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Journal d'une institutrice clandestine

 

Journal d'une institutrice clandestine

Diponible sur alapage.com ou dans votre librairie.

Lire un texte de Rachel sur le site : Premier poste.
Éditions Ramsay. Août 2003.

Journal d'une institutrice clandestine
Rachel Boutonnet
286 pages, 20 euros

Je suis une jeune institutrice : ma troisième année d’enseignement vient de se boucler. Je sais, le terme de clandestine " peut faire sourire. Pourtant, j’insiste. J’efface soigneusement le tableau quand je quitte ma classe pour qu’on ne voie pas trace de mon travail, je fais recouvrir de papier kraft les manuels avec lesquels mes élèves apprennent à lire - et que j’ai achetés sur mes deniers. Je tais soigneusement mes convictions et beaucoup de mes méthodes. Elles n’ont pas l’heur de plaire à certains de mes collègues et, en tout cas, elles répugnent franchement aux membres de l’inspection.

En fait, dès mon entrée à l’Institut universitaire de formation des maîtres (IUFM), j’ai presque aussitôt compris que je n’avais rien à en attendre. Nous avons passé en tout et pour tout six heures sur l’année à l’enseignement de la lecture et de l’écriture ! Le credo des formateurs se résumait à : Le maître ne doit pas être un reférent pour l’apprenant [l’enfant]."

J’ai donc résolu de me comporter en reporter clandestin. De septembre à janvier j’ai tenu un journal tous les soirs, pour résumer mes journées et mes impressions.

Quand l’année s’est achevée, j’étais épuisée, je ne me sentais pas du tout formée au métier mais j’étais au moins indemne moralement.

J’applique aujourd’hui des méthodes pédagogiques auxquelles j’ai longuement réfléchi, qui sont aussi précisément celles que l’IUFM voue aux gémonies, mais je vois mes élèves apprendre et en être fiers.

Un document authentique et passionnant : les réflexions stupéfaites, incisives et incroyablement lucides d’une jeune institutrice, pour la première fois confrontée à l’école telle qu’elle est conçue aujourd’hui. On croit rêver parfois...

Rachel Boutonnet, née en 1972, titulaire d’une maîtrise de philosophie, est maîtresse d’école depuis septembre 2000, en classe de CP et CE1. Elle fait partie des associations Reconstruire l’école, Sauver les lettres.


Revue de presse sur le site de "Reconstruire l’École".

Vos commentaires :

idiorythme, 16/06 : je voudrais demander à Mr Galtier Gerry comment avez -vous organisé votre travail en candidat libre et quel point fort à votre avis vous a permis de réussir le concours de CRPE? j' ai une note de 13/20 au test d'admission pour la préparation au concours à l' IUFM mais aucun point de barème; du coup j' attends sur liste complémentaire 684 ème!!!
merci pour votre réponse
et n' hésitez pas à répondre si vous avez les mêmes soucis

une futur inst, 09/06 : il faut beaucoup de courage pour faire ce que vous faites j'espere etre une aussi bonne maitresse que vous
Fabienne, 28/05 : Maman de 3 enfants dont deux sont dyslexiques et dysorthographiques et bien sur en échec scolaire le troisième s'en est sorti parce que j'ai décidé de lui apprendre moi meme à lire je suis soulagée de voir qu'il existe des enseignants conscients du désastre auquel conduit l'apprentissage par la lecture globale, je suis infirmière et vois arriver la nouvelle génération pourtant bachelière, j'ai honte en lisant leurs écrits beaucoup écrivent quasiment de façon phonétique parfois leurs phrases n'ont aucun sens pour les gens ayant un peu d'orthographe c'est dire...il parait que la méthode va changer vive la langue Française et faite qu'elle retrouve un sens.Je suis tombée sur votre site par hasard en recherchant une méthode pour aider mon petit fils déjà en difficulté.
valérie, 06/03 : Bonjour
Je viens de terminer votre livre, j'ai immédiatement reconnu l'iufm dont vous parlez ainsi que certains profs! Je constate que 17 ans après mon passage à l'école normale de Cergy à part le changement de nom rien n'a changé. Je me suis retrouvée dans tous vos commentaires. Vous mettez des mots sur ce que j'ai toujours pensé.
J'ai détesté ces deux années et j'ai bien failli ne pas en sortir indemne car ma rebellion m'a coûté très cher. J'ai été repêchée de justesse par un prof qui croyait en moi mais les personnes que j'avais osé contesté s'étaient juré ma perte! Je suis sortie dernière de ma promotion et j'ai failli démissioner dés ma première année.
Ce sont les élèves qui m'ont réconciliée aves la profession. J'ai eu la chance d'avoir une grande liberté pédagogique pour faire travailler mes CP et à part une petite reflexion de l'inspectrice sur mon choix de travailler avec Ratus je ne m'en suis pas trop mal sortie.
Tous les jours je contaste les dégats, je suis maintenant remplaçante dans tout le département et ce que je vois me fait peur.
Je ne suis absolument pas pour un retour aux vieilles méthodes avec tout ce que cela implique mais je souhaiterais un retour à l'exigence et au travail sérieux et bien mené.
Tout est une question de dosage et il n'y a pas de "méthode" à proprement parler pour enseigner aux enfants, ce serait un tort de vouloir le faire croire. L'iufm nous leurre complètement et je suis contente qu'un personne ait eu le courage de le dénoncer. Je reste plus réservée sur d'autres aspects du livre.

lucien, 08/02 : Je viens de lire quelques passages du livre. Ancien Directeur d'école primaire, je l'approuve à 100%. Je souhaite qu'elle traite par le mépris les injures qui lui sont adressées dans certains commentaires. Je formule le voeu que les IEN, que je respecte, mais que le "système" transforme quelquefois en satrapes, ne sanctionnent pas les enseignants ayant le courage de résister à certains diktats contraires à une juste liberté pédagogique.
Lydia, 05/02 : J'ai effectué ma première année d'iufm l'an passé dans le nord et j'ai malheureusement raté le CRPE. Je suis tombée par hasard sur le livre de Mademoiselle Boutonnet à la FNAC et dés que j'aie lu le résumé du livre sur la quatrième de couverture, je me suis dit, ce livre raconte ta vie à l'iufm, achète-le! Et en effet, je dévore ce livre chaque jour un peu plus (je ne le lis que dans le train pour cause de révisions le reste de la journée!) et au fil des pages je retrouve mon vécu lorsque j'étais PE1 et les sentiments de mes amis qui sont parvenus à être PE2. Même si je ne peux pas dire que mes profs étaient nuls, certains étaient même passionnants, mais est-ce que le contenu de leurs cours va nous servir dans notre pratique future d'enseignant? non. Est ce qu'avec les cours que j'ai eu ou ceux que mes amis pe2 ont cette année nous saurons comment gérer notre classe, faire un cours? non. On nous fait de belles litanies sur la pédagogie nouvelle, nous devons expliquer notre passé d'écolier pour que nous prouvions nous même que nos instits ne savaient pas enseigner, que nous avons subi l'école à cause des méthodes anciennes qui ne sont pas bonnes blablablabla. Personnellement j'ai un trés bon souvenir de mon école primaire et de mes instituteurs. Je n'ai pas eu d'expériences traumatisantes comme voulait me le faire dire ma prof d'EOEPP (je pense que cela équivaut à la prof de formation générale).
J'ai d'ailleurs une anecdote sur ce cours. Pendant 5 ou 6 cours (qui durent chacun 3h) nous avons étudié le thème de la punition. Nous avons étudié des textes de Montaigne, d'Alain, nous avons travaillé en groupe, fait des exposés, notre prof nous a dit tout ce que nous n'avions pas le droit de faire (mettre au coin, faire des lignes, hausser le ton...) bref nous avons étudié la punition en long, en large et en travers. Et qu'est-ce que je retiens pour ma future pratique? qu'est ce que je fais si un élève me répond? s'il y a du chahut? si un élève ne fait pas ce que je lui ai demandé? s'il a tapé un enfant à la récréation? Je ne sais pas.
Je ne veux pas passer pour quelqu'un qui veut absolument punir, mais l'autorité, le respect de l'instituteur/trice? on en fait quoi? On fait comment? Nous avons demandé à notre prof qu'elle nous dise donc ce que nous devions faire en cas de chahut, ou autres cas qui perturberaient la classe et le cours, elle nous a dit de parler avec l'enfant. Bon d'accord je parlerai avec l'enfant, et s'il y en a plusieurs? et s'ils ne s'arrêtent pas car ils s'en fichent pas mal que je ne fais que leur parler? et s'ils recommencent?
Evidemment c'est un exemple parmi tant d'autres, je ne me focalise pas sur la punition, mais ça m'inquiète, dans toutes les matières on nous a dit de ne pas faire ceci ou cela, mais qu'est ce qu'il reste? que devons nous faire alors? qu'avons-nous le droit de faire? pourquoi on ne nous le dit pas?
Quel bagage aurais-je quand je vais débuter dans la profession? (je compte avoir mon concours cette année!)
Tout ça pour dire: Bravo Mademoiselle Boutonnet! J'ai conseillé votre livre à mes amis PE2 qui font des sudoku pendant les cours où il n'y a pas de contenus concrets qui ne vont donc pas leur servir à la rentrée 2006, c'est-à-dire presque tous!

Pigeon, 29/01 : Ouri a écrit le 29/01

j'ai lu quelques paragraphes du livre de rachel et je ne l'ai pas encore terminé car maman est entrain de le lire.

je la félicite pour le travail immense qu'elle a effectué en écrivant ce livre .
Bravo - qu'elle prenne à coeur son métier , d'ailleurs je trouve qu'être instituteur ou institutrice est métier noble : : il faut de la volonté pour dénoncer le bétisier du système dans l'éducation ou ailleurs. (meilleurs voeux 2006) .

Que dire ... je n'ai pas moi fait un cursus en iufm , et je ne peux donc pas critiquer les abérrations des méthodes destinés aux enseignants et aux élèves comme le font certains lecteurs que le livre de rachel touche beaucoup . Je reprends des études universitaires à contre coup et je suis donc un jeune étudiant aujoud'hui, néanmoins il ya beaucoup d'imperfections dans le haut du chapiteau .
Je ne lui cache pas ma curiosité de terminer son livre, moi même j'aime beaucoup lire , et je trouve très cocasse l'idée au travers d'elle de me remémorer les étapes de mon apprentsissage de la lecture .
Pour finir , J'aime bien l'emploi qu'elle fait de " reporter clandestine " je trouve cette liaisons de mots bien choisis , j'aime moins le " c'est une honte pour notre profession " En tout cas , si les félicitations touchent notre auteur , je lui adresse mes amitiés .





uranie, 14/01 : Je n'ai pas lu le livre mais je vais me le procurer étant moi-même institutrice cela m'intéresse ... Je reviendrai après la lecture vous dire ce que j'en ai pensé.
Antoine S, 08/12 : Un grand bravo à Rachel pour son courage et son honnêteté.
Nous avons dévoré son livre, après celui de Marc Lebris.
Nous sommes instituteurs depuis une dizaine d'années et fervents défenseurs de la méthode syllabique.

Si Rachel le désire, nous aimerions lui montrer les Syllamots, un outil conçu pour promouvoir une approche ludique de la combinatoire.
Son avis nous intéresse.

A bientôt.

Antoine et Claire STROEBEL.
Association En-jeux
site internet http://en-jeux.site.voila.fr
Mail : antoine.stroebel@worldonline.fr
Haute-Savoie.

P. Gonthier, 05/12 : Mercredi, j'ai acheté le livre de Rachel Boutonnet dans sa version poche et viens de le terminer. Bravo!
Sa lecture donne envie de parler du métier, de donner à voir ce qui se passe dans cette grande maison délabrée qu'est l'Éducation nationale.

Ancien instituteur (n'ayant jamais subi l'inculture iouphme), aujourd'hui "jeune" PEGC Lettres Histoire Géographie (nous pouvions encore le devenir en 2003 en Nouvelle-Calédonie), père d'une fillette de 7ans, je ne peux que constater les dégâts.
Dégâts dans la déformation des futurs maîtres dispensée par les IUFM , dégâts chez ma fille qui a appris et continue d'apprendre en dehors des heures de classe (elle a su lire en trois mois grâce à la Méthode Bocher contre le corps enseignant moderne), dégâts au collège où les gamins traînent leur misère de dysorthographie en dyscalculie, dégâts chez les professeurs du secondaire.
Mi-novembre, j'ai été convoqué à une journée pédagogique. Pendant des heures, j'ai subi un flot de démagogie, d’autosatisfaction, de propagande sur les pratiques innovantes, écouté des bilans globalement positifs, des procédés de facilitation de la créativité, une litanie de sigles (PPRE, CSP, ATP…), des rapports qui prouvent que le redoublement est un crime (sans qu’on sache qui les a faits, qui les a lus… et même d'ailleurs s'ils existent), des pourcentages tous un peu plus débiles les uns que les autres.
Chaque fois que je participe à ce genre de spectacle, j’admire avec quelle maestria l’Éducation nationale s’emploie à couper la branche sur laquelle elle est assise.
Entendre un formateur IUFM annoncé qu’il est contre les devoirs du soir pour les collégiens, que lui n’en donne jamais, alors que les boîtes privées ont le vent en poupe, il y a de quoi désespérer du monde éducatif public.
Voir le même formateur très satisfait de lui-même montrer une fiche sur laquelle travaillent les élèves en 6e. Il s’agit de remettre les mots en ordre dans une phrase, de mettre les majuscules et les points, de réorganiser les phrases dans un texte pour qu’il ait un sens. Du travail de début d’année en Ce1.

