15 : Ecole primaire : la fabrique des dyslexiques
    Réapprendre à lire. De la querelle des méthodes à l’action pédagogique, de Sandrine Garcia et Anne-Claudine Oller, Seuil, « Liber », 352 p., 22 €.
    Professeur en sciences de l’éducation, Sandrine Garcia signe, avec Anne-Claudine Oller, Réapprendre à lire. Cette enquête sur l’acquisition de la lecture met en cause les méthodes actuelles, pourtant issues d’une volonté de contrecarrer la reproduction sociale. Cette charge sévère et ¬argumentée, donnée par une ¬universitaire qui a travaillé avec Pierre Bourdieu, est inattendue – et à méditer. « On aboutit à ce constat que le progressisme n’est pas toujours associé à ce qui fait progresser les élèves, mais à ce qui a été construit et imposé comme « pédagogiquement de gauche ». L’impensé de tout cela, c’est la multiplication des situations de handicaps et la généralisation de la mainmise du milieu médical sur l’école, ce qui pourrait nous interroger. »
  • Libération du 31-08-15 :
    Anne-Claudine Oller et Sandrine Garcia «Il y a une instrumentalisation politique de l’apprentissage de la lecture»
    Dans Réapprendre à lire, qui vient de paraître au Seuil, deux sociologues, Sandrine Garcia et Anne-Claudine Oller, démontrent que des méthodes dites progressistes, basées sur de nobles objectifs (autonomie du jeune lecteur, sens du texte, contenu littéraire) accentuent les clivages sociaux au lieu de les diminuer. A partir d’une enquête de terrain menée durant trois ans dans plusieurs écoles primaires, ces spécialistes en sciences de l’éducation proposent une manière plus égalitaire d’apprendre à lire, centrée notamment sur l’entraînement et la répétition en partie délaissés.
  • Le Figaro du 03-09-15 :
    Le calendrier parodique des profs de latin et de grec ne fait pas rire l'Éducation nationale
    Chaque mois, est [...] proposé un «EPI», du nom de ces «enseignements pratiques interdisciplinaires» inventés par la réforme Vallaud-Belkacem. Des projets interdisciplinaires promettant de révolutionner les pratiques de l'enseignant, que les détracteurs de la réforme perçoivent déjà comme une usine à gaz. «De la rhétorique à la langue de bois, le discours politique, de l'antiquité à nos jours» propose ainsi le calendrier en mai. En décembre, Hera arborant une écharpe multicolore propose, elle, l'«EPI» «Comédie musicale en six tableaux, du gynécée au mariage gay, l'important, c'est d'aimer».


    Juillet 2015
  • Marianne du 26/06/15 :
    OPA sur les manuels , Alexandre Coste.
    « Jusqu’à aujourd’hui (...), les manuels scolaires ont toujours été de formes très variées. Ce sont des choix pédagogiques qui relèvent des auteurs en accord avec leur éditeur. Cette pluralité permet d’offrir aux professeurs de chaque discipline une variété pédagogique dans les approches possibles. Ce que veut faire la Dgesco, c’est imposer dans toutes les disciplines des manuels de cycles. (...) Il va y avoir une uniformisation des pratiques, imposée par le contrôle des outils que nous utilisons en cours, regrette ainsi notre enseignante, Il n’y aura plus de liberté pédagogique au sens plein du terme. »
  • Charlie Hebdo du 27/05/15 :
    An 2036, nouvelle réforme des collèges , Iegor Gran.
    « L’enseignement de l’histoire, qui avait été abandonné en 2020 pour ne plus risquer de heurter les sensibilités, devra être remis au programme. D’aucuns crieront à la démagogie réactionnaire – c’est pourquoi nous procéderons par étapes mûrement réfléchies. La rentrée de 2036 verra la mise en place d’une heure de cours par trimestre pour tous les élèves de sixième. Rassurons d’emblée et coupons l’herbe sous le pied des contre-vérités : l’histoire ne sera pas enseignée au détriment du hand-ball. Au contraire, des cours mixtes hand-ball/histoire médiévale seront prévus au sein des ateliers de perfectionnement à la citoyenneté. »
  • Le Monde du 20/05/15 :
    Réponse de Pierre Albertini à Antoine Prost, Le Monde : Critiquer Najat Vallaud-Belkacem au nom de l’égalité
    « Je ne suis pas élitiste. Je crois profondément à la nécessaire démocratisation de l’enseignement. Tous les élèves ont droit au meilleur enseignement possible. Je ne suis pas nostalgique. Je ne crois pas que le latin et le grec soient admirables en tant qu’origine de notre civilisation. Je déteste le roman national et je suis totalement imperméable au discours de Pierre Nora. Je pense que les corpus d’auteurs scolaires doivent être constamment renouvelés. Je me réjouis qu’on enseigne le chinois à des collégiens de plus en plus nombreux et je serais ravi qu’il en allât de même de l’arabe. Il y a bien longtemps que l’évolution politique d’Alain Finkielkraut m’a rendu sévère à son égard. Je pense seulement qu’il n’y a aucune raison de détruire ce qui fonctionne, comme on l’a fait (dans l’enseignement primaire) et comme on s’apprête à le faire (au collège), avec votre bénédiction. »
  • Marianne.net du 08/05/15 :
    Entretien avec Jean-Pierre Le Goff : "Cette réforme du collège signe la mise à mort de l'école républicaine"
    « On met à bas les missions fondamentales de l’école républicaine que sont l’enseignement d’un contenu structuré de connaissances, le recul réflexif, la formation de l’autonomie de jugement qui renvoient à une certaine conception de l’homme et du citoyen et qui sont essentiels pour faire face aux nouveaux défis du présent. »
  • Marianne.net du 03/05/15 :
    L'école et la République , Jacques Julliard.
    « Les auteurs [le Conseil Supérieur des Programmes, ndlr] du galimatias collectif que j'ai dénoncé plus haut sont mal placés et peu convaincants comme défenseurs de la langue française. Ce qu'ils parlent n'est pas du français mais du cheval. Et surtout, je ne vois à aucun moment la littérature française dans ces programmes. Notre littérature est notre bien le plus précieux. Je le dis tout net : si je devais me convaincre que la gauche est, fût-ce à son corps défendant, l'agent de la marginalisation de notre littérature dans la France moderne, je n'hésitarais pas une seconde : ce n'est pas avec la littérature, ma patrie quotidienne, que je romprais : ce serait avec la gauche. »
  • Le Figaro du 31/03/15 :
    Les humanités au péril d'un monde numérique , Marc Fumaroli.
    « Nos voisins européens et nos amis américains n'ont pas été aussi loin que nous dans l'ostracisme de l'enseignement des langues et littératures classiques. Nous nous trouvons en état de régression par rapport à eux. Le liceo classico italien n'a pas été pour l'essentiel retouché, ce qui explique la facilité avec laquelle les jeunes italiens bien formés dans ces lycées sont prêts à s'adapter à toutes sortes de professions et organismes de recherche en France comme en Europe et aux États-Unis, selon une tradition d'expatriation qui remonte au XVIe siècle. Le lycée classique allemand (Umanistische Gymnasium) a mieux résisté que nos propres collèges et lycées, à ce qu'on me dit, au pédagogisme. Le gouvernement conservateur anglais actuellement au pouvoir, débarrassé des pleurnicheries égalitaristes du blairisme, favorise un retour aux humanités dans de nombreux établissements secondaires publics. Quant aux États-Unis, s'il est certain que l'ensemble des américains scolarisés ne fait pas de grec ni de latin, les parents qui en ont les moyens disposent de ce qu'on appelle College of arts, où le latin et le grec sont enseignés dès ce que nous appelons la sixième. »
  • Le Figaro du 31/03/15 :
    Le latin est victime des fanatismes égalitaires et utilitaires , Marc Fumaroli.
    « Par excellence, l'apprentissage et la maîtrise du latin et du grec ouvrent aux jeunes esprits des perspectives dont les privent la culture exclusive de l'immédiat et de l'utile. L'étude du sanscrit ou du mandarin en ferait autant. Messagères d'un monde lointain, et qui n'en était pas moins humain et reconnaissable pour tel, ces langues, pas si mortes que cela pour leurs locuteurs et lecteurs, ouvrent l'esprit à la différence et à la ressemblance avec d'autres mondes que le nôtre. Nous voilà dotés, à partir de là, de l'expérience nécessaire pour prendre du recul sur notre propre actualité, et pour aborder, avec sympathie de principe et distance critique, d'autres mondes que le nôtre dans l'humanité d'aujourd'hui. En somme, les conditions préalables à l'exercice de la liberté d'esprit commencent à être réunies. »
  • Marianne du 24/04/15 :
    Réforme du collège: "construire des cabanes ne va pas apporter aux élèves une culture solide", Propos recueillis par Alexandre Coste.
    « Vous ne voyez pas d’un bon œil l’interdisciplinarité ? C’est très bien, l’interdisciplinarité, mais en tant que complément des apprentissages. Et c’est quelque chose que beaucoup de professeurs pratiquent déjà, nous n’avons pas besoin qu’on nous force la main avec un cadre institutionnel comme celui-là. Je crois que je n’ai jamais vu un établissement scolaire qui n’ait pas quelques projets interdisciplinaires. Mais c’est en fonction de la volonté des professeurs, et également des opportunités qui se présentent. Cela fonctionne parce que c’est un lieu de réinvestissement des apprentissages. Là où c’est dévalué, c’est quand on imagine que ça peut être un lieu d’apprentissage des fondamentaux. »


