Sarko/Spino : à bas les Lumières, vive l'invention !


Lu sur Nicolas Sarkozy, ministre de sa culture (passouline.blog.lemonde.fr/)

"Le spectre tant redouté nous est finalement tombé dessus : dans ce pays où le président de la République est un conseil des ministres à lui tout seul, il était écrit que, tôt ou tard, il allait aussi se mêler de culture, ne fut-ce que pour se donner un soupçon de légitimité qui lui faisait défaut de ce côté-là. A l’occasion de ses voeux adressés hier à Nîmes au monde culturel, Nicolas Sarkozy a donc annoncé à grand renfort de “je” deux ou trois effets d’annonce. Manière de nous transmettre sa conception de la culture.
(...)
J’oubliai encore : le président veut encourager le tournage des films en Corse, et réhabiliter Spinoza aux dépens de Descartes. Si si, “le” Spinoza, non sans avoir précisé pour nous éclairer sur cette initiative ébouriffante :”l’intelligence humaine est avant tout le produit des émotions, et ce serait une très grave erreur de centrer les enseignements sur les disciplines cérébrales en marginalisant celles qui font appel à l’intelligence des émotions et à l’intelligence du corps“. Il n’y a pas à dire, la France est vraiment le pays de l’exception culturelle."

Le sujet d'invention, la casse du lycée et les compétences ont un boulevard devant eux, surtout depuis que Sarko est aussi devenu ministre de l'EN.

Il n'a pas écrit ça tout seul : Camdessus, dans son rapport pour Bercy "Le sursaut" (!) écrivait :

"Alors que l’adolescence est l’âge de la croissance rapide et de la réalisation de soi par l’action, les rythmes et les méthodes qui prévalent sont encore trop tournés vers un apprentissage cérébral de l’abstraction ; elles minimisent l’apprentissage par l’agir et, de ce fait, pour de nombreux enfants, n’atteignent pas leur but. L’habileté de la main a formé l’intelligence de l’homme."

A. J.
21/01/09