Contre les redoublements la Nomenklatura s'agite. Après la remédiation devenue obsolète, nous voici maintenant avec des usines à gaz comportant pour un même niveau des groupes de 8, de 18, de 28, des gamins volontaires, des professeurs pour trois élèves avec lesquels ils parlent surtout de vêtements qui ne plaisent pas aux copines, d’élèves à qui on demande ce qu’ils veulent faire (écrire une chanson ? allons-y), de falsification de résultats en se procurant pour les plus faibles le contrôle avant qu’ils ne le fassent en classe, de contentement de soi quand les élèves refusent de se rendre en cours s’ils n’ont pas leur heure de satisfaction relationnelle.
« Ils ont pris de l’assurance », clament les chers collègues lobotomisés par les psychopédagogos des IUFM. Ont-ils de meilleurs résultats ? osai-je questionner. Non, mais ils sont heureux et c’est l’essentiel.
Il est vrai que maintenant l’école a pour unique objectif de former des citoyens heureux.
Un inspecteur ne retient que le mot « piège » quand un des enseignants avance qu’il demande les contrôles à ses collègues pour montrer les pièges — pardon, se reprend-t-il, les difficultés — qu’ils contiennent. "Non, non, vous avez dit piège, et ça c'est important."
C’est donc ça, le malheurs des élèves faibles, ces malheureux gamins abandonnés à leurs difficultés: les professeurs les piègent. Il y a même un enseignant qui tente, sans succès il est vrai, de prouver que les incendiaires déscolarisés des banlieues ont eu finalement raison de foutre le feu aux écoles de leur quartier puisqu’ils sont piégés…
Il y en a toujours un participant proche du premier cercle qui lance : "J'ai rencontré un élève qui… ". C'est l'exemple chargé d'anéantir toute velléité de contester la faiblesse du niveau général des élèves, la nécessité de certains redoublements. On se croirait à un congrès de parti politique au moment de la synthèse.

Il ressort de cette longue journée de genuflexion (à défaut de réflexion) que le mieux, évidemment, est de supprimer la notation, les évaluations et de laisser les élèves s’évaluer eux-mêmes.
Conclusion générale : « Il y a des points positifs ! »
À mourir de rire. Je me dis qu’un journaliste qui entendrait ça, pourrait faire un bel article au vitriol sur l’univers des enseignants.

Dans chaque groupe de travail, il devait y avoir un rapporteur. Comme je prenais beaucoup de notes sur ce que j'entendais, le principal de je ne sais quel collège, se tourne vers moi et me dit que je devrais être le rapporteur des travaux de notre si sympathique petite assemblée. Je lui réponds que mes notes sont surtout critiques. Du temps passe. Et le même revient à la charge. « On peut savoir ce que contiennent vos notes critiques? ».
Pas de problème. Je fais un topo qui ressemble à ce que je viens d'écrire plus haut.
Quelques enseignants apprécient, relèvent la tête et avancent à leur tour quelques critiques dans cet océan de démagogie.



Fred, 23/11 : Je vous ai découverte au JT la semaine dernière et je me sens un peu moins seul. J'enseigne depuis 10 ans au cycle 3. J'ai eu des démélés avec les inspecteurs car j'avais osé prétendre que la dictée et l'analyse grammaticale étaient encore ce qu'on avait trouvé de moins mal pour lutter contre les fautes d'orthographe.
J'ai eu la chance de débuter dans une petite école de six classes où la collègue de CP était une adepte de ratus. C'était le temps béni. Depuis son départ, je constate chaque jour les carences des élèves formés à la méthode globale, à la grammaire de texte et autres inepties "officielles".
J'enseigne dans un quartier favorisé et j'ai le soutien d'une grande majorité des parents, lesquels ne sont pas dénués de bon sens. Je ne pense être ni un marginal ni un dinausore. J'aprécie votre action car les langues commencent à se délier.
J'étais de la première génération des professeurs des écoles, celle qui devait tout casser et tout révolutionner. J'ai été accueilli par des IMF et des maîtres d'accueil en totale contradiction avec ce qui se disait à l'IUFM mais avec qui mes collègues et moi étions entièrement d'accord. Ces gens là sont désormais à la retraite et remplacés par d'autres à qui on a lavé le cerveau. A nous de prendre la relève.
Je pense que beaucoup d'entre nous se reconnaîtront dans vos livres.

Roger, 20/09 : J'ai appris à lire en 2 mois avec la méthode Boscher, pendant les vacances d'été, dans les années 55... J'ai aussi été "instit" plus de 30 ans. Le bavardage institutionnel et obligatoire est arrivé dans ma région rurale vers les années 1992. J'ai dû terminer ma carrière en "clandestin" comme Rachel l'a commencée, en attendant la fin...
Depuis, j'ai retrouvé le fameux petit livre de lecture avec un pommier, dans une grande surface, et je l'ai acheté!!!

Galtier G., 20/07 : Réponse à Fabien :

Meirieu ne prend pas de X, certes, mais Gerry ne prend pas de J!!!

Si vous m'aviez bien lu vous sauriez que je n'ai pas passé deux ans à faire la fête à l'IUFM et que de plus je ne suis pas contre Rachel. Je réaffirme ce que j'ai dit au sujet de l'IUFM de Nice. Il semble que tous les IUFM de France ne soient pas identiques (mais peut-être connaissez-vous l'IUFM de Nice mieux que moi?). En tout cas je ne me suis senti nullement oppressé par un quelconque dictat.

Fabien, 08/07 :
OBJ. Critiqueurs machos ?

Le livre de Rachel Boutonnet n'est pas plus "extrémiste" que celui de Marc Lebris. Ils sont, pourrait-on dire, du même tonneau. Pourtant, les attaques qu'elle subit sont bien plus terre à terre et mesquines et personnelles, diffamantes. Certaines frisent même la grossièreté.

Pour Marc Lebris, en revanche, "on" prend des pincettes. On essaye d'argumenter. Mais du coup, il est plus difficile de paraître pertinent après que Marc a parlé. Alors, les critiques adoptent un ton plus doucereux.

Pourquoi une telle différence de ton dans les critiques malgré la similitude du propos des deux auteurs ? Est-ce parce que Rachel Boutonnet est une femme, jeune de surcroît ? Ou bien est-ce parce qu'elle affirme ne jamais être tombée dans le panneau jargonnant de l'IUFM alors que M. Le Bris a mis plus de vingt ans à faire sa "conversion" ?

Je crois que M. Le Bris est un vieux briscard de l'enseignement qui pourrait étayer chacune de ses affirmations par des dizaines d'exemples puisés dans sa longue pratique de classe. Mlle Boutonnet, elle, n'a pour l'instant que son bon sens et sa grande force morale.

Je remarque d'ailleurs que les critiques les plus acerbes émanent de jeunes collègues professeurs des écoles, les enseignants les plus anciens se contentant d'affirmer leurs méthodes ne marchent pas si mal que cela, et on veut bien les croire tant il est vrai que l'enthousiasme du professeur demeure déterminant dans l'apprentissage de la lecture (mais alors, bonjour les disorthographies, cf. M. Le Bris).

A croire que les jeunes collègues de Mlle Boutonnet, dont la conformité idéologique aux dogmes de l'IUFM leur a permis de passer deux ans à faire la fête sans trop se poser de questions (voir le texte de Jerry GALTIER) ne lui pardonnent pas sa lucidité, qui fait ressortir, par contraste, à quel point ils ont été des moutons de Panurge !

J'ajoute que, au vu de sa parfaite maîtrise du français, je serais heureux et rassuré que mes enfants fussent dans la classe de Mlle Boutonnet, et que ceux qui la critiquent feraient mieux d'apprendre à se servir d'un correcteur orthographique ( pour la maîtrise du Bescherelle, il est trop tard )





Fabien, 08/07 : Réponse à Roland Braun:

"Chercheurs?"

De par le bon sens sur lequel il s'appuie, le livre de Rachel est au contraire, d'une grande utilité pour un instit débutant. Il se situe aux antipodes des ouvrages des chercheurs que vous citez, ne serait-ce que sur le plan de la lisibilité.

Ces "chercheurs" sont en fait des fonctionnaires cooptés du fait de leur ligne idéologique plus que pour les résultats de leurs recherches.

D'ailleurs, si vous les aviez vraiment lus, vous sauriez que Meirieu ne prend pas de "x".


andrée, 05/07 : Je me sentais seule parmi tous ces parents qui applaudissaient à ces enseignants, ceux qui n'ont aucun manuels scolaires, ceux qui ne font que du travail de groupe, ceux qui laissent choisir le travail aux enfants... Mais j'étais dans un autre monde ! Ce n'était pas ce que j'espérais pour mes enfants, moi qui ai appris à lire avec la méthode boscher, moi qui ai appris à écouter en classe assise face au tableau.
Quelle déception, de voir mon enfant ne pas savoir écrire sur une ligne ou tout simplement sur un cahier, d'entendre me dire : "de nos jours avec les ordinateurs, on n'a pas besoin de savoir écrire !!". Ma fille a échappé à cet enseignement, elle est actuellement scolarisée dans une école publique qui enseigne de "manière traditionnelle". Mais mon fils a dû chaque vacances d'été "rattraper son retard" afin qu'il n'arrive pas au collège avec d'énormes lacunes. J'ai vécu des moments difficiles, car j'avais l'impression de me battre seule contre les enseignants et contre les parents satisfaits de voir leurs enfants passer de classe en classe jusqu'au cm2 ! Tout ceci sans aucun résultat scolaire, juste une appréciation de l'enseignant à la fin du moi de juin ! Le moi de juin c'est trop tard, et pourtant ce n'est pas faute de rencontrer l'enseignant, de vouloir à tout prix s'intéresser au travail scolaire (inexistant car les devoirs sont interdits depuis les années 50 !) et de passer pour une mère trop posséssive! Je suis heureuse de trouver enfin une véritable enseignante, qui prend son travail et son devoir à coeur. Un jour un enseigant de mon fils m'a dit : "s'il prend du plaisir à aller à l'école, alors, la moitié du travail est fait", bien entendu qu'il aimait aller à l'école, il pouvait tout choisir car il a eut ( ou plutôt " a subi") la méthode des brevets!
Quoi qu'il en soit, je me sens moins seule...

christophe, 08/06 : Bravo rachel pour ton courage et ta sincérité! Moi qui pensais que les filles à l'IUFM ne savaient que souligner en rouge vert bleu et aligner les I II III. Tu as su non seulement témoigner de cette annéé vécue mais aussi analyser les pratiques institutionelles. Chapo !!!
Je crois que tu redonnes courage aussi à bocou de gens, on t'aime continue!!
72ème rugissant.

Magali, 29/05 : Je viens de découvrir que je ne suis pas seule enseignante à travailler effectivement dans l'ombre. Je suis enseignante de CP et depuis cinq ans je travaille avec la méthode du dr Ghislaine Wettstein Badour et je suis franchement heureuse de pouvoir aider les élèves en difficulté. je vais m'empresser de lire les livres de Marc et de Rachel et j'espère que je pourrais communiquer avec eux car effectivement lorsque l'on travaille comme cela on peut se trouver quelque peu isolée.
Galtier Gerry, 27/05 : J'ai lu attentivement le livre de Rachel Boutonnet. Je suis professeur des écoles depuis 3,5 ans. J'ai passé le concours en candidat libre comme elle et j'ai fait ma deuxième année d'IUFM à Nice en 2002/2003. Je tenais à dire que l'ambiance générale décrite dans l'IUFM de Rachel n'est absolument pas celle qui règne à Nice. Je n'ai jamais entendu dire que des stagiaires se sentaient menacés de non validation pour leur opinion. Les formateurs à Nice ne sont pas les extrêmistes décrits dans son livre (ou bien j'ai eu la chance de tomber sur des formateurs moins sectaires). L'ambiance était plutôt détendue. En revanche j'adhère totalement au fait que je n'ai pas appris grand chose. Ce qui nous a été proposé en français était tout à fait honteux et scandaleux. Je suis sorti de cette année de "formation" sans savoir comment je devais m'y prendre avec mes élèves. Les seuls bons formateurs étaient ceux en maths et en histoire/géographie.
Je termine ma deuxième année d'écoles. Deux écoles différentes, mais deux CM2. Une chose est certaine : le niveau des élèves en français est déplorable. Manque de vocabulaire simple, non maîtrise de règles simples de grammaire, lectures difficiles (je parle de comprendre ce qui est lu)... Cette année comme l'année dernière, je vais envoyé en 6ème une cohorte d'élèves avec des lacunes monumentales. Mais il est impossible de maintenir 1/3 de la classe (ou plus). Dans son livre, Rachel dit qu'elle s'est démenée avec des élèves de CE1 pour qu'ils maîtrisent la lecture. Cela a freiné toute sa classe. Il faut savoir que souvnent on fait passer des élèves avec de grosses lacunes (car l'institution nous y oblige). Lacunes qui s'accumulent d'années en années. On arrive à avoir des classes de CM2 tellement hétérogènes qu'il faudrait être un génie pour remettre tout le monde à niveau.

Personnellement, je n'ai pas d'idées bien arrêtées sur tout en matière d'enseignement (c'est normal, je débute) même si de manière théorique il me semble logique d'utiliser la méthode syllabique pour apprendre à lire.
Je vais maintenant m'empresser de lire le livre de Marc Le Bris. j'espère avancer dans mes opinions.