    Janvier 2015
  • Marianne.net du 22/01/15 :
    Aucune valeur ne peut s'enraciner sur un socle d'ignorance, par Fanny Capel.
    Aucune valeur ne peut s'enraciner sur un tel socle d'ignorance. L'unique, l'immense tâche de l'école, reste donc l'instruction de futurs citoyens, qui seule les rend capables d'apprendre et de raisonner une fois sortis de l'école. Car s'il est bien un virus qui se transmet, via en particulier les nouvelles technologies prétendues d'information, c'est l'obscurantisme.
  • Le Monde du 16/01/15 :
    Le « musulman modéré », une version actualisée du « bon nègre », par Ahmed Benchemsi.
    L’islam, c’est d’une ridicule évidence, n’est inscrit dans le patrimoine génétique de personne. C’est une idée à laquelle chacun est libre d’adhérer – ou pas – y compris quand on s’appelle Mustapha ou Fatima. Les Français enfants d’immigrés ont été aux mêmes écoles républicaines que les autres, y ont étudié Voltaire et les Lumières autant que les autres. Sauf à considérer que leur origine ethnique conditionne leur façon de penser (ce qui est la définition même du racisme), il n’y a pas de raison qu’ils soient moins sensibles à ces idées-là que les Français « de souche ». Pourtant, le discours commun repris jusqu’au sommet de l’Etat, les renvoie à leur supposée islamité sans leur demander leur avis. Ce faisant, il les confessionalise de force, les condamnant inexorablement à la différence. Liberté, égalité, fraternité, vous dites ?
  • Le Monde du 14/01/15 :
    La laïcité contre le fanatisme, par Henri Peña-Ruiz.
    Cabu, Charb, Honoré, Tignous et Wolinsky n’ont jamais confondu le respect de la liberté de croire, conquis par l’émancipation laïque, et le respect des croyances elles-mêmes. Ils ont su qu’on peut critiquer voire tourner en dérision une religion, quelle qu’elle soit, et que ce geste n’a rien à voir avec la stigmatisation d’une personne en raison de sa religion. Ils ont pratiqué la laïcité par la liberté de leur art, sans l’affubler d’adjectifs qui attestent une réticence hypocrite. Ni ouverte ni fermée, leur laïcité avait l’évidence nette de leurs dessins créateurs.


    Juin 2014
  • Le Monde du 09/06/14 :
    Chargé de réformer les programmes scolaires, Alain Boissinot jette l'éponge.
    Le socle cristallise toutes les oppositions que connaît l'école, et l'idée d'un socle fort rencontre de nombreuses oppositions parmi les partisans d'un collège qui ressemble déjà au lycée. Cette opposition était notamment marquée chez certains membres du CSP qui ont poussé pour que le « socle » finalement adopté reste bien à l'ombre des programmes disciplinaires (comme c'est le cas depuis 2005). M. Boissinot s'est trouvé pris entre les deux camps, en quête d'un difficile consensus.
  • Libération du 06/06/14 :
    «Internet oblige le prof à remettre de l’ordre dans du désordre», entretien avec Marcel Gauchet.
    Pour les bons enseignants, le numérique m’apparaît comme un excellent moyen de stimuler l’esprit de curiosité et d’opposition. Cela pousse à chercher, à creuser encore. Très souvent, c’est l’occasion aussi de rectifier les sornettes, voire les énormités figurant dans une notice de Wikipédia. Surtout, cela apprend une chose essentielle : le fait que personne ne sait. Nulle part, il n’existe un détenteur ultime. L’enseignant a ainsi l’opportunité d’expliquer qu’il existe plusieurs versions d’une même chose et que savoir, c’est se confronter à l’incertitude et non réciter bêtement. C’est un apprentissage qui me paraît extrêmement positif.


    Mai 2014
  • Franceculture.fr du 09/05/14 :
    Des écoles sans écran, par Danièle Sallenave.
    J’ai été très intéressée par un article trouvé sur le blog de Médiapart, en date d’octobre 2013. On y lisait qu’aujourd’hui aux Etats Unis se sont ouvertes des écoles privées fort chères, des écoles sans écrans, sans ordinateurs et autres tablettes. L’ « élite » est prête à dépenser beaucoup pour avoir des enfants qui grâce au stylo et à la feuille de papier seront capables d’imagination, d’abstraction, et d’aisance dans le maniement des concepts, Une aisance qui est en train d’échapper aux nouvelles générations exposées de plus en plus précocement aux écrans. Ce sera ça, la fracture numérique : une masse abêtie par la drogue numérique, et une élite ayant accès au raisonnement et à la pensée par l’apprentissage méthodique du langage au travers de la lecture et de l’écriture manuelle.
  • Vousnousils du 02/05/14 :
    "Les enseignants doivent réfléchir davantage à leur rapport aux écrans", entretien avec Bernard Stiegler.
    Entre 0 et 3 ans, un enfant com­mu­nique de manière essen­tiel­le­ment motrice. Mais cette motri­cité se trouve court-circuitée par les médias audio­vi­suels. Résultat, les enfants ont de grandes dif­fi­cul­tés au niveau du lan­gage et de l'écri­ture. On ne peut pas construire l'appren­tis­sage de la lec­ture s'il n'y a pas de bonnes fon­da­tions de l'appareil psy­chique, c'est-à-dire un appren­tis­sage de la langue et, avant cela, de la motri­cité. C'est par­ti­cu­liè­re­ment nocif parce que les enfants, entre 0 et 5 ans, sont pris dans ce que Freud appelle l'identification pri­maire. Ils adhèrent aveu­glé­ment aux objets de leur atten­tion. En prin­cipe, ce doit être l'environnement fami­lial mais si ce sont les écrans, les effets peuvent être désas­treux : c'est notam­ment à cet âge qu'ils acquièrent le rap­port à la loi et à la société. Aujourd'hui, il y a de grands pro­blèmes d'inci­vi­lité à l'école. Ce ne sont pas les parents les res­pon­sables mais l'industrie audiovisuelle !


