ÉDUCATION NATIONALE : UNE DESTRUCTION EN TROIS ACTES
ACTE I : HIER : ON REND LES ÉLÈVES IGNORANTS Scène I : 1975 : La loi Haby : on massifie sans démocratiser : quelques exemples : - On baisse le nombre d'heures de français à tous les niveaux. - À l'école primaire, on propage des méthodes d'apprentissage de la lecture dites globales ou semi-globales qui font des ravages. Scène II : 1989 : La loi Jospin : on place " l'élève au centre du système éducatif ". - En langage clair : on évacue la transmission des savoirs de ce centre pour, de façon très démagogique, y placer l'élève ; puis on le somme de "construire ses propres savoirs" et de devenir " acteur de sa propre formation ". - Dans toutes les matières, on impose de nouveaux programmes qui visent moins à instruire qu'à éduquer à une citoyenneté de pacotille. - On prône l'interdisciplinarité, censée remédier à l'échec scolaire. En réalité TPE au lycée et IDD au collège, empiètent sur l'horaire des disciplines fondamentales et contribuent à les disqualifier. Ces dispositifs préparent également le terrain à la polyvalence des professeurs. - On impose " le projet d'école ", premier jalon de l'autonomie des établissements et facteur de disparités. - On crée les IUFM qui développent eux aussi L'art d'apprendre à ignorer (X. Darcos. Ed. Plon) ACTE II : AUJOURD'HUI : ON DÉCENTRALISE Scène I : on s'attaque à la périphérie : - On transfère aux collectivité territoriales les personnels ATOSS ; COP, les assistantes sociales… - On supprime le statut de MI-SE que l'on remplace par les emplois flous et précaires d'aide-éducateur puis d'assistant d'éducation, tout en réduisant le personnel d'encadrement... Scène II : on se rapproche du centre : - On envisage de supprimer les TZR et de les remplacer par des vacataires et/ou par d'autres professeurs à l'intérieur de l'établissement Dans les académies pilotes (Bordeaux, Rennes), - On " propose " aux TZR de philosophie et d'allemand de se reconvertir dans d'autres matières…. - On expérimente l'autonomie des établissements (C.A. comprenant moins de représentants des personnels, plus de parents et d'élus - Contractualisation des "projets d'établissements" sur 3 ans). - On transfère aux collectivités territoriales la répartition des horaires par discipline et des crédits, ainsi que la définition des secteurs de collège. - On globalise les budgets (postes et fonctionnement). ACTE III : DEMAIN : ON L'AURA DANS LE BABA Scène I : on vise le cœur - Suppression des concours de recrutement au nom de la libre concurrence européenne, remplacés par des " contrats d'affectation sur emploi " (voir rapport du Conseil d'État). - Annualisation du temps de travail. - Régionalisation des programmes et des diplômes. - Professeurs polyvalents, corvéables à merci. Scène II : on constate les dégâts : quelques exemples : Accroissement des inégalités. Profs et élèves de plus en plus ignorants. Recrudescence de la violence... Scène III : on privatise - Les riches et les moins riches mettent leurs enfants dans le privé ou dans les établissements d'élite qui continuent à transmettre des savoirs et à enseigner la Philosophie, le Latin, le Grec et l'Allemand. - Tous " ceux qui ne constitueront jamais un marché rentable " (source : OCDE) restent au centre des Garderies Régionales où on les laisse construire leurs propres savoirs grâce à des parcours ludiques et interactifs gérés par des médiateurs polyvalents dans un esprit citoyen. SAUVER LES LETTRES : http://www.sauv.net/ (À lire aux éditions Textuel : Sauver les lettres, des professeurs accusent).RECONSTRUIRE L'ÉCOLE : http://membres.lycos.fr/reconstrlecole/ 04/2003
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