En tout cas, merci à Rachel pour son livre.

Benhur, 17/05 : J'ai lu le livre de Rachel Boutonnet il y a déjà quelques temps et je viens de prendre connaissance de son texte "premier poste". Je ne suis pas institutrice, mais professeur (CAPES de lettres classiques) au collège. Je ne parlerai pas de mon année passée à l'IUFM, ni des pratiques pédagogiques imposées au collège et tout aussi inefficaces que celles imposées au primaire. Je parlerai seulement des élèves que je retrouve au collège...
Je sais maintenant pourquoi, en sixième, je dois passer un trimestre entier à "me bagarrer" pour que mes élèves restent assis pendant l'heure de cours : ils se lèveraient de manière impromptue et sans permission pour jeter un papier à la poubelle, ramasser un crayon ou aller aux toilettes ! (c'est ainsi que j'ai arrêté juste à temps un de mes élèves qui sortait tranquillement de la classe sans rien demander à personne... parce qu'il voulait se laver les mains).
Je sais aussi pourquoi mes dictées semblaient toujours trop difficiles pour mes élèves : si je les choisis dans les anciens BLED (horreur !) de primaire pour des élèves de troisième, j'ai facilement une moitié de la classe avec un zéro ; alors j'ai renoncé : je continue l'exercice mais aves des textes encore plus courts, et toujours plus faciles...
Je sais encore pourquoi mes élèves confondent encore le sujet et le COD en classe de cinquième : essayez donc ensuite de leur apprendre la voix passive, ou de leur enseigner le latin !
je termine en remerciant vivement Rachel Boutonnet et Marc Le Bris : grâce à eux, j'ai enfin compris pourquoi une règle de grammaire vue en sixième, revue en cinquième, puis en quatrième (je ne parle pas du primaire), est toujours ignorée en troisième : le "système séquentiel" de l'enseignement du français empêche les exercices répétitifs qui permettent de fixer une notion ; alors la règle entre par une oreille et sort par l'autre. J'ai décidé de changer cela dès l'année prochaine, et tant pis si je dois rogner sur les "indices textuels", "schéma de communication" ou autres impedimenta...

Marc DANIEL, 19/04 : Je souscris à ce que vient d'écrire Marc LE BRIS. J'ai lu entièrement le livre de Rachel en 48 h. Il est criant de vérité. J'ai eu la chance de rencontrer Rachel à Lyon en compagnie de 2 inspecteurs retraités (I.E.N.)et de mon épouse également institutrice retraitée. Rachel n'avait qu'un souci, nous écouter raconter notre vécu de pédagos, avoir notre opinion sur son livre, nous demander nos conseils pour une inspection angoissante qui l'attendait. Son comportement n'avait absolument rien d'aigri ni de rétrograde ni d'égocentrique. Je pense que Rachel a eu l'intelligence et la sensibilité de réagir à sa formation délirante à l'I.U.F.M et en plus le courage extraordinaire de faire partager son malaise à nous tous. Qu'elle en soit remerciée !!! Marc DANIEL - instituteur et directeur d'école à la retraite depuis juin 2000
Marc Le Bris, 13/04 : Je viens de lire ce commentaire de Sandrine du 29/01.
"C'est [Rachel] une personne rétrograde, aigrie et égocentrique."
Considérations insultantes, étayées de quoi ...
"Quand on est élève dans sa classe, il vaut mieux être le bon élève qui ne rencontre aucune difficulté; sinon on reste au bord de la route..." Pourquoi ? D'où tenez-vous ceci ? Sur quels résultats vous basez-vous ?
"Elle est une honte pour notre profession !" Pourquoi ? Insulte gratuite ?

Rachel est une personne moderne, intelligente, précise, mais aussi de bonne compagnie, souriante et chaleureuse (je dis ça parce que je la connais ;-), et elle écrit remarquablement, elle. Ses élèves vont très bien, et leurs parents le savent.

Je vais vous dire ce que je prends pour une honte, une vraie grande honte épaisse et dangereuse de menaces politiques pour l'avenir ... La vraie grande honte, c'est que des enseignants, des intellectuels, soient capables de tels messages vides, sauf de haine, si semblables aux réquisitoires de l'Inquisition qui jugeait sur rien, et condamnait de même. Ou sur ceux des staliniens chinois ou russes ..

Je commence à me demander si la seule expertise de l'éducation nationale moderne n'est pas sa machine à sélectionner les médiocres.

Marc Le Bris

deirdre, 12/04 : J'ai lu ce livre d'abord par curiosité mais ensuite avec un intörêt différent: je suis müre d'un garçon de 2 ans. Ce que j'ai lu m'a paru aberrant. Je me dis que si à l'époque où j'avais 6 ans (il y a 22 ans de cela) on m'avait enseigné de cette façon je me serais senti perdu. On dirait qu'il y a plus de repère, il faut tout découvrir par soi même y compris comment sont rangés les livres dans une bibliothèque! Ce genre d'atelier me semble amusant ou éducatif une fois de temps à autre mais pas approprié pour tout apprendre. Tout comme la méthode globale pour la lecture. On dirait qu'on s'amuse à compliquer les choses. Le français est fait de lettres et de syllabes alors pourquoi faire croire aux enfants dans un premier temps que ça marche différemment. On dirait qu'on leur apprend le chinois, qui est construit comme on l'apprend dans la méthode globale. Pour moi, ça n'a pas de sens.
Je suis rassurée d'entendre que la méthode syllabique revient "à la mode", avec la réforme du ministre de l'éducation.
Et que dire du vocabulaire bizarroïde employé à l'IUFM... POurquoi ne pas parler de devoir ou de maître/maîtresse plutôt que de production écrite ou d'adulte référent. ça ressemble à un lavage de cerveau.
Je souhaite que Rachel Boutonnet et les autres instituteurs/trices rencontre plus de soutien auprès de l'education nationale.

Leeloo, 30/01 : Et bien malheureusement, je n'ai pas eu votre courage Rachel... J'ai abandonné.
J'ai réussi le concours en juin, mais l'IUFM, les formateurs et certains collègues ont eu raison de moi. Je ne veux pas enseigner ds cette école. Je n'ai pas passé le concours pour être ce qu'ils veulent que je sois. J'ai l'impression d'être en total décalage avec l'éducation nationale.

J'avais trop d'illusions... j'ai renoncé.
Je me dis que peut être plus tard, ça aura à nouveau évolué et qu'on enseignera différemment et que ça me conviendra.

Bon courage à vous. Continuez pour moi.

Sandrine, 29/01 : Enfin un endroit pour exprimer mes impressions et avis concernant cette "collègue" qu'est Rachel Boutonnet. Il faut arrêter de faire croire que ses idées sont majoritaires dans notre profession, notamment en l'invitant au 13 heures de France 2. C'est une personne rétrograde, aigrie et égocentrique.
Quand on est élève dans sa classe, il vaut mieux être le bon élève qui ne rencontre aucune difficulté; sinon on reste au bord de la route...
Elle est une honte pour notre profession !

Philo-fan, 27/01 : Le livre de Rachel Boutonnet dérange à en lire certains de ces commentaires. Et oui! certains découvrent aujourd'hui que pour arriver à un résultat, il faut du travail. Pour apprendre à lire, il faut du travail. Pour apprendre à écrire, il faut du travail. Un fonctionnaire qui prône les valeurs du travail, ça en bouche un coin à certains.
Et bien, sachez qu'il existe dans ce pays, et heureusement, des gens qui mettent beaucoup de coeur à leur tâche et ce, y compris dans la fonction publique. Quand les gens auront compris que les enseignants ne sont pas les ennemis de leurs enfants, l'EN pourra progresser.
L'école est le seul endroit dans cette société où l'on nous dit qu'il faut travailler pour arriver à quelque chose et la masse se laisse endormir par les théories débiles de ceux qui pondent les réformes de l'enseignement. L'école n'est pas le lieu du plaisir. La vie, ce n'est pas que du plaisir et on ne rend pas service aux enfants en leur donnant l'illusion que la vie, c'est que du plaisir.
Merci à Rachel de dénoncer ce système corporatiste qu'est l'IUFM et qui se brosse lui-même dans le sens du poil. Je reconnais bien la plume et le bon sens d'une maître es philosophie.
Noël Coward disait: "Work is more fun than fun." (travailler est plus amusant que de s'amuser.)

Françoise, 26/01 : Rachel je suis au milieu de ma lecture de votre bouquin qui me ravit parce que vous dénoncez tout ce que ma fille actuellement PE2 , dénonce. Parfois haut et fort aussi. Ainsi que moi même après plus de 20 ans d’enseignement en collège. Pour l'instant je vous suis sur toute la ligne. Je vous ai « découverte » sur le site "Sauver les lettres" lui- même connu grâce au livre de Marc Le Bris que j'ai également apprécié (le mot est faible, il m’a remonté le moral !). J’espère que votre passage à l’antenne va faire connaître votre expérience, en tout cas moi j’ en parle de ces bouquins qui m’ont déculpabilisée. Picouly l’a joué démago, c’est un peu pénible que des gens dont ce n’est pas le métier aient forcément un avis sur la transmission des apprentissages ;ex prof d’éco, que sait-il de l’apprentissage de la lecture ? Laquelle est actuellement payée par la sécurité sociale , de nombreux enfants ayant recours à une orthophoniste et ce n’est bien sûr pas normal !
En bref, merci et bravo de témoigner ! C’est rassurant que de jeunes enseignants aient l’esprit critique et montrent une motivation pour dire ce qui ne va décidément pas dans notre système scolaire
Bien à vous ! Françoise

marie-line C, 06/12 : J'ai oublié de préciser une chose importante: les collègues observés et moi même faisons parti de l'enseignement privé catholique.Chose importante, non pas sur le fond, car le CFP (centre de formation professionnelle) dispense les mêmes contenus que l'IUFM et le concours privé est identique ou presque à celui du public, mais parce que les enseignants du privé ne subissent qu'1 à 4 fois environ dans leur carrière les visites de l'IEN, ce qui leur donne incontestablement une plus grande liberté pédagogique...c'est en parti pour cette raison que j'ai choisi cette voie.
catarl, 04/12 : Après avoir très scrupuleusement lu les commentaires destinés à Marc Le Bris, je me suis attelée à ceux réservés à Rachel Boutonnet, dont j'ai tout aussi également apprécié le bouquin, mais que je plains de tout mon coeur car elle va devoir tenir une trentaine d'années, pour Marc, ce sera plus court, il a de la chance ; et pour moi, c'est enfin terminé. Je suis entrée à l'EN en 1988, (c'était un vieux rêve), par la grande porte (concours réussi, sur liste principale -1000 candidats, 300 places) au grand ébahissement de mon inspectrice, car je suis une "ringarde", accrochée aux méthodes d'antan, j'exige que les enfants m'appelle madame et me disent "vous", Ah ! que c'est rétro ! Je suis née en 48, après la guerre et mes parents n'hésitaient pas à me faire remarquer que dans la vie, il fallait travailler pour réussir : le vieux proverbe "aide-toi, le ciel t'aidera" et je n'en suis pas morte ! J'"ai même plutôt assez bien réussi. Mais à la question sournoise de mon inspectrice préférée : "et qu'avez-vous pensé de l'EN ?" je n'ai pu m'empêcher de répondre : Formidable : deux ans de vacances ! Car j'ai travaillé dans des entreprises privées avant d'arriver là, j'ai même en poche un DUT de Gestion du Personnel. Alors pensez comme je suis inquiète lorsque j'imagine un instant quel sera l'avenir des enfants qui sont soumis actuellement aux méthodes ede la Pédagogie avancée ; ils défileront dans les rues en scandant sur l'air des lampions "on veut des sous !". Mais les sous, il faut les gagner, il faut d'abord être capable d'envoyer une lettre de motivation à un patron sans faute d'orthographe et correctement syntaxée....
Quelle haine dans les propos (truffés de fautes) des détracteurs de Rachel. Ils l'accusent de bien des maux ; leurs invectives sont limite injurieuses. Pauvre FRANCE ! des Rachel, des Marc Le BRIS, elle en a bien besoin et de tout mon coeur je les soutiens et les engage à continuer leur combat.