    Mars 2014
  • Marianne du 16/03/14 :
    L'école en panne de transmission, entretien avec Marcel Gauchet.
    « Une société sans école », le livre du penseur de l'écologie politique Ivan Illich, paru en 1971, qui entendait «déscolariser la société» et mettre fin au règne de l'école, avait-il une valeur prophétique ? Le constat aujourd'hui posé par Marie-Claude Blais, Marcel Gauchet et Dominique Ottavi dans Transmettre, apprendre paraît paradoxal. On n'a jamais autant scolarisé. Une «sur-scolarisation» opérée dans un processus de délégitimation totale de l'institution. L'imposition d'un contenu par un maître plus instruit a fini par apparaître comme terriblement autoritaire, dans un système démocratique qui rejette par principe toute forme de hiérarchie entre les individus. L'école ne transmet plus. Au modèle traditionnel, l'individualisme contemporain a substitué une «économie de la connaissance». Celui qui veut s'instruire saura ce dont il a besoin. Il n'y a qu'à demander - ou chercher sur les réseaux. «Une victoire sans appel du camp de la liberté d'apprendre sur celui de l'obligation de transmettre», écrivent les auteurs.


    Février 2014
  • Le Monde du 11/02/14 :
    Cour des comptes : les « carences » des internats d'excellence.
    Le rapport 2014 de la Cour des comptes est une seconde mort pour les internats d'excellence. Intitulé « La conduite chaotique d'une politique éducative et sociale », cette analyse méticuleuse de 26 pages pointe comment ces structures très onéreuses ont été une aberration politique doublée d'un fiasco, de leur conception en février 2008 à leur mort en 2013.


    Décembre 2013
  • Le Monde du 20/12/13 :
    Enseigner est une science, par Stanislas Dehaene.
    Pour quiconque sait que « l'enfant est l'avenir de l'homme », l'enquête PISA est un véritable électrochoc. [...] Ce résultat est-il inéluctable ? Non. La complexité de la langue française n'est pas en cause car, à difficulté égale, le Québec et la Belgique réussissent nettement mieux que la France. Le sociologue Jérôme Deauvieau, dans un rapport récent, identifie le nœud du problème : l'enseignement de la lecture au cours préparatoire (CP).


    Novembre 2013
  • Le Monde du 29/11/13 :
    La grosse colère des profs de « prépas ».
    « C'est un message de mépris qu'on nous envoie, celui qui consiste à dire qu'on est des privilégiés. Notre salaire, on ne le vole pas ! », ajoute Philippe Heudron, président de l'Association des professeurs de prépas économiques et commerciales (APHEC). Sébastien Cote estime, lui, que « le système des classes prépas est utile, il fonctionne bien. Il ne me semble pas que nous ayons démérité. »
    Nos ridicules tracasseries scolaires , par Mara Goyet.
    La tracasserie dépasse de loin la question vestimentaire. Le ministère, depuis quelques années, accompagne le mouvement et pinaille à tout-va. C'est le même mouvement, la même logique sous d'autres formes. Valide tes compétences (la scolarité comme une liste de courses), passe ta sécurité routière, assieds-toi bien sur ton socle. Ecoute ton biorythme. « – Tu sens que tu es davantage en état d'apprendre, non ? – En état d'apprendre quoi ? – Petit insolent, file dans ta chambre et mange tes cinq légumes ! »
  • Vousnousils du 22/11/13 :
    "Renoncer à l'écriture manuscrite serait une grave erreur", entretien avec Danièle Dumont.
    Des recherches en neu­ros­ciences ont d'ailleurs mon­tré que l'écriture cur­sive faci­lite l'accès à la lec­ture. Je l'ai moi-même expé­ri­menté de manière empi­rique par le retour d'enseignants : les enfants qui apprennent à écrire direc­te­ment en cur­sive, de façon struc­tu­rée, sont plus rapi­de­ment auto­nomes et accèdent faci­le­ment à la com­bi­na­toire, c'est-à-dire qu'ils apprennent de façon impli­cite à asso­cier les lettres pour lire.
  • Le Monde du 22/11/13 :
    D’où viennent les mauvais résultats de l’école primaire en France ?.
    L’inspection générale a observé tout au long de son enquête que les 10 heures hebdomadaire de français en cycle 2 et les 8 heures en cycle 3 sont respectées. La demande des enseignants serait même d’en faire plus. « Globalement, les équipes pédagogiques qui ne jugent pas les programmes de français trop lourds, voire "infaisables", sont rares ; ce fut le cas, durant l’enquête, dans une seule école (située en secteur rural, accueillant des élèves de milieux sociaux divers, connaissant une stabilité de ses enseignants). Mais même quand ils considèrent que la charge est excessive, tous les maîtres ne sont pas favorables à un trop grand allégement, notamment quand ils enseignent dans les milieux les plus défavorisés. Ils expriment alors leur conviction que la maîtrise du français – que leurs élèves ne peuvent acquérir qu’à l’école – doit être la première des priorités, mieux calibrée sans doute pour chaque étape de la scolarité. Mais selon eux, ce sont d’autres parties du programme qu’il faudrait supprimer pour mettre l’accent sur l’enseignement de la langue. » Un débat pour le contenu des futurs programmes.


    Juin 2013
  • Marianne du 29/06/13 :
    Education : le niveau des élèves baisse, celui des « pédagogistes » aussi !.
    Antoine Prost vient en effet de reconnaître subitement le désastre scolaire qu’il niait jusqu’ici : « Soyons sérieux, nous prétendons vouloir que nos enfants apprennent plus et mieux et nous avons fait jusqu’ici tout ce qu’il fallait pour qu’ils apprennent moins, et moins bien. Les élèves ne passent pas plus de temps en classe aujourd’hui en cinq années d’école primaire qu’ils n’en passaient en quatre ans il y a une génération. C’est comme si l’on avait obligé tous les élèves à sauter une classe. Nous avons organisé l’échec ».
  • Le Figaro du 19/06/13 :
    Des profs de français invités à surnoter les élèves.
    En raison des piètres résultats de leurs élèves au bac 2012, les professeurs de lettres de l’académie d’Orléans-Tours sont appelés à surnoter l’édition 2013… Quitte à trafiquer le barème en notant l’épreuve orale de français sur vingt-quatre points au lieu de vingt.


