Perte de sens ?


En accord avec "Sauver les lettres", je considère que les programmes de "français", au collège et au lycée sont aberrants. De même, il faudrait rétablir des horaires qui étaient encore, il y a quelques années, dignes de ce nom . Mais... les disciplines littéraires sont parmi les plus touchées par le phénomène de perte de sens qui caractérise nos sociétés contemporaines : je pense que "rétablir des horaires" et refonder des programmes se révélera vite insuffisant car le vrai problème est ailleurs.

J'aimerais que tous ceux qui s'intéressent aux combats de "Sauver les lettres" lisent l'essai de Marie-Claude Blais, Marcel Gauchet et Dominique Ottavi, Conditions de l'éducation ("Les essais", chez Stock).

La seconde partie de l'ouvrage s'ouvre par une question : "Des savoirs privés de sens ?"; l'annexe 1 (p. 93) aborde la question du sens dans les enseignements littéraires et l'entrée en matière nous interpelle : selon l'enquête TNS-Sofres d'octobre 2003 dont on trouve le compte-rendu dans Le goût d'apprendre (dir. A. Bentolila, "Les Entretiens Nathan"), la littérature recueille 10% de réponses positives chez les élèves, 8% chez les parents et... 14% chez les enseignants.

Les auteurs s'interrogent : "Cette désaffection laisse songeur. Elle donne la mesure du problème posé. Elle montre, s'il en était besoin, qu'il y va, dans cette crise actuelle du sens, d'une crise de l'idée même de l'éducation. Quand, en effet, on ne sait plus pourquoi ni comment apprendre à parler, à raconter ou à exposer, c'est qu'on ne sait plus pourquoi éduquer et ce que veut dire éduquer en général." L'étude qui suit est très éclairante...

Joëlle Fuet
07/12/08