Marie-line, 26/11 : Avant tout, je souhaiterais répondre aux attaques de Bétha en lui disant que, bien que cela l'embête, l'autorité (celle du maître comme celle des parents) est BONNE pour l'enfant, car ce dernier a besoin de limites sous peine d'être angoissé. Une institutrice bienveillante est forcément autoritaire, c'est à dire juste. Je me rappelle d'une de mes maîtresses préférées qui était pourtant très stricte. Avec elle, nous nous sentions protégés et aimés; elle nous grondait, donc c'est qu'elle se préoccupait de nous, donc c'est qu'elle nous aimait. Un enfant raisonne ainsi, même avec ses parents. A ce propos, lire un livre: "L'Enfant, chef de la famille", Marcelli.
Mais peut-être êtes-vous du genre à toujours remettre en question l'enseignant...et jamais votre enfant? Ils sont de plus en plus nombreux les parents qui agissent ainsi et ne se rendent pas compte qu'ils n'aident pas leur enfant, au contraire.
D'autre part, les sciences de l'éducation que vous défendez (j'ai une licence de sciences de l'éducation) sont l'inventeur du "verbiage EN" que vous disez de pas aimer...il faut le savoir.Et les sciences de l'éducation utilisent justement ce jargon pour mieux mystifier leurs théories de la pédagogie et pour que nous y adhérions, admiratifs...et bernés! A ce propos, lire "L'ecole des égos".
Les méthodes pédagogiques dénoncées et critiquées par Rachel Boutonnet sont effectivement néfastes pour les élèves si on les applique à la lettre...heureusement, enseignant depuis 3 ans et ayant fait de nombreux stages d'observation, j'ai pu me rendre compte qu'en général, les enseignants n'obéissent pas bêtement aux dogmes, mêmes s'ils en utilisent certains, et savent mêler pédagogie nouvelle et pédagogie traditionnelle et adapter leur enseignement face à leur classe, qui n'est jamais la même.
Le plus alarmant, me répondrez-vous, c'est pour les jeunes professeurs sans expèrience.Comment développer un esprit critique par rapport à tout cela? Je veux répondre: gardons espoir et comptons sur la fibre pédagogique. Rachel Boutonnet a su le faire ,alors qu'elle n'avait jamais enseigné , Marc Le Bris en est revenu, et, à lire le courrier des lecteurs, on remarque que beaucoup de gens sont également conscients de la gravité de la situation...un lecteur se demande "quel est l'objectif poursuivi par ces professionnels de la profession des enseignants", s'ils ont "peur que les jeunes gens deviennent plus intelligents qu'eux".Je pense que la société capitaliste dans laquelle nous vivons à tout intérêt à ne pas rendre les gens trop intelligents, à les maintenir dans une certaine ignorance pour faire d'eux des petits consommateurs modèles qui n'auront pas les armes intellectuelles pour remettre en question le système et particulièrement le système éducatif...alors sauvons les lettres avant qu'il ne soit trop tard!


Marc DANIEL, 04/11 : Fantastique, j'ai dévoré le livre. Vous avez commencé en septembre 2000 alors que je partais à la retraite en juin 2000. Quel courage, quels accents de vérité. Je souscris à tout ! J'ai tout ressenti ! La seule différence entre nous, c'est que je quittais l'enseignement alors que vous y entriez. C'était bien plus facile pour ma génération: juste un peu de résistance passive avant la retraite à nous qui avions connu les bonnes vieilles écoles normales d'instituteurs et les bonnes vieilles méthodes pédagogiques !!! Je crois que nous devons nous rencontrer le 10 novembre à Lyon ...

Marc DANIEL - Visitez mon site perso: http://perso.wanadoo.fr/marc.daniel/

JUJUNETTE, 31/10 : Bravo d'avoir dénonce ce que j'ai vécu sur place.
Depuis, j'ai arrêté l'enseignement et je fais l'école à la maison pour mes enfants.
Leur niveau est excellent. Je plains les autres : ils deviendront des bons petits blaireaux, bien formatés, s'ils n'ont pas la chance de tomber sur une maîtresse comme vous.
Vous n'êtes pas asez nombreuses, hélas. Encore Bravo

ludivine, 02/10 : Bravo et merci pour ce livre. Vous faites entendre enfin un discours autre.Sachez que tous les professeurs de lettres de l'établissement secondaire dans lequel j'enseigne résistent, eux aussi, à la pensée unique.

Jean-François, 29/09 : Bravo et merci à Rachel. Son livre est d’abord le récit d’une résistance courageuse, et non pas un recueil de recettes-miracle, comme certains ont fait semblant de le croire. Du reste, on ne nous le demande pas; les instituteurs n’ont visiblement pas à déterminer leur propre pédagogie. Simples exécutants, ils ne doivent qu’appliquer celle que leur a concoctée la caste des IUFM, seule habilitée (on se demande bien pourquoi et par qui) à débattre du dogme. C’est cette tyrannie onctueuse et sucrée que Rachel a refusée, alors que tout, autour d’elle, invitait à la veulerie, à la compromission, et à la soumission aux poncifs à la mode. Ceux qui l’injurient, et avec quelle bassesse, n’ont pas cherché un seul instant à se mettre à sa place; ils se sont contentés des armes commodes de l’invective (pimentée de fautes d’orthographe) et de la référence aux autorités néo-ecclésiastiques ( Meirieu, Debarbieux et autres ratichons de laboratoire), situées d’emblée au-dessus de toute critique, probablement parce que leur position universitaire, quelle qu’en soit l’origine, ou l’éphémère onction d’un ministre garantit leur infaillibilité . Il est touchant de voir que que ces sincères humanistes parlent du “fonctionnement” d’un enfant de 7 ans (un enfant ne fonctionne pas, il vit), comme si la pédagogie était une variante de l’électroménager; et ces fervents démocrates se donnent volontiers le droit de dire qui doit et ne doit pas enseigner. C’est une conception remarquablement cléricale du dialogue. Les dictatures arrivent à cause de ceux qui disent amen, et non à cause de ceux qui protestent quand il est encore temps. Tenez bon, Rachel.

Papa Cummings, 16/09 : Une fois plongé dans ce livre je n'ai pas pu en ressortir, effaré souvent de voir que ce que je pressentais sur ce qui est enseigné à l'IUFM (c'est à dire rien de concret)s'avère encore pire...
Ce n'est pas seulement un témoignage révolté. Rachel Boutonnet argumente, expose concrètement pourquoi elle récuse le pédagogisme des IUFM et a adopté ses méthodes propres opposées à ce qu'on a voulu lui faire ingurgiter pendant son année de PE2.
Oui elle est en colère, oui le trait est souvent féroce. Mais comment ne pas l'être devant les faits qu'elle relate et qui apparemment sont relayés par de nombreuses autres "victimes" des IUFM ? Comment ne pas l'être quand on connaît les chiffres de l'illettrisme à l'entrée au collège, le comportement inacceptable de tant d'enfants et adolescents (quand on exerce un métier dans lequel on les côtoie) ?
Pour autant, nulle part dans ce livre je n'ai vu la trace de la "dictature", de la "haine", des insultes contenues dans certains des commentaires (voir mère ou maud tombeur, disqualifiés pour le coup par leur ton haineux !). Autorité n'est pas autoritarisme. Travail n'est pas torture. Si le bon sens c'est la réaction, alors vive les "nouveaux réactionnaires" !
Je n'ai qu'un souhait : que mes futurs enfants rencontrent dans leur scolarité des institutrices aussi investies et clairvoyantes, et ils "sauront lire et compter !". Et ils n'auront pas à apporter leur vie de famille dans leur cartable ou à participer à des "conseils d'enfants" (je n'aurais jamais osé imaginer qu'on prônait de telles choses à nos enseignants !!).
Si je ne devais retenir que quelques pages qui pourraient aller à l'essentiel de ce livre : les 113, 148, 158 et 224. Un livre utile ? Le nombre de réactions ici le prouvent !

"Rien ne rend l'esprit plus inquiet que de ne pas être occupé à quelque chose de conséquent" Rachel Boutonnet

Betba, 18/07 : Bonjour... à lire votre livre, je sais maintenant pourquoi je fais l'école à la maison à mes enfants!! Autant, comme vous, je n'aime pas le verbiage EN, les formules ineptes etc... mais je n'aime pas non plus les châtiments corporels, je n'aime pas qu'on considère les enfants comme des "riens", je n'aime pas qu'on leur crie dessus... je n'aime pas non plus votre mépris immense pour vos collègues, pour les sciences de l'éducation, bref, votre mépris pour tout ce qui n'est pas vous!!
Et pourtant, j'ai moi aussi choisi une méthode syllabique pour enseigner la lecture à mes enfants, mes gosses ne remuent pas dans tous les sens en permanence (sans leur taper dessus!! essayez : c'est possible!!). Et - heureusement pour eux - ils apprennent sans avoir besoin de 6h00 par jour...
Et dire qu'à l arentrée, je vais enseigner en plus à des enfants hospitalisés : comment vais-je faire pour les mettre au piquet avec leurs transfusions??
Bienvenue au 19ème siècle!

unlecteur, 22/06 : j'ai lu le bouquin, qui a su susciter chez moi le désir d'en savoir plus. beaucoup trop passionnel, trop peu de recul, mais on ne peut raconter sa vie sans y mettre ses tripes. les détracteurs de RB auront beau jeu de dénoncer le manque d'ampleur de sa pensée de bête aux abois. mais, si elle n'est pas folle, c'est qu'il y a bien quelque chose de pourri au royaume de l'en.
un point qui m'a étonné: que les professeurs d'un institut UNIVERSITAIRE ne soient pas, justement, des universitaires, mais des profs du secondaire recrutés le plus souvent par cooptation idéologique (cf. le recrutement administratif sur la seule conaissance du petit livre rouge de la chine des beaux jours) voilà quinze ans et qui n'ont plus enseigné depuis ou quasi. renseignement pris, ce que dit RB est vrai, sur ce point comme sur tous ceux sur lesquels je me suis documenté.
merci donc.

diehl genevièv, 19/06 : Du bonheur, rien que du bonheur, de découvrir que d'autres collègues ont du mal à se fondre dans la masse et à accepter le discours officiel.

J'ai dévoré ce Journal, m'y reconnaissant à chaque page, pourtant j'ai été formée dans les dernières années de l'Ecole Normale, recrutée "grâce" à mes trois enfants. Je suis rentrée à l'école normale en 1990, et dès le début, j'ai compris que je n'y apprendrais pas grand chose (sans doute mon sens critique de mère de famille me rendait moins "mouton" que mes jeunes collègues dotés à l'époque d'un bac + 2). J'enseigne depuis en maternelle, et la notion de projet de classe avec des petits tout petits me laisse bien perplexe. A cet âge, quel projet sont ils capables d'élaborer, et sont ils même capables d'adhérer au projet de la maîtresse ? Et puis, à 28 ou 30 enfants de 3 ans dans une classe, les textes sont de jolies pages de théorie pure, mais il faut gérer le quotidien. Et que dire des nouveaux programmes, auxquels on nous oblige dans notre circonscription à rattacher toutes les activités, y compris les passages aux toilettes et autres collations ?

Je me demande de plus en plus comment enseigner avec une hierarchie infantilisante, pas de matériel, ou du matériel non entretenu (personne n'est là ni au niveau de l'inspection ni des mairies pour entretenir des ordinateurs de récupération !!!!!) La polyvalence a ses limites. Et pourtant j'ai toujours envie de retrouver mes bouts de chou, j'ai toujours des idées nouvelles pour préparer ma classe, mais ce ne sont pas les idées de mon inspectrice, et ça rend la vie quotidienne un peu difficile....

S'entendre répondre que nous n'avons qu'à nous former pour maîtriser l'outil informatique, et que si nous faisons appel à des parents pour nous aider dans ce domaine ou pour remettre en état une bibliothèque loqueteuse, il faut le faire hors temps scolaire, j'en ai assez...

Alors peut être qu'un jour prochain, je vais quitter ce monde sinistre....
Allègre avait oh combien raison quand il parlait du mammouth.

Sans parler des disfonctionnement des réseaux d'aide, qui s'observent travailler, et qui ne lachent plus certaines familles tombées dans leurs griffes.

Heureusement qu'il y a les enfants.....

Encore merci pour cette bouffée d'oxygène à la veille des vacances, je vais en faire profiter de nombreux collègues, on ne peut pas avoir lu cela et le garder pour soi, cela correspond trop aux réflexions que j'entend souvent autour de moi.


anouk, 15/06 : Si vous le dites, j'oublierai,

Si vous le montrez, je m'en souviendrai peut-être,

Mais si vous m'y faites participer, je comprendrai.

Proverbe chinois (encore un !?)

Autant dire que Rachel sera vite oubiée par ses élèves.

Mais elle est trop bien pour l'EN non?