    Avril 2013
  • Ragemag du 26/04/13 :
    Jean Robelin : « C’est l’école garderie qui est en marche. ».
    Le problème du PS n’est pas de concevoir une école du peuple, c’est de satisfaire les exigences de formation immédiate de la main-d’œuvre pour les entreprises, définies dans les documents de la Communauté européenne et dans ceux de l’OCDE. De ce point de vue, son programme n’est pas différent de celui de la droite. Apprendre à apprendre, c’est tout simplement remplacer la culture — c’est-à-dire la façon dont les individus se font eux-mêmes — par des procédures extérieures, des méthodes sans contenu qui correspondent à la transformation du travail intellectuel ou semi-intellectuel dans les entreprises, en application de procédures mécanisables, en particulier par l’informatisation des processus de travail… Ces procédures sont ce qui rend les individus substituables, avec comme conséquence qu’on peut plus facilement les virer parce qu’on peut les remplacer. Le problème c’est que des individus formés ainsi n’ont pas la culture nécessaire à se recycler ; ils sont jetables. Chacun sait que dans vingt ans la moitié des métiers actuels aura disparu. Le problème est : pour se préparer à ces changements, pouvoir se réinsérer dans de nouvelles professions, il faut une solide formation, pas celle du socle commun.
  • Le Monde du 25/04/13 :
    "Refusons le sabordage du français", par Claude Hagège.
    Le projet de loi Fioraso, qui veut imposer, en faveur de l'anglais, une très large extension des exceptions au principe du français langue de l'enseignement, des examens et des concours, pourrait avoir pour conséquence, du fait de la valeur symbolique d'un acte de sabordage du français par la France officielle elle-même, un doute croissant quant à la légitimité de la promotion de cette langue par les autres pays francophones.


    Mars 2013
  • Le Monde des lecteurs du 27/03/13 :
    Education : enseigner demande une formation., par Paul-Henri Giraud.
    De ces tractations inégales entre l’État et des universités que l’on dit " autonomes ", il ressort une réalité simple et crue : la formation disciplinaire des étudiants de Master se destinant à l’enseignement secondaire est tout bonnement divisée par deux. [...] Quant au projet de nouveau CAPES (Certificat d’Aptitude au Professorat de l’Enseignement du Second degré) de l’actuel gouvernement, la part disciplinaire y est réduite à un sixième de la note globale d’admission.
  • Le Monde du 22/03/13 :
    Transmettre les textes ne se limite pas à transférer des connaissances, par Yves Citton.
    L'enseignement de la littérature participe davantage de l'entraînement athlétique ou de l'initiation mystique que du transfert de connaissances. Si l'enseignant croit savoir quelle est la signification d'un texte littéraire, et s'il se contente de la transmettre à ses étudiants, il dégrade la fonction de chaman au statut de caporal : il remplace une expérience par un commandement. Tous les commandements ne sont pas absurdes ; mais certaines activités humaines résistent au commandement, l'amour, l'invention, l'interprétation : la littérature.
    Les enfants d'immigrés ont droit aux classiques, par Cécile Ladjali .
    "Pourquoi ne pas étudier la versification à travers le rap ou le slam ?" m'a-t-on finement suggéré en haut lieu. J'ai répondu à ces philanthropes que le professeur devait arracher les élèves à leur ghetto linguistique, lieu redoutable où tout va sans dire, où l'on vit dans une telle proximité sémantique qu'il n'est plus utile d'enrichir son vocabulaire ni de déplier une syntaxe complexe.
    Que de moments volés à la littérature, par Mariel Morize-Toussaint.
    L'arrivée du fameux "socle commun des compétences et des connaissances" détruit résolument le travail de ceux qui sont sur le terrain et qui tentent, avec toute leur énergie et leur savoir, de faire de l'école, du collège et du lycée des lieux d'apprentissage et de plaisir. L'enseignant, de littérature en particulier, voit sa mission réduite à cocher des cases par milliers tout au long de l'année pour savoir ce que l'élève a acquis, n'a pas acquis ou serait en train d'acquérir.
    Marcel Gauchet : "Une pédagogie vraiment éclairée est à inventer".
    Nous sommes dans un moment de culte de l'enfant qui nous masque son expérience réelle. Nous avons besoin de le redécouvrir pour ce qu'il est vraiment. Ce à quoi un enfant aspire sans trop en avoir conscience, c'est à devenir un adulte autonome. Cela ne passe pas forcément par ce que nous croyons être son bonheur immédiat. L'une des plus grandes difficultés pour l'institution scolaire est le regard des parents sur leurs enfants. Ils ont de la peine à admettre qu'il faut en passer par une acquisition de la virtuosité et que cela demande des efforts. Car en lecture, en mathématiques comme en piano ou dans le sport, ce sont bien la répétition et la mémorisation qui donnent ensuite de l'aisance.


    Février 2013
  • Le Monde du 16/02/13 :
    L'illettrisme des cadres, un phénomène méconnu et tabou .
    Comme 2,5 millions de Français, des cadres sont en situation d'illettrisme dans l'entreprise. Le phénomène, impossible à quantifier, échappe à tous les dispositifs prévus en matière de lutte et de détection. Les responsabilités qu'ils occupent en font des illettrés à la marge de la marge.
  • Le Monde du 09/02/13 :
    Laisser les enfants devant les écrans est préjudiciable, par Michel Desmurget.
    L'Académie des sciences a publié, le 17 janvier, un avis intitulé "L'enfant et les écrans". Les recommandations avancées sont si surprenantes, au regard des données d'ensemble de la littérature scientifique et des prises de position récentes de plusieurs institutions sanitaires majeures, que l'on peut s'interroger sur le soin apporté à la rédaction de ce travail.


    Janvier 2013
  • LeTemps.ch du 24/01/13 :
    Les Unis suisses restreignent leurs accès à certains bacheliers français.
    La nouvelle a provoqué quelques remous en France, certains y voyant la preuve que le système scolaire national se détériore. Les universités suisses ont revu cet automne l’admission des bacheliers français. Dès la rentrée 2013, les titulaires d’un bac littéraire (L) ne pourront plus se présenter dans une institution suisse, à moins qu’ils n’aient choisi l’option mathématiques en première et terminale.


    Octobre 2012
  • Mediapart.fr/blog du 14/10/12 :
    Le rapport sur l'école bien décevant malgré de grandes ambitions.
    Le rapport « Refondons l’École de la République », qui vient de paraître, affiche dans son titre de grandes ambitions. La volonté gouvernementale de redonner à l’école les moyens matériels d’accomplir sa mission exige des acteurs de l’éducation une réflexion sur la bonne utilisation de ces moyens, notent à juste titre les auteurs du rapport. Si l’on partage évidemment le constat sévère de la situation dressé par le rapport et la volonté de lutter contre toutes les inégalités, on est cependant très déçu par les solutions et pistes proposées, qui relèvent trop souvent du recyclage de poncifs ayant largement fait la preuve de leur inefficacité, voire de leur nocivité, alors que des éléments essentiels sont totalement omis.
  • Vousnousils.fr du 12/10/12 :
    Bruno Benoit : "en dessous de 5h d'histoire en série S, pas de discussion possible".
    Sauf sur­prise, l'histoire-géographie rede­vien­dra obli­ga­toire à la ren­trée 2013 en ter­mi­nale S, après avoir été relé­guée au rang d'option depuis un an. Un allè­ge­ment du pro­gramme est prévu cette année pour les élèves de pre­mière S, qui pas­se­ront encore une épreuve tran­si­toire en juin 2013. Entretien avec Bruno Benoit, pré­sident de l'Association des pro­fes­seurs d'histoire géo­gra­phie (APHG) et ensei­gnant à Sciences Po Lyon.
  • Le Café pédagogique du 09/10/12 :
    Concertation sur l’école : le compte n’y est pas ! .
    Une référence récurrente au « changement de pédagogie » ? Ce changement est indispensable mais le propos demeure bien général. Opposer l’innovation, sans la définir aux « pédagogiques traditionnelles frontales », sans en faire l’analyse, revient à une critique formelle aussi convenue que dépassée des anciens contre les modernes. Qui s’est vraiment donné la peine de comprendre la genèse des pratiques pédagogiques et d’outiller efficacement les enseignants ?


