Collège Liberté en grève

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Collège Liberté en grève

Non aux horaires planchers !

Non à la baisse des moyens !

 

Drancy, le 7 mars 2002

Les enseignants en grève du Collège Liberté réunis en assemblée générale le 7 mars 2002 à 15 heures, sollicitent une entrevue dès demain matin afin d'aborder les revendications suivantes :

  1. Prise en compte des effectifs réels et rajout d'heures en conséquence.
  2. Attribution immédiate dans la D.H.G. des heures projet pour le dispositif A.S. en 5ème afin que cela soit voté dans le T.R.M.D., compté en heures poste et permette de sauver des postes actuellement menacés par la baisse de la D.H.G.
  3. Demande d'heures postes pour créer des dédoublements dans tous les niveaux en français, mathématiques et en langues vivantes.
  4. Demande d'heures postes pour créer des heures de remédiation dans tous les niveaux en français et en mathématiques.
  5. Demande d'heures postes pour créer des dédoublements dans tous les niveaux en sciences comme cela est fortement recommandé par les textes et impossible à réaliser avec la dotation actuelle.
  6. Obtention de 13h30 en technologie afin de respecter les orientations de cette discipline.
  7. Demande que les 10h prévues en 4ème pour les heures de vie de classe et l'orientation soient affectées dans la D.H.G.

Convaincus d'œuvrer pour le bien du service public et des élèves, les enseignants du Collège Liberté demandent le paiement de la journée de grève.

Dans le cas où nous ne serions pas reçus, nous poursuivrions notre mouvement de grève dès demain matin.

Les professeurs grévistes du Collège Liberté.

 

Le vrai visage de la réforme

Tableau comparé des TRMD au collège Liberté

Matières

Hier (2000-2002)

Demain (2002-2003)

Français

Des demi groupes en 6e, 5e et 4e

Plus aucun demi groupe, 1/2h en moins en 5e pour les élèves

Mathématiques

Des demi groupes en 6e, 5e, 4e, 3e

Plus aucun demi groupe, 1/2h en moins en 5e pour les élèves, 1/2h en moins en 3e pour les élèves

Histoire-géographie

 

1/2 h de moins en 5e pour les élèves

SVT

Demi-groupes en 6e, 5e, 4e

Plus de demi-groupes en 6e et 5e

Physique

Demi-groupes en 4e

Plus aucun demi-groupe

Langues vivantes

Demi-groupes en 5e, 3e

Plus aucun demi-groupe

Technologie

Demi-groupes dans tous les niveaux

Groupes en hausse d'effectifs en 6e, 5e (2/3 de classes), Plus de demi-groupe en 4e et 3e

Aide aux élèves en 6e

1h de remédiation en Français

1h de remédiation en maths

2 h d'études dirigées obligatoires (tous les élèves)

2 h "globalisées" pour l'aide aux élèves

Aide aux élèves en 5e

1h de remédiation en Français

1h de remédiation en maths

en 1999-2000, aide aux devoirs (1h pour les élèves volontaires)

1h "globalisée" pour l'aide aux élèves

Aide aux élèves en 4e et 3e

en 1999-2000, aide aux devoirs (1h pour les élèves volontaires)

Rien

 

Est-ce une façon de lutter contre l'échec scolaire ?

Pourra-t-on atteindre les objectifs imposés par les programmes ?

 

 

La technologie à l'étroit

Volume horaire par niveau (d’après le B.O) :

6ème Þ 1h30 / semaine

5ème Þ 1h30 / semaine

4ème Þ 1h30 / semaine

3ème (LV2 option) Þ 2h / semaine

Organisation générale de l’enseignement (d’après le B.O) :

- groupe d’effectif n’excédant pas 18 élèves. Cet impératif pourra être atteint en constituant :

3 groupes à partir de 2 classes

La réalité pour l’année 2002/03 :

- Suppression de la 4ème NTA (pas d’ouverture de 3ème à option TECHNO)

Il manque donc :

- 0.5h par classe de 4ème

- 1h par classe de 3ème

En conséquence, nous demandons le rajout de ce volume horaire soit un total de 13h30

Raisons de cette organisation (d’après le B.O) :

 

De la nécessite des dédoublements en langues vivantes, français et mathématiques

La perte des heures d'enseignement en groupes classe dédoublés apparaît fort dommageable et contradictoire avec les objectifs tels que définis par les textes officiels. De nombreuses études et l'expérience ont prouvé que c'est l'heure de cours la plus productive et la plus attendue des élèves parce que l'effectif réduit permet :

* un meilleur investissement de l'élève qui est l'objet d'une attention privilégiée de la part de l'enseignant ;

* une plus grande disponibilité, une meilleure concentration et une participation accrue de l'élève ;

* une façon de travailler différente, aide individualisée, approfondissement des connaissances, travail en petits groupes, expression orale, temps de parole plus long, prise de parole facilitée... ;

* une façon de travailler propice à l'innovation ;

* une meilleure relation avec l'enseignant.

En outre, chaque discipline comporte des activités spécifiques qui ne peuvent se faire de façon profitable qu'en demi groupe :

FRANCAIS:

* organisation de débats dans le cadre de l'argumentation, exposés ;

* expression théâtrale, récitation ;

* travaux de lecture ;

* initiation au traitement de texte ;

* ateliers d'écriture.

MATHEMATIQUES

* manipulation des outils de géométrie, de la calculatrice ;

* possibilité d'utiliser l'informatique ;

* rédaction des exercices au tableau.

LANGUES VIVANTES

* expression orale individualisée, phonologie ;

* utilisation de l'outil informatique ;

* communication facilitée.