Dommage que la hargne et l'aigreur aient remplacé chez elle l'envie de comprendre et de dialoguer, car le livre est agréable à lire (dans sa forme)

Mais quelle morgue! La même que chez une minorité de formateurs et d'IMF qui viennent de me pourrir l'année de PE2!


mère, 25/04 : J e suis scandalisée par les propos tenus par mademoiselle Boutonnet,je suis maman de trois filles dysléxiques et je me sens trés concernée par l'enseignement.J'ai eu a faire à des enseignents remarquables ,qui font ce qu'ils peuvent avec les moyens du bord.C'est de personne telle que mademoiselle Boutonnet qu'arrive les dictatures.Intransigeante, incompétente parce qu'inexpérimentée,névrosée cette personne n'a rien à faire dans l'enseignement qu'elle se recycle dans l'armée, elle pourra peut etre y faire carrière, sous peu qu'elle soit capable de supporter le haut commandement.Protégeons nos enfants de tels individus
Libre partisan, 20/04 : Rachel, si quelqu'un te pique ton portefeuille, sans que tu le voies, garde tes doutes quant à la culpabilité de celui qui a fait ça. Mais si quelqu'un te crache au visage et s'en vante après, tu as raison d'être convaincue de l'outrage et en colère. La méthode Boscher panacée universelle, garde le joker du doute, tu en parleras mieux avec l'expérience; mais pour dénoncer les pratiques pédagogiques modernes qui conduisent droit dans le mur enfants et enseignants avec, pas besoin d'être investi de la fonction prophétique pour tirer la sonnette d'alarme. Il y a un risque à vouloir toujours rester dans le camp des sceptiques, celui de se retrouver dans le camp de l'aveuglement ou dans celui de la lâcheté.
Libre penseur, 11/04 : C'est avec un état d'esprit plutôt favorable que j'ai feuilleté ce livre et, catastrophe, j'ai retrouvé dans le ton de RB la même morgue, la même arrogance, les mêmes certitudes que ceux qu'elle combat. Je suis personnellement en plein doute quant à mes pratiques, je ne supporte plus qu'on m'impose une pédagogie comme un dogme auquel je dois adhérer sans preuve autre que le principe d'autorité de chercheurs (qui se sont déjà trompés par le passé), j'en ai marre de ces querelles religieuses, je souhaite apprendre le mieux possible à mes gamins et qu'ils aient les meilleurs résultats possibles alors je bidouille, je change, j'améliore. R.B. n'a pas ce genre d'état d'âme, elle est en début de carrière et elle a déjà tout compris, (comme son inspecteur d'ailleurs). Donc nous voilà dans un monde blanc et noir, les anciens et les modernes, les bons et les méchants? On n'avance pas avec ce genre d'ouvrage, on est sommé de choisir son camp. L'éducation Nationale a un côté stalinien certes, j'ai aussi l'impression que l'inspecteur vient plus vérifier et corriger ma rectitude idéologique que le résultat de mes élèves mais que propose RB sinon une autre orthodoxie? Quand l'EN évaluera-t-elle objectivement les différentes pratiques? Quand abandonnerez-vous vos soutanes? Au moins le livre de Marc le Bris a le mérite de l'expèrience et de l'argumentation, celui de Madame Boutonnet n'est que démagogie haineuse qui va dans le sens du vent.
Nomen nemo est, 09/04 : J'ai feuilleté au hasard le livre de Rachel à la FNAC comme je le fais souvent pour en percevoir la visée au détour de quelques paragraphes, et j'étais comme absorbé à chaque évocation tant, par un langage limpide, cordial, mais médusé et blessé, elle a mesuré l'énorme boursouflure d'incurie et d'hypocrite impuissance institutionnelle à l'égard du role que l'on a remplir vis-à-vis de la formation des enfants et de leurs professeurs !
J'ai retenu mes larmes quand Rachel evoque son inpection, l'infatuation outrée et éhontée de celui qui croit detenir la vérité voire la grace de toute eternité, les methodes de l'inspectrice parcourant les couloirs, furieuse et sommant le directeur de lui presenter son livre de facture, comme tout cela est bien rendu et est une peinture exacte de ce ridicule microcosme ; Ces pauvres caricatures de Tartuffe sont decidement indémodables et traversent les siecles.
Ah oui, j'oubliais, Rachel, tu t'es fait enflée quand Luc ferry t'a dit que les anciennes Ecoles Normales n'auraient jamais du etre remplacées par les IUFM lotrs de ton edbat avec Emmanuel Chain et que le mal venait de là : Dans ces écoles là aussi, une journée seulement en trois ans passées sur les méthodes de lecture sur le mode de la discussion de comptoir, je te dirai que beaucoup d'eleve-instituteurs lisaient le journal, faisaient leurs correspondance, ne prenaient plus aucune note, moi, personnellement, j'ai meme dormi en cours !
Quand j'ai eu connaissance du salaire d'un professeur qui a expliqué lors d'une UV qu'il fallait que les enfants apprennent à apprendre, qu'il fallait que nous experimentions cela et que son UV était désormais terminée, à nous de defenir un projet et de le mener à terme (UV de connaissance du milieu contemporain, je sais plus, 8 heures achevée en un quart d'heure), j'avais honte de moi en pensant à ma mere qui suait dans l'artisanat pour un salaire bien plus faible !
Merci de ce livre, mais je constate bien tristement que rien n'a changé, et que ca a meme empiré !

y, 03/03 : Je suis stupéfaite de constater que tous les PE2(ou presque, il doit bien exister quelques IUFM valables!)vivent le même calvaire, car à mon sens , il s'agit d'un calvaire. On nous incite à l'écoute, à la discussion et partout la même hypocrisie. Issue de la liste complémentaire, on m'a remis à ma place dès la réunion de près-rentrée, où le directeur de l'IUFM, où j'ai l'honneur d'apprendre à ne pas vouloir réfléchir, a gratifié les listes co' de serviteurs de l'Etat sans compétences et souvent imbus de ce qu'ils n'ont pas. Donc une belle année en perspective!
L'idée n'a fait que se confirmer au fil des mois! Mais heureusement, je fais parti d'un groupe actif,curieux et plein d'initiatives, car nous préparons seuls des séances par binôme et les analysons ensemble, en n'oubliant pas de se référer aux I.O.et autres textes de base. Je ne sais pas si cette solution est la meilleure, mais nous apprenons par nous-même n'est-ce pas formidable? Tous nos profs' ne sont pas des incompétents loin de là, mais ils devraient eux-aussi avoir des stages pour tenter de mettre en pratique leurs pensées avant de nous les imposer, en voilà une idée qu'elle est bonne!! Que d'illusions!
Enfin, courage à tous les PE2 et professeurs passés, présents et à venir! Cela rassure de ne pas se sentir seul et donc pour cette raison avant toute autre: un grand merci à Rachel Boutonnet!

maryana, 17/02 : Très bon témoignage,lucide et courageux sur les débuts du métier d'institutrice ;mais comme disait Rimbaud "Les idées ne murissent pas à être dites."Et ce n'est pas rien d'essayer d'ébranler le mastodonte!Ce livre en tout cas est une bouffée d'oxygène et redonne bigrement espoir...
MARTIN Joël, 09/02 : Bonjour et félicitations à Rachel Boutonnet,
j'aimerais bien vous connaître pour dialoguer avec vous. J'ai beaucoup aimé votre livre dans lequel vous citez les pratiques d'un IUFM, mais cela doit être transposable à tous les autres. je crois comme vous (j'ai bientôt 35 ans de carrière en cycle III surtout) que les problèmes de l'école viennent pour une grande part de la belle phrase de la loi d'orientation de 1989 "l'enfant placé au centre du système éducatif". Quel mérite je vous reconnais à écrire votre livre! Il ne doit pas figurer sur les rayonnages des bliothèques des IUFM !
Je souscris pleinement à ce que vous écrivez même si je ne suis pas très compétent dans le domaine de l'enseignement de la lecture au CP. Là où j'ai été un peu surpris, c'est par les réactions des IEN lors des visites d'inspections que vous avez subies après votre sortie de l'IUFM. Je pensais que vous alliez y trouver un réconfort et pourtant on vous a "enfoncée" un peu plus. Je suppose que les IEN au cours des débuts de carrière vérifient si les messages donnés par l'IUFM ont bien été retenus.
j'ai été inspecté il y un peu plus d'un an ; j'ai présenté une dictée préparée, tout ce qu'il y a de plus traditionnel, (je me demande d'ailleurs si on parle toujours de cela aux nouveaux PE) et mon IEN, n'a rien trouvé de particulier à redire sinon que j'ai peut-être été un peu long.
Encore bravo !
Un collègue qui vous soutient.
MARTIN J.

richarde, 27/01 : tout simplement merci à toi Rachel, enfin quelqu'un qui ose dire tout haut ce que nombre d'autres pensent tout bas.
maud tombeur, 26/01 : A lire Mademoiselle Boutonnet on croit en effet, rêver.cette jeune institutrice me fait penser aux religieuses du 19 eme siècle chargées de l'éducation des enfants pauvres.C'est une fanatique dangereuse,elle ne sait pas comment fonctionne un enfant de 7 ans et sous des commentaires qui ont l'air innocents,elle avance des théories complètement réactionnaires. Il est évident qu'elle a peur des enfants. Il est scandaleux qu'on lui est concédér un tel espace de parole, elle dénigre tout le travail accompli par ses collègues c'est scandaleux, c'est une peine à jouir de l'éducation!!!
Pour qui roule Mademoiselle Boutonnet

Gael, 21/01 : J'ai lu votre contribution sur le site "sauv.net"... je m'y suis reconnu, enseignant depuis 5 ans, j'ai laissé tomber les méthodes estampillées "sciences de l'éducation", d'années en années, je rationnalise mes méthodes, et je me rends compte qu'en revenant à des méthodes "anciennes", cela marche bien mieux!

Catherine Fox, 12/01 : J'habite en Angleterre depuis 30 ans et les methodes decrites comme "nouvelles" en France ont etees utilisees ici depuis les annees 70. Tables groupees pour faciliter la communication entre les enfants, travail par projets, methode "naturelle"de lecture, travail en groupe, rejet des manuels scolaires....avec des resultats catastrophiques. Depuis 5 ans, la methode syllabique a ete reintroduite en primaire, ainsi que les tables en rangs, le travail individuel.etc. Avant d'adopter cette "Child Centred" methode d'education, venez voir les resultats ici.
Chantal S, 03/01 : C'est par le biais du livre de R Boutonnet (qui m’a intéressée, interpellée et souvent irritée) que j'ai trouvé ce site.
Je suis institutrice (normalienne après bac en 1972) Depuis, j’enseigne en maternelle. J'ai une classe de GS/MS. Je suis toujours aussi passionnée.
Je me permets ces quelques réflexions. : Ayant beaucoup de plaisir à travailler avec mes élèves, je n'ai jamais éprouvé le besoin de m'inscrire en stage de formations, faisant évoluer mon enseignement par mes lectures, par les rencontres et mes aspirations. Toutes fois l'année passée voulant combler un vide dans mon enseignement scientifique j'ai suivi un stage de 3 semaines à l'IUFM . J'ai trouvé quelques pistes de réflexions et j’ai un peu amélioré ma démarche mais je dois reconnaître que je n’ai eu aucun regret d’avoir tant tardé à renouer avec « les formateurs » même si je ne rejette pas tout en bloc. (Souvent contrariée par le jargon et les lieux communs)
J’adhère donc à l’analyse de R B pour ce qui est de sa critique de la pensée « unique » mais je suis très gênée par ses ‘certitudes ‘ et je trouve son analyse souvent partisane, méprisante et presque haineuse… Pour ma part, qui suis souvent habitée par le doute, je n’arrive pas à penser qu’il y’ait une bonne méthode ou une mauvaise … je pense que seule la façon d’enseigner compte.
Outre mon expérience d’élève (ancienne méthode qui ne m’a pas laissé un souvenir impérissable), d’institutrice (.passionnée par la maternelle pour justement la ‘liberté’ qu’on y trouve) et de mère de 3 enfants aujourd’hui en cursus universitaire me conforte dans cette position. : Marie ,l’aînée, a fait son CP dans une classe « type R B » avec une méthode quasi syllabique, avec une enseignante qui imposait le respect et imposait tout aux enfants et où le silence régnait en maître….Marie, pas tout à fait scolaire , " rêveuse, créatrice et sensible " a été vite cataloguée comme étant limitée… marquée par ce jugement non dit mais suggéré a été poursuivie par ce « dénie de soi » et sa première réaction aux résultats du bac S réussi avec mention Bien a été de penser à cette maîtresse du CP à qui elle aurait aimé annoncer ses notes : C’est dire !
Bien entendu, je ne prétends pas que RB travaille dans le même esprit mais cet exemple est donné pour prouver que seul est important l’esprit dans lequel l’enseignant fait travailler ses élèves. (J’ajouterais aussi que Marie est archi nulle en orthographe, malgré une méthode syllabique et mes efforts pour l’améliorer. Je pense que son premier contact avec l’écrit en est sans doute pour quelque chose)…Cette mauvaise expérience du CP n’a pas été déterminante pour elle car nous parents, nous n’avons pas changé de regard sur notre fille mais dans un milieu où l’échec scolaire est une fatalité cela peut être dramatique !
Pour ce qui est de l’apprentissage de la lecture, je suis effarée de voir que certains (et les formateurs en font partie) croient encore qu’on entre en apprentissage de lecture qu’au CP en niant tout le travail fait en aval. Je pratique l’accès à l’écrit par une méthode naturelle que réprouve RB à partir de la création d’une comptine des prénoms. Rien de trop original mais je vois grâce à cette pratique des enfants réclamer de lire les 28 phrases simples écrites au tableau. Très vite, ils savent isoler les mots, reconnaître les syllabes, reconnaître les lettres. Ils inventent d’autres phrases , etc… Quand je les quitte en juin la plupart de GS sont prêts à déchiffrer et à comprendre le code. Hélas au mois de septembre les méthodes préconisées font fi des acquisitions et les élèves repartent dans de l’acquisition globale avec cette fois ci des méthodes compliquées qui emploient du vocabulaire, des notions pas toujours accessible à tous, ce qui met en difficulté bien des élèves et surtout ceux qui n’ont pas accès à la langue de l’écrit par l’absence de livres à la maison.
Un des avantages des méthodes syllabiques c’est qu’elles utilisent des phrases simples avec des notions concrètes. (Ce que l’on retrouve dans ma comptine des prénoms.) et que la découverte du code est implicite.
Pour ne pas perdent de vue " le sens de l’écrit " je fais du travail sur album où l’enfant peut comprendre le système de l’écrit (découverte des mots, de la ponctuation, de la structure) et le rôle des mots. Il ne me semble pas incompatible de faire simultanément les deux. D’un côté on découvre le code, de l’autre on entre dans l’écrit.
En fait il ne s’agit ni de revenir en arrière ni de tout renier l’ancien, il faut, il me semble dans les deux systèmes, prendre ce qui est bon. Il est plus naturel d’arriver au M et A font MA en partant de l’analogie entre Marie et Manon (départ global) que par l’accrochages consonne/voyelle qui est beaucoup moins évident que ce qui parait.
Par contre, le travail de déchiffrages est largement favorisé quand l’enfant connaît les lettres et les sons qu’elles émettent. Je soulignerai, pour tranquilliser R B que j’enseigne aux antipodes de ce qui m’avait été appris à l’école normale où tout mot écrit était banni, où il était interdit de nommer les lettres et où les « pictogrammes » faisaient loi. Les modes passent, les enseignants restent !
C’est bien d’avoir l’esprit critique mais il ne faut pas tomber dans le sectarisme. Les nouvelles approches de l’enseignement avec le système des évaluations m’ont donné un autre regard sur les démarches de l’enfant. Il me semble que c’est une grave erreur de croire que l’on peut se passer de cette analyse. Dire c’est faux à un élève ou comprendre pourquoi est radicalement différent !
Il faut rester vigilants, ne pas trop zapper et se disperser et comprendre que nos élèves sont différents. Imposer des rails peut nuire et mettre au « ban » de l’apprentissage certains enfants.
Pour ma part, mes collègues m’apportent beaucoup. Leur regard sur les enfants m’aide et le travail de groupe à son utilité à condition d’être mesuré !
J’ai été longue (j’aurais encore beaucoup à dire en particulier sur les inspections où je rejoins RB dans son approche) et je prie ceux qui seront arrivés au bout de m’en excuser! Merci (je vais finir pas prendre goût au forum que je pratique pour la première fois !)