    Septembre 2012
  • Télérama du 12/09/12 :
    Comment sauver l'école ? Dialogue entre le ministre Vincent Peillon et le sociologue Jean-Pierre Terrail.
    « Refondons l'école de la République ! » Le slogan, en lettres noires, claque sur la gigantesque bâche qui recouvre les murs en travaux du ministère de l'Education nationale. A l'intérieur, le ministre Vincent Peillon, détendu, a accepté de débattre avec le sociologue de l'éducation Jean-Pierre Terrail, un esprit frondeur. Fin 2010, avec une cinquantaine de chercheurs (Groupe de recherches sur la démocratisation scolaire), ce dernier avait lancé à l'adresse de la gauche un appel « pour une grande réforme démocratique de l'école ». L'heure a sonné...
    Au Québec, les “enfants du Renouveau” sont-ils vraiment pires que les autres ?.
    Tout miser sur les compétences ? Le Québec l'a osé avec le Renouveau pédagogique. Une révolution qui vise à faire des têtes moins pleines mais mieux faites. Et qui divise la communauté éducative.
  • Ufal.info du 11/09/12 :
    Laïcité : Pas de sermons à l’école, davantage d’instruction, M. Peillon !.
    Le ministre de l’Éducation nationale veut un enseignement de la « morale laïque » à l’école publique, abordant notamment « le sens de l’existence humaine, (…) ce qui fait une vie heureuse ou une vie bonne. » Vaste programme… mais la morale ne peut ni ne doit remplacer les contenus disciplinaires diminués depuis des années.
  • Le Monde du 05/09/12 :
    Construisons une formation des maîtres de bon sens, par Alain Bentolila.
    La façon dont furent créés ces IUFM fut à l'évidence une erreur : en donnant le pouvoir aux agrégés et aux universitaires, on confia le pilotage des IUFM à ceux qui ne connaissaient que peu de chose aux problèmes de l'enseignement primaire et qui cachèrent donc leur incompétence derrière un modèle unique d'apprentissage qui avait "l'immense" intérêt de dégager l'enseignant de ce qui est sa responsabilité première : mettre tout en œuvre pour transmettre des connaissances et former des esprits libres. L'élève, élu constructeur du savoir, effaça donc le comportement magistral, l'animateur se substitua au maître, l'occasion fit disparaître la programmation. Dans bien des IUFM, on incita les futurs maîtres à jeter par-dessus bord la grammaire de la phrase, la fixation du vocabulaire, la précision du déchiffrage des mots, le calcul mental et le respect des règles. "Accès direct et heureux à l'expertise contre le triste labeur de l'apprentissage" : tel fut le slogan de la nouvelle illusion pédagogique ; encouragée par les nébuleuses sciences de l'éducation qui trouvaient là une heureuse légitimation.


    Juillet 2012
  • Vousnousils.fr du 20/07/12 :
    "Le Brevet des collèges est devenu trop facile".
    84,5% des élèves de 3e ont décro­ché cette année le D.N.B. (ex Brevet des col­lèges), soit un taux de réus­site en hausse de 1,1 point. Le col­lec­tif "Sauver les lettres" dénonce cepen­dant sa faci­lité, en par­ti­cu­lier celle de l'épreuve de fran­çais. Entretien avec Luc Richer, pro­fes­seur de lettres modernes au col­lège et membre du collectif.
  • Le Monde du 05/07/12 :
    La session 2012 du brevet des collèges jugée trop facile par nombre d'enseignants.
    Réputé pour ses communiqués rageurs, le collectif d'enseignants "Sauver les lettres" a titré, sur Internet : "DNB, c'est plié". "C'est à la première année du collège qu'il faut remonter pour saisir l'esprit du questionnaire proposé aux candidats", assure Luc Richer, membre du collectif et enseignant au collège.


    Juin 2012
  • Nonfiction.fr du 25/06/12 :
    Le lycée Chatel : le legs d’une réforme ambiguë, par Laurent Frajerman .
    Le nouveau gouvernement de gauche arrive alors que le lycée vit au rythme de la réforme impulsée par Luc Chatel en décembre 2009. Son objectif était de personnaliser l’enseignement, d’encourager l’innovation pédagogique au moyen d’une plus grande autonomie des établissements et enfin de faciliter les réorientations. Quel bilan en tirer ?
  • Télérama du 02/06/12 :
    Devenons-nous incultes ?.
    Cet optimisme pédagogique suscite inévitablement quelques sarcasmes. « On voit que Michel Serres n'enseigne pas dans nos classes, dit une enseignante du collectif Sauver les lettres. Ce qu'on trouve sur Internet, ce sont des informations, pas des connaissances. Sans le savoir de base, les élèves n'ont plus d'ordre de grandeur : il leur suffit de tomber sur une coquille de Wikipédia pour placer sans ciller Napoléon après la Première Guerre mondiale. » « Seuls les meilleurs élèves savent se servir d'Internet, confirme Agnès Joste, professeure de latin-grec au lycée Claude-Monet (Le Havre). Les autres sont submergés et incapables de faire le tri. Cette impuissance les désespère. Il n'y a pas de savoir-faire sans savoir. C'est la mémoire qui fonde la qualité du jugement. »


    Mai 2012
  • Le Monde du 30/05/12 :
    "La réduction du temps de travail des élèves est un formidable gâchis", par Antoine Prost.
    Résultat de cette mesure adoptée non seulement sans concertation mais sans réflexion : une réduction du temps de travail des élèves qui, par son ampleur et ses modalités, handicape durablement les apprentissages élémentaires. Inutile de verser des larmes de crocodile sur les élèves qui entrent en sixième sans être capables de la suivre. Nous avons organisé l'échec.
  • Le Monde du 25/05/12 :
    Vincent Peillon publie 17 études passées sous silence par son prédécesseur .
    Clair avait été annoncé par Luc Chatel lors des états généraux de la sécurité à l'école en avril 2010. Il s'agissait alors de "substituer aux dispositifs existants [de l'éducation prioritaire] une nouvelle cartographie des établissements concentrant le plus de difficultés sur le front du climat et de la violence", avait déclaré le ministre. Le dispositif a été expérimenté dans 105 collèges et lycées au cours de l'année scolaire 2010-2011. C'est sur cette "année zéro" du programme que porte le rapport des inspections générales.


    Avril 2012
  • Télérama du 18/04/12 :
    Dossier - Où va l'école républicaine ?, par Fanny Capel.
    "On ne dégraisse plus le Mammouth, on attaque l'os", s'insurgent les enseignants. Avec des effectifs toujours réduits et un modèle éducatif tourné vers la compétitivité économique, les valeurs de l'école républicaine sont en danger. Un candidat prêt à s'y coller ?
  • Le Figaro du 13/04/12 :
    Les babouins capables de lire.
    «Le singe fait comme l'homme un vrai traitement orthographique, il apprend des groupes de lettres» ajoute Johannes Ziegler. «Ils montrent eux aussi que le cerveau ne fait pas de lecture globale mais décompose le mot en des centaines d'unités plus petites que le mot». Une forme d'apprentissage qui est donc partagée par différentes espèces et nouvelle reconnaissance de la méthode syllabique par rapport à la méthode globale pour l'apprentissage de la lecture!


