Motion relative au projet de réforme du CAPES de Lettres classiques élaborée par les enseignants de latin et de grec de l’Université de Paris IV – Sorbonne


Nous, enseignants, enseignants chercheurs et étudiants, considérons que le projet de réforme des modalités du concours du CAPES de Lettres classiques, dont l’application serait désormais prévue à compter de la rentrée 2010, mettrait en grave danger l’enseignement du latin et du grec à l’Université. Nous réaffirmons notre opposition à ce projet et exigeons son retrait définitif.

Les épreuves d’admissibilité seraient réduites à deux au lieu de trois actuellement ; les épreuves d’admission seraient elles aussi ramenées à deux, au lieu des trois épreuves actuelles. Seules les épreuves d’admissibilité mettraient réellement en jeu les compétences « disciplinaires » du candidat en latin, en grec et en français, par l’intermédiaire d’une composition française et d’une « épreuve de langues et cultures de l’Antiquité » consistant en une unique version et une question, la langue concernée par la version étant « choisie par le président du jury » ou, selon les dernières informations, tirée au sort. Dans la version initiale du projet, les épreuves orales d’admission ne serviraient plus qu’à vérifier des compétences « pédagogiques », à travers « un entretien avec le jury » visant à apprécier la connaissance, par le candidat, du « fonctionnement du système éducatif », et « un exercice pédagogique » consistant peu ou prou en une « leçon » ou « une séquence de cours », et portant sur « un texte littéraire choisi dans les programmes des collèges et lycées » (nous comprenons : « un texte français », même s’il est prévu que ce texte devra être éclairé par un extrait de littérature antique, choisi dans la langue qui n’aura pas été proposée à l’écrit, et fourni en édition bilingue). Cette importance inédite des épreuves pédagogiques dans un concours de recrutement, associée au coefficient plus fort qui serait alloué à ces épreuves (6, contre 4 pour les épreuves écrites), consacrerait un recul inacceptable du savoir comme critère de sélection. De plus, les enseignements universitaires de Lettres classiques sont orientés, de près ou de loin, par les épreuves des concours. Ce projet aurait un impact considérable, et très négatif, sur l’enseignement délivré au cours des trois années de licence.

Nous déplorons que la communauté universitaire elle-même n’ait été consultée qu’après l’élaboration d’un projet de réforme qui la concerne pourtant directement et qui conditionne son existence future. Nous accueillons avec satisfaction la nouvelle de l’ajournement de cette réforme, annoncée le 20 mars par Monsieur Xavier Darcos, mais la perspective d’une application de la réforme à compter de la rentrée 2010 ne met un terme ni à nos inquiétudes, ni à notre détermination. Nous espérons en effet que l’ajournement de la réforme permettra rapidement une concertation réelle avec la communauté universitaire sur la définition des concours, et que le gouvernement nous apportera sans tarder des gages sur les demandes que nous formulons depuis le début de la mobilisation universitaire. Nous considérons notamment que la définition du Capes de Lettres classiques doit tenir compte de quatre principes fondamentaux : [...]

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22/04/09