X, 01/01 : "Je ne suis donc pas fou" : voilà ce qu'ont pensé les lecteurs du livre de Rachel BOUTONNET dans l'IUFM d'Ile de France où je suis PE2 ; le livre circule sous le manteau de stagiaires en stagiaires. OUI : certains formateurs ne nous apprennent strictement rien. Nous n'apprenons aucun contenu disciplinaire (pourtant celà me paraît indispensable et je ne vois pas comment on peut enseigner une discipline sans en maîtriser les contenus élémentaires - n'en déplaîsent à MM. PERRENOUD & Co pour qui "l'analyse réflexive de sa pratique pédagogique" est primordiale). Nous passons des heures à écouter (certains) formateurs prônant des pédagogies dont ils sont incapables d'indiquer les écoles et classes qui les utilisent... Je m'amuse à noter les perles de ces profs... "Il faut brûler l'estrade comme Freinet l'a fait" "les punitions ça ne sert à rien"... On pourrait en écrire un livre. Nous marchons sur la tête car ces professeurs sont des membres du jury au concours ce qui n'est pas sans conséquences sur la selection des lauréats ! Nous n'apprenons pas non plus à faire la classe ce qui est regrettable car nos évaluateurs attendent que nous développions des compétences professionnelles... Les stagiaires sont évalués mais qui évalue nos formateurs ? Telle est une des nombreuses questions sur le fonctionnemnt des IUFM !Par ailleurs, je tiens à signaler que ma section (c'est le terme de l'IUFM) a la chance d'avoir aussi des profs passionnants, captivants et qui nous apprennent beaucoup de choses... Je souhaite bon courage à ceux et celles qui veulent éduquer et instruire.
Elodie, 27/12 : Je suis étudiante en première année d'IUFM en Ile de France. J'ai souhaité devenir enseignante dès mon CE2: mon instit, très vieille France m'impressionnait, m'inscitait au respect de son métier.

J'ai lu votre livre en 2 jours, je viens de l'avoir ce 25 décembre...
Enfin, une personne qui pense comme moi: je ne suis pas la seule! Je me suis retrouvée dans chacunes de vos phrases, à tel point que j'ai cru qu'il s'agissait de mon IUFM (je rencontre de gros problèmes de stationnement! :)) ces formateurs qui sont les miens...et je ne suis qu'en première année...
Une année de bachotage où les contenus sont ceux du CNED ou des annales , ils sont simplement repris par les formateurs: je ne trouve pas mon compte dans cette année. Depuis novembre je me sens perdue, tout va à l'encontre de mes conceptions de l'enseignement.
Seule ma formatrice de "Formation Générale" est passionnante, elle va à l'encontre de tout, elle suscite aussi beaucoup de critiques: moi, je l'apprécie beaucoup, c'est dans son cours que j'apprends vraiment quelque chose, c'est dans son cours que j'ai envie de m'exprimer... elle récuse l'école d'aujourd'hui tout en précisant que "nous avons les élèves que nous méritons", assumant les conséquences de plusieurs années de pédagogies qui s'entrecroisent, se contredisent...

Votre livre est celui que j'attendais...et je n'ai que 22 ans. Certains diront que j'ai encore du chemin à parcourir, que je suis "jeune"... étonnant donc que tout les "jeunes" de ma section s'ennuient à l'IUFM, jouent le jeu de l'hypocrisie et soient totalement déroutés par cette école qu'on nous propose.

Ma première désillusion fut le jour où je reçu par courrier les 3 refus d'admission dans les IUFM des 3 académies de l'Ile de France et que je fus admise en province (????? On nous rappelle pourtant tout au long de l'année de licence qu'il ne sert à rien de demander des IUFM de provinces quand on est originaire de l'Ile de France).
Pourquoi ais-je été recalée (sur liste d'attente -307ème- dans l'un des 3)? Car je n'avais pas d'"expériences" avec les enfants >>> curieux paradoxe quand on sait qu'on postule pour entrer dans un Institut Universitaire de "FORMATION" des Maîtres.
Bien sur, je n'ai pas "trois enfants" (dispensant ainsi du diplôme BAC+3), je ne suis pas boursière (10 points de plus accordés au boursier dans l'une des trois académies), je ne suis pas maître auxiliaire non plus.... Bref je n'ai rien...
Ah mais si! J'ai un bon bagage scolaire, mais ça, ça n'a aucune importance! Je n'ai jamais redoublé, j'ai passé un Bac Scientifique avec mention, j'ai fait deux années de classes préparatoires littéraires dans un grand lycée parisien (mais ça aussi, ça n'est pas important), j'ai eu ma licence de géographie mention histoire avec mention en juin 2003, je suis en cours d'acquisition de mon BAFA.Au vue de mon cursus, je peux enseigner sans trop de difficultés toutes les matières de l'école primaire (polyvalence), j'ai fait beaucoup de bénévolat pour aider les élèves en difficulté...
J'étais hors de moi, je voulais crier ma haine envers ceux qui établissent ces barèmes pour rentrer dans ces IUFM!! Pendant toute ma scolarité, on m'a rabaché les oreilles avec la fameuse phrase "il faut bien travailler à l'école, avoir de bonnes notes, un bon cursus pour pouvoir faire le métier que l'on souhaite"...voilà ce qu'on en a fait de mon "cursus scolaire": ça ne représentait rien!!! Depuis quand des étudiant(e)s comme moi ont-ils moins de valeur qu'une mère de 3 enfants et qu'un sportif de haut niveau???????!!!!! Que d'incohérences dans l'Education Nationale!

Votre livre m'a remonté le moral mais la route est longue avant la sortie, pour le moment, pour pouvoir enfin exercer ma passion, il va falloir que je me plie à certaines conceptions...mais le jeu en vaut la chandelle, et les futures collègues que j'ai pu visiter pendant mes stages me soutiennent et m'encouragent; mes collègues de première année partagent ma conception de ce métier, nous sommes solidaires et comptons bien faire notre deuxième année ensemble: aucune de nous ne doit être recalée au concours, tel est l'objectif premier de cette année, et ne pas perdre de vue ce qu'est le métier de professeur des écoles pour nous: transmettre des savoirs avec enthousiasme à nos élèves.

Merci Rachel... :)

PS/ Désolée d'avoir été si longue mais c'était enfoui au fond de moi depuis trop longtemps.

Roland BRAUN, 26/12 : Que la formation dans les IUFM pose problème et ne soit pas forcément très performante est une réalité assez communément admise. Estce que le livre de Rachel Boutonnet fait avancer la réflexion sur ce point et propose des améliorations ?
Non !
A lire son livre, on a l'impression que Rachel BOUTONNET est entrée à l'IUFM avec un a priori négatif et qu'elle a passé son année et son énergie à trouver dans le système tout ce qui pouvait la conforter dans son impression initiale.
A-t-elle essayé de se remettre en cause, de progresser ?
Non !
A-t-elle évolué ?
Non, pas d'un iota !
Elle détient la Vérité et les autres ont tort.
Quels comptes a-t-elle à régler, avec qui et pourquoi ?

Elle reproche aux formateurs leur dogmatisme mais n'y répond que par un autre dogmatisme qui ne se réfère à rien si ce n'est à sa propre expérience d'élève (petite fille modèle ?) avec tout ce qu'elle a de subjectif.
Elle balaye toutes les recherches pédagogiques mais n'annonce aucune référence théorique ou idéologique. En a-t-elle ?
Elle critique le jargon des IUFM mais le remplace par des généralités et des lieux communs.
Les maîtres mots sont "travail", "effort", "exercice", "répétition".
Elle prétend dans son introduction que ses théories sont largement répandues parmi les enseignants mais le livre démontre que ses positions étaient bien minoritaires même dans sa promo d'IUFM.
Personnellement je ne voudrais dans mon école, d'une collègue qui cache ses livres, qui refuse le travail en équipe et qui donne l'impression d'être franchement parano !.

Inutile de perdre son temps avec ce livre : ceux qui s'intéressent à la pédagogie feront mieux de lire Merieux, Charlot, Debarbieux, ou autres chercheurs qui dynamisent au lieu de démolir.

yvette14/12, 14/12 : Quand j’ai lu votre livre j’ai été envahie d’un immense soulagement. Enfin je voyais par écrit toutes mes idées, mes conceptions sur l’enseignement que je n’osais pas avouer ou que j’exprimais timidement dans le milieu enseignant. Et ces idées que je vois écrites dans ce livre (je suis seulement à quelques années de la retraite) viennent d’une jeune sortante de l’ IUFM).
En ce moment nous vivons un véritable scandale. Peu importe les enfants leurs résultats, leur réussite scolaire. Pour nos inspecteurs une seule chose est essentielle : l’application de méthodes qu’on continue de nous imposer à tout prix, malgré l’existence importante de l’illettrisme et de l’échec scolaire .
Qu’on cesse de « descendre » (lors des inspections) ces enseignants qui font leur travail sérieusement en fonction de leurs convictions profondes, et qui tout en ne respectant pas les méthodes imposées ont de bons résultats scolaires (notamment en lecture). Les enfants qu’on leur confie sont heureux et fiers d’apprendre, qu’on l’admette et qu’on les laisse faire leur métier qui est avant tout d’instruire.

druon, 09/12 : je viens de lire un article dans le midi libre sur le sortie de votre livre et je vous félicite pour votre courage. Je pense que votre opinion sur cette institution est pertinent.
domiré, 08/12 : je ne peux accepter qu'on puisse dire que la méthode syllabique est une entreprise de démotivation. lorsqu'elle est bien faite l'enfant entre dans la lecture rapidement car il possède le code et peut gouter flairer les textes qu'il lit.
Un exemple : cet été, j'ai appris à lireà un enfant avec la méthode boscher, non seulement elle lit ce qu'elle apprend à l'école, mais bien d'autres textes et elle sait écrire des textes sans faute, les autres enfants de sa classe se contentent de "lire" les textes de leur bouquin , mais ne savent rien lire d'autre, chercher l'erreur (dans la classe est utilisée une méthode globale) Quand l'enfant n'arrive pas à déchiffrer, qu'il lit un mot pour un autre croyez vous qu'il puisse gouter et flairer il a beau essayer le texte n'a aucun sens pour lui, c'est encore pire et cela c'est le résultat de la méthode globale (rassurez vous elle est toujours en oeuvre : ex la méthode boule et bill: j'ai des élèves qui ont appris avec elle et qui ont des difficultés alors qu'ils sont brillants ils y arrivent mais doivent faire de gros efforts pour ne pas voir le mot dans sa globalité, le mot ligne et linge par ex sont souvent confondus demandez vous pourquoi et j'en ai des listes entières de mots)et semi-globales. je pratique la lecture à haute voix et je peux vous dire que les enfants qui ont appris à lire en syllabique ont une lecture bien meilleure, plus fluide avec le ton et les autres buttent, inventent lisent un mot pour un autre , voient le début d'un mot et invente la fin. C'est génial pour la compréhension.le code n'est pas le sens et pour entrer dans le sens il faut le code. je ne comprends pas tous les textes de maths statistiques que me fait parfois lire mon fils au téléphone quand il a oublié un cours mais au moins je peux les lire car j'ai le code.

MARTIN D. de M, 08/12 : L'appropriation sectaro-bolchevique par l'"éducation nationale" est évidente. Les termes mêmes d'éducation nationale traduisent bien la mutation de ce qui ne devrait être qu'un service (public ou privé) d'enseignement.
L'élève doit apprendre des connaissances, prouver dans des examens qu'ils les a acquises et ensuite... il en fera toute sa vie ce qu'il voudra, il les sentira comme il voudra, il les utilisera ou les oubliéra à son gré. Mais ses anciens, les lui auront transmises et auront fait leur devoir dans la mesure du possible. Le futur citoyen doit être libre d'utiliser ses outils (connaissances) intellectuels comme il veut... Une fois qu'ils les a acquit!