    Mars 2012
  • Laviemoderne.net du 21/03/12 :
    Comment j'ai pourri le web.
    Petite expérience amusante sur l'usage du numérique en lettres. [...] Sur 65 élèves de Première, 51 élèves - soit plus des trois-quart - ont recopié à des degrés divers ce qu’ils trouvaient sur internet, sans recouper ou vérifier les informations ou réfléchir un tant soit peu aux éléments d’analyses trouvés, croyaient-ils, au hasard du net.
  • Le Monde du 20/03/12 :
    Le socle : ce "chemin de croix" qui sacrifie l'école, par Estelle Clément Lorne.
    Le socle a pourtant déjà sévi au primaire où les grilles ont pris la place des notes, et donc de l'habitude du résultat ; il y a un moment, cependant où une réponse (opération, conjugaison) est vraie ou fausse, mais peu importe le résultat tant que la compétence est en marche... Attendons que les futurs adultes, confrontés au monde peu tendre du travail, payent au prix cher leurs erreurs... La relativité s'est installée ; et avec elle les doutes des parents. Beaucoup de leurs enfants arrivent en 6ème sans encombre, mais sans réelle maîtrise "du lire, écrire, compter", vivent un passage bien douloureux.
  • Libération du 10/03/12 :
    Inspection mitigée pour la réforme du lycée.
    Les deux grandes nouveautés de la réforme étaient l’introduction de deux heures d’«accompagnement personnalisé» par semaine et la liberté laissée aux proviseurs d’affecter 25% des heures de cours d’une classe sur l’année. Là encore, le bilan est mitigé. Chaque établissement fait un peu ce qu’il veut - entraînement à la prise de notes, soutien en petits groupes, travail interdisciplinaire, etc. - et il en ressort une certaine confusion.


    Février 2012
  • Mezetulle du 15/02/12 :
    De l'inutilité du savoir, par Guy Desbiens en collaboration avec Albert-Jean Mougin.
    C’est aujourd’hui la « culture générale » qui semble totalement intempestive à l’École. La bannir des épreuves écrites des concours d’entrée aux grandes écoles n’est donc pas seulement nécessaire, c’est parfaitement naturel et souhaitable au regard de nos classes dirigeantes, parfois des media et de certains intellectuels, et évidemment de ceux qui représentent l’institution scolaire elle-même. Il est intéressant de réfléchir sur cet étrange renoncement, qui n’est pas seulement paradoxal pour l’École, mais qui est aussi révélateur d’une forme très particulière de décadence : car il ne se perçoit absolument pas comme tel !
  • Libération du 14/02/12 :
    Le taylorisme entre dans l’école française, par Sébastien Massonnat.
    Pendant qu’au lycée les enseignements d’exploration transversaux et l’accompagnement personnalisé promeuvent un nouveau type de professeur «multicartes», au collège, le Livret personnel de compétences (LPC) atomise les connaissances en quatre-vingt dix-huit savoir-faire parcellisés et souvent si transdisciplinaires qu’ils révèlent bien la logique du socle commun : peu y importent les contenus. Dans les documents ministériels, un «comment apprendre» désincarné vampirise le «quoi apprendre» ; puis le couple «folie de l’évaluation et phobie de la notation» achève de subordonner toute activité pédagogique à son adéquation a priori à un projet d’établissement et à sa validation a posteriori par une enquête de satisfaction auprès des élèves.
  • Libération du 02/02/12 :
    Eclair: le savoir-être avant le savoir tout court.
    Le dispositif "Eclair" pour les établissements difficiles provoque bien des orages. Les profs du collège "Eclair" Lenain de Tillemont, à Montreuil, sont en colère: ils viennent de se voir conseiller de consacrer, à la rentrée, les deux premiers mois de l'année au comportement et au "savoir-être" des élèves plutôt qu'au programme. Les parents comprendront, a assuré l'inspecteur, ce même sera plus facile pour eux de suivre...


    Janvier 2012
  • Libération du 31/01/12 :
    «La culture générale n'est pas un simple vernis».
    La suppression de l'épreuve de culture générale à l'admission à Sciences Po Paris va dans le mauvais sens. Elle coïncide avec un rabaissement catastrophique des ambitions intellectuelles et culturelles de l'enseignement secondaire et même de la formation des maîtres. Elle entérine l'idée que procurer au plus grand nombre possible d'élèves une solide culture générale n'est plus du tout un objectif de notre système d'enseignement.
  • Le Monde du 20/01/12 :
    Ne bradons pas les diplômes de la licence !, par Alain Caillié et Marcel Gauchet.
    Après avoir donné aux universités un plan réussite en licence (PRL) qui prévoyait l'injection dans le premier cycle de moyens financiers pour, en effet, permettre au plus grand nombre d'obtenir leur licence, le ministère a décidé d'y mettre un terme sans prendre le risque de se fâcher avec l'UNEF, et a trouvé un moyen simple de ne pas afficher en fin de mandat un résultat trop mauvais à l'électorat français, si chatouilleux parfois : "Ne surélevez pas le pont, faites baisser la rivière !"
  • L'Humanité du 16/01/12 :
    Éducation : retour sur cinq ans de casse.
    Lutte contre l’échec scolaire. «Je prends un engagement devant vous : nous allons diviser par trois, d’ici à la fin de la mandature, le taux d’échec scolaire à la fin du CM2», avait promis Nicolas Sarkozy. Passer de 15% à 5% ? La bonne blague. Les tests nationaux de janvier 2011 montrent que 30% des élèves de CM2 continuent d’avoir des acquis « fragiles » ou « insuffisants » en mathématiques et 26% en français.
  • L'Humanité du 13/01/12 :
    Jean-Yves Rochex « Les inégalités scolaires se construisent aussi dans la classe », entretien avec Jean-Yves Rochex.
    Ce glissement de l’activité intellectuelle vers des activités à faible enjeu cognitif nuit en priorité à ceux qui n’ont pas d’autres endroits d’apprentissage que l’école. Autre évolution notable : le souci de faciliter la tâche aux élèves, de la rendre plus attractive, de s’inspirer de situations de la vie quotidienne, qui peut conduire à rabattre le travail et le langage propres à l’étude sur ceux de l’expérience ordinaire. De même peut-on observer l’importance des usages peu exigeants du langage, restreints à la communication ordinaire dans la classe ou à des fonctions de restitution et de réponse à des questions fermées, au détriment de sa fonction d’élaboration et des exigences d’écriture longue. Ce sont ceux qui sont le moins entraînés et disposés à écrire et à user du langage d’élaboration à qui l’on demande le moins de le faire ! Encore une fois, plutôt que de s’affronter à ce qui fait difficulté, on propose des tâches avec un enjeu intellectuel réduit.
  • L'école démocratique du 06/01/12 :
    La taille des classes est bel et bien un facteur de réussite ! .
    L’étude la plus célèbre et de loin la plus sérieuse est la recherche expérimentale américaine STAR (Student/teacher achievement ratio). Entre 1985 et 1990, un peu moins de 8000 élèves ont été répartis pendant 5 ans, pour moitié dans des classes de 13 à 17 élèves et pour moitié dans des classes de 22 à 26 élèves [1]. Les cinq années couvraient le « Kindergarten » (notre dernière année maternelle) et les quatre premières primaires. Ensuite les élèves furent à nouveau mélangés et l’on a pu suivre leurs performances pendant toute leur scolarité, jusqu’à l’entrée dans l’enseignement supérieur.
  • Le Monde.fr du 04/01/12 :
    Education nationale : le gouvernement compte renforcer le pouvoir des recteurs.
    Le décret précise que les recteurs pourront désormais "définir l'organisation fonctionnelle et territoriale de l'académie, afin de l'adapter aux caractéristiques locales", et disposeront dans l'académie "de l'ensemble des compétences relatives au contenu et à l'organisation de l'action éducatrice ainsi qu'à la gestion des personnels et au suivi du fonctionnement des établissements qui y concourent".