 

L'impasse des itinéraires de découverte

L'interdisciplinarité n'est pas une nouveauté au collège ; nous la pratiquons depuis longtemps, en liaison avec les programmes. Nous n'en rejetons pas le principe, mais nous dénonçons :

- la désorganisation du groupe classe et des emplois du temps du collège ;

- le manque de cohérence des contenus pédagogiques ;

- l'instrumentalisation de la pédagogie de projet au service de la baisse des moyens (mise au plancher des horaires, disparition des dédoublements et des dispositifs d'aide aux élèves en difficulté) ;

- l'irréalisme de ces innovations si elles avaient lieu avec un groupe complet de 25 élèves ;

- l'inadaptation des moyens disponibles dans le collège (ne serait-ce qu'au CDI : il faudrait plus d'enseignants pour y accueillir toute une classe dans des conditions convenables).

 

Nous proposons dans l'immédiat de ne mettre en place les itinéraires de découvertes l'année prochaine qu'aux conditions suivantes :

- que l'on maintienne le groupe classe (avec des dédoublements) ;

- que les professeurs qui y participent soient ceux de la classe, pour assurer le suivi et la progression des élèves ;

- que les sujets soient débattus par l'ensemble des équipes en fonction des besoins des élèves.

 

La contractualisation en question

Selon les discours d’avril 2001 et du 17 janvier 2002 de Monsieur Jack Lang, ministre de l’Education Nationale, l’attribution des heures par établissement se fera de la façon suivante : tous les collèges auront le même horaire par discipline et par niveau (disparition des fourchettes horaires) ainsi qu’une heure année non affectée "permettant de mettre en œuvre les aspects les plus originaux du projet d’établissement, validés contractuellement. "

Il s’agit, selon Jack Lang, de " s’adapter à la réalité de l’établissement ". Cette mesure mènerait donc à une autonomie plus grande des collèges : " Il est donc important que cette liberté de choix laissée aux équipes pédagogiques s’inscrive dans le cadre d’un projet d’établissement conçu comme outil de pilotage et de dialogue avec les autorités académiques, notamment dans la perspective d’une contractualisation des moyens. "

Si nous reconnaissons qu’il est utile de valoriser les initiatives pédagogiques originales, nous nous inquiétons que cela se fasse au prix d’une détérioration des conditions d’enseignement, notamment avec l’établissement d’horaires " plancher " qui supprime systématiquement la possibilité de dédoublements et d’aide individualisée aux élèves.

Nous sommes préoccupés par l’émergence d’une éventuelle concurrence entre établissements et à l'intérieur de chaque établissement.

Nous nous interrogeons quant aux critères d’évaluation de la " qualité " du projet d’établissement présenté.

Les heures attribuées font-elles partie de la dotation horaire globale actuelle ou s’ajouteront-elles plus tard, à cette enveloppe et de quelle nature seront-elles (HSE, HSA ou heures postes) ?

En conclusion, nous nous interrogeons sur l’avenir du service public de l’Education Nationale et de ses principes constitutifs. En effet, ne risque-t-on pas de voir se mettre en place  un enseignement à deux vitesses contraire au principe d’égalité de droits, et de voir les établissements d’enseignement public gérés comme des entreprises privées avec obligation de rentabilité, les résultats déterminant les moyens accordés ?



Reçu le 8 mars 2002 de Pierre-François Claustre, professeur d’histoire-géographie, pierre-francois.claustre@ac-creteil.fr.

Les enseignants du Collège Liberté de Drancy, aux autres collèges du département et de l'académie :

Reçus ce vendredi 8 mars 2002 par l'Inspecteur-adjoint M. PETREAULT à Bobigny (Seine-Saint-Denis), les professeurs en grève du Collège Liberté de Drancy n'ont obtenu satisfaction sur presque aucun des points de leurs revendications après deux jours de grève.
Ils ont décidé en assemblée générale ce soir de continuer la lutte :
- de boycotter le Conseil d'Administration qui se tiendra le mardi 12 mars 2002 : compte-tenu de la diminution catastrophique des moyens, ils refusent de se prononcer sur leur répartition pour l'année 2002-2003;
- d'appeler l'ensemble des collèges de Seine-Saint-Denis et de l'académie à se mobiliser contre les nouvelles orientations du collège (Itinéraires de découverte, mise au plancher des horaires d'enseignement dans la plupart des disciplines, contractualisation des moyens).

Ils invitent les autres collèges :
- à adopter la même attitude lors des Conseils d'Administration (le boycott concerté des parents d'élèves et des enseignants empêche la tenue du CA, faute de quorum) ;
- à manifester mercredi 13 mars 2002 devant le ministère (rassemblement à l'appel du SNES reçu ce jour-là par le ministre ; rendez-vous à 15h30 au métro Sèvres-Babylone).

Ils demandent à tous les syndicats de s'unir pour rechercher toutes les voies d'actions communes et déterminées contre une "réforme" qui signe la mort de l'enseignement public.

Les enseignants du Collège Liberté, à 95% en grève jeudi 7 et vendredi 8 mars 2002.



Reçu le 19 mars 2002

Nous serons en grève le jeudi 21 mars après l'annonce qui nous a été faite officiellement par notre chef d'établissement d"une suppression de 50 heures d'enseignement pour l'année 2002-2003, en diminution notable par rapport à la dotation 2001-2002. Cette grève risque de se poursuivre les jours suivants.

On ne peut prendre en compte l'élève dans son individualité si :
Les horaires pour chaque matière sont généralement revus à la baisse,
on supprime les enseignements à effectifs réduits sous prétexte qu'aucune étude n'en a chiffré les bienfaits
L'horaire global d'aide à l'élève ne nous permet plus d'assurer autant d'heures de soutien qu'il serait nécessaire.

N'hésitez pas à nous contacter !
Robert Zerrad, enseignant au collège Liberté.