Agnès, 06/12 : Je suis effarée par tout ce que je viens de lire. Certes l'IUFM n'est pas parfait, la pratique pas toujours au rendez-vous, mais de là à prôner un retour à des méthodes ancestrales, au travail sur le code sans se préoccuper du sens. Et sur un site qui s'appelle Sauvons les lettres!!!!!
L'enseignement de la littérature en crève de la manipulation des outils, de la dissection des textes sans jamais se préoccuper du sens.
Un élève au CP doit pouvoir découvrir qu'un texte se déchiffre bien sûr, il doit apprendre les moyens de le déchiffrer, mais il doit aussi le sentir, le flairer, en trouver la saveur, sinon les professeurs de lettres seront réduits à n'être que des manipulateurs d'outils...
Petit rappel à ceux qui ne le savaient pas : la méthode globale (moderne!) a été imaginée dans les années 1920, elle n'a jamais vraiment été mise en oeuvre! la méthode syllabique, qu'est-ce que c'est? apprendre à lire des syllabes avant d'entrer dans le texte... formidable entreprise de démotivation.
Aujourd'hui, on a trouvé un équilibre : des textes littéraires adaptés, un sens à découvrir, des outils à maîtriser -dont la correspondance grapho/phonologique.
De grâce, arrêtons de dire n'importe quoi et laissons les enseignants enseigner!!! Même si, effectivement, un prof travaille nettement plus de 35 heures par semaine, et n'a pas autant de vraies vacances qu'on veut bien le dire! Mais ça, c'est une autre histoire.

Hawkmoon, 03/12 : faut arrêter de dire n'importe quoi. En France, la méthode globale n'a été vu que pour environ 5 % des apprentis lecteurs. Le livre dominant est "Ratus" qui insiste sur le syllabique, la combinatoire et dont la part de global est infime. Quant au stalinisme de l'IUFM, je peux pas dire, moi je n'ai connu que l'Ecole Normale. Mais faudrait peut-être que les enseignants sachent lire et interpréter ce qu'on dit : "apprendre à apprendre" contrairement aux soi disant aigris, ce n'est pas rien enseigner, c'est amener des connaissances de tel sorte que l'enfant soit acteur de sa connaissance et non simple réceptacle. Pour ma part, je pense que l'enfant est au coeur de son apprentissage, comme mes collègues... et au vu des réussites aux tests CE2 et 6ème, rien ne tend à nous prouver que nous n'pportons nulle connaissance aux enfants.
Enfin, comme me disait une enseignante âgée maintenant de 80 ans, "Les gens croient qu'avec le syllabique, les enfants lisaient... mais le plus souvent, ils déchiffraient sans rien comprendre. Des lecteurs, il n'y en avait pas plus qu'aujourd'hui, et de l'échec il y en avait... beaucoup quittaient l'école sans rien (d'après les données, environ 40 % des enfants quittaient l'école à 12 ans sans diplôme en 1950). " Faut peut-être arrêter de fantasmer sur le temps d'avant et voir ce qu'il était réellement.

Manue, 17/11 : Je n'ai pas lu le livre en entier mais beaucoup d'extraits.C'est bien qu'enfin les gens parlent...J'ai encore beaucoup de mal avec un sujet que je connais bien et qui fait encore mal. Je suis enseignante en cycle 3, j'ai enseigné pendant 8 ans et j'ai décidé de faire une pause!Je n'en pouvais plus. Ce système s'éloignait trop de mes aspirations. Je l'avoue, pour moi la réussite de tous les élèves était une priorité, c'était le seul but possible d'un tel métier. Mais, c'était sans compter sans les petites gueguerres entre adultes
pourtant référents au sein du système éducatif.L'abus de pouvoir de certains est écoeurant.
J'aimerais bien converser en ligne avec Rachel.

Pascal KIFFER, 10/11 : Ben dis donc, en voilà un livre intéressant ! Dans un article sur "premier poste", tu reproches à ton collègue IMF d'être inculte, mais toi, d'un revers de la main, tu balayes tout ce que des pédagogues ou des psychologues éminents et reconnus ont énoncé !
Bref, dans l'éducation nationale, tout le monde il a faux, sauf toi...à moins que ton "livre" ne soit que pure démagogie à destination des parents et des enseignants nostalgiques, dans ce cas c'est un succès ! Sais-tu qu'il est possible (et que c'est ce que fait la majorité des enseignants) de donner du sens à ce que l'on fait apprendre aux enfants tout en pratiquant des activités syllabiques...Mais je n'insiste pas, ton livre nous renseigne assez sur ton ouverture d'esprit ...
Une dernière chose, toi qui te revendiques INSTITUTRICE, tu devrais respecter un peu plus l'institution et les règles qu'elle impose...ou alors, assume ton statut d'anarchiste.
Bonne route quand même
Pascal, Professeur des écoles et PEMF ayant laissé tomber l'IUFM, mais pas pour les mêmes raisons que toi.

Barré, 09/11 : Je viens de commencer à lirele livre de Rachel . J'ai vu la pub dans le canard enchainé , journal que je lis, bien q'appartenant à l'enseignement privé sous contrat!! je le lis clandestinement!
Toute pratique pédagogique sera bonne à partir du moment où on croit en elle! Je suis un vieil instit(30 ans de carrière) Si ! si! cela existe! et j'ai connu la morgue, voire la compassion des nouveaux enseignants à mon endroit, arrivant dans la carrière! ce qui me leur fait dire que tout ce qu'ils ont appris les fera péter les plombs au contact de leurs chers élèves! qui ne sont pas des universitaires! Je continue la lecture de ce livre et j'en apporte d'autres commentaires! Bien à vous!

Gaelle, 08/11 : Je commence ma première année en IUFM. Je découvre ce livre.
J'hésite à m'y plonger avant de finir ma préparation au concours.
Me découragerait il ? Très certainement !Je vais sans doute attendre un peu. Certains formateurs valent quand même le coup et sont passionnants (notamment en histoire géo).

