Collège : la fin des " programmes bling-bling ".


M. Fromont, IPR de lettres, après avoir inspecté tous les collègues de lettres du lycée Hélène Boucher (Paris), nous a invités à une réunion le mercredi 3 décembre. Nous devions avoir lu le B.O. spécial n° 6 du 28 août 2008 définissant les nouveaux programmes du collège. Ci-dessous le compte rendu succinct des propos tenus.

En introduction : lecture de passages du texte définissant le socle commun. Quelle est notre mission selon la loi ? " Qu’est-ce qui ne bougera jamais ? Apprendre à lire, écrire, parler, maîtriser la langue. "

Qu’est-ce qu’il ne faut pas (plus) faire ? Exemple d’un cours en 3e avec comme corpus un mode d’emploi d’un chauffe-eau ELM Leblanc, à coté de quelques lignes de Mir(a?)beau, et un autre texte aussi court. Et, en caractères 18, le titre : " Fonction conative ". Autant " mettre devant le préfixe de- ", il y a là " confusion entre l’outil et la science ", et l’outil blesse parfois les élèves.

Quelle est donc la spécificité des professeurs de français ? Ce sont des " experts dans la poétique et la rhétorique des textes " et ce qu’ils doivent faire, c’est un " travail en profondeur sur les textes " qui " disent l’homme et le monde ".

Nous en venons aux nouveaux programmes de collège.

" Plus de mot séquence, disparition totale du mot discours ", " notion englobante " promue " au nom de la didactique triomphante ". Disparition d’autres " notions diafoirisantes ", par exemple les " formes du discours " (descriptif, argumentatif…) quand il s’agit simplement de désigner la " visée du texte ".

Nous avons assisté à des " dérives " : les textes ne servaient plus qu’à illustrer des notions. Les nouveaux programmes insistent sur l’écriture, " au-delà du bilan de séquence " ou de la " pédagogie du prospectus ". Non aux " Diafoirus " de " l’ancré/coupé ", il faut commencer par la grammaire de phrase. Fin de " l’instrumentalisation de l’enseignement du français ". " Quand c’est mal fait, les chants désespérés sont les champs lexicaux ".

Bref, nous sommes passés " d’instructions qui étaient bling-bling à des instructions un peu plan-plan ". Le bling-bling " des discours, des séquences, du coupé/ancré, ça suffit ". Un seul objectif à la place : " quels sont les enjeux de sens ? "

Bon, il n’y a pas que des mauvaises nouvelles ces temps-ci.

Michel Buttet

07/12/08