Réforme Chatel du lycée : esprit et mécanismes


Analyses / Le lycée 2010 : sous la propagande, les miettes !
Reculer pour mieux sauter : le gouvernement n’a rien abandonné en 2009 de ses projets de 2008 pour le lycée, en particulier la suppression de milliers de postes, et la réduction de l’offre d’enseignement. Seuls l’enrobage et la stratégie diffèrent. Il ne faut pas s’y laisser prendre. Aux annonces précises de Darcos, qui avait suscité il y a un an un tollé en publiant horaires et grilles d’organisation de la nouvelle classe de Seconde, a succédé le 13 octobre dernier un discours lénifiant et opaque de Sarkozy, destiné à juguler toute réaction. Mais sous la propagande enfumée, il faut lire les projets.

Actions / Communiqué de presse du 26 novembre 2009.
Le nouveau lycée Sarkozy-Chatel : un écran de fumée.
Le collectif Sauver les lettres demande le retrait de la réforme du lycée annoncée par le ministère le 19 novembre dernier. Il dénonce avec force le langage trompeur des annonces officielles, relayé sans distance par des médias mal informés : l’emballage scintillant dissimule de profondes régressions. Les mesures envisagées réduisent en effet le temps d’enseignement, laminent des matières entières ou mettent en péril leur maintien, et nuisent à la formation des lycéens. Aucune des nouvelles dispositions n’améliore la situation actuelle. Enfin le prétendu " rééquilibrage " des filières est de la poudre aux yeux : la filière littéraire en particulier ne peut que souffrir des restrictions objectives qui lui sont imposées.

Analyses /
Réforme du Lycée : les implicites du discours présidentiel. (Mezetulle)
En fait, ce n’est pas tant la valeur et « l’importance » du projet que l’extrême urgence de l’imposer qui justifie l’intervention inattendue du Chef de l’État. La réforme du Lycée avait pourtant déjà provoqué, sous le ministère de M. Xavier Darcos, l’indignation et le mécontentement de l’ensemble de la communauté éducative, à tel point qu’elle dut être provisoirement suspendue. Le nouveau projet, en dépit de quelques renoncements apparents, en conserve malheureusement le principe essentiel : l’objectif est encore de diminuer les horaires disciplinaires et de modifier les missions et les statuts du corps enseignant pour, contrairement aux propos tenus, réaliser des économies budgétaires.

Presse / VousNousIls.fr du 18-12-09 : Jean-Michel Léost : Un ministre de l'Education doit réfléchir à ce qu'est une bonne réforme.
Cette réforme nous paraît très dangereuse. Elle n'est en effet le fruit d'aucune réflexion sur les objectifs et les fins de l'enseignement. La part d'autonomie introduite dans les établissements nous semble également très néfaste : elle va créer une source supplémentaire de disparités entre établissements et entre élèves. La réforme aura, enfin, des conséquences sur le métier d'enseignant, en augmentant les effectifs des classes par le regroupement d'élèves de sections différentes, voire le nombre de classes par professeur, en limitant la liberté pédagogique et en instaurant une concurrence entre les disciplines pour bénéficier des heures de dédoublement.

Analyses / La réforme managériale et sécuritaire de l’école. (Aped)
L’école-entreprise, tel semble bien être l’objectif des nouveaux réformateurs de l’école à l’ère néolibérale et sécuritaire. Ne serait-il pas temps de faire de l’école une machine « efficace », de la soumettre à la saine pression concurrentielle du marché, à l’évaluation généralisée des résultats, à la surveillance numérique des élèves et des professeurs, au dépistage des comportements anormaux ? L’heure n’est plus à la démocratisation de la culture, elle est à la croissance de la productivité des enseignants et à leur mutation en hommes d’entreprise.






Retour page lyceechatel
24/02/10