clematis, 30/10 : A Zoubinette: vous ne seriez pas Inspectrice, conseillère pédagogique, prof d'IUFM, maître formateur? par hasard? Sinon, alors vous n'avez rien compris au livre, relisez-le...(seriez pas une victime de la méthode globale?) Bonjour. Je suis institutrice depuis 1982. J'ai découvert Rachel Boutonnet par hasard, sur France 3. Vivement intéressée, j'ai acheté son livre. Quelle délivrance! Merci rachel d'être entrée dans la résistance, d'avoir dit tout haut ce que je pense tout bas (en plus en ayant honte de le penser tant la pression de la hiérarchie m'a déformée). Je sais pourquoi je me sens si mal, depuis mes années à l'Ecole Normale. Alors, je ne suis pas folle, mon bons sens et mon esprit critique fonctionnent encore... J'ai fait plusieurs dépressions nerveuses à cause de mon métier. Pas parce que je n'aime pas enseigner, ni que je n'aime pas les enfants (les très bonnes relations que j'entretiens avec eux m'ont permis de tenir le coup aussi longtemps) mais parce que je ne suis pas libre d'enseigner comme je le veux! Comme un précedent lecteur, je souhaite que le ministre et les hauts placés de l'Education Nationale lisent le livre de Rachel mais aussi le public. Que les parents d'élèves sachent enfin se que l'on nomme le "malaise des enseignants" sans jamais en avoir dévoilé l'origine. Qu'ils sachent que le nombre croissant d'élèves en difficulté est du à ces scandaleuses méthodes pédagogiques que le ministère fait appliquer de manière autoritaire. Dans un pays dit démocratique, on ne peut que s'inquiéter de la manière dont on baillonne et endoctrine les futurs enseignants qui sont et seront face à vos enfants.
larvatusprodeo, 30/10 : J'ignore comment j'aurais pu supporter mon année d'IUFM (l'année passée, qui m'avait arraché un texte vengeur, hélas non diffusé : "La chasse aux sorcières") sans le baume de votre site, bouffées salvatrices de bon sens et de foi en l'instruction. Le sommet du tragique, de l'héroïque clandestinité à laquelle sont désormais condamnés ceux qui veulent encore résister à la rétention généralisée des connaissances de base, fut atteint par ce texte terrible, "Premier poste", signé par deux initiales discrètes, révélatrices des dangers encourus. Qui se doute que pour enseigner, il faut maintenant se cacher des inspecteurs ? R.B., c'était donc Rachel Boutonnet, aujourd'hui à visage découvert pour dénoncer au grand jour cette monstruosité stalinienne, qui accélère la démolition de l'instruction publique, que sont les IUFM. Ce livre, que j’aurais volontiers intitulé « Un hôpital de jour sans personnel soignant » ou « Les nouvelles écuries d’Augias », j'ai été tenté de l'écrire l'été dernier. J'y ai renoncé parce que j'estimais avoir été assez souillé par ces doctes sottises et qu'il est malsain de garder ses pensées tournées vers autant de laideur. Le livre de R.B. m'a d'ailleurs provoqué ennui et migraines, tant ces niaiseries sont indigestes. Il est cependant d'une extrême urgence de faire savoir qu'une poignée de fanatiques démagogiques et assoiffés de pouvoir ont résolu d'en finir avec l'instruction pour tous (en prétendant évidemment le contraire) et de donner la chasse à tous ceux qui n'avaleraient pas leurs couleuvres. Ces incrédules sont dramatiquement peu nombreux, si j'en juge par l'indigence de mes jeunes collègues en formation, auxquels je ne voudrais pour rien au monde confier mon fils, ignares et fiers de leur incompétence, communiant dans l'opprobre jetée sur les anciens et dans les dogmes stupides -publicitaires- de la construction du savoir, de la sainte "activité" de l'élève, etc. J'enseigne pour ma première année dans un secteur difficile en CE1, officiellement, un CP/CE1 en réalité, puisque grâce aux "cycles", il n'est plus exigible de savoir lire à la fin du CP (en attendant le cycle unique de la maternelle à l'Université ?). Mes difficultés ne viennent pas de mon "public" (pourtant beaucoup d'étrangers et d'enfants du voyage, désolation sociale), parce que ce sont des enfants et que grandir est leur grande affaire. Outre l'hétérogénéité provoquée de ma classe, c'est mon incompétence foncière qui pénalise mes élèves, mes cobayes malgré eux, parce qu'un métier ne s'improvise pas et qu’on ne réinvente pas plus de cent ans d’expérience en claquant des doigts (malgré ma nullité, mon inorganisation, mes « CP », soumis à un harcèlement syllabique aussi désordonné qu'intensif, commencent à déchiffrer et, à force d’acharnement, parce que je leur dis tout ce que je sais et leur interdit de deviner, sauront bientôt lire ; ils le savent et se sont métamorphosés, disposant enfin des clés de la lecture). A la difficulté de faire classe (normale en début de carrière, surtout en cours double) s'ajoute -qui le sait ?- l'inexistence de programmes nationaux. Trois "compétences" se battant en duel sur un cycle de trois ans ne sauraient en tenir lieu. Les chicaneries sur la décentralisation devraient faire sourire. C’est l’enseignant lui-même qui a la responsabilité de la construction de ses programmes. Impossible de décentraliser davantage. Nommé après la rentrée, je n'ai donc pu que naviguer à vue, lot commun à tous les débutants, inadmissible pour les élèves. Que faire ? Il est très improbable d'attendre une réaction sensée du ministère. M.Ferry a entériné des Programmes réservant moins à la langue (grammaire, orthographe, conjugaison et vocabulaire : 1h30 à 2h en tout en cycle 3 !) qu'à l'EPS (3h), l'éducation artistique (3h) ou l'éducation scientifique (2h30 à 3h). Où donc loger dans cet horaire exsangue la dictée quotidienne dont bénéficie sa fille ? M. le ministre s'est par ailleurs vanté d'avoir personnellement insisté pour que les élèves de cycle 2 (CP et CE1) lisent et écrivent au moins 2h30 par jour. Donc : 1) il est nécessaire en France de se battre pour ce minimum dérisoire ; qui donc l'estime trop important ? ; 2) la journée de classe durant 5h30, que font les élèves le reste du temps, dans une école dite « élémentaire » ? A mon sens, deux mesures s’imposent, dans le dos de l’institution s’il le faut. Premièrement, il faut absolument fournir aux instituteurs, et principalement aux débutants, des progressions et des programmations dignes de ce nom, sur la base de ce qui existait avant le début de la fin : c’est-à-dire des connaissances précises (et non des compétences) à enseigner de manière cohérente, du simple au complexe, selon un calendrier rigoureux, en fixant les paliers obligatoires à franchir afin d’accéder à la classe supérieure. Les instituteurs chevronnés de Sauver les lettres devraient ramasser ce flambeau étouffé de la transmission du métier. Deuxièmement, il faudrait que ce programme parallèle devienne la référence avouée d’écoles se revendiquant « Lire, écrire, compter », à l’instar des irréductibles de Médréac (dont la réussite ne peut complètement être masquée), puisqu’il existe tout aussi bien des écoles estampillées « Freinet ». Alors, très vite, en cinq ans, verrait-on des écoliers d’un genre oublié, connaissant leur langue et sachant l’écrire, et peut-être le collège ne s’en trouverait-il pas plus mal.
zoubinette, 29/10 : ben moi ce livre me donne envie de vomir... "vivent les chatiments corporels" est-ce votre prochain combat?
christine catt, 28/10 : ce commentaire s'adresse, si possible, directement à rachel enfin ! quelle émotion pour moi quand je suis tombée, complètement par hasard, sur le débat sur France Inter, de surprise, j'ai laissé tomber les préps que j'étais encore en train de faire (le dimanche soir, à 18h, après tt un we à travailler !) et j'ai écouté attentivement ! le lendemain soir, le livre était entre mes mains, et je l'ai dévoré avec la satisfaction de trouver enfin qq 'un qui avait vécu, ressenti, les mêmes choses que moi à l'iufm (stalinisme ambiant, pression permanente, volonté de détruire tout ce qui peut être personnel au profit de ce qui est imposé,etc; pas la peine de tt reprendre, vous le faîtes mieux que moi et c'est bien ça !) j'ai presque 42 ans, je suis prof des écoles depuis 3 ans, donc je n'ai pas fait que cela dans ma vie, j'ai eu d'autres "carrières" avant de réaliser ce que je croyais être le rêve de ma vie professionnelle.......concours en 2000 (après 3 tentatives ! fallait le vouloir !)et année de stage à l'iufm de lille suivie d'une première nomination en segpa (avec les 4 niveaux à enseigner, une fois en français, une fois en maths, donc des gamins de 12 à 16 ans), d'une deuxième année en poste de décharge (2 quarts en PS maternelle le matin ! et l'après-midi en double niveau CE 1/CE2, je pense que vous imaginez ce que je pouvais ressentir, c'est presque comme une punition quand on est dans cette position, ms je ne suis pas la seule) et cette année, enfin, premier vrai poste : classe de cm2 à temps plein ! parfait ! SAUF QUE : - comme vous, mais à un autre niveau, je me demande comment je vais tenir le coup, combien de temps avant que je craque : plus de 65h de travail par semaine, et ce pour la 4ème année (l'année d'iufm nous a mises au parfum !), je suis à bout parce que je ne fais plus que cela,ma vie c'est l'école et seulement l'école, c'est pas forcément une bonne chose mais comme ça, on est sûr là-haut qu'on n'aura pas affaire à des gens qui pensent puisqu'on ne leur en laisse plus le temps ! je sais que ce discours paraît un peu parano, ms enfin....... - pourquoi tout ce travail à faire ? tout ce temps passé, rien qu'à préparer des trucs et des machins par écrit, il faut que les enfants cherchent par eux-mêmes, soient actifs, etc, bref le discours Meirieu depuis 15 ans (quelle chance pouviez-vous avoir de défendre votre point de vue devant cette clique, l'inventeur des ces théories du savoir apprendre, et celui qui les a fait appliquer à l'école), - inversement, pourquoi ne pas utiliser un bon manuel tout simple ? j'ai encore mille choses à dire, mais finalement sans certitude d'être lue par vous, je vais continuer à l'écrit (j'ai essayé de contacter l'association reconstruire l'école, mais personne ne répond aux mails)
ARCHAMBAULT, 16/10 : Bonjour, J'ai deux enfants, et ai appris à lire à ma fille de 4 1/2 ans(en moyenne section de maternelle) avec la méthode syllabique "Lire et Aimer lire"tome 1, à raison de 5 mn par jour, depuis 1 an. J'ai voulu absolument éviter que ma fille soit victime de la méthode globale et semi-globale. Résultat: elle lit, encore lentement, mais elle lit, sans faute. Mon intervention ne plait pas à ses maîtres, qui sentent que l'on touche à leur monopole. Mais comment agir en accord avec le système, surtout quand le livre de Mme Boutonnet vient confirmer nos craintes? Mes questions: 1/ Pourquoi attendre si longtemps (l'âge de 6 ans) pour entamer la lecture? Au CP le programme est immense, les enfants se retrouvent avec beaucoup de devoirs. Pourquoi ne pas étaler l'apprentissage de la lecture dès 4 ans? 2/ Pourquoi l'Education nationale ne revoit-elle pas ses conceptions en matière d'apprentissage de la lecture, au moment où elle lance un grand débat? Merci
r.podvin, 10/10 : j'ai enfin trouvé le moyen de vous envoyer un message directement...j'ai lu avec grand intérêt votre livre et je souhaiterais beaucoup que le ministre le lise également... mais ... a-t-il le pouvoir de faire changer les choses... j'ai une fille qui est passée aussi par l'iufm pour être prof de sport et elle a longtemps transpiré sur les dissertations avec les mêmes slogans et les mêmes citations obligatoires ... Pour ma part, j'ai aidé des enfants qui se noyaient dans la méthode globale et j'ai fait un site avec des histoires complètes que les enfants peuvent lire facilement à mi-chemin de leur apprentissage... Pour la méthode Boscher, je trouve personnellement que les dessins sont très jolis et mes enfants avaient particulièrement apprécié quand ils étaient petits... Par contre dans la méthode elle-même, je pense que l'on peut s'arrêter à la page 26 (environ) et ensuite l'enfant serait capable de lire mes histoires et il terminerait ainsi avec plaisir son apprentissage... J'aimerais beaucoup avoir votre avis sur mon site http://trucspourapprendre.free.fr/ j'espère que vous irez...
Bouillard, 24/09 : Je viens de lire votre article, premier poste, et plus particulièrement le chapitre "inspecteur"... Juste avant, j'étais tombée sur le titre de votre livre, que je n'ai pas lu, mais que je vais de ce pas commander. Au delà des méthodes de lectures, commandées, recommandées, interdites, portées aux nues puis jetées comme un kleenex, il y a d'abord l'attitude de l'institution face à ceux qui la font fonctionner. Et l'institution, dans nos classes où nous sommes effroyablement seuls, c'est l'inspecteur, trop souvent secondé par de fidèles sbires. Manifestement et malheureusement, le vôtre appartient à une sinistre majorité d'individus que le pouvoir d'humilier en toute impunité quelqu'un de plus jeune, plus libre, plus intelligent... (un autre que secrètement l'on admire et que l'on envie, qui sait), rend particulièrement odieux. Le harcèlement est une pratique de plus en plus employée dans notre institution. Et il commence toujours par un cassage en bonne et due forme des esprits un peu trop forts. La « mienne » est venue, mi juin, 2 jours après la reprise du travail après 6 semaines de grève, constater que mes élèves n’avaient fait aucun progrès. Elle était venue là et à ce moment pour ça. C’était « Chronique d’un lynchage annoncé », avec, dans le rôle de la victime, une instit qui a le malheur d’aimer son métier, de tenter de le faire avec honnêteté, d’associer le plaisir d’apprendre au goût pour l’effort, qui ne sont pas exclusifs… Que pouvait-elle faire d’autre ? Admettre qu’ils avaient appris, en dépit des pronostics très sombres portés sur eux depuis la maternelle ? En dépit de la grève ? En dépit des pratiques ou dérapages plus que douteux dont elle a parfaitement connaissance, et qu’elle couvre parce que justement, les auteurs de ces dérapages ont toujours le doigt sur la couture ? Liste hélas non limitative. C’est un peu la victoire de la médiocratie, qui se réfugie derrière des concepts pompeux et démagogiques tels que le désir de l’enfant, sa liberté et autres foutaises. C’est tellement plus pratique de laisser bruiter une classe et de se plaindre qu’ils sont impossibles, qu’ils ne savent rien, que leurs parents ne font pas leur boulot, que l’enseignant de l’année dernière n’avait pas fait le sien ! C’est tellement plus facile de se plaindre sans cesse que de se retrousser les manches et exiger un minimum de silence et d’écoute, de faire comprendre que tout apprentissage comporte des moments difficiles. (On parle de Mozart, mais jamais des kilomètres de gammes qu’il a dû se farcir !) J’ai résolu que cette fois, je l’emmerde. Elle peut bien écrire ce qu’elle veut, ça n’engage qu’elle. Elle peut bien ne pas monter ma note, je préfère aller faire des repassages pour arrondir mes fins de mois que baisser mon froc devant elle et ses petits copains. Et surtout, je sais que je paie le prix d’un livre, « journal d’une instit à fleur de peau », qui a eu le malheur d’avoir un petit succès dans le département où je travaille. Attendez-vous donc à prendre d’autres coups, plus bas les uns que les autres. Enfin, si cela peut vous consoler un peu, sachez que si Ratus n’a plus droit de cité, c’est probablement parce que l’éditeur de méthodes plus récentes a des arguments plus convaincants. D’ailleurs, que feraient tous ces gens qui vivent sur le dos de l’apprentissage de la lecture et du français si les méthodes préconisées ne changeaient pas tous les 3 ans ? (Ce ne sont pas quelques tirets ou accents circonflexes qui justifient qu’on change de méthode ou de manuel!) Car, à y regarder de près, a-t-on réellement besoin d’un manuel recommandé par toutes les marques d’inspecteurs pour apprendre à lire ? Quoi qu’il en soit, il est plus que jamais urgent de porter à la lumière ces pratiques, de continuer à écrire des livres, alimenter des sites et de ne jamais perdre de vue que ces gens là n’ont qu’un pouvoir, celui qu’on leur donne en acceptant de se laisser déstabiliser ! Guilaine Bouillard
walczak jérôme, 14/09 : Votre expérience m'effraie et me rappelle en de nombreux points ce que j'ai vécu à l'IUFM de Paris en 2001. Je vous avoue que moi aussi, je cache mes méthodes, j'ai un mal considérable à serrer les dents quand je me fais traité de vieux schnock parce que mes élèves ont des notes, apprennent une leçon et ont des devoirs. Dans le même temps, les mentalités changent.Je travaile dans Une ZEP du 19ème arrondissement de paris (CM2) et mes élèves font dictées, leçons de grammaire et apprendront l'existence de trois classiques. Je puis vous assurer que certains de mes collègues partagent les mêmes convictions, partagent aussi les même diagnostics sur les origine de cette débandade (une marchandisation de l'école, pour faire simple). Ce petit mot pour vous remercier, vous encourager et pourquoi pas, envisager des initiatives communes propres à l'école primaire ??? Cordialement Jérôme Walczak
LAVERRIERE, 11/09 : Je viens de lire l'article "Premier poste" et je suis heureuse de constater que de jeunes enseignants prennent la relève avec des méthodes anciennes, non pas obsolètes ... Je n'arrive pas à comprendre quel est l'objectif poursuivi par tous ces professionnels de la profession d'instituteurs ... Ont-ils peur de devoir faire face à des enfants puis des jeunes gens plus "intelligents" qu'eux ? Ce qui expliquerait leur volonté de les maintenir dans l'ignorance en leur faisant croire tout au long de la scolarité qu'ils savent lire, écrire, parler et compter grâce aux nouvelles méthodes pédagogiques alors que celles-ci ne sont que des méthodes en trompe l'oeil. La méthode globale est une méthode de RECONNAISSANCE des mots : en maternelle les enfants reconnaissent des images, en primaire ils reconnaissent des ensembles de lettres, ce qui n'a rien à voir avec la lecture. Pour preuve, lors de l'évaluation en CE2 j'ai constaté que le mot lire n'ai jamais cité. Donc, l'apprentissage de la lecture doit se faire jusqu'en CE1, mais on reconnaît implicitement qu'en CE2, les enfants ne savent toujours pas lire ... Ce témoignage pour encourager les enseignants qui, malgré les mauvaises notes auxquelles ils s'exposent, continuent de vouloir faire réussir les enfants avec des méthodes efficaces, bien que non recommandées. J'aimerais tant que mes enfants aient des enseignants comme Rachel...
Candelier, 10/09 : J'ai dévoré ce livre ,en ayant l'impression de me lire...c'est une bouffée d'air, tout ce qui y est décrit est vrai...je suis enseignante depuis 26 ans, je me suis pliée à toutes les exigences de ma hiérarchie quand j'étais débutante et illusionnée. Maintenant, et depuis plusieurs années je ne supporte plus ce harcèlement moral et espère au plus vite qu'une prise de conscience de mes collègues, telle celle de Rachel, pourra bientôt, renverser cet état dans l'état. Merci pour votre courage Rachel.Moi aussi je lutte à ma manière, clandestinement, comme vous, dans ma classe.
Cartalade Laur, 07/09 : Je viens de terminer avec intérêt le livre de Rachel Boutonnet. Je suis d'accord en grande partie avec le contenu de cet ouvrage. J'ai vécu les mêmes expériences qu'elle à l'IUFM (celui de Cergy d'ailleurs) en 1999. J'ai eu des cours aussi ennuyeux que peu formateurs et je ne peux m'empêcher de penser que si la méthode d'enseignement préconisée en général par l'IuFM est un échec pour nous en terme de formation, alors que dire de cette méthode si nous l'appliquons aux enfants ?!! Ce que j'ai retenu de mes années de formation à l'IUFM, c'est "faites ce qu'on vous dit mais surtout pas ce qu'on fait !". Aujourd'hui dans ma pratique de classe, je me sens toujours coincée entre ce qui me semble bon de faire et ce qu'on attend de moi. Je n'ai pas le même courage que Rachel B. qui, elle, va jusqu'au bout de ses convictions. Et pourtant les nouveaux programmes et instructions ne lui donnent pas tout à fait tort : la méthode globale est désormais interdite (c'est dans les nouveaux programmes)et Luc Ferry a dit récemment qu'il était désormais possible de faire redoubler le CP (allons-nous faire la fin du système des cycles ?). Ce qui me semble le plus pertinent dans l'ensemble de l'ouvrage de Rachel B. est qu'elle met en évidence le fait qu'une institution qui veut à tout prix et avant tout former des citoyens (et non pas des personnes instruites) à l'école se permette de telles méthodes d'embrigadement et laisse si peu de liberté de penser et de réfléchir par soi-même ce qui va tout à fait à l'encontre de la formation du citoyen.


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