    Décembre 2011
  • Le Point du 26/12/11 :
    Pierre Nora : "Le travail intellectuel est un service public" .
    Notre société hyperdémocratique peut-elle tolérer l'existence d'une aristocratie du savoir ?
    Elle ne la tolère pas et pourtant j'ai la faiblesse de croire qu'elle en a toujours besoin. Parce que la transmission, le lien avec le passé sont indispensables à notre survie. Et notre passé, c'est une littérature, une histoire et une langue, cet ensemble dit des "humanités". Dans ce mot, qui sent aujourd'hui le fagot, il y avait dans ma jeunesse une espèce d'éros.

  • Vousnousils du 22/12/11 :
    Éducation : neuf notes d'information en une semaine.
    La semaine der­nière, une polé­mique avait éclaté sur la com­mu­ni­ca­tion du minis­tère. L'Association des jour­na­listes éduca­tion (Ajé) avait « regretté » dans un com­mu­ni­qué « la non publi­ca­tion de tra­vaux d'inspection » et de « notes sta­tis­tiques », qui prive, en par­ti­cu­lier les jour­na­listes, de « pré­cieux outils de travail ».
  • Vousnousils du 21/12/11 :
    Education: faible succès des expérimentations pédagogiques selon le HCE.
    Il en donne les rai­sons: "charge du tra­vail d'écriture et d'évaluation, inves­tis­se­ment consi­dé­rable dans la consti­tu­tion d'un nou­veau maté­riel péda­go­gique et évalua­tif (...) mais aussi insta­bi­lité liée à l'absence de péren­nité des moyens, au chan­ge­ment de per­son­nel ensei­gnant et de direc­tion" ou encore "échanges trop rares avec d'autres équipes".
  • L’instit’humeurs du 17/12/11 :
    Education Nationale : une année de communication mensongère.
    Quand on jette un coup d’œil dans le rétroviseur, on s’aperçoit qu’en 2011 de nombreuses communications du ministre Chatel n’avaient finalement pour objectif que de laisser passer l’orage et de faire passer un message contre vents et marées, quitte à asséner des contre-vérités sans le moindre scrupule afin de justifier la politique du gouvernement en matière d’éducation.
  • Suivez-Moix du 15/12/11 :
    Sciences-Pol Pot, par Yann Moix.
    L’IEP ne fait qu’entériner, sous forme élégante de “discrimination positive” (discrimination positive qui est le contraire de la personnalité, le déni de l’originalité, l’abandon de toute forme de singularité) la démission absolue de l’école laïque et républicaine. Elle formait hier des élites, laissant maints cancres sur les bords du chemin (parmi lesquels maints cancres bourgeois) ; elle formera aujourd’hui tout le monde, puisqu’il n’y aura plus de bons et de mauvais étudiants, mais seulement des étudiants différents, de personnalités disjointes, d’originalités incompatibles. L’école n’est précisément pas là, ni l’IEP, pour former des tempéraments ni repérer des personnalités, des individualités, autant d’atouts qui viennent, normalement, s’ajouter à la violence obligée qu’est le passage d’un concours, à la difficulté que représente une épreuve d’examen. Les grandes gueules l’emporteront sur les grosses têtes ; et ce n’est pas normal – car la vocation des établissements scolaires n’est pas d’auréoler les ténors, mais d’affermir les esprits.
  • Le Monde du 13/12/11 :
    Dissimulées ou retardées, les données sur l’école sont jugées peu fiables.
    Deux nouvelles enquêtes, l'une comparant le niveau de maîtrise de la langue entre 2003 et de 2009, l'autre entre 1997 et 2007, montrent que les lacunes des plus faibles se sont aggravées. Mais ces deux travaux attendaient dans les tiroirs du ministère de l'éducation depuis le mois de juin. C'est l'Insee qui, le 16 novembre, les a divulgués dans son Portrait social. Le jour de la parution de l'ouvrage, les statisticiens de la direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP) ont été priés de ne pas commenter ces résultats qui ne suivaient pas la "bonne" courbe.


    Novembre 2011
  • Marianne2.fr du 26/11/11 :
    Comment 5 ans de sarkozysme ont massacré le réseau culturel français.
    Jusqu'ici l'un des plus puissants au monde, le réseau culturel français est partout en charpie. Coupes budgétaires drastiques, mise en place chaotique du nouvel Institut français sur fond de guéguerres sarkozystes, l'avenir paraît bien sombre pour notre rayonnement international.
  • Libération du 23/11/11 :
    Les profs du primaire ne veulent pas de contractuels.
    Jusqu'à présent, en cas d'absence d'un professeur des écoles (malade, en formation, en congé maternité, muté, en disponibilité...), les académies puisaient dans un double vivier : celui des titulaires remplaçants (apellés «brigades» ou «ZIL», pour Zone d'intervention localisée, selon la durée et la zone de remplacement), et celui de la liste complémentaire du concours de professeur des écoles, sorte de liste d'attente des lauréats.
  • La Gazette.fr du 10/11/11 :
    Les députés adoptent un budget de l’Education raboté de 20 millions d’euros.
    Les crédits destinés aux bourses de collèges et de lycées seront réduits de 11 millions d’euros, en raison de leur sous-utilisation et du nombre d’élèves à la rentrée 2011, et de 2 millions d’euros les crédits pour les fonds sociaux. La subvention des opérateurs de l’Enseignement scolaire pour charges de service public sera diminuée de 6 millions d’euros et les crédits de l’Enseignement technique agricole baissés d’un million d’euros.
  • Le Monde.fr du 04/11/11 :
    Des statisticiens accusent l’éducation nationale de faire de la rétention d'information.
    Dans un communiqué, les statisticiens publics s'étonnent de voir que huit de leurs publications n'ont été ni publiées, ni mises à disposition du public sur le site Internet du ministère. Selon eux, des études annuelles, traitant par exemple du nombre d'élèves par classe ou de la réussite aux examens, sont mises en réserve par les services de Luc Chatel. [ cf. Niveau des élèves de CM2 : une étude non-publiée de la Depp]


    Septembre 2011
  • L'Humanité du 28/09/11 :
    Christian Laval : "l’école est au centre des nouvelles luttes des classes".
    Pour ce qui est de l’UMP, rien ne freine plus la droite dans son projet de construction de l’école la plus purement capitaliste qui soit. Il s’agit de façon très ouverte de mettre en place une école concurrentielle, fonctionnant pour l’élite, et qui vise à faire de chaque établissement une petite entreprise avec à sa tête un "patron" qui aura tout pouvoir sur les enseignants. C’est en somme un programme à la fois néolibéral et néoconservateur des plus radicaux. Pour ce qui est du programme des socialistes, ce qui est frappant, c’est sa pauvreté. Il donne l’impression d’une simple répétition d’orientations très anciennes tirées des rapports des années 70 ou 80. C'est un programme, si on peut l'appeler ainsi, qui ne parvient pas à saisir le contexte nouveau dans lequel nous sommes. Les socialistes se sont interdit de comprendre depuis trente ans que l’école était soumise de plus en plus à une norme néolibérale. Lorsqu’ils promeuvent l’autonomie des établissements, ils ne semblent pas du tout comprendre que cette autonomie peut être prise dans des sens très différents et que, dans le contexte actuel de concurrence entre établissements, elle peut avoir des effets extrêmement négatifs sur l’objectif officiel que se donne le programme de lutte contre les inégalités. Il y a là une méconnaissance, volontaire ou non, du nouveau paradigme mondial de l’éducation.
  • Le Monde.fr du 20/09/11 :
    La réforme Chatel des lycées est injuste et élitiste, par Eric Barbazo.
    Les différentiels en termes d'offre de formation (plus ou moins une heure de mathématiques par exemple par élève d'un établissement à l'autre) commencent à apparaître en Seconde comme le montre notre enquête. Cette situation risque certainement de s'aggraver encore (nous avons relancé une enquête sur notre site) à partir de la rentrée 2011, avec la nouvelle classe de Première qui propose elle aussi des aménagements d'horaires différents d'un établissement à l'autre. Sur une scolarité entière (Seconde, Première, Terminale), un différentiel de deux à trois heures de mathématiques sera par exemple possible pour un élève d'une série S (il sera possible de la même manière en lettres) selon l'établissement qui l'accueillera. On peut désormais affirmer que cette réforme a pour conséquence immédiate l'émergence d'un lycée français à deux vitesses.
  • Le Monde du 03/09/11 :
    Contre l'idéologie de la compétence, l'éducation doit apprendre à penser, par Marcel Gauchet, Philippe Meirieu.
    Ce jeu entre contraintes et ressources relève d'un travail pédagogique irréductible à l'accumulation de savoir-faire et à la pratique d'exercices mécaniques. Il renvoie à la capacité à inventer des situations génératrices de sens, qui articulent étroitement découverte et formalisation. Or, nous nous éloignons aujourd'hui à grands pas de cela avec des livrets de compétences qui juxtaposent des compétences aussi différentes que "savoir faire preuve de créativité" et "savoir attacher une pièce jointe à un courriel".
    Que peut bien signifier alors "l'élève a 60 % des compétences requises" ? La notion de compétence renvoie tantôt à des savoirs techniques reproductibles, tantôt à des capacités invérifiables dont personne ne cherche à savoir comment elles se forment. Ces référentiels atomisent la notion même de culture et font perdre de vue la formation à la capacité de penser.


    Août 2011
  • Télérama du 24/08/11 :
    Malaise dans l'école : la bataille du primaire.
    Des instituteurs qui refusent d'appliquer les nouveaux programmes. D'autres qui rendent leurs palmes académiques. Des parents qui occupent des écoles pour protester contre les fermetures de classes. L'école primaire, d'ordinaire la « grande muette » de l'Education nationale, crie au secours. Le malaise est plus ancien qu'il n'y paraît. En opérant des coupes claires (près de 9 000 postes en moins en 2011, 16 000 prévus en 2012), le gouvernement donne l'impression de tirer sur une ambulance. En 2007, dans son bilan annuel, le Haut Conseil de l'éducation révélait que « chaque année, quatre écoliers sur dix, soit environ 300 000 élèves, sortent de CM2 avec de graves lacunes ». Pire, les élèves en difficulté en CP le restent tout au long de leur scolarité.


    Avril 2011
  • Télérama du 28/04/11 :
    Grammaire amère, par Fanny Capel.
    Un ­discours grammaticalement correct est-il forcément « amphigourique », comme l'affirme Luc Chatel, qui défend la syntaxe familière de Nicolas Sarkozy ? C'est oublier qu'en l'absence d'une langue complexe et articulée seuls subsistent les slogans et les clichés – bref, le degré zéro de la pensée... – et que prospèrent les ghettos linguistiques : « Je me comprends », répliquent les jeunes gens pris en flagrant délit de charabia, sans songer que l'enjeu de l'intégration sociale comme de l'échange intellectuel est justement de se faire comprendre.
  • Blog Peut mieux faire du 26/04/11 :
    Terminale S : d’éminents mathématiciens contestent les nouveaux programmes.
    Cette fois, la bronca n’est pas déclenchée par les professeurs de lycée - qui s’y joindront peut-être - mais par un groupe d’éminents mathématiciens membres de l’Académie des sciences.
  • Rue89 du 25/04/11 :
    Le français, grand perdant de 2012, redoute Danièle Sallenave.
    « Une langue pure et compréhensible par tous, c'est un devoir démocratique », dit-elle lors de l'entretien qu'elle nous a accordé. Elle appelle les Académiciens à ne pas se cantonner à leur dictionnaire et à aller « sur le terrain ».


    Mars 2011
  • Le Monde du 30/03/11 :
    "Nous, princesses de Clèves" : la princesse de Clèves, héroïne des cités.
    Cela aurait pu être un documentaire social de plus, un film sur l'école comme la France les aime tant. Tourné au lycée Diderot, dans les quartiers nord de Marseille, Nous, princesses de Clèves scelle la rencontre entre la culture classique et la culture des cités autour du roman qui lui donne son titre.
  • Mediapart du 17/03/11 :
    Faudra-t-il se résoudre à dire adieu à l'Ecole et à l'instruction pour tous ?.
    Il y a eu les grandes grèves de 2003. La défaite qui s'en est suivie fut une lente, mais certaine, forme de descente aux enfers. Elle a atomisé les professeurs et l'Etat, avide de désengagement, a retiré ses billes. La Seine-Saint-Denis et, plus généralement, les villes et les quartiers populaires peuvent crever. Le consensus capitalo-parlementaire national n'a pas d'yeux pour eux.
  • Le Figaro du 16/03/11 :
    La difficile entrée en vigueur de la réforme du lycée.
    Les enseignants sont «fortement déstabilisés» par l'absence de contenus prédéfinis. Les élèves eux-mêmes ressentent cette déstabilisation: «Les profs sont un peu perdus», «Nous sommes la génération crash-test».
  • Le Figaro du 09/03/11 :
    Réapprendre les bases de l'écriture aux collégiens.
    Dans les copies de 3e, les phrases, extraites de Maupassant, ressemblent à celles-ci: «Puis je me chouche et jatent comme on atendrai le bouro» ou «j'attend le sommeille comme on n'attenderé le douraut». Mots disparus corps et biens, sons retranscrits de façon totalement aléatoire… ces élèves n'ont tout simplement pas compris le fonctionnement du code alphabétique et le principe de la correspondance entre les sons et les signes. Ce sont 30% de ses élèves qui écrivent ainsi.
  • VousNousIls.fr du 07/03/11 :
    Val-de-Marne: appel de maires contre "le dépeçage" de l'Education nationale.
    Huit maires de gauche du Val-de-Marne ont lancé lundi un appel contre le "dépe­çage" de l'Education natio­nale et les sup­pres­sions de postes d'enseignants qui menacent, selon eux, l'"accès au savoir" dans les quar­tiers populaires.
  • Le Monde du 05/03/11 :
    Eduquer au XXIe siècle, par Michel Serres.
    Que transmettre ? Le savoir ? Le voilà, partout sur la Toile, disponible, objectivé. Le transmettre à tous ? Désormais, tout le savoir est accessible à tous. Comment le transmettre ? Voilà, c'est fait. Avec l'accès aux personnes, par le téléphone cellulaire, avec l'accès en tous lieux, par le GPS, l'accès au savoir est désormais ouvert. D'une certaine manière, il est toujours et partout déjà transmis.


    Février 2011
  • L'Humanité du 17/02/11 :
    La filière technologique sabordée , par Dante Bassino.
    Le ministère veut remanier de fond en comble cette filière. Fini le fort marquage technologique. Fini les travaux pratiques sur systèmes professionnels, pourtant le principal facteur de réussite des élèves. Fini la diversité des options : des formations telles que bois, génie des matériaux, optique et d’autres vont tout simplement disparaître.
  • Les Echos du 16/02/11 :
    Carte scolaire : une étude s'alarme pour la mixité sociale.
    Une étude comparative publiée par le ministère de l'Education pointe les effets pervers de l'assouplissement de la carte scolaire sur la